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contenant comme ou mois de novembre Pan mil cccc xix, pour la grant povreté et indigence que ladicte Jehanne avoit, ei aussi pour la grant famine et cherté de vivres qui lors estoient en nostre dicte ville de Paris % en laquelle elle estoit demouiant après le trespas de feu nostre très chier et très amé oncle et cousin le duc de Bourgogne', derrenierement trespassé, elle se parti d'icelle ville, avecques elle un sien jeune filz de Taage de xii ans ou environ, et s'en alla en la ville d*Angiers, en laquelle ville elle avoit aucuns de ses parens et amis demourans, non cuidant pour ce mesprendre aucunement envers nous, et, se elle feust demourée en nostre diae ville de Paris, considéré sa povreté et la grant famine et cfaierté de vivres qui lors estoient en icelle ville, comme dit est, il eust convenu que elle et son dict filz feusent alez mandier, ou autrement ilz feussent mors de famine ; en laquelle ville d^Angiers elle s'est tousjours depuis tenue avecques sesdis parens et amis, sans soy mesler aucunement des guerres et divisions qui ont esté et encore sont en nostre dit royaume de France. Et combien que ladiae Jehanne ne se soit aucunement entre* mise desdictes guerres et divisions, et qu'elle ait bonne voulenté et entention de retourner et demourer en nostre dicte ville de Paris, en laquelle elle a demouré avant son partement d'iceUe Tespace de xviii ans ou environ, et de faire le serement de la paix final faicte entre nosdis royaumes de France et d^ Angleterre, ce non obstant, elle n^y a osé ne oseroit retourner et demourer, pour ce que ladicte ville d'Angiers n^estoit pas lors, quand elle y ala demourer, obéissant à nous ne n^est encore, mais est tenue et occupée par noz ennemiz et adversaires, et pour ce elle se doubte que, se elle y retournoit sans nostre congié et licence, que aucuns de noz officiers ou autres luy voulsissent donner aucun destourhier ou empeschement en son corps, ou en ses biens, si comme sesdis amis dient, et pour ce ilz nous ont humblement supplié et requis que, ces choses considérées, et que en autres choses ladicte Jehanne a esté et est de bonne vie, renommée et honneste conversacion, sans avoir esté reprise d^aucun autre villain cas, blasme ou reprouche, que sur celui vueillons pourveoir de nostre grâce et remède. Pour ce est-il que nous^ ces çjtioses conside* rées
1. Le Journal parisien donne de curieux détails sur cette cherté de vivres.