Troô (Loir-et-Cher, arr. de Vendôme, cant, de Montoire
2. La guerre fut portée efiiectivement, en 1426, dans le comté de Vendôme et c'est alors que Savigny-«ur-Braye et Mondoubleau tombèrent au pouvoir des Anglais; mais Vendôme demeura encore pendant plusieurs mois au pouvoir du parti national, car le comte de Suffolk n'en était pas encore maître en 1427 (Longnon, Les limites de la France à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc, p. 42).
I426,déc.] DOMINATION ANGLAISE. aSç
▼erd que ledit exposant, son filz, qu^il n^avoit veu dès xi ans paravant, lui donroit voulentiers sa vie, se feust parti de ladicte ville de Tours avec et en la œmpaignie de Perrenet de la Haye, et feust et soit venu en ceste ville de Paris par devers et en Thostel de sondit filz, qui le y ait receu benignement et doulcement, et pour cellecause aient esté emprisonnez en nostreCbastellet,dèsdeux mois a ou environ lui et le dit exposant son filz. Lequel exposant fut pour icelle cause condempné en amende envers nous qu'il a pai^, et, ce feit, délivré et mis hors desdictes prisons, et y demoura le dia Andry Boesseau, qui y a esté l'espace de six à sept sepmaines ou environ en grant povreté et misère; et en après mis hors d'icelles et par ordonnance de justice, pour ce qu'il avoit demouré en Pobeissance de noz adversaires et que d'icelle il estoit venu en la nostre sans congié de nous ne de nostre justice, s^en est retourné ou dit pays de Vendosme ouquel il n^a aucune chevance, parens, ne amis qui lui peussent aidier, par quoy est en voye de y brief finer misérablement ses jours, qui seroit pitié attendu son ancien aage et debilitation de sa veue et autres membres, obstans lesquelles choses il ne puet plus gangnier sa vie, ainsi que ledit exposant, son filz, qui meu de pitié et amour chamelle lui donroit voulentiers sa vie en ceste nostre ville de Paris, s'il nous plairoit lui remettre et pardonner les choses dessus dictes, en nous requérant humblement que en ceste partie vueillons impartir et estendre nostre grâce audit Andry, son père. Pour quoy, nous, ces choses considérées
Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris
Donné à Paris ^u mois de décembre. Tan de grâce mil quatre cens et vingt six et de nostre règne le cinquiesme.
Ainsi signées : Es requestes par vous tenues,
Rapiout L. Calot.
1427. 4 FéYrier. Paria»
Rémission accordée par Henri VI à Jean du Pré, boulanger, demeurant à Paris, coufiahle de ne pas avoir livré à la justice son frère Guillaume du Pré, c laboureur de bras 3, qui était revenu à Paris avec sa femme après avoir habité durant huit années dans le pays obâssant au Dauphin. La rémîtsâon est fondés sur ce que Jean du Pié déclare avoir eu l'intention de livrer son frère à k iustioe, nais qu'il avait diflëré d'exécuter son projet en
240 ^AR|8 PENDANT LA [1427, ftVT.
raison de Vétat de son firère qui, soufrant c de froidure et de pauvreté », aurait pu tomber plus gravement malade en prison,
savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir receu Fumble supplication de Jehan du Pré, boulengier, demourant à Paris en la rue Saint-Germain-PAucerroys, natif de la Villette-Saint-Ladre lez Paris ^, de Faage de xxx ans ou environ, à présent prisonnier en nostre Chastelet de Paris, contenant, comme dès treize ans a ou environ, Guillaume du Pré, laboureur de braz, natif aussi dudict lieu de la Villette-Saint-Ladre, frère germain du dit suppliant de père et de mère, feust aie demourer à Estampes auquel lieu il fut marié et, environ cinq ans après', icellui Guillaume et sa femme retournèrent à Paris, cuidans y demourer et gangnier leur vie, et pour la chierté des vivres qui y estoient lors s^en partirent et retournèrent ; mais où ilz alerent ne scet bonnement, si non que à un certain jour de dimenche puis trois sepmaines en ça ou environ, icellui Guillaume du Pré, frère dudit suppliant, comme dit est, est retourné en ceste ville de Paris, et venu en Thostel dudit suppliant et lui a dit qu^il venoit de Sainae-Katherine-de-Fierbois* et de Saint-Mathurin-de-Larchant^, et qu^il avoit esté ou pays des ennemis, ouvrant de son labour sans lui autrement dedairier les villes, ne ou sans ce que icellui Guillaume, comme il lui disoit, se soit meslé en aucune manière de la guerre, et avoit ledit suppliant intention d^amener icellui Guillaume, son frère, à justice. Mais pour ce que quant le dit Guillaume arriva, il estoit tout nu de chemise et de chapperon, et malade de froidure et de povreté qu'il avoit eu en venant, et doubtoit ledit suppliant, son frere,que se il le yamenoit si tost
1 . La Villette- Saint -Lazare, ou plus simplement la Villette, a été annexée à Paris en 1860.
2. Cest-à-dire en 141 9, année qui fiit signalée par une efiFroyable disette à Paris. Cependant, la supplique d*après laquelle fut expédiée la lettre de rémission accordée à Guillaume du Pré lui-môme change quelque peu les dates : Guillaume serait resté huit années à Etampes d'où il ne serait parti qu'en 1422 (voyez plus loin, pièce CXIX).
3. Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire, arr. de ChinoD, canton de Sainte-Maure).
4. Larchant (Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de la Chapellela-Reine). Cétait alors et c'est encore un lieu de pèlerinage fort fréquenté en l'honneur de saint Mathurin qui, dit-on, y baptisa Constance Chlore.
14^7) ^Vr.] DOMINATION ANGLAISE. 24I
et il feust retenu en tel estât prisonnier quMl n^eust cheu en grant et griefve maladie, combien qu'il avoit ferme propos et entention que incontinent que icellui Guillaume se feust un pou revenu de le y amener. Et en ces entrefaictes , icellui suppliant et ledit Guillaume, son frère, furent amenez prisonniers oudit Chastelet de Paris par Colin Feuchier^ et Jelian de Coulongne, sergens à verge en nostre dit Chastelet, oîi ilz sont encore, et mesmement ledit suppliant en grant povreté et misère, et en voye de y estre durement traictié pour faulte d'avoir incontinent amené son dit frère à justice selon les publications et ordonnances, se de nostre grâce et miséricorde ne lui est sur ce pourveu, ainsi qu^il dit, en nous humblement suppliant que, eu regard à la simplesse dudit suppliant et qu'il a tousjours esté bon, vray et loyal subgei et obéissant envers feu nostre très chier seigneur et ayeul le roy Charles derrenierement trespassé, cui Dieu pardoint, et tenu le parti de lui et de nous, et de feu nostre très chier cousin le duc de Bourgogne, aussi derrenierement trespassé, dont Dieu ait Pâme, et ne fut onques convaincu d'autre villain cas, blasme ou reprouche, et parce que ledit Guillaume, son frère, est homme de labour sans soy entremettre du fait de la guerre, et qu^il estoit cy en droit meu de pitié et de sang, et Pentention qu^il avoit de le mener à justice, comme dessus est dit, il ne cuidoit pas tant offenser ne mesprendre, comme il a fait, nous lui vueillons extendre nostre dicte grâce et miséricorde. Pour quoy
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes au prevost de Paris
Donné à Paris, le iiii* jour de février, l'an de grâce mil quatre cens et vint six, et de nostre règne le cinquiesme.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation du Conseil,
J. LB Clerc.
1427. 6 février. Paris.
A la suite d*un rapport favorable de Jean Douzsire, examinateur au Châtelet de Paris, assisté d'une commission de jurés en maçonnerie et charpenterie, Henri VI autorise Philippe de Morvilliers, premier président au Parlement,
I. Colin Feucher, sergent à verge, était revêtu de l'office de c tourmenteur^juré du C)[Lfttelet o dès 1438; il vivait encore en 1448 (Sauvai, p. 335, 336 et 341).
DOcuxBirrs i 16
242 PARIS PENDANT LA [l427yfévr.
à réunir à la maison qu'il va faire réédifier dans la rue au Maire un petit terrain triangulaire 7 attenant, large de 4 pieds sur 2 toises 1/2 de long.
(JJ. 173, n* 584.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, que comme nostre amé et feal conseiller maistre Philippe de Morvillier, premier président en nostre Parlement, pour certaine fondation qull a fiûcte d^une messe perpétuelle chascun jour et autres services divins en Feglise et monastère de Saint-Martin des Champs à Paris ^, entre autres choses soit tenu et obligié de rediffier et re&ire une maison qui est en grant ruyne, en laquelle on a acoustumé de faire iidt de boucherie et qui fait le coing de la rue qui tourne de la rue Saint- Martin pour aler en la(iiae église, nommée la rue au Maire ^, laquelle maison est située et assise en la terre, juridiction et seigneurie de ladicte église, et à icelle maison joint un petit triangle qui est du costé de ladiae rue où Ton tourne pour aler à ladicte église de Saint-Martin, lequel triangle au pluslargje qu'il ait n'a que trois ou quatre piez ou environ, et ne sert icellui triangle de riens à la voirie fors d'estre tousjours plain de immundices et ordures, lequel petit triangle en faisant rediffier ladicte maison nostre dit conseillier et premier président prendroit et applicqueroit voulentiers à icelle, se sur ce nous plairoit lui octroyer noz congié et licence, pour laquelle chose, et pour contemplation de nostre conseiller et premier président, et en faveur de ladicte église et de la fondation dessus dicte, nous par noz autres lettres données à Paris le xzvi* jour de janvier derrenierement passé, avons mandé et commis à nostre prevost de Paris ou à son lieutenant que, appeliez nostre procureur et receveur de sa prevosté, il fist faire par le voyer et maistre de noz œuvres visiter, aligner et mesurer ledit triangle, et, ce fait, se informast avec lesdis voyer, maistre de noz diz euvres et autres, en ce congnoissans du prouffit ou dommaige que de ce taire pourroit venir à nous et au bien publique, et, ce que fEÛt et trouvé en auroit, le rapportast à nostre amé et feal cousin le chancellier de France et ami. gens de nostre grant conseil pour en faire
1. L'emplacement de ce couvent est occupé aujourd'hui par le Conservatoire des Arts-et-Métîers.
2. Cette rue, ainsi nommée parce que le c maire 1 de la justice de Saint- Martin y tenait ses assises, est désignée aujourd'hui sous l'appellation foutive de f rue Aumaire 1.
1427, févr.] DOMINATION ANGLABB. 243
et ordonner ce quUl appartendroit par raison. Lequel nostre pre« vosty occuppé de plusieurs autres besoingnes et affaires, par vertu de noz dictes lettres à lui présentées de par nostre dit conseillier et premier président, eust données ses lettres de commission adre- 91ns à maistre Jehan Doubzsire, examinateur en nostre Chastellet de Paris, pour icelles noz dictes lettres mettre à exécution deue, pour et ou nom de lui de point en point selon leur forme et teneur; lequel maistre Jehan Doubzsire, par vertu d^icelles noz lettres et de ladiae commission de nostre dit prevost atachée à icelles^ le jeudi xxx* et penultime jour dudit mois de janvier, fut et se transporta en ladicte rue Saint-Martin, près de la maison dessusdicte, ouquel lieu estoient assemblez par commandement à eulx bit : c'est assavoir maistres Pierre Robin et Pierre de Servillier, generaulx maistres de noz euvres de maçonnerie et charpenterie*, et ledit Servillier garde de nostre voirie pour le receveur de Paris, nostre voyer ilec ; maistres Denis Bonhomme, Roben de Layeville, Simon Richier, et Giefiroy Sevestre, maçons ; Sanson Hubert, Robert Chauvin, Pierre Moreau et Mahiet le Barbier, charpentiers, tous jurez es offices de maçonnerie et charpenterie en nostre viUe de Paris; Jehan le Dagnois, Jehan Gangier, Jehan Tassin et Jehan le Jay, maçons bacheliers oudit office de maçonnerie, à tous lesquelz maçons et charpentiers en la présence de nostre procureur dudit Chastelet et dudit receveur de Paris, voyer comme dit est, fat faicte lecture desdiaes lettres royaulx, et leur fut enjoina et fait commandement de par ledit examinateur, commissaire en ceste manière et par serement par eulx et par chascun d^eulx fait que justement et loyaulment, ilz veissent, assignassent et mesurassent le triangle dont cy dessus est iaiae mention, en obtempérant auquel mandement iceulx maçons et charpentiers en la présence d^iceulx noz procureur et receveur et dudit commissaire, virent, alignèrent et mesur[er]ent ledit triangle et trouvèrent que icellui triangle au bout devers ladicte rue Saint- Martin contient quatre piez de lé ou environ et deux toises et demi piéde long ou environ en alant au néant depuis ladicte rue Saint-Martin jusques au premier coude qui est ou mur qui faia
I. c M* Pierre Robin, sergent d^armes et maçon général du roy nostre « sire iy figure ainsi que c M* Pierre de Servillier, charpentier général du • roy », dans certains comptes de confiscation du temps des Anglais (Sauvai, p. 332 et 589).
344 ^^^'^ pm^DANT LA [14^7» ^r*
dosture a icelle maison devers ladiae rue au Maire. Après le»* quelz Visitation, alignement, et mesurages ainsi faiz par lesdis maçons et charpentiers, tant jurez comme bacheliers, dudit triangle, et pour au surplus procéder, se transporta ledit commissaire en l'église de Saint-Nicolas-des-Champs en la dicte rue Saint-Martin, et ylec comparans par devant soy tous les dessus nommez, maçons et charpentiers, tant jurez comme bachelers, lesquelz à part et Tun après Pautre, en la présence desdiz noz procureur et receveur, il interrogua par serement pour ce pareulx et chascun d'eulx fait solennellement aux sains euvangiles de Dieu, assavoir quel prouffit ou dommaige nous pourroit venir et a la chose publique de joindre et unir icellui triangle à ladicte maison, ainsi que le requeroit nostre dit conseillier et premier président. Lesquelz, après ce quUlz orent délibéré ensemble sur ce, firent leur rapport de bouche par devers ledit commissaire, qui leur dicte déposition fist mettre et reddigier par escript, ausquelz il requist oultre que, de ce aussi, ilz feissent leur rapport par escript scellé de leurs seaulx, ce qu^ilz firent et baillierent audit commissaire. Lequel rapport, avec la relation d^icellui commissaire iaiae par escript de ce que fait^ dit et déposé en fu et a esté par lesdits maçons et charpentiers, et Padvis aussi d'iceulz noz procureur, receveur et commissaire escrips en la fin de ladicte relation, et signé de leurs seings manuels, ledit commissaire a apportée ou envoyée par devers nostre dit cousin le chancelier de France et les gens de nostre grant conseil, pour sur ce en ordonner ainsi quUl appartendroit et comme par noz dessus dictes lettres mandé leur avions, lesquelz raport, relation et advis par eulx veues furent renvoyées par devers noz amés et feaulx gens de noz comptes à Paris, qui semblablement par eulx ont esté veues et visitées au burel de la Chambre de noz dits comptes à grant et meure délibération, et, considéré en ceste partie ce qui faisoit à veoir et considérer, nous par Tadvis et délibération de nostre dit cousin, des gens de nostre grant Conseil et des gens de noz diz comptes à Paris, de nostre auctorité royal et grâce especial par ces présentes, avons octroyé et octroyons à nostre dit conseillier et premier président
Si donnons en mandement à noz dictes gens des comptes, à noz prevost, procureur et receveur de Paris
Donné à Paris, le sixiesme jour de février, Tan de grâce mil quatre cens et vint six, et de nostre règne le quint.
14279 fiivr.] DOMINATION ANOLAISE. 345
Ainsi signé : Par le roy, à la reladon du grant Conseil et des gens des comptes à Paris,