‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 94 sur 98 · Le i8 mars · texte numérisé non relu

Le i8 mars

2. On a vu plus haut, p. 43-45, I*acte qui attribua au duc de Bedford rhôtel de la Rivière, situé au coin de la rue du Chaume (auj. rue des Archives) et de la rue de Paradis (auj. rue des Francs-Bourgeois).

3. La rue Pernelle-Saint-Pol portait déjà, concurremment a cette dénomination, le nom de rue de THomme-Ârmé qu'elle conserve encore aujourd'hui et qu'elle devait à la taverne mentionnée ici. L'enseigne de l'Homme-Armé est encore aujourd'hui, au coin de ladite rue et de la rue Sainte^roix-dela-Breton nerie, l'enseigne d'un marchand de vin, le successeur sans doute du tavernier du xv* siècle.

4. L'église des Blancs- Manteaux est, on le sait, située dans la rue Sainte- Croix-de-Bretonnerie, à quelques pas seulement de la petite rue de l'Homme- Armé, où aboutissaient même certains bâtiments du couvent.

5. Dans la société si dissolue du xv* siècle, les équipées de religieux, analogues à celle dont le détail se lit ici, étaient des plus fréquentes. On en trouve la preuve dans un curieux registre d'écrou du Châtelet de Paris pour une partie de Tannée 1488, conservé aux Archives nationales (Y 5261), registre duquel nous croyons devoir extraire le texte suivant, parce que cette fois le clerc de la prévôté a jugé intéressant de décrire le costume emprunté par chacun des galants religieux qu'une note marginale nous apprend avoir été relaxés le lendemain de leur arrestation :

c Mardi, xxme janvier IIIIc IIIIzx VIII [nouv. style].

I43t>déC.] DOMINATION ANGLAISE. 345

ledit Guiot dist ausdits religieux qu^ils s^en alassent pour esche- Ter noise, et aussi pareillement leur dist ledit Perrin qui demoura avec yceulx religieux. Et en attendant par ledit Guiot et autres de sa compaignie ledit Perrin, qui après ce qu^il eust ainsi parlé ausdiz trois religieux feust entré en Tostel d^un boulangier demeurant près d'illec pour lui baillier argent, ledit itère Robert POubloier s^aproucha hastivement et couru sus à ladite compaignie et de son espée toute nue cuida fraper l'un, et, par ce qu^il faillit, copa par grant ire de sadite épée le pié à un chien là présent, di* sant : « Ribaulx, vous demourrez après nous hardiment! Venez! » Pour quoy lesdits Robin, qui est anglois, Guillemin Riote et ledit Guiot, voians Toultrage dudit frère Robert auquel n'avoient riens mesfait, prindrent à aler et fuir vers iceulx religieux et les suivirent jusques à une masure près et au bout de la rue de Paradis oti ils commencèrent à geaer pierres contre lesdits Guiot et ses compaignons, et eulx à rencontre desdiz religieux qui estoient en ladite masure, ouquel débat et conflit ledit Guillemin Riote qui avoit perdu son baston qu^il portoit, osta audit Guiot PEguiller de fait et contre sa voulenté une espée qu^il avoit, de laquele par Tuis de ladite masure on dit qu'il frappa un cop seulement ledit frère Robert qui, d'icelui cop, ala tantost après de vie à trespassement. Pour occasion duquel cas ainsi advenu, ledit Guiot, doubtant rigueur de justice s^est absenté du pais, a delaissié son mesnage et ses femme et enfans en grant povreté et misère, et n'i

c Frère Yyon du Boys, frère Jehan d'Estravo, irere Romain de Caylaco, frère CorneiUe Rivery, tous religieulx de J'ordre de Nostre-Dame des Carmes à Paris ; Marion Boutette, Denise la Regniere, Jehanne de Bourges, Katherine Michelle, femmes amoureuses demourans en la rue au Maire; amenez prisonniers par Jehan Champ, Guillaume Pajot et Denis Gaultier, sergens à verge, pour ce que le jour d'uy lesdiz sergens les ont trouvez lesdiz religieubc et femmes ensemble en une taverne en ladite rue au Maire, qui est lieu dissoUu et où Ton fait bordeau, lesquelz religieulx estoient vestus de robbes, chappeaulx et cornettes qui est habit quMlz ne doivent porter pour laisier Fabit de leur ordre et estoient enbastonnés d'espéez et de dagues, et sur ce ester à droit.

c Ledit Du Boys, une robe longue de tanné doublée de sarge, chappeau tanné, une cornette de taffetas. D'Estravo, une robbe grise longue, fourrée d'agneaulx blans, chappeau gris, cornette de vdoux. De Cailaco, une robbe de tanné, fourrée de penne blanche longue, chappeau noir, cornette de veloux. Rivery, une robbe de drap gris fourré d'agneaulx blancs, longue, chappeau noir, cornette de taffstas, garni de deux bracquemars et d'une espée rappiere. >

346 PARIS PENDANT LA [l43a,déc.

oseroit jamais retourner se nostre grâce et miséricorde ne lui e»» toit sur ce impartie...

Si donnons en mandement par la teneur de ces présentes au prevost de Paris...

Donné à Paris, le xxnii* jour du mois de décembre, Tan de grâce mil cccc trente-deux et le unziesme de nostre règne.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le gouvernant et régent de France, duc de Bedford,

Browing.

1433. 2 mai. Paris.

Rémission accordée à Pierre Germain, plombier et canonnier, convaincu de

plusieurs vols de plomb et de cuivre exécutés de concert avec plusieurs

autres individus aux fontaines de Saint-Innocent de Saint-Martin-des^

Champs, de Bourges près Ménilmontant, de Saint-Lazare et de Conflans,

toutes situées dans les faubourgs de Paris et qui , pour lors, étaient étou*

pées.

(JJ 175, n» 219.)

Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, nous avoir receu Pumble supplicacion des povres parens et amis charnelz de Perrin Germain, plombier et canonnier, natif de nostre bonne ville, aagié de xxiiii ans ou environ, à présent prisonnier en nostre Chastellet de Paris, contenant come depuis an et demi en ça ou environ, ledit Perrin pour sa povreté, simplece et ignorance, se feust acompaignié avec Jehannin le Foing, plommier, Richart de la Porte, Jaquet PEmperiere et GuîUemin Beaupignîé, aussi à présent prisonniers oudit Chastellet, pour aler prendre et oster autrement que deuement certains tuyaux de plomb qui estoient es fontaines de Saint-Innocent, près du pressoir Saint-Martin des Champs, en celle de Bourges près du Mesnil-Mautemps^^ en celle de Saint- Ladre ^ en celle de Conflans, toutes iceles fontaines estant hors et assez près de nostre dicte ville de Paris et dont les aucunes, dont longtemps a, ont esté et sont de présent estoupées, sans y avoir

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