‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 38 sur 105 · LVIII · texte numérisé non relu

LVIII

1433. 5 septembre. Paris.

Henri VI donne à Guy, bfttard de Bourgogne, une maison confisquée sur Guy Coustel, en son vivant officiai de Meaux, et située rue Saint-Denis, au-delà de l'ancienne porte.

(JJ. 172, n* 85i.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir que pour certaines causes et consideracions à ce nous mou vans et pour contemplacion de nostre très chier et très amé oncle le duc de Bourgogne, nous par l'advis et deliberacion de nostre très chier et très amé oncle Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons donnée cédé et transporté, donnons, cédons et transportons par ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal à nostre amé Guy, bastard de Bourgogne \ un hostel assis à Paris en la grand rue Saint-Denis, oultre Tancienne porte^, tenant d^une part à un hostel appartenant à Colin Marc, où pend l'enseigne du Pourcelet Noir, et d'autre part à un hostel appartenant à maistre Jehan Choart ouquel pend l'enseigne du Lyon d^Or^, aboutissant

1 . Fils naturel de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne, il (lut seigneur de Cruybeke en Flandre et se signala par sa valeur dans les guerres du duc Philippe le Bon; sa descendance s'éteignit dans la personne de son fils Philippe, seigneur de Cruybeke (Anselme, Hist, gén. de la maison de France t. I", p. 240).

2. L'emplacement de cette porte de Tenceinte de Philippe-Auguste est encore indiqué aujourd'hui, par l'impasse des Peintres, appelé jadis cul de sac de la Porte-aux- Peintres, situé dans la rue Saint- Denis, entre la rue aux Ours et la rue de Turbigo.

3. Nous avons parlé plus' haut (p. 5g, note 3), d*apfès les extraits des comptes de confiscations faits par Sauvai, d'une maison que Jean Chouart possédait c outre l'ancienne porte Saint-Denis au coin de la rue au Lion », et il semble, de prime abord, que cet immeuble doit être d'autant mieux cherché au coin de la rue Saint-Denis et de celle du Petit-Lion, que cette dernière, au dire de Jaillot {Quartier Saint-Denyt, p. 67], serait désignée dans un acte de i36o sous le nom de c rue du Lion d'Or, outre la porte Saint-Denys t, qu'elle devrait sans doute à l'enseigne, mentionnée ici, de la maison de Jean Chouart, voisine de Thôtel concédé à Guy de Bourgogne. Malheureussment, notre pièce nous apprend aussi que la nouvelle maison du bâtard de Bourgogne donnait par derrière sur la rue Palée, ce qui nous force à voir dans le Lion d*Or de Jean Chouart l'enseigne d'un hdtd construit sur le côté de la rue Saint-Denis qui fait face à la rue du Petit-Lion.

tl6 PARIS PENDANT LA [l423, SCpt.

par derrière en la rue Palée ^ , avec les appartenances et appendances d'icellui qui souloient appartenir à feu maistre Guy Coustel, en son vivant officiai de Meauk,lesqueIzhostel, appartenances et appendances sont à nous forfais, escheuz et confisquez, par ce que icellui maistre Guy, en son vivant favorisoit, conseilloit, portoit et aidoit le feu conte d'Armignac et ceulx de sa partie, pour d^icelle maison et de ses appartenances et appendences, joir et user par ledit Guy et ses hoirs masles descendans de lui en direae ligne, plainement et paisiblement à tousjours mais, perpetuelment et hereditablement^ pourveu toutesvoies

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx les gens de noz comptes à Paris, au prevost de Paris

Donné à Paris, le v* jour de septembre, Pan de grâce mil cccc xxiit et de nostre règne le premier.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent, duc de Bedford,

J. Di; RlNSL.

1423. Décembre. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Jean Brtffiiut qui, après avoir quitté

Paris après rentrée des Bourguignons dans cette ville, en 14 18, pour

suivre le parti du Dauphin, a pris part à plusieurs c courses » contre les

partisans de l'étranger. Jean Briflaut reconnaît sa faute et annonce Tinten-

tion de s'établir avec sa femme dans le Laonnois où il possède quelque

bien.

(JJ. 172, n* 628.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre,

Comment admettre, dans ces circonstances, que le nom de c rue du Lion d'Or », incontestablement dérivé d'une enseigne, servît en i36o à désigner la rue du Petit-Lion. Ne serait-il pas préférable d'y voir la dénomination d'une rue difiérente et, en admettant ainsi l'identité delamaisondeChouart située au coin de la c rue au Lion > avec l'hôtel du Lion d'Or, supposer que les noms de c rue du Lion d'Or » ou « rue au Lion » étaient employés au zv* siècle, concurremment avec celui de rue Palée, à désigner la rue que nous avons tous connue jadis sous le nom de « rue du Petit- Hurleur ».

I. Connue dès 1242 sous le nom de € rue Jean Palée », cette rue porte, au XVI* siècle, le nom de « rue du Petit-Huleu », défiguré depuis sous la forme, de rue du Petit- Hurleur (Jaillot, Quartier de Saint^Denis, p. 45- 46). Elle a peut-être ausssi été désignée dans la première moitié du XV* siècle par les noms de « rue au Lion » ou « rue du Lion d'Or » (voyez la note précédente).

14^3, déC.] DOMINATION ANGLAISE. II 7

savoir &isons à tous presens et avenir nous avoir receu l'umble suppiicacion des parens et amis chamelz de Jehan Briffaut, chargié de femme, contenant que come, puis rentrée faiae en nostre ville de Paris par les gens de feu nostre très chier et très amé cousin Jehan, duc de Bourgogne, cui Dieu pardoint, ledit Jehan Brififault, par jeunesse et mauvais conseil, se soit absenté de nostre diae ville ,et s'en [soit] aie avec et 'en la compaignie d'aucuns noz ennemis et adversaires à nous rebelles et desobeissans, avec lesquelz il a esté à plusieurs et diverses courses sur noz bons et loyaux subgiez, et des biens sur eulx prins par iceuk noz ennemis a eu souventes fois sa part et butin, sans ce toutesvoies qu^il ait aucunement tué, murdry, efforcé femmes ne violé églises, et pour ce que il congnoist la faulte par lui faicte, ait entencion de soy partir de la compaignie d'iceulx noz ennemis et retraire lui et sadicte femme ou païs de Laonnois ou quel il est herrté, ou en autre lieu à nous obéissant, ce que fere n^oseroit se nostre grâce et miséricorde ne lui estoit impartie, laquelle lesdits suppliants nous ont humblement requise. Pour ce est-il que nous^ desirans de tout nostre povoir retraire et réduire à nostre obéissance noz subgiez par toutes les plus doulces voyes et manières que povons, voulans préférer miséricorde à rigueur de justice

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes au prevost de Paris....

Donné à Paris, ou mois de décembre, Tan de grâce mil cccc xxin et de nostfe règne le second.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du grant conseil tenu par

l'ordonnance de monseigneur le régent le royaume de France,

duc de Bedford,

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