‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 40 sur 105 · FONTENOY · texte numérisé non relu

FONTENOY

1424. Somars. Paris.

Henri VI donne à Jean de Haveford, chevalier, et à la descendance maacu* line et directe de celui-ci un hôtel sis à Paris, rue des Bourdonnais, lequel avait été confisqué sur Regnaud Pidoue.

(JJ. 172, n» 447.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les bons et aggreables services que nostre très chier et bien amé

Jehan de Havefbrd, chevalier, a faiz à nous et à nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, ou fiût de noz guerres et autrement, fait chacun jour et espérons que face ou temps avenir, et autres causes et consideracions à ce nous mouvans, audit chevalier pour lui et ses hoirs masles légitimes, descendans de lui en droiae ligne, avons par

Padvis de nostre dit oncle donné, cédé, transporté et delaissié

un hostel qui fut à Regnault Pidoue avec les louages et autres appartenances et appendances ainsi que tout se comporte et extend, assis à Paris en la rue des Bourdonnois^ à nous appartenant et come forfait confisqué et acquis par les rébellion et désobéissance contre nous commises par ledit Regnault, comme Pen dit, à icellui hostel, louages et appanenances avoir, tenir et possider et en joir, user et exploictier d^ores en avant par ledit Haveforde et ses diz hoirs masles légitimes, descendans de lui en droicte ligne, perpetuelment, hereditablement et à tousjours comme de sa propre chose et héritage, parmi ce qu'il fera et paiera, oti il appartendra, les droiz, services et autres charges et devoirs pour ce deuz et d^ancienneté acoustumez, et quUl fera retenir et soustenir ledit hostel et les edifiices dMcellui et des dictes appartenances en aussi bon et souffisant estât qui lui seront bailliez, pourveu toutes voies

Si donnons en mandement, par ces présentes, à noz amez et

feaulx les gens de noz comptes, au prevost et receveur de

Paris

Donné à Paris, le penultiesme jour de mars. Tan de grâce mil cccc zxni et le second de nostre règne.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent

le royaume de France, duc de Bedford,

R. Verkt.

I. Regnaud Pidoue, ou plus correctement Pis-d'Oue, appartenait à une vieille fkmille parisienne dont le nom figure dans les actes latins du ziii* siècle sous la forme Pectus Anseris ; il exerçait la profession de diangeur et fot nommé aux fonctions d'échevin, à Paris, le lo octobre 141 5 (Journal parisien). Chassé sans doute de la capitale, en 141 8, par le triomphe du parti bourguignon, Regnaud Pidoue fiit dépouillé de ses biens par les vainqueurs et son nom paraît plusieurs fois dans les comptes de confiscations. Sa maison de la rue des Bourdonnais, dont il est question ici, tenait d'une part à la veuve de Jean Maillard , d'autre part à Guillaume Sanguin, et par derrière aux hoirs de Denis de Paillard (Sauvai, p. 3ia). Une autre osaison confisquée sur lui était sise rue Montorgueil; elle était accompagnée d'un jardin {Ibid», p. Sog).

126 PARIS PENDANT LA [l424t IBSfS

1424. 3o mars. Paris.

Henri VI donne à Bérard de Montferrand, chevalier, et à sa descendance masculine, une maison située sur la place Baudoyer, en face de l'hdtel de rOurs ; cette maison avait été confisquée sur les héritiers de feu M* Guy de Dammartin.

(JJ. 174, n- 464.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans et notables services faiz à feu nostre très chier seigneur et père, cui Dieu pardoint, par nostre amé et féal Berard de Montferrand, chevalier, et que il fait à chascun jour à nous et à nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France duc de Bedford, et pour certaines causes à ce nous mou vans, à icellui de Montferrant par Tadvis de nostredit oncle avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par ces présentes de grâce especial, plaine puissance et auaorité royal donnons, cédons, transportons et délaissons Tostel ou maison, ensemble ses appartenances assise à Paris en la rue de la Porte-Baudet * à Topposite de Tostel où pend l'enseigne de l'Ours, lequel hostel ou maison fut et appartint aux héritiers de feu maistre Guy de Dampmartin ^, et nous est venu et escheu par forfaicture et confiscacion, pour d'icellui hostel et maison, ensemble ses appartenances, ainsi come il se comporte, joir et user par ledit de Montferrant et ses hoirs masles légitimes venans de lui en loyal mariage, perpetuelment, hereditablement et à tousjours, pourveu que icellui hostel ou maison

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1. Cette rue a été plus communément désignée depuis sous le nom de « place Baudoyer » qu'elle porte encore aujourd'hui.

2. Cette maison ^vait été concédée, antérieurement, paraît-il, à un nommé Richard de TEpine, moyennant une redevance annuelle de 27 livres pariais ; aussi le roi Henri VI, pour rendre effectif le don qu'il en fait ici à Bérard de Montferrand, transporta-t-il la redevance à ce personnage par lettres du 16 novembre 1423 qu*on lira plus loin. Suivant les extraits de comptes de confiscations publiées par Sauvai (p. 323 et 383), Bérard aurait reçu du roi d'Angleterre, à cette même date du x6 novembre 1425, une maison également confisquée sur les hoirs de Guy de Dammartin et qui était située rue Saint- Antoine; mais cette allusion se rapporte peut-toe à la pièce dont nous venons de parler, la « rue de la Porte*Baudet » pouvant 6tre considérée comme une prolongation de la rue Saia^»Antoine«

l4Hy^^^^] DOlinfATION AN0LAI8B. llj

ne soit de nostrc ancien detnaine... et que icellui de Montfemnt et ses hoirs corne dit est, soustendront et maintendrom ledit bo8« td en aussi bon estât quUI est de présent.

Si donnons en mandement à noz amez et feaulz les gens de Doz comptes à Paris... au prevost de Paris

Donné à Paris, le xxx^ jour de mars, Tan de grâce mil cccc et vint trois et de nostre règne le second.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent le royaume de France^ duc de Bedford,

J. MiLBT.

1424. Mars. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Pierre TEscuier qui, au mépris de Tassurement donné en 1421 à Robin Briant, clerc et senrittur de l'abbaye de Saint&<jeneviève, avait blessé cdui-ci à la jambe d'un coup d*épée. La mésintelligence entre Pierre et Robin remontait à deux ans environ et son origine était assez grave : à la suite d'une absence qu'il avait faite, Pierre TEscuier avait trouvé Catherine, veuve de Guillaume le Gois et sa fiancée, mariée à Robin Briant, et était parvenu à faire annuler ce mariage. Il avait ensuite épousé Catherine^ mais l'accord entre les deux rivaux n'avait pu être rétabli en raison du règlement des dommages et intérêts, que Robin avait été condamné à payer à Pierre, et de certains autres frais de procès. — Un délai de trois semaines est accordé à Pierre l'Escuier pour se rendre au Châtelet de Paris où il sera détenu durant un mois au pain et à l'eau, pois puni civilement selon ses moyens.

(JJ. 17a, n* 439.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu humble supplication de Pierre TEscuier, jeune homme, contenant comme dés deux ans a, ou environ, ledit suppliant qui lors avoit esté par aucun temps hors de nostre ville de Paris, feust retourné en nostre dicte ville, et lui arrivé, feust venu à sa congnoissance que un nommé Robin Briant avoit nouvellement espousé Katherine, jadis femme de feu Guillaume le Goys \ pour laquelle cause ledit suppliant sachant que, par avant ledit mariage, il avoit fiancé la dicte Katherine, et par consequantdevoit estresa femme et espouse,

I. Guillaume le Gois, de la femille des le Gois, bouchers de Paris, était l*an des principaux adhérents de la faction cabochienne. Banni pour ce fiût en 141 3, il fut excepté de l'abolition accordée par le roi le 3o août 141 5 (Jttvénal des Ursina).

128 PARIS PENDANT LA [i424,inars

eust foit citer et convoquer icelle Katherine en cas de mariage à la court de TEglise de Paris, et ledit Robin pour veoir adnuller sondit mariage. Sur quoy procès feust meu entre iesdictes parties et ladicte court d^esglise, pendant lequel procès icellui Robin fist convenir et adjourner ledit suppliant en nostre Chastellet de Paris en cas d'asseurement, et dit Peu que il obtint deux desfaulx en nostre dit Chastellet ou cas d'asseurement contre icellui suppliant. Et, avec ce, icellui suppliant lui donna asseurement en la dicte court de TEsglise. Et depuis, fut oudit procès tant procédé que par sentence de Tofficial de Paris ledit mariage fait desdiz Robin et Katherine fut declairé nul, et fiit tauxé par ledit ofHcial audit Robin pour ses dommaigeset interestsla somme dexn escus^ pour lesquelz xii escuz et pour certaine autre somme d^argent que il disoit avoir preste ou baillé pour le démené dudit procès contre ledit suppliant, il print et emporta des biens d^icelle Katherine environ vni marcs d^argent en vaisselle ; c^est assavoir en trois tasses, une aiguière, et xn cuillers bien fortes tout d^argent, — lequel argent valoit trop plus que ne montoit lesdiz prests et tauxacion dudit Robin, — et il soit advenu que par pluseurs foiz depuis les choses dessus dictes, ledit suppliant qui a espousé icelle Katherine ait requis ou fait requérir à icellui Robin que ladicte vaisselle feust vendue et qu^il se restituast des prest et adjudicacion ou tauxa* cion dessus dictes, et le surplus voulsist rendre et restituer à icellui suppliant. Mais ledit Robin n'y a voulu entendre, et pour ces causes, un an a ou environ, ledit suppliant et Robin s'entretrouvèrent en une rue, près de la place Maubert à Paris, assez près des Carmes, et après aucunes paroUes qui furent entre eulx, lui requist ledit suppliant qui voulsist entendre à la vendicion de ladicte vaisselle et à soy recompenser, et que le surplus que vauldroit icelle vaisselle, lui paie, il voulsist rendre et restituer à icellui suppliant, mais encores ledit Robin n^en voult riens feire, et pour ce se meurent parolles entre eulx, et tellement que ledit suppliant fery un cop du poing sur la teste dudit Robin, et lui gecta sa dague après lui, dont il ne fut aucunement attaint ne blecié, et aussi icellui Robin ne s'en plaingny aucunement. Et depuis ce, c'est assavoir un mois a ou environ, ledit suppliant considérant qu'il ne povoit avoir raison dudit Robin, après ce qu'il apperceut que icellui Robin, estans lors en nostre dit Chastellet de Paris avec aucuns des clercs frequentans en icellui Chastellet, monstroit icellui suppliant par manière de dérision au doy, il en

14241 mars] domination anglaise. 129

fiit moult esmeu et courroucié. Et incontinant s'en ala en son hostd où il print une espée et, ce fait, ala au mont Saint-Hilaife\ par lequel mont ledit Robin, qui est clerc et serviteur de noz bien amez les religieux abbé et couvent de Sainte Geneviefve à Paris, avoit acoustumé dealer et soy retraire en ladicte abbaye, et iUecques Pattendi par aucun temps et jusques environ six heures au soir que ledit Robin passa par là, auquel Robin icellui suppliant s^apparu et lui donna un cop de sadiae espée sur la jambe senestre, à sang et playe, duquel cop il est de présent guery sans mutilacion ou mehaing. Pour occasion duquel cas et que Ten yeult dire que, en ceste matière, a infraction d asseurement et de nostre sauvegarde, il, doublant rigueur de justice, s'est parti et absenté de nostre ville de Paris, delaissié sadicte femme et son mesnage, et depuis a esté appelle à ban de par nostre prevost de Paris et mis en aucuns deffaulx, en laquelle nostre ville de Paris il n^oseroit jamais retourner, ainçoys est en voye d'estre banni à tousjours de nostre royaume, se par nous ne lui est sur ce eslargie nostre grâce et miséricorde, si comme il dit^ requérant humblement que, considéré ce que dit est, et qu*il a servy longuement en armes et tenu tout son temps le parti de feux nostre très chier seigneur et ayeul le roy de France et nostre très chier et très amé cousin le duc de Bourgogne, derreniers trespassez, desquelz Dieu ait les âmes, et encores nous a servy derrenierement ou pays de Champaigne avec nostre amé et féal chevalier lesiredeTIsle, cappitaine de par nous en ceste partie, ouquel pays il fut prins par noz ennemis et y perdy tous ses biens, harnoiz et chevaulx, et durement traictié et telement quHl en est désert de chevance, que en ladicte bateure n^a mort ne chevance, et que torçonnierement kdit Robin lui a retenu et retient ladicte vaisselle, considéré aussi que ledit suppliant en ses autres faiz a esté homme de bonne vie, renommée, ... nous lui vueillions impartir nostre dicte grâce. Pour quoy nous audict suppliant... quittons, remettons et pardonnons le cas et fait dessusdiz.... pourveu que dedans trois sepmaines prouchainement venans, ledit suppliant se rendra prisonnier en nostredit Cbastellet oti il sera un mois au pain et à Teaue, et sera pugni civillement selon sa faculté.

I. La rue du Mont-Saint-Hilaire devait son nom à sa situation^ qui la faisait aussi désigner en 1263 sous celui de vicus superior Sancti Hilarii (Jaîllot, Quartier Saint-Benoît ^ p. io3). L'église de Saint-Hilaire était située an coin de cette rue et de la rue des Sept- Voies .

DOCUMBirrs i o

l3o PARIS PENDANT LA [1424, DUrS

Si donnons en mandement par ces présentes à nostre dit prevostde Paris

Donné à Paris, ou mois de mars, Pan de grâce mil ccccxxniet de nostre règne le second,

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,

Chembant.

1424. Mars. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Jeannette Voidié, femme de Jean Lambert, orfèvre, coupable d'avoir jeté dans un puits, dans la maison de son père habitant près Saint-Merry, son jeune fils âgé de trois mois, qu'on avait fait revenir de Crosnes, près Villeneuve-Saint-Oeorges, où il était en nourrice, k cause de son état maladif, afin de le porter en pèlerinage à réglise de Saint-Oermain-des-Prés, puis à Téglise de Saint-Merry. C'est en sortant de ce dernier sanctuaire, le 27 février, que Jeannette, visiblement atteinte depuis plusieurs mois d'hypocondrie, ou même d'aliénation mentale, noya son enfant. La malheureuse mère devra tenir prison au pain et à l'eau pendant quinze jours et faire chanter cinquante messes.

(JJ. 172, n* 43o.)

savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu Tumble supplicacion des parens et amis chamelz de Jehannette Voidié, aagiée de xxviii ans ou environ, femme de Jehan Lambert, orfèvre demourant à Paris, chaargié de deux petiz enfens, fille et filz, au dessoubz de sept ans ou environ, contenant comme ledit Jehan Lambert et ladicte Jehannete sa femme, lesquelz dès neuf ans a et plus sont ensemble conjoins par mariage, aient tousjours bien et honnestement vesqu en leur dit mariage, si non puis pou de temps en ça es choses advenues cy après declairées, et mesmement du cas de meschief advenu par le fait de ladiae femme dont cy après sera parlé. Cest assavoir que icelle femme acouscha dMn filz de sondit mary et d'elle, huit jours ou environ avant Noël derrenierement passé, laquelle estant grosse dudit enfant, considérant la petite g;angne de son dit mary, leurs cherges et chierté du temps, se souffroit et cbagrinoit moult souvent, très impacieniment ; et entreprist icelle femme de norrir de ses mamelles sondit enfant, ainsi qu'elle avoit fait autres ses enfans, après ce qu'il ot esté batisîé en sains fons en leur église parrochiaL En la gesine de laquelle femme, elle, à cause de certain linge ot débat à la

14^49 Oa^U^] DOMINATION ANGLAISE. l3l

chamberiere qui la servoit en ladicte gesine, duquel débat die prist tel courroux que, pour raison de ce ou autrement, son lait se defouy et le perdy sans ce que Fen lui peust foire revenir, combien que pluseurs remèdes y feussent mis, dont elle fut forment et plus que devant troublée. Et pour ce, huit jours ou environ après les relevaiUes de ladicte femme, voyant sondit mary qu'elle ne povoit leur dit enfant norrir par foulte de lait, et qu'il estoit dés lors en petit estât, et le baillèrent à norrir de mamelle à la femme d'un nommé Thomas Mahiart^ charretier demourant à Crosne^ près de Paris, laquelle femme dudit Thomas emporta audit Crosne ledit enfant et se charga de le norrir bien et convenablement jusques à un an prouchain ensuivant, moiennant certain pris que lui en fu promis paier par ycellui Jehan Lambert, peie dudit enfant. Après lequel bail à norrir ainsi foit dudit en-* fisuit, sadicte mère se continua forment à troubler et melencolier, et délaissa d'aler à Feglise où elle aloit bien au devant; dont quant son dit mary l'en reprenoit, elle disoit qu^elle n'y sauroit que faire, et y vauldroit autant une beste comme elle. Et aussi quant aucunes fo[i]z elle voyoit sesdiz en&ns, ou l'un d'iceulx, jouer à sondit mary, leur père, eUe leur disoit qu^ilz avoient en elle une mauvaise mère. Dont pour ce que sondit mary l'en blasmoit, en lui remonstrant pour Tapaisier qu'il gangnoit assez bien et quUl ne pourroit vivre avec elle à la manière qu'elle tenoit, en la, aucunes foiz, menaçant de batre se die ne se gouvemoit autrement, elle disoit qu'elle vouldroit qui Teust mise en tel estât que Ten la portast en terre. Et aucunes foiz faisoit regrez par nuyt, elle estant couchée ou lit avecques sondit mary, disant ces motz ou semblables en effect : « AI fiaux ennemi, tu m'as bien deceue, « îe estoie en bonne voye, dont tu m'as ostée et tirée à ta corc délie I » et de fait se efforça aucunes foiz de se pendre et, à diverses foiz, se leva par deux foiz de nuyt d'emprès sondit mary, et s'efforça de se gecter en la rivière par une fenestre de leur maison estant sur le pont Nostre-Dame de Paris, et de fait se y feust gectée et noyée, se son dit mary ne l'en eust rescousse. Lequel mary fist pour ce venir en sa maison Robert Voidié, père, et Robert Voidié, frère de sadicte femme, devers elle pour sur ces choses, qui leur exposa repaisier et réduire en bon propos, lesquelz n'y peurent prouf&ter, et se desconforta corne devant,

X . Crosnes (Sein&^t-Oise, arr. de Corbeil, cant. de Boissy-Saint-Léger).

i32 PARIS PENDANT LA [i424,mars

disant en plourant qu^elle vouldroit estre morte, et pour ce distrent lesdiz père et frère d'icelle femme à sondit mary, qui la gardast et traictast le plus doulcement qu^il pourroit, ce qu^il a tousjours fait. Lequel mary, pour savoir Testât de leurdit enfant ainsi baillié à norrice, envoia le dymanche avant le jour de feste Saint Mathias derrenierement passé, un sien apprentiz audit lieu de Crosne qui rapporta avoir veu et trouvé ledit enfant en grant maladie et langueur; et pour ce envoya icellui père devers ladicte norrice quérir ledit enfant, lequelle Papporta le landemain dudit jour de feste Saint Mathias * en la maison de lui et de sadiae femme, lesquelz trouvèrent et virent leurdit enfant en si povre point et langueur que c*estoit piteuse chose à veoir. Et pour ce, le prouchain jour après qui fut jour de dimencbe ^, fist porter ledit père en sa compaignie par ladicte norrice sondit enfant en pèlerinage en Teglise de Saint-Germain-des-Prez lez Paris, où ilz firent offrandes pour ledit enfant, et y laissèrent Tune des bandes de quoy Ten envelopoit à mailloter. Et, ce fait, retourna ledit père, ensemble ladiae norrice et sondit enfant en sa maison oti estoit sadiae femme, laquelle dist qu^elle vouloit porter son enfant en Teglise Saint-Merry à Paris, faire ses offrandes à saint Sir, ce qu'elle toute seule fist^ et après ala en Fostel de son père dessus nommé, demourant près de ladicte église Saint-Merry, lequel son père elle ne trouva pas, et trouva oudit hostel une sienne seur ou serorge à laquelle elle parla. Et lui dist icelle serorge que, de la court dudit hostel où elle estoit, elle montasten hault où il avoit bon feu, pour chauffer sondit enfant, ce qu'elle ne voult &ire, et dist en effect à sadicte serorge, se elle n'avoit oy messe, qu^elle alast oîr, car tout estoit presque chanté audit Saint- Merry dont elle venoit, et tantost après que ladicte serorge se vestoit de sa robe à aler à Peglise, ladicte mère passionée pour le courroux qu'elle avoit du povre point et langueur où estoit son dit enfant, entra en sesdictes mélancolies et fureur ou non sens, comme il est à croire et présumer, et par temptacion de l'ennemi gecta icellui son enfant ou puys dudit hostel estant près d'elle en ladicte court, dont ladicte serorge oy le fait sur l'eaue, et supposant la fiiriosité qu^elle savoit estre souvent en ladicte mère, descendit tantost embas et en regardant oudit puys y vit ledit enfant,

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