‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 70 sur 105 · Cachés · texte numérisé non relu

Cachés

2^6 PARIS PENDANT LA [1427, féVF.

et parolles, matin sur le point du jour, se leva d^emprès sa dicte femme, et ala en son jardin, monta sur le puis d^icellui, qui est joingnant d'un mur, telement que par dessus ledit mur qui est entre sondit jardin et cellui de la maison oti ledit Tirant avoit latité ses diz biens, il passa et traversa par dessus icellui mur et descendi oudit jardin, et après monta sur la maison où lesdis biens estoient» fist un trou en la couverture dUcelle maison qui estoit couverte d'essil ou d^essaule^ vieille et pourrie, et en rompi deux ou trois lattes, et telement que il entra en icelle maison, où il trouva ung sac, ouquel avoit une robe sangle de drap violiet à usaige de femme, une nappe^ deux ou trois touailles, deux ou trois serviettes, un pesne, trois draps de lit, demi quartier de drap de laine, ung petit orillier, ung chandellier de cuivre, deux escuelles, ung garde nappe et une choppine, avec un autre petit sac ouquel povoit avoir environ six livres et demie de fil, lesquelz biens Hz print et emporta, de la rue de Montorgueil où il demouroit, en la rue de la Mortellerie^ en Tostel des Connins où il les laissa par aucun temps et jusqu'à ce que il trouva marchande à laquelle il les vendi le pris et somme de quarante neuf solz deux deniers parisis ou environ, de laquelle somme il acheta des fèves et aulx qu'il a plantez, et de Tosier dont il relia certaines treilles quMl a es mares d'oultre la porte de Montmartre'; tous lesquelz bien dessusdiz ne pevent valoir plus haultdecinq ou de sixfrans. A cause duquel cas ainsi advenu ledit suppliant a esté prias et mené prisonnier es prisons du For-FEvesque à Paris, la juridiction duquel For-rÊvesque est à présent en nostre main pour cause de regale ^, esqueles prisons il a esté long temps en grant povreté et misère, et doubte que pour icellui cas il peust estre griefment pugny en son corps ou en ses biens, se par nous ne lui estoit sur ce impartie nostre grâce et miséricorde, si comme il dit, requérant humblement que, attendu qu^il est simples homs laboureur de jeune aage, chargié de jeune femme ensaincte d^enfiant s^entant, et que à partie lesdiz biens ont esté restituez qui tous ont esté trouvez en nature, et ne fut onques mais icellui suppliant attaint

1 . Essaule, bois de couverture. Voyez Du Gange, au mot essoula,

2. La rue de la Mortellerie a pris, en iSSy, le nom de rue de lHôtel-de- ViUc.

3. Les marais ayoisinant la Grange-Batelière et les Porcherons.

4. Jean de Nant, éTêque de Paris, était mort le 7 octobre 1426 et son successeur, Jean du Chastellier, ne fut intronisé que le i*' juin 1427.

14279 févr.] DOMtNATION ANOLAISE. *i47

ne convaincu d^aucun autre villain cas, blasme ou reprouche, nous lui vueillons sur ce impartir nostre dicte grâce. Pour quoy nous, eue considération aux choses dessus diaes

Si donnons en mandement au prevost de Paris

Donné à Paris, le xxv* jour de fevrier, Tan de grâce mil quatre cens et vint-«ix et de nostre r^ne le quint.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil ,

Neelle.

1427. 4 mars. Paris.

Rémission accordée à Guillaume du Pré, manouvrier, né à la Villette-Saint- Lazare à Paris, qui, après avoir demeuré huit années à Etampes où il se maria après un an de résidence, avait vainement tenté de s^établir à Paris pour y gagner sa vie et s'était vu contraint de retourner à Etampes, puis de là à Bourges et à Issoudun. Devenu veuf dans cette dernière ville, Guillaume continua d'habiter le Berry, la Sologne et autres pays soumis au Dauphin, sans prendre toutefois aucune part à la guerre 1.

(JJ. 173, n* 638.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir nous avoir reçeu Pumble supplication de Guillaume du Pré, povre homme laboureur, aagié de XXX ans ou environ, natif de la Villette-Saint-Ladre lez Paris, fils de feux Thevenin du Pré et de Qemence, sa femme, contenant que comme dès xiii ans a ou environ^ sesdis feux père et mère Teussent mené demourer à Estampes, auquel lieu ung an après ou environ, il se maria à une jeune femme qui lors demouroit à Saint-Martin lez Estampes, et demourerent au lieu d'Estampes sept ans ou environ et jusques à environ cinq ans a que, il et sa diae femme, s'en partirent pour la fortune de la guerre, et s'en vindrent demourer en ceste ville de Paris, où ilz furent environ deux mois. Et, pour ce qu^il n'y trouvoit bonnement à gangnier, il et sa dicte femme s'en retournèrent audit lieu d'Estampes, et d'ilec veans qu'ilz n'y povoient bonnement vivre, s'en alerent à Bourges, où ilz furent environ in sepmaines, et de là alerent à

I. Ajoutons à cela que Guillaume, revenu à Paris depuis peu, avait été reçu par son frère Jean qui exerçait dans cette ville la profession de boulanger, et que les deux frères n'avaient pas tardé à être emprisonnés l'un et Tautre au Châtelet de Paris. Jean fut délivré le 4 février 1427, c'est-à-dire quatre semaines avant Guillaume. Voyez à ce sujet les lettres de rémission qui lui turent accordées; nous les avons imprimées plus haut, p. 240.

248 PiiRfs PENDANT LA [i4279mars

Yssodun^ en Berry, où ils demourerent par aucun temps, pendant lequel sadiae femme ala de vie à trespassement. Depuis le trespas de laquelle ledit suppliant a demouré tant ou dit pays de Berry comme de Saloingne et aussi en plusieurs lieux et bailliages en l'obéissance de noz ennemis et adversaires, en gangnant sa vie à labourer es vignes, fauchier prez, et autrement à la peine de son corps par Tespace de trois ans ou environ, sans ce toutes voies qu'il se soit aucunement entremis du fait de la guerre, et il soit ainsi que icellui suppliant ait très grant affection et voulenté de retourner sur le lieu de sa nativité en nostre obéissance, entre ses parens et amis, et ylec vivre comme noz autres subgez et vrays obeissans, se il nous plaisoit à ce faire le recevoir, et lui pardonner les cas dessus dits, ainsi qu^il dit, en nous humblement requérant que, eue considération à son fait, et que la fortune de la guerre et de la famine qui a couru Ta ainsi contraint à soy transporter de lieu en autre, et que ce qu^il a ainsi demouré en Pobeissance de nosdis ennemis a esté par sa simpléce et ignorance, et cuidant y mieuk gangnier sa vie que autre part, en faisant son labeur seulement, et que en tous ses autres cas, faiz et affaires, il a tousjours esté homme de bonne vie, sans avoir esté convaincu, ne attaint d'autre villain cas, blasme ou reprouche, et ne s*est entremis du fait de la guerre aucunement, nous lui vueillons impartir nostre grâce et miséricorde. Pour ce est-il

Si donnons en mandement, par ces mesmes présentes, au pre* vost de Paris '

Donné à Paris, le iiii^ jour de mars. Tan de grâce mil quatre cens et vint six et de nostre règne le cinquiesme, soubz nostre seel ordonné en Tabsence du grant.

Ainsi signé : Par le Conseil,

Ferrebouc.

1427. 28 avril. Paris.

Henry VI donne à Thomas de Montagu, comte de Salisbury et du Perche, les biens confisqués sur le duc de Bretagne et sur Jean Taranne à ChaîUot, Nijon et Issy.

(JJ. 173, n? 645.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, que pour considération des grans, notables et loyaulx services que nous a faiz incessam-

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