I. Issoudun (Indre, chef-lieu d'arrond
14379 avril] DOMINATION ANGLAISE. 249
ment, tant ou fiiit de nos guerres comme autrement, et espérons que &ce au temps avenir nostre très chier et amé œusin, Tho~ mas de Montagu, œnte de Salisbury et du Perche ^ à iceilui par l'advis et délibération de nostre très chier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons cédé, donné, transporté et delaissié, donnons, cédons, transportons et délaissons par ces présentes pour lui, ses hoirs, successeurs et ayans cause, à tousjours mais perpetuelment les hostels, terres, seigneuries, héritages, cens, rentes, revenues et possession, avec leurs appartenances et appendances quelzconques, ainsi qu^ilz se poursuivent et comportent, qui furent et appartindrent à nostre onde, le duc de Bretaigne', Jehan Tarenne', sa femme et leurs hoirs, assises es prevosté et viconté de Paris, et es villes et terroirs de Challeau, Chasteau-Nyjon^ et Yssy", à nous venues, for-
1. Thomas de Montagu, comte de Salisbury, Pun des plus valeureux capitaines du roi d'Angleterre, avait reçu de Henri V le comté du Perche dont il fit hommage à ce prince dès le mois de janvier. Il reçut depuis les seigneuries de la Ferté-Fresnel, en Normandie, de Courville au pa3r8 Chartrain et de Loigny au Perche; mais tous ces biens, transmissiblcs seulement à sa descendance mâle et directe, revinrent à la couronne par la mort du donataire qui fut tué devant Orléans, au mois de décembre 1428 (Longnon, Les limites de la France à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc, p. 62, note 3).
2. Jean VI, duc de Bretagne et frère du connétable de Richemond, avait alors quitté momentanément le parti anglais. A cette occasion, le duc de Bedford avait déclaré la guerre à la Bretagne le 1 5 janvier 1427, mais Jean VI, effrayé, négocia un accord dès le 3 juillet et, le 8 septembre suivant, il renonçait publiquement à toute alliance faite au préjudice du roi Henri VI (Morice, Histoire de Bretagne, t. II, p. 5oi-5o2).
3. Jean Taranne, l'une des victimes des massacres de 141 8. Son hôtel de Saint-Germain-des-Prés avait été donné dès le mois de juin 1425 à Etienne Bruneau, secrétaire du rot Henri VI (voir plus haut, p. 173,1a note où nous rappelons les diverses propriétés confisquas sur Jean et Simon Taranne). Les comptes de confiscations mentionnent les biens qu'il possédait à Chaillot et qui furent donnés à Salisbury par des lettres que nous publions ici (Sauvai, p. 32 3).
4. Chflteau-Nijon ou plus exactement le château de Nijon, autrement dit l'hôtel de Bretagne, était situé sur le territoire deChaillot et appartenait à la maison de Bretagne dès i33i, date à laquelle Guy de Bretagne, comte de PenthièW^, y mourut. Le duc de Bretagne, Jean VI, redevenu l'allié du roi Henri VI, rentra en possession de ce domaine après la mort de Salisbury et sa petite-nièce, la reine Anne, femme des rois Charles VIIl et Louis XII, y établit un couvent de Minimes (Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. III, p. 54-55).