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[31 AOUT 1794] RÉACTION THERMIDORIENNE t2
jugements sur le funeste événement d'hier : les uns rattribuent à la malveillance, d'autres à la négligence et au peu de soins des chefs. L'on n'a rien de positif sur la vraie cause de ce malheur ; on assure cependant que les ouvriers tremblaient hier matin d'entrer dans les ateliers, parce que, la veille au soir, plusieurs chefs qui leur étaient inconnus, avaient fait une visite avec de la lumière jusque dans les fondations. D'autres ouvriers répugnaient d*y aller depuis environ huit jours. Ceux échappés à ce malheur assurent que plus de quinze cents personnes ont été victimes de ce cruel événement. Le nombre des morts transférés à l'Ecole militaire monte à quatre cents, parmi lesquels cinq femmes, que l'on a transportés dans onze chariots, à dix heures du soir, pour être enterrés à Vaugirard.
Le concierge de la maison d'arrêt du Luxembourg a fait part de la conduite honorable et des sentiments que viennent d'exprimer des prisonniers de cette maison, laquelle a éprouvé, par l'explosion des poudres de Grenelle, une secousse si violente que les carreaux de la galerie de Rubens ont été entièrement fracassés et que les portes desdites prisons se sont ouvertes. Ces prisonniers ont dit : « Mes amis, voilà les portes ouvertes; le premier qui osera se présenter, nous l'anéantirons. Respect à la loi ; faisons voir que, sous les verroux, le républicanisme n'est pas étouffé. »
Des citoyens disaient sur la place où s'était faite l'explosion : « Voilà l'effet des mises en liberté. »
Dans un groupe de huit à dix personnes, au jardin Egalité, l'on s^entretenait d'un particulier à qui, dans le café de Foy, un colporteur venait de présenter un imprimé intitulé la Queue de RobespieiTe^ lequel particulier l'avait déchiré en disant que, dans trois jours, ceux qui criaient ne crieraient pas si fort. Il a été arrêté et conduit au Comité de sûreté générale, suivi de toute l'indignation du peuple.
Sur les boulevards, au jardin Egalité, sur la place de la Révolution, au jardin National, dans les cafés, chez les traiteurs et autres lieux publics, les citoyens conversaient diversement et paisiblement, le cœur serré, sur l'événement du jour.
Le citoyen Thiboust, administrateur de police régénérée, s'est transporté à l'hospice des Invalides. Après avoir visité tous les blessés, il est parvenu à un lit, n® 23 salle de la Valeur, où l'on venait de faire l'amputation de la jambe droite au citoyen Michel Desuîre, invalide de la deuxième division, lequel, après l'opération, a crié : c Vive la République ! Je suis content, pourvu que mon pays soit sauvé. »
A sept heures et demie du soir, Ton a vu, rue Montmarat, une
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Bénédictines, coin, ; les Dragot 7vblirains, op.