DURET, DUCHAUFFOUR
(Arch. nat., F « « III, Seine, 15.)
REACTION THEauœOtUENNE [28 PÈvwtA 17951
tn VENTOSE AN III (28 FÉVRIER 1795).
Rapport du 11 Ventôse.
— Suivant les rapports du jour, difTérentes causes , ment les agitateurs : la disette de nombre de denrées !3sité, la cherté excessive d'autres, enfin l'égotsme j toute espèce, le défaut d'occupation de nombre ;éne des rentiers, qui, ne pouvant plus atteindre au ce pour subvenir à leurs besoins, soutiennent par linion des malveillants.
r, dans un groupe, au Jardin national et bous la upport de la loi du maximum n'avait eu lieu que négociants et aux marchands la liberté de satisfaire e ruiner les citoyens.
rte qu'au café de Chartres, environ sept heures du I gens arrivèrent, criant : a Nous avons remporté la acobins ! o Alors un orateur monta sur un tabouret ions du café Payen, où, après avoir chanté le liéveil >ns chassé les Jacobins qui s'y trouvaient et les avons ie sûreté générale ; parmi eux, nous avons reconnu Ils du peuple qui nous ont insultés et ont déclaré )us voulons, dit l'orateur, savoir leurs noms pour les )le. ■
Thion, Poînsignon et plusieurs autres rapportent is qu'ils ont surveillés, il y avait beaucoup de monde lulangers ; plusieurs citoyens n'ont point eu de pain, mé des murmures contre l'Agence des subsistances ; iirs, l'ordre n'a point été troublé, iot disent que, chez plusieurs boulangers, il y avait Is bonne heure, qu'on s'y est permis de tenir des proitre la République, parce que plusieurs personnes i pain, quoiqu'on ait diminué sur la quantité qui ! citoyen. On a même dit qu'on tomberait sur les argés de la distribution du pain, s'ils ne donnaient rsonne sa ration ordinaire. Un boulanger de la sectribuait du pain très noir; chacun disait qu'il était i pommes de terre.
Viande et comestibles. — Suivant les rapports de Plantin, Thion et plusieurs autres, il y a toujours des rassemblemenls aux portes des bouchers ; cependant la distribution s'est faite avec beaucoup de tranquillité.
Le 10 et le il courant, il est arrivé dans les halles 196 voitures de dififérentes denrées et 3 de marée ; les inspecteurs observent que, depuis quelques jours, il arrive très peu de comestibles dans les halles. Il y a eu hier peu de légumes dans les halles ; la halle à la viande n'était pas si bien approvisionnée que de coutume, mais il y avait beaucoup de porc frais
Surveillance, — Bance rapporte qu'un compagnon menuisier de la la section de Bonne-Nouvelle, s'étant permis d'arracher une affiche contre les membres de l'ancien Comité révolutionnaire de cette section, a été conduit devant le commissaire de police et mis au violon pendant 24 heures ; des informations ont été faites sur son compte.
Suivant le rapport de Bourdon, on a crié : Aux armes I au café des Canonniers, en annonçant que Ton se tuait au café Payen ; aussitôt, deux cents hommes du premier café se sont portés au café Payen ; mais les assassins étaient déjà arrêtés et conduits au Comité de sûreté générale.
11 résulte du rapport de Bagnard, et d'après des propos tenus en sa présence au café du théâtre de la Cité, que Ton se dispose à s'emparer des tribunes de la Convention pour le jour où doit se faire le rapport de la Commission des Yingt-un.
Comme Yenua, restaurateur auprès de la Convention, est indiqué comme lieu de rassemblement, Bagnard est chargé de se porter chez ce restaurateur demain de bonne heure, et même aujourd'hui, avec ordre de rendre compte à l'instant à la Commission, à tel moment que ce soit de jour ou de nuit, de tout ce qui sera venu à sa connaissance.
Moreau, Braconnier et Mellette annoncent qu'un chaudronnier du faubourg Antoine, prévenu d'avoir dit hautement chez un restauraeur que, si la disette de pain continuait, 50,000 hommes du faubourg se lèveraient, ramasseraient sur leur passage tout ce qu'ils rencontreraient, et qulls ne ménageraient que les petits ouvriers et les petits marchands, il a été conduit au Comité révolutionnaire de larrondissèment avec copie du rapport, lequel est envoyé au Comité de sûreté générale.
Deriguahem rapporte qu'il a été dit hier, au ci-devant couvent Magloire, où est maintenant Tinstitution des sourds-muets, une messe à laquelle ont assisté environ cent personnes ; l'inspecteur qui s'y est
REACTION THERMIDORIENÎfE [28 février 1795]
~ nénétré que par ruse, car la porte lui avait été refusée ; ipport, le prêtre aurait, avant de commencer, fait un sur le rétablissement du culte et sur l'amour de Dieu et lin; d'ailleurs le tout s'est passé sans rassemblement kvec décence et tranquillité en dedans, qui s'est permis, suivant Henry, inspecteur, des pro~ avilir la représentation nationale, est mis & la surveil-
qu'on parle toujours avec une sorte d'inquiétude de la roupes aux environs de Paris. Chacun discute é> sa ma- ■ destination ; les uns s'en alarment, les autres s'en
croire les rapports de Tissot et de Delaporte, il y >n une tannerie où l'on tanne des peaux humaines pour m et des souliers >.
POTRELLB, BaRBARIM.
., F» Mil, Seine, 13-1
JODRHAUX.
universel du i 1 ventôse : « Parts, tO ventôse. . . . V>n chanteur îrnièrement d'un commenlaire facile à suppléer des couplets disnil :
Oa voit, depuis la mort
Du tyran Robespierre,
Des partisans royaux
Sortir de la poussière.
licain du il ventôse : « Paris, 10 venlùse. On public ici, avec urancc, une anecdote, qui ne peut élrc que controuvée ; ils lés d'assez de forfaits, sans leur en supposer d'absurdes. Un ntc qu'on fabriquait à Meudon du cuir d'homme, comme on lir de veau, et que Saint-Just et Barèrc avaient des bottes aferoale manufacture, II ne peut y avoir que de l'imprudence, rc de plus, de la part de ceux qui racontent de pareils faits, es preuves démonstratives *. » — Ami du peuple du U venions avons gratté les blasons et brûlé les armoiries, nous avons l'obtenir la liberté ou de mourir plutôt que plier le genou de- [le serment était inscrit sur nos portes et dans nos cœurs; comque cette inscription se trouve effacée sur le seuil de la Mai- Sans doute, ce serment est gravé dans le cœur de tous les lais pourquoi rougiraient-ils de lire sur le seuil du Sénat ce
êgende, voir Louis Combes, Épisodes et curiosités rivolulion-
(li de PerUi du ]D ventôse.
qu'ils ont juré à la face du peuple entier? Les rois s-'honoraîent d'avoir pour armes des fleurs de lis, des couronnes ou des léopards. Les maisons, les hôtels et les palais étaient armoriés à chaque colonnade. Le Sénat français vient d'effacer sa devise. Les princes inscrivaient la leur sur tous leurs châteaux, sur leurs domaines, sur leurs esclaves, etc. La liberté ou la mort est la livrée qui a remplacé tous ces blasons. On vient d'effacer cette devise sur le seuil du sanctuaire des lois. . . »
Rapport du 12 ventôse.
Esprit public. — Le publie attend avec bien de rempressement le rapport de la Commission des Vingt-Un. On rapporte que les jeunes gens se proposent de se porter aux tribunes de la Convention, afin d'en éloigner les Jacobins.
Les groupes au Jardin national étaient nombreux et bruyants. Le vœu du peuple est bien prononcé contre les Jacobins et les autres membres des Comités révolutionnaires. Quelques particuliers parlaient de modération en leur faveur, mais leur voix élait étouffée par la majorité. Ces mômes individus accusaient, dit-on, Fréron d'être chef d'une faction qui veut la Constitution de 1791.
Au café Payen, Fargues et Marceau rapportent qu'un citoyen, velu à la jacobine, ayant voulu manifester son opinion, a été hué et aurait été maltraité, si, ayant rappelé les citoyens aux principes et à la loi qui défend de se faire justice, le calme ne se fût rétabli. Les citoyens se sont contentés de jeter à la porte le prétendu Jacobin.
Dans divers cafés de la Maison-Egalité, l'on rapporte que les jeunes gens se plaignent d'être accusés de royalisme et de causer du trouble dans les sections et les spectacles. Pour faire cesser ces bruits, ils se proposent de présenter une adresse à la Convention nationale^ dans laquelle ils développeront leurs principes, ainsi que leur respect et attachement à la représentation nationale.
L'on rapporte qu'hier, maison François, section de l'Homme-Armé, il s'est dit plusieurs messes et autres services catholiques. Ces cérémonies religieuses se sont passées dans le calme. Dans quelques autres endroits, pareils rassemblements ont eu lieu pour le même motif; mais, attendu la loi concernant la liberté des cultes, qui met les sociétés religieuses, ainsi que toutes autres, sous la surveillance de la
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police, nous croyons devoir prévenir les citoyens qui désirent composer ces diverses sociétés de faire leurs déclarations préalables.
L*agiotage se perpétue Maison-Égalité.
Commerce. Pain. — Suivant le rapport de Thion, Losset, Le Hodey et autres, dans les lieux qu'ils ont surveillés, les rassemblements aux portes des boulangers étaient moins nombreux que ces jours derniers. Les boulangers, excepté quelques-uns, ont satisfait leurs pratiques ; quelques murmures de la part de ceux qui n'ont point eu de pain se sont fait entendre ; mais il ne s'est rien passé de contraire à la tranquillité publique.
Lefèvre, La Motte et Bercé rapportent que, dans leurs arrondissements, il y avait beaucoup de monde aux portes des boulangers ; les femmes disaient, dans la section Poissonnière, qu'on veut les faire manquer de tout^ et principalement de pain ; elles disaient aussi que les hommes sont des lâches, et qu'à leur place, elles iraient plus vite qu'eux.
Berger et Lassiot disent que la garde est établie depuis quelques jours chez les boulangers de la rue de Bretagne, au Marais, attendu que, le 9 du présent, le public a foncé dans sa boutique et lui a emporté beaucoup de pain sans payer.
Viande et comestibles. — . . .Plusieurs personnes n'ont point eu de viande, ce qui a occasionné des murmures de la part du public, qui se plaint de la rareté et cherté des denrées ; Tordre cependant n'a point été troublé.
Thion, Losset, Plantin, Loctave rapportent qu'il y avait très peu de légumes aux halles et marchés. Il y est arrivé une voiture d'œufs et quelques voitures de légumes et marée ; la halle à la viande était moins approvisionnée que de coutume; mais beaucoup de porc frais,
qui se vend 3 livres 10 sols la livre. Il y avait environ 60 cochons
• Surveillance, — Pépin ayant annoncé qu'un homme parcourait avec une sonnette les rues de la section des Droits-de-l'Homme et annonçait que, demain 13, on bénira l'église du couvent des ci-devant Billettes, et que, dimanche prochain, on y dirait la messe, il a été conduit au commissaire de police pour lui demander ce qu'il a fait à cet égard. Des ordres sont même donnés pour amener, s'il est possible, ce même particulier, comme se trouvant en contravention avec la loi sur l'exercice des cultes, art. 7.
Dessault, officier de paix, rapporte que le ci-devant curé d'Eustache a déclaré qu'il ne dira jamais la messe
Plusieurs inspecteurs rapportent qu'on a fait, au café de Chartres, une motion tendant à se plaindre des terroristes, qui veulent faire
passer les habitués de ce café pour des perturbateurs ; qu*on y a fait aussi la motion de se transporter à la Convention pour ne la pas laisser influencer par la partie des Jacobins.
Fauconnier, Beurlier.
(Arch. nat., F » «111, Seine, 15.)
Rapport du 13 ventôse.
Esprit public. Groupes et cafés, — Hier, autour de la Convention, il y avait une affluence considérable de citoyens, que le rapport de la Commission des Vingt-Un y avait attirés; nombre de citoyennes, habituées à garnir les tribunes, ne pouvaient cacher leur ressentiment d'en avoir été renvoyées. Plusieurs d'entre elles se permirent des propos, à cause de cette expulsion. La journée s'est passée en conversations vagues.
Dans un des groupes au Jardin national, suivant le rapport de Marceau, des militaires disaient qu'il ne fallait pas se laisser abuser, que ceux qui criaient si fort contre les terroristes et les buveurs de sang étaient peut-être dans le cas d'en faire davantage ; que, s*il arrivait quelque chose, ils se cacheraient, comme ils Font toujours fait.
Au même jardin, deux jeunes gens, rapporte Marceau, insultèrent un militaire se disant revenu des armées, et Tapostrophèrent d'agent de Robespierre. Ce militaire voulant leur prouver le contraire en leur exhibant ses papiers, ces jeunes gens n'en firent aucun cas et continuèrent de l'injurier ; alors, outré des insultes qu'il avait reçues, il se jeta sur l'un d'eux et le roula dans le jardin; les spectateurs approuvaient cette correction.
Plusieurs particuliers, qui faisaient des motions dans les différents groupes, ont été arrêtés et conduits au Comité de sûreté générale. Un jeune homme, se disant Jacobin et soutenant ce parti, a été bafoué et aurait peut-être été exposé à d'autres traitements plus rigoureux ; il a été arrêté et conduit au Comité de sûreté.
Les différents groupes, l'après-midi, s'occupaient de diverses conversations, les uns contre les Jacobins, d'autres contre l'insatiabilité des marchands, lorsque Ton annonça que le décret d'arrestation pro-
Il .J
visoire venait d'èlre porté contre les quatre membres des Comités de gouvernements Ce décret a été fort applaudi et reçu aux cris répétés de Vive la Convention !
Après la séance de la Convention, Tetel, offîcier de paix, rapporte que deux cents jeunes gens se portèrent au théâtre de la République et, après en avoir forcé l'entrée, y annoncèrent le décret d'arrestation aux cris de Vive la Convention I
Spectacles. — Tous les théâtres au surplus ont été tranquilles ; à celui des Arts, au dernier acte d'Ipkigénie^ Ton annonça le décret porté contre les quatre députés; tous les spectateurs, d'une voix unanime, ont crié : Vive la Convention !
Commerce. Pain. — Dans Tarrondissement surveillé par Bance, Bercé et plusieurs autres, il y avait aux portes des boulangers des rassemblements considérables. La cause en est que plusieurs n*ont point eu de pain la veille, et que chacun craint d'en manquer. Cependant il n'est arrivé rien de contraire à la tranquillité publique. . .
Suivant le rapport de Cornet^ dans différents groupes au Palais national, plusieurs personnes se plaignaient de ce qu'on ne leur donnait pas assez de pain; d'un autre côté, que les denrées étaient d'un prix exorbitant; que les sections de Paris allaient à la Convention en masse, sans jamais lui parler des subsistances. La Commission donnera des ordres pour faire surveiller ces plaignants, les reconnaître, les signaler et les traduire devant les autorités constituées.
Viande et comestibles. — Poinsignon, Pasquîlle et plusieurs autres rapportent que, dans les lieux qu'ils ont surveillés, des rassemblements nombreux étaient aux portes des bouchers ; plusieurs personnes n'ont point eu de viande, ce qui occasionne des propos de la plupart des méchantes femmes qui ne cherchent qu'à propager le trouble ; malgré cela, l'ordre n'a point été troublé
Le 12 et 13 de ce mois, il est arrivé dans les halles 442 voitures de différentes denrées et 3 de marée; il y avait hier peu de légumes; la halle à la viande était moins approvisionnée, surtout en porc frais, qui s'est vendu 3 livres 10 sols la livre; il ne s'y est passé rien de^ contraire au bon ordre.
Il résulte cependant des rapports de La Motte, Borie et Losset, que dans les halles et marchés le peuple se plaint de la cherté des denrées et de leur mauvaise qualité, et dit qu'il faut avoir ses poches pleines d'assignats pour vivre, chose qui fait beaucoup de mécon-
1. Le 12 ventôse an III, la Convention décréta l'arrestation de Barère, Billaud Varenne, Collot d'Herbois et Vadier,
tents. La Commission recommandera de dire à ces prétendus mécontents, qu'ils vendent leurs marchandises et leurs travaux en proportion aussi cher que les denrées qu^ils achètent, et que, s'ils veulent réfléchir, ils conviendront que leurs plaintes sont injustes.
Bois et charbons, — - Bocquoin et autres rapportent que l'on a été obligé de fermer le chantier de Déségouttes, rue Amelot, et de suspendre un moment la vente des falourdes, car le public avait forcé la garde trop peu nombreuse; la distribution a été continuée et a fini à quatre heures avec ordre et sans accident.
Suivant Martin, Semé et Launay, la distribution du bois à File Louviers s'est faite avec calme, mais ils ont remarqué un gaspillage en ce que les marchands vendent leur bois le prix qu'ils veulent et sans bons; en second lieu, les charretiers sont porteurs de bons
Cordebard rapporte qu'on se plaint de ce que les sections ne reçoivent plus de soumissions pour le bois; en second lieu, chacun dit que, si les commissaires ne s'entendaient pas avec les marchands, il y aurait du charbon, attendu que la rivière est navigable
Surveillance. — D'après le rapport d'Hodet, inspecteur, des propos infâmes ont été tenus par sept à huit ouvriers de la Force contre la représentation nationale; cet inspecteur est mandé pour demain, et alors la Commission lui observera qu'il aurait dû, d'après ces propos, employer les mesures nécessaires pour mettre ces malveillants à la disposition de la Commission, afin qu'elle puisse les examiner et faire ensuite ce que les circonstances auraient exigé
RoucuAS, Barbarin.
(Arch. nat., F» «III, Seine, 15.)
Journaux.
Abréviateur universel du 13 ventôse: a Paris , le 12 ventôse... Les cendres de Michel Le Pelelier ne sont plus au Panthéon; sa famille les a retirées; Marat a dû en sortir hier. On s'est rappelé que ce dieu en a fait chasser Mirabeau, dont plusieurs personnes auraient désiré qu'on en retirât le cœur et qu'on y laissât la léte. » — Courrier républicain du 13 ventôse : « Paris,, le 12 ventôse. On doit croire que le gouvernement n'a négligé aucunes précautions pour assurer la tranquillité pendant un jour où l'on doit voir sortir de nouveau des ténèbres les mystères de la plus perverse iniquité. Non seulement on a établi de nombreuses gardes de surveillance dans toutes les seclions, mais des piquets de gendarmerie ont été postés dans tous les quartiers où Ton pourrait craindre quelques désordres. Dès ce matin une foule considérable de citoyens s'est portée autour de la salle de la Convention, pour en occuper les tribunes, et, autant que nous avons pu l'observer, la grande majorité de ceux qui assisteront à la séance d'aujourd'hui ne désire que le main-
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tien des lois et une marche sûre et éclairée de la justice. » — Batave du 14 ventôse : « Paris, 43 ventôse. Le spectacle de Paris annonçait hier que la Convention allait faire un grand acte de justice nationale * ; la force armée, qui était sur pied dès le matin, faisait craindre que le terrorisme ne se préparât à de nouveaux efforts pour sauver les quatre prévenus. Les tribunes de la Convention ont été remplies de très bonne heure; les buveurs de sang s'y trouvaient en minorité : c'est dire assez qu'elles n'ont pas été en proie à la sédition et au tumulte. De nombreuses patrouilles ont parcouru les rues et les places publiques; le peuple a gardé une contenance calme, et jamais Paris n'a été plus tranquille. » — Journal de Perlet du 14 ventôse: « La nouvelle de l'arrestation des hommes à qui la France reproche une grande partie de ses maux, et plus d'une année de la plus horrible tyrannie, a été accueillie dans Paris au milieu des transports de la joie la plus vive. Elle s'est répandue avec rapidité dans toutes les maisons, dans tous les lieux publics, dans tous les spectacles, et a été suivie partout des cris répétés de Vive la Convention I Vive la République!.,. »
Rapport du 14 ventôse.
Esprit public. Groupes. — On s'entretenait hier dans les groupes de la paix faite avec la Vendée ; tous les bons citoyens ont appris celte nouvelle avec la plus vive satisfaction ; il paraît qu^en général on désire connaître les articles de la paix; on espère qu'elle sera suivie de négociations avec les puissances étrangères.
Suivant le rapport de Chatou, on parait désirer de voir effacer de dessus toutes les maisons le mot Mort qui se trouve à côté de celui Fraternité, attendu que ce mot rappelle le règne de terreur et de sang.'
On s'entretient aussi avec satisfaction du décret relatif aux quatre représentants mis en arrestation ; Tévasion de Vadier fait regarder leur cause comme plus mauvaise.
Il parait une nouvelle affiche intitulée les On dit, signée Barère, Collot, Billaud et Vadier. Elle tend à réfuter* l'imputation faite dans le journal de Galelli* à Tancien Comité de salut public, d*avoir fait
i. On se rappelle que, dans sa séance du 12 ventûse an 111, après avoir entendu le rapport de Saladin, la Convention avait décrété d'arrestation Billaud- Yarenne, GoUot d'Herbois, Barère et Vadier.
2. F.-G. Galetti était rédacteur du Jouimal des lois. Nous n'avons pas retrouvé cette affiche des On dit, mais nous connaissons la réponse qu'y fit Galetti, éga-
tanner les peaux de guillotinés et d'en avoir fait faire des bottes et des souliers*.
Une grande quantité de jeunes gens se sont portés hier dans plusieurs cafés en criant : A bas les Jacobins l Us portairent le buste de Marat, qu'ils ont fini par jeter dans le bassin du Jardin national, en chantant le Réveil du peuple^ et criant : Vive la Convention !
Les attroupements diminuent à la porte des boulangers; le public parait persuadé que ces attroupements ne sont que TefTet de la malveillance^ notamment de la part de quelques boulangers qui répandent des inquiétudes parmi les citoyens en leur inspirant la crainte de manquer de pain.
Niquille, Sadous et Fior, officiers de paix rapportent qu'on a fait courir le bruit que le représentant Isnard et ses autres collègues rentreront dans le sein de la Convention, que cela ne parait pas déplaire au public, que le Mémoire d'Isnard* parait être goûté.
Suivant le même rapport, on parait avoir décidé, au café des Canonniers, que le spectacle de la République ne porterait désormais que le nom de spectacle du Palais-Égalité.
Les plaintes se font toujours entendre sur la cherté des subsistances ; on s'attend, actuellement que la rivière est navigable, que les marchandises vont arriver ; et on parait désirer que le prix des combustibles soit fixé.
Spectacles. — Tout s'y est passé tranquillement. Dans plusieurs on a fait chanter le Réveil du peuple. A celui de Louvois, on a demandé la suppression sur la toile des mots : ou la mort, et on y a substitué à la craie le mot paix. Sadous rapporte que c'est le mot humanité qui y a été substitué, au milieu des plus vifs applaudissements.
Commerce. Pain. Viande et autres comestibles. — ... Suivant Loctave, les premiers arrivages aux Halles n'ont pas été conséquents, mais les répartitions se sont faites avec calme. La douzaine de fromages, qui se vendait 50 livres, se vend aujourd'hui 160 livres. La halle à la viande était bien approvisionnée ; il y avait environ 50 cochons; il règne peu d^ordre à. cette halle ; du reste tout a été tranquille.
Bois et charbons. — • . . Oury et Guérin disent qu'on a été obligé de faire fermer le port au charbon de la Tournelle, afin de rétablir
lement sous forme d'afliche. On en trouvera le texte dans les Épisodes et curiosités révolutionnaires de Louis Combes, p. o9.