Voir plus haut, p. ol
2. Il s'agit sans doute de Timprimé intitulé : Prescription d*Isnard^ Paris, an III, in-8. Bibl. nat., Lb 41/1517.
527 RÉACTION THERMIDORIENNE [3 mars 1795]
le bon ordre. Lorsque la tranquillité a été rétablie, on a ouvert le porty et la vente s'est continuée sans interruption ; ils observent que la force armée arrive trop tard à ce poste.
Bergeret et autres rapportent qu'on a eu beaucoup de peine à maintenir le bon ordre au chantier de Déségouttes, rue Amelot ; la force y était peu nombreuse h l'ouverture du chantier
Il résulte du rapport de Fleury que plusieurs personnes se plaignent de ce que les marchands de bois qui sont à la place des Victoires et autres vendent une voie de bois 220 livres, en disant qu'il n'y aura bientôt plus de bois à Paris. Le public dit que la police ne devrait pas souffrir des gens comme cela, qui ne cherchent qu'à mettre le désordre en insultant à la misère publique.
Museux rapporte qu'on se plaint beaucoup de ne point avoir de bois, entre autres les blanchisseuses, qui ne peuvent, à ce qu'elles disent, faire leur état, ce qui occasionne des murmures de leur part et leur fait désirer plutôt la mort que de souffrir de la sorte.
Surveillance, — Doucet rapporte qu'au café des Canonniers, la motion a été faite de faire une collecte qui servirait à rechercher Vadier.
Dans le même café, annonce Racine, on a dit que le théâtre de la République n*avait pas le droit de s'appeler ainsi, et qu'il fallait faire la motion de lui faire prendre le nom de théâtre du Palais de l'Égalité. Suivant ce même inspecteur, la nouvelle de la cessation des hostilités de la Vendée a causé beaucoup de joie dans les tribunes de la Convention, où l'on a dit que cela aller ficher le tour aux Anglais.
Tissot et Delaporte ayant indiqué, dans leur rapport de ce jour, qu'un ouvrier, entouré de cinquante personnes qui l'avaient applaudi, avait au milieu de ce groupe tenu des propos contraires aux principes, sans signaler cet individu et sans avoir cherché â le connaître, sont mandés pour rendre compte de leur conduite et recevoir à cet égard une instruction dont ils puissent profiter à l'avenir.
D'après le rapport de Pépin, le commissaire de police de la section des Droits de l'Homme a promis de rendre compte de ce qu'il aura fait contre le particulier qui a proclamé au son d'une clochette qu'on dirait une messe dans l'église des Rillettes et qui provoquait les citoyens à s'y rendre.
Un café, indiqué par Gambet comme servant de repaire à l'agiotage de onze heures à midi, sera soumis â la perquisition la plus exacte dans les vingt-quatre heures.
Suivant le rapport de Lecoq, la messe se dit aux Capucins du
Marais, et Ton travaille à rétablir Téglise des Rillettes pour y dire la messe, à ce que dit un menuisier qui y travaille.
GossET, Rarbarin.
(Arch. nat., F»cIII, Seine, 15.)
Journaux.
Gazette française du 15 ventôse : « Paris, 14 ventôse. Dans un de nos derniers numéros, nous avons invité les citoyens à effacer du frontispice de leurs maisons cette inscription dictée par la terreur : la Fraternité ou ia Mùrt. La section du Théâtre-Français a fait de notre invitation Tobjet d*iin arrêté : il est à croire que cet exemple sera suivi, et le mot de fraternilé, réduit à sa véritable application, ne sera plus un sujet d'effroi pour Thomme vertueux et pour le paisible voyageur. Le public dans les spectacles ne peut plus reposer ses regards sur ces mots : la Fraternité ou la Mort^ qui paraissaient être dans la devise chérie des tyrans ; hier, au théâtre du Vaudeville, le parterre a demandé à grands cris qu'ils fussent effacés. Le citoyen Rarré, directeur de ce spectacle, a répondu qu'il ne pouvait prendre sur lui de rien faire à cet égard, avant d'en avoir obtenu l'autorisation du Comité de salut public, et qu'il désirait voir disparaître cette inscription, qui serait plus propre à former l'épitaphe du genre humain qu'à cimenter les liens de la fraternité. Le même vœu a été déjà exprimé dans plusieurs autres spectacles. — La Convention, en convenant qu'il y avait eu tyrannie, s'est engagée à réparer, autant qu'il sera possible, les crimes des tyrans; elle ne souffrira pas surtout que les députés proscrits gémissent plus longtemps loin de ce sanctuaire qu'ils ont honoré par leur énergie ; partout le peuple se prononce pour leur rentrée de la manière la plus unanime. — Primidi, au théâtre des Variétés, Maison- Égalité, après une représentation de Cange, un jeune homme se présenta sur le théâtre pour chanter le Réveil du peuple ; à ces mots : Représentants iVun peuple juste, plusieurs voix ajoutèrent : Même les députés mis hors la loi ! Cette exclamation a été répétée dans tous les points de la salle et couverte d'applaudissements réitérés. »
Rapport du 15 tentose.
Esprit public. — Paris était hier dans la plus parfaite tranquillité. Tous les esprits sont fortement prononcés contre les députés mis en en état d'arrestation ; l'expression générale est toujours : guerre à mort contre les Jacobins. Un particulier, dans un groupe près la
529 RÉACTION THERMIDORIENNE [4 mars 17951
Cionveiition, disait que les aristocrates levaient la tète ; il a été arrêté et conduit au Comité de sûreté générale.
L'on paraît très satisfait de la nouvelle officielle de la paix conclue entre les représentants du peuple et les chefs de Tarmée de la Vendée.
Les plaintes continuent cependant sur la cherté de subsistances.
Les spectacles ont été presque tous tranquilles. Un seul a été troublé momentanément (le théâtre de la Galté, sur le boulevard) ; un jeune homme se mit à crier entre les deux pièces : « A bas les égorgeurs, les buveurs de sang et les Jacobins I » Les spectateurs tranquilles, ennemis du bruit, crièrent qu'on fit sortir les perturbateurs ; alors un officier de paix et un inspecteur firent sortir ce jeune homme, qui causait le trouble, et, sur la demande qui lui fut faite de sa carte, il en présenta une d*employé dans les bureaux de la Convention. Un commissaire civil Ta invité de se rendre au Comité pour acquérir de plus amples renseignements. Le calme s*est rétabli. .
Commerce, Pain, viande et autres comestibles, — Le Hodey, Desbourdelles, Labaubé, La Motte et Bercé rapportent qu'il y a toujours beaucoup de monde aux portes des bouchers et charcutiers, que malgré cela Tordre n'a poiot été troublé. La distribution de la viande s^est faite avec calme et sans murmures. Ils observent que, très souvent, les derniers à la queue n'ont point de viande, vu que les certificats des malades indigènes augmentent tous les jours et emportent de deux à trois livres de viande.
Pépin, inspecteur, dit que Ton a été obligé de requérir la force armée pour maintenir le bon ordre chez un^ boucher, rue Antoine, où les femmes ont voulu forcer le commissaire à différentes fois ; il observe que ces dernières étaient à la porte de ce boucher dès trois heures du matin. La Commission a écrit au Comité civil de ladite section pour avoir connaissance des délits qui se sont passés chez ce boucher.
Massard, officier de paix, Loctave et Thion, inspecteurs, disent que les halles sont bien approvisionnées en toutes sortes de denrées. La halle à la viande bien fournie ; mais Ton a apporté à cette halle 50 veaux qui pesaient tout au plus 35 livres chaque ; par conséquent, ils étaient nouveaux-nés. Il y avait à ce marché environ 50 cochons, il est arrivé quelques voitures de beurre et œufs, ainsi que des fromages ; les marchés n'étaient pas bien fournis dans ces espèces de marchandises et denrées. La tranquillité a régné dans tous ces lieux, malgré que les denrées soient très chères.
Petitdidier et Martin, inspecteurs, rapportent que, les 14 et 15 de
ToMB I. 34
t-Ktia iT95l HEACTiON THERMlDORIEPfHE 530
mois, il est arrivé 345 voitures de différentes denrées, ainsi que oitures de marée.
Bois et charbont. — Bergeret, Baron et Labaubé rapporlenl que 1 a été obligé de faire cesser la vente au chantier de la Juiverie', 1 de rétablir l'ordre, attendu que le public avait forcé la garde; jlques femmes ont été retirées de la foule presque éloulTées ; mais leur a porté de prompts secoure. Malgré ce désordre, tout le monde
lé servi
Semé, HoyroD, Martin, Launay, inspecteurs, rapportent que la tribution de bois & l'Ile Louviers s'est faite toute la matinée avec ucoup de tranquillité ; mais l'après-midi n'a pas été de même, ir la livraison des falourdes; la foule était si forte qu'elle a forcé farde. D'après ce, on a été obligé de faire cesser la vente à quatre ires. Malgré cela, ii n'est arrivé aucun accident. Us observent que ■ivière est couverte de bateaux, de vin, ainsi que de charbon de
'unieillance. — Bance, ofllcier de paix, rapporte qu'il s'est maniât A la dernière assemblée de la section de l'Observatoire, un métentement presque général de la mise en liberté de trois membres l'ancien Comité révolutionnaire, dont il paraît que l'on désire l'incératioD.
[oèl, officier de paix, rapporte que l'on se plaint sur la cherté exiive des denrées, que l'on espère que la misère ne durera pas jours, et que, si l'on vient à démasquer les accapareurs et leur in-
er de fortes punitions, l'abondance pourra revenir
l'aprés les rapporta de BulTe et Dorléana, inspecteurs, il parait que marchands de toute espèce au Jardin-I^alité ne rendent plus de I aux acheteurs et qu'ils ne leur rendent que des bons à la main ) sols plus ou moins.
Loblastre, inspecteur, a rapporté qu'un attroupement sans armes soixante à quatre-vingts personnes s'est porté hier, de huit à f heures du soir, sur la place du quartier général, section de lité, à la porte d'un vinaigrier, auquel cet attroupement demanda liustei^ de Marat qu'il avait encore chez lui, que cet attroupement a)t avoir répandu l'alarme dans le quartier, au point de faire nerleR portes des boutiques qui étaient encore ouvertes. Cet atipement ne s'est dissipé que sur les instances du commandant poste.
omme la connaissance de cet événement n'a été transmise que ce in à la Commission, qui n'a pu en donner avis au Comité de sdgénérale, comme elle l'aurait fait, si elle eAt été instruite dès
'•-- rf -
531 REACTION THERMIDORIENNE [5 mars 1795]
hier, Tinspecteur est mandé pour rendre compte de sa conduite et être invité à se mieux acquitter ultérieurement de sa mission
Hannocque-Guérin, Fauconnier.
(Arch. nat., F* cm, Seine, 15.)
Rapport du 16 ventôse.
Esprit public. — L'opinion publique se soutient toujours dans les mêmes principes de justice et d'humanité que manifeste la Convention. Les plaintes continuent sur la cherté des subsistances et de toutes les marchandises. Les espérances d'une paix prochaine, que tout le peuple désire, soutiennent encore le courage ; on la regarde comme devant être le terme des maux que font éprouver les privations de toute espèce.
L'on approuve les mesures que la Convention a prises pour assurer une égale et sage distribution des subsistances.
Les jeunes gens continuent à fréquenter les cafés, à y chanter le Réveil du peuple et donner la chasse aux Jacobins
Commerce. Pain. — ...Yivicque rapporte que, dans les lieux qu*il a surveillés, il y avait beaucoup de monde aux portes des boulangers ; Ton murmurait de ce qu'il fallait attendre deux heures pour avoir son pain, chacun disait : « Quand cela finira-t-il ?»....
Viande et autres comestibles. — Mougeat, Labaubé et autres rendent compte que, dans les lieux qu'ils ont surveillés, il y a toujours de très bonne heure des rassemblements aux portes des bouchers; quelques personnes n'ont point eu de viande, à ce que dit La Motte, attendu que les certificats des malades indigents augmentent tous les jours, ce qui occasionne des murmures de la part de ceux qui ne sont point servis. Les mêmes inspecteurs observent de plus que plusieurs bouchers se plaignent de ce qu'on ne leur donne pas assez de viande pour satisfaire leurs pratiques ; il ne s'est cependant rien passé de contraire à la tranquillité publique.
Plantin et autres disent que les halles et marchés sont très bien approvisionnés en denrées de toutes espèces, mais la halle à la viande n'était pas si bien fournie qu'hier. La tranquillité a régné dans tous ces lieux.
[5 MARS 4795] iiÉACTlON THERBimORIENNE 532
Suivant Le Hodey, le vin est en abondance sur les ports, et il ob^ serve qu'il se vend très cher.
D'après ]e rapport de Dessault, officier de paix, il est arrivé au carreau de la halle depuis le 12 jusqu'au 15 ventôse,, en beurre, ^,545 livres; œufs, 184,180 ; fromages, 1^1^ douzaines.
Bois et charbons. — Desbourdelles annonce qu*à la place des Victoires on vendait la corde de bois 350 livres, ce qui a occasionné des murmures, vu ce prix exorbitant. Le nommé Mahu, demeurant & la Gourtille, étant propriétaire d'une de ces voitures, s'est permis de dire que, si les charretiers voulaient, ils étaient les maîtres de le vendre mille livres ; ledit Mahu a été obligé de s'évader. Gascel, Yttssor et autres rendent compte qu'au port au charbon de la vieille Place aux Veaux, il y avait l'après-midi un monde considérable et que la majorité des citoyens n'étaient point porteurs de bons, ce qui a occasionné beaucoup de désordre. Les préposés aux subsistances ont annoncé qu'ils avaient reçu un ordre de délivrer le charbon sans exiger de bons ; ils observent que, d'après cette mesure, il n'y aura que les plus forts qui seront servis
Kerchoves et autres disent qu'au port aux Tuiles la distribution du charbon s'est faite toute l'après-midi avec beaucoup de désordre, malgré que la force armée y fût considérable.
Surveillance. — . . .Bourdon dit qu'au Jardin- Égalité, il a été tenu des propos contre le représentant Siéyès ; comme ces propos coïncident avec sa nomination au Comité de salut public et tendent à improuver, par conséquent, le choix de la Convention, Tauteur de ces propos, dont le signalement est donné dans le rapport, est mis & la surveillance de l'inspecteur qui a entendu ces propos
Plusieurs citoyens ont été conduits au Comité de sûreté générale pour n'avoir pas voulu crier : A bas les Jacobins! Huet annonce qu'au café de Chartres on demandait qu'il y eût une assemblée générale des sections toutes les dernières décades
Bëurlier, Barbarin.
(Arch. nat., F « « III, Seine, 15).
Journaux.
Messager du soir du 17 ventôse : « Paris, 46 ventôse. Hier au soir, les patriotes ont fait une ronde anli-jacobite dans le Jardin des Tuileries, où la horde anthropophage va d'habitude établir ses assises. Certain bossu, jadis président d'un Comité révolutionnaire, s'évertuait à prouver que, puisque le fameux quatuor n'était pas encore jugé coupable, il fallait le présumer inno-
533 RÉACTION THERMIDORIENNE [6 mars 1795]
cent et ne se permettre aucun geste, aucune parole qui pût influencer les juges et les jurés: « On en veut, disait-il, aux sans-culottes, mais patience I Lé peuple souffre, et messieurs les muscadins n'insulteront pas longtemps à sa misère. » Un garçon serrurier, qui l'entendit, sYcria sur le champ : « Com- » ment ! petit excrément de la nature, je te trouve ici, tu regrettes apparem* » ment le temps où tu mangeais les mets les plus friands, et disais, en buvant » du Champagne : Encore une matelotte pour demain^ nous en mettons un » sur le pot ! Si tu travaillais, misérable coquin, le prix de ta journée aug- » menterait à proportion de la cherté des denrées, et tu ne te plaindrais » pas* » Ce^ mots à peine prononcés, chacun crie haro sur le révolutionnaire ; un détachement de la jeunesse parisienne Fa reconduit jusque dans Tarrondissement de sa section, pour qu'il ne lui arrive aucun accident; car, échauffés par les discours du serrurier, qui cite force traits de férocité contre le brigand, tous les assistants le poursuivaient avec des huées, et quelques-uns même, non contents de ne pas donner dans la bosse, voulaient tomber dessus à bras raccourcis ; mais notre homme a pris la fuite et court encore. Les jeunes gens se sont rendus au café Payen, le rendez-vous des chefs du terrorisme. Armonville (et quelques autres Cretois) y était avec son bonnet rouge ; le Ré' veil du peuple, chanté par une quarantaine de lurons, qui n'ont pas la faible poitrine du gâteux Garât, n'a pas tardé à mettre les bêtes féroces en fuite. » — Courrier républicain du 19 ventôse : a Pmis, 48 ventôse. L'assemblée générale de la section du Théâtre-Français ayant arrêté, dans ses séances des 30 pluviôse et 18 ventôse, que le nom de la mort disparaîtrait de la façade des établissements publics et particuliers situés dans toute l'étendue de son arrondissement, le Comité civil a, aujourd'hui 16 ventôse, fait inviter au son de la caisse tous ses concitoyens à faire effacer de dessus leurs maisons le nom hideux de la mort. Aussitôt les citoyens de ladite section se sont empressés d'exécuter cet arrêté. »
Rapport du 17 ventôse.
Esprit public. Groupes et cafés, — La cherté des subsistances met les esprits dans une fermentation continuelle. Les progrès rapides sont si effrayants qu^ils ne laissent aucun terme à espérer. Les malveillants cherchent à profiter des circonstances, et, dans les groupes, y lâchent de ces femmes dont la moralité ne connaît aucun principe, et qui, soutenant encore le terrorisme dont elles étaient les appuis, exaspèrent par leurs glapissements les têtes faibles qui les écoutent. Une d'entre elles, connue par ses propos jacobites, et qui avait été déjà dénoncée lors du j'.tpport de la Commission des Vingt-un, a été
lée hier, an Jardin national, dans une de ses motions, et conduite
lomité de sûrelé générale.
j café Payen, le représentant du peuple Arnionville,'qui a l'habi-
de porter un bonnet rouge, a été insulté sur son coslume par des es gens qui se rendirent au café, y chantèrent avec beaucoup éhémence le Réveil du peuple, et répétèrent b, plusieurs reprises : u les buveurs de sang, les bonnets rouges, la Montagne et la Crèlcl eprésentant, outré des apostrophes qui semblaient lui être faites, ermit des propos contre ces jeunes gens et les traita de co'nlrelutionnaires ; cette épithéte augmenta le désordre ; la force armée )bligée de s'y rendre, et deux ou trois furent arrêtés et conduits lomité de sàreté générale.
ma plusieurs cafés, on s'entretenait avec satisfaction du rapport à la Convention nationale par Cambacérès au nom du Comité de t public sur les moyens de négocier les traités ou préliminaires laix avec les différentes puissances qui la demanderaient. Il était ;tîon aussi d'une négociation ouverte entre l'Espagne et la Répuue. Il' on en désire le succès.
amphleta. — Analyse du n* 60 du journal intitulé l'Ami du peupU. Tectation de l'auteur & inculper la conduite de la Convention nanie et à justifler celle des membres mis en arrestation parait éhensible, ainsi que ses réflexions tendantes & soulever le peuple le tableau hideux de la misère sous le poids de laquelle il dit I gémit et en impute la cause immédiate au gouvernement. peclacles. — Au théâtre de la République, on a crié : A bas le %el! et, après quelques cris réitérés, le bonnet qui se trouve placé >out de la pique tricolore est tombé et a été déchiré au milieu des laudissements.
ummerce. Pain. Viande et autres comestibles. — . . .Dumortier,
Jastre et autres annoncent que les certificats des malades
gente, augmentant tous les jours, ont privé de viande plusieurs yens, ce qui a occasionné des murmures de la part de ceux qui
it point été servis
osset et autres disent que les halles étaient très bien approvision- ;, ainsi que différents marchés. La halle à Ea viande était bien ■nie; environ 60 cochons.
es 16 et 17 du courant, d'après le rapport de Petitdidier et Martin, it arrivé 393 voitures de différentes denrées et quatre de marée, 'ois et charbons. — Chevalier, officier de paix, Poinsignon et au-
inspecteurs annoncent qu'on a été obligé de faire fermer le port :harbon de la vieille Place aux Veaux, ainsi que cehii Bernard,
^35 RÉACTION THERMIDORIENNE [6 mars 1795J
vu rimpossibilité de rétablir Tordre par Taffluence du monde qui était à ces deux ports. Chevalier a été obligé de se décorer du signe de la loi^ afin de faire retirer le public. Les mêmes inspecteurs disent que la fermeture de ces ports a eu lieu à 11 heures du matin, et qu'il ne s'est point fait de distribution l'après-midi, attendu que les citoyens n'ont jamais voulu se ranger deux par deux.
La Commission a écrit à cet égard aux Comités de gouvernement et au Comité militaire de la Convention nationale pour que des mesures soient prises pour le maintien du bon ordre
Il résulte du rapport d'Auvray qu'à la Râpée, près du bac, heure de midi, Ton a cordé plusieurs voies de bois livrées à des charretiers, qui allaient les vendre dans Paris à raison de 225 livres la voie
Surveillance. — Vannier annonce qu'au café Payen, où était le représentant Armonville, des jeunes gens ont chanté le Réveil du peuple et lui ont fait quelques plaisanteries sur son bonnet rouge ; ce représentant, qui paraissait insulté, a été protégé par la garde qui est survenue. Peu après, a paru le représentant Clauzel, qui a demandé à connaître tous ceux qui ont insulté son collègue ; ces jeunes gens se sont défendus d'avoir insulté le citoyen Armonville et ont observé qu*il conviendrait peut-être que ce représentant quittât un bonnet que les hommes de sang, qui l'avaient porté, n'avaient que trop déshonoré. Au même instant s'est élevée une querelle entre le représentant Gaston et un jeune homme, qui l'un et l'autre se sont rendus au Comité de sûreté générale.
Dubout et Laflotte rapportent que, dans les tribunes de la Convention, on disait à voix basse qu'il était dangereux de donner un mot d'ordre tel que celui d'avant-hier qui était : horreur^ Jacobins^ en ce qu'il en résulte rixe entre les citoyens.
Suivant le rapport de Riquehem, une femme vend, sur le pont Michel, un petit livre qui n'est signé d'aucun imprimeur, et qui paraît annoncer l'ouverture des églises dans toute la République. Il a été pris des mesures pour se procurer ce petit livre, en prendre connaissance, et faire ce qu'il conviendra.
D'après Boyer, un facteur de la posle aux lettres, prévenu d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, est mis à la surveillance pour être ensuite envoyé au Comité révolutionnaire de son arrondissement.
Hier, quelques jeunes gens, habitués du café des Canonniers, Palais- Égalité, ont attaqué une citoyenne, soi-disant jacobine, lui soutenant qu'ils l'avaient vue danser aux Jacobins; ils Tout conduite, sur les cinq heures et demie, au corps de la police du Comité de sûreté gêné-
raie» où, d*après leur déclaration, elle a été retenue. Cette femme vendait de la viande sur le marché des Innocents le matin et allait ensuite tous les jours à la sortie de la Convention pour y jaser ; eUe peut être âgée d'environ quarante à quarante-cinq ans. Ils lui ont dit que, si elle était plus jeune, ils Tauraient fouettée
Barbarin, Jagot.
(Arch. nat., F > « III, Seine, 15.)
Journaux.
Journal de Perlet du 16 ventôse an III : Article sur la nécessité d'avoir enfin un « gouvernement constitutionnel ».
17 VENTOSE AN III (7 MAftS 1795).
Rapport du i8 ventôse.
Esprit public. Groupes et cafés. — Hier, à l'exception des plaintes ordinaires sur la cherté des subsistances, la journée avait été assez tranquille ; mais, sur les sept heures du soir, un événement qui avait eu lieu la veille au café Payen, relatif au représentant du peuple Armonville, a eu des suites qui ont porté le trouble et le désordre tant dans les cafés que dans les spectacles de la Maison-Égalité. Des jeunes gens, se promenant Maison-Ëgalité, rencontrèrent un citoyen portant un petit bonnet rouge sur le milieu du chapeau ; ils s'approchèrent de lui et rinvitèrent, dit-on, à Tôter. Ce citoyen se retourna vers eux et leur demanda : « Qui êtes- vous, pour m'empécher de le porter ? Apprenez que je suis député, dites-moi vos noms. » Ce qu'ils refusèrent. Il leur ordonna de le suivre au Comité de sûreté générale ; ils obéirent, excepté un qui se détacha pour aller chercher d'autres jeunes gens; pendant que partie se rendirent au Comité de sûreté générale, plusieurs se détachèrent pour aller dans les différents spectacles, et y jetèrent l'alarme, notamment au théâtre du Vaudeville, où, dans le milieu de la troisième pièce, une citoyenne demanda d'une des loges la permission d'interrompre un instant la pièce et a dit : « Citoyens, il y avait à la Maison-Égalité un député qui se promenait avec bonnet rouge sur la tête, trois jeunes [gens] l'ont accosté et Tout invité à ôter ce bonnet; mais il les a arrêtés et leur a dit de le suivre au Comité de sûreté générale^ ce qu'ils ont fait ; mais, sur la place du Carrousel, six à sept
iM au m I il
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537 RÉACTION THERMroORIENNE [7 mars 1795]
hommes, apostés avec de grands sabres^ sont venus fondre sur eux et les ont dangereusement blessés ; nous ne devons pas soufTrir que Ton assassine nos concitoyens; volons à leur secours. » Tout le monde s*e8t levé, a répondu : « Oui, nous partons !» On a fait baisser la toile, et tout le monde est sorti.
Spectacles. — > Hors Tévénement rapporté de l'autre part, les spectacles en général ont joui de la plus parfaite tranquillité.
Commerce. Pain. Viande et autres comestibles. — .. . Il résulte des rapports de La Motte^ Mougeat et autres que les rassemblements continuent toujours aux portes des bouchers ; plusieurs de ces derniers se plaignent de n'avoir pas assez de viande pour satisfaire toutes leurs pratiques^ attendu que les certificats des malades indigents augmentent tous les jours, ce qui occasionne des rassemblements et des murmures de la part de ceux qui ne sont pas servis. Malgré cela, rien de contraire au bon ordre.
Labussière, officier de paix^ et Pierre, inspecteur, annoncent que la cherté excessive des denrées cause les plus violents murmures de la part du peuple ; chacun dit : « Quand est-ce que cela finira ?» Ce qui donne beaucoup d'inquiétude aux bons citoyens.
Boyer rapporte que les citoyens disaient dans les lieux qu'ils a surveillés : « Tant que Ton souffrira que les courtiers aillent au-devant des marchands-forains pour acheter les marchandises au delà des barrières pour les vendre ensuite à leur gré, nous serons toujours malheureux. »
Diancourt, officier de paix, observe que dans différentes sections le public se plaint beaucoup et dit qu'il est affreux de souffrir la cupidité des marchands, attendu que de tout temps les denrées de première nécessité étaient fixées et que la police avait plein droit sur eux afin d'empêcher leur agiotage.
Loctave, Thion et autres annoncent que les halles étaient approvisionnées comme de coutume, que celle à la viande était mieux fournie que ces jours derniers^ qu'il y avait environ 50 cochons à cette halle, qu'il est arrivé un charriot d'œufs, dont les répartitions se sont faites avec beaucoup de tranquillité.
Bois et charbons.'-^ Cavaignac, officier de paix, dit que le public a forcé la garde au port au charbon de la vieille Place aux Veaux, attendu qu'elle n'était pas en assez grand nombre; que, d*apn^s ce, on a été contraint de faire fermer le port pour ne point exposer la propriété du marchand. Il observe que la majorité de ceux qui se présentent pour avoir du charbon sont des enfants dont les. pères et mères en font commerce.
[7 MARS i795!
Le Hodey annonce qu'on a été obligé de faire cesser la vente du charbon au port aux Tuiles, attendu que les quatorze hommes de la force armée, ainsi que les inspecteurs, n'ont jamais pu faire ranger le public.
Labussière et Valus, inspecteurs, rapportent qu'au chantier de la rue Amelot, il y a eu beaucoup de désordre, occasionné par des particu* liers qui se mettent plusieurs fois dans la foule pour avoir des falourdes à raison de i5 sols pour les revendre ensuite 8 livres. Ils observent que les bons citoyens désireraient qu'on n'en délivrât que sur les cartes de pain. Déjà la Commission a proposé cette mesure au Comité de salut public, section des subsistances.
Surveillance. — Bernard et Bourdon rapportent qu'au café des Canonniers deux citoyens invitaient ceux qui les entendaient à se rendre décadi prochain à leur section respective, pour y proposer de demander à la Convention la rentrée dans son sein des représentants mis hors de la loi ou leur jugement.
Suivant le rapport de Doyen, inspecteur des tribunes, il avait été fait de vives sorties au café Payen contre le représentant Léonard Bourdon, que l'on accusait d'avoir occasionné la perte de beaucoup de citoyens innocents ; celui qui a tenu ces propos était au milieu d'un groupe de jeunes gens, avec lesquels il est sorti et s'est rendu à la Convention.
Mitrecey dit qu'un représentant du peuple, passant au Palais-Egalité, ayant à son chapeau un petit bonnet de la liberté, a été suivi jusqu'à la place du Carrousel, ce qui a occasionné un rassemblement. La garde nationale a arrêté cinq des citoyens qui le composaient et les ont conduits au Comité de sûreté générale, et Tattroupement s'est dissipé ; plusieurs qui en faisaient partie se sont retirés au café de Chartres; un citoyen a demandé la parole et a dit qu'il fallait parler principes, qu'on avait eu tort d'attaquer le représentant, qu'il n'y avait pas de loi qui pût empêcher de porter le signe de la liberté.
D'après Pernet, il circulait beaucoup de voitures sur les deux heures du matin, rue du Bac, et celte circulation inquiétait les voisins, en ce qu'elle semble indiquer l'existence de quelques assemblées nocturnes. Cet objet est mis à la surveillance.
Georges Dubois dit qu'il se fait une invitation après chaque messe, dite par le curé de ci-devant Saint-Germain-des-Prés aux citoyens qui y assistent et qui veulent profiter du bénéfice de la loi en suivant le culte catholique, de respecter toujours la loi et la représentation nationale.
Noël, Buisson et Moulinet rapportent que l'office catholique s'est
530 REACTION THERMIDORIENNE [7 mars i795J
fait à Saint-François, rue ci-devant Orléans au Marais et rue des Billettes, dans Téglise des ci-devant religieux carmes Rillettes. Cet office s*est fait avec autant de cérémonie que ci-devant. Le plus grand
ordre y a régné
Champenois, Duret.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 15.)
Journaux.
Gazette française du 18 ventôse : « PariSy 17 ventôse,... he Palais-Royal est toujours plein de filles, de joueurs, d'agioteurs et de terroristes. L'administration de la police s*occupe à purger cet ancien repaire de nos faiseurs de révolutions. Avant-hier, il a été entouré de la force année; mais on s'est borné à arrêter quelques filles. Il parait que le gibier le plus important avait trouvé le secret de prendre la fuite. » — Même journal, n° du 20 ventôse : « PariSf 49 ventôse. A voir la sotte adoration que Ton a montrée pour les bonnets rouges, on serait tenté de croire que notre révolution a été faite par des galériens ; car c'est dans les galères, et non point sur Tautel de la liberté, qu'on arborait autrefois ce signe de révolte, qu'on apprécie aujourd'hui à sa juste valeur. Le bonnet de la liberté romaine était blanc, le bonnet de Guillaume Tell est brun ; pourquoi avons-nous choisi la couleur rouge ? Est-ce pour annoncer aux nations qu'on ne peut conquérir la liberté qu'en arrosant ses autels de âang humain? Le public parisien fait aujourd'hui la guerre aux bonnets rouges, comme il la faisait naguère aux bustes de Marat : on les a déjà fait disparaître de plusieurs spectacles ; avant-hier, le représentant du peuple Guifroy passait dans une rue, portant un petit bonnet rouge attaché à son chapeau * ; il est rencontré par quelques jeunes gens, qui l'invitent à quitter ce signe autour duquel se rallient les terroristes ; il refuse, on le force, et le bonnet rouge est foulé dans la boue. Guffroy appelle la force armée, fait conduire quatre des agresseurs au Comité de sûreté générale ; ils y sont retenus. Les jeunes gens, instruits du sort de leurs camarades, députent douze d'entre eux pour réclamer leur liberté. Les douze sont retenus à leur tour. Alors les jeunes gens se sont répandus dans les spectacles, ont fait baisser la toile ; on a crié que les citoyens étaient arrêtés arbitrairement ; alors les spectateurs se sont rendus au Comité de sûreté générale, pour y solliciter Télargissement de ceUx qui avaient été envoyés. Un membre du Comité est venu au devant d'eux et les a engagés à se retirer, en leur faisant observer qu'on dirait bientôt dans le public que la jeunesse parisienne dictait des lois au gouvernement. Ces jeunes gens se sont retirés, et, sur les onze heures du soir, ceux qui avaient été arrêtés, ont été mis en liberté. Ils se sont de nouveau répandus dans quelques lieux publics, où ils ont fait la chasse aux bonnets rouges. Hier au soir, la même scène s'est renouvelée; on a voulu remplacer les bonnets rouges par dos bonnets tricolores et des bonnets bleus ; il faut croire que ces mouvements n'auront pas de suites; faisons disparaître les abus de la Révolution, mais ne les recréons pas sous de nouvelles formes. »
f 1. Voir plus haut, p. 538.
Rapport du 10 vbmtose.
Esprit public. Groupes et cafés, -^ La conduite tenue par les jeunes gens, les 16 et 17, envers les représentants Guffroy et ArmonviUe, a été authentiquement désapprouvée par ceux faisant partie de leurs sociétés; au café de Chartres, Ton dit qu'ils avaient envoyé plusieurs d'entre eux auprès du citoyen Guffroy pour l'assurer de ce désaveu et rinviter à oublier Tétourderie de ces jeunes imprudents, que celte démarche fut suivie d'une lettre dudit représentant qui a été lue audit café, par laquelle il oublie toute injure personnelle et les invite à se maintenir dans les bons principes.
L*on a proposé ensuite de substituer au bonnet rouge un bonnet tricolore, ce qui a été effectué sur-le-champ, non seulement au café, mais dans les différents théâtres, et notamment à celui des Arts, où ceux qui étaient chargés du message annoncèrent que tel était le vœu du Comité de sûreté générale.
Au même café, l'on a fait la lecture d'une chanson intitulée la Nouvelle Régence de France, imprimée chez Lebois, laquelle chanson a été jugée contre -révolutionnaire ; elle a été portée au Comité de sûreté générale, et nombre d'exemplaires a été brûlé dans le Jardin- Ëgalité.
Au milieu des plaintes sur la cherté croissante, d'un instant à l'autre, de toutes les subsistances et des ressorts que mettent en activité, de toutes manières, les agioteurs pour ruiner et finir de discréditer les assignats par la valeur démesurée qu'ils affectent de donner à la matière métallique, l'esprit public déploie encore le courage de ses vertus pacifiques et de sa confiance dans les mesures de justice de la Convention nationale.
La liberté des cultes fait sur les opinions une agréable diversion ; ces associations religieuses profitent du décret pour ouvrir, dans nombre d'endroits, des temples à leurs usages; tout, jusqu'à ce moment, nous annonce que la décence et la tranquillité y ont régné.
Spectacles. — La plus grande tranquillité y a régné dans tous les spectacles; celui des Arts a été interrompu momentanément par l'événement du bonnet tricolore. . ., rapporté ci-dessus.
541 RÉACTION THERMIDORIENNE [B mars 1795]
Commerce. Pain. — ...Selon Giraud, officier de paix, plusieurs citoyennes sont venues se plaindre chez le commissaire de police de la section de la Fidélité, de ce qu'elles n'avaient pu avoir de pain chez leur boulanger, attendu que ce dernier avait monté sa garde militaire, et n^avait fait qu'une fournée ; le commissaire leur a donné des bons pour s*en procurer chez d'autres boulangers
Massard, officier de paix, annonce qu'il a été arrêté hier, à la barrière du Roule, une voiture chargée de fumier, dans laquelle il y avait beaucoup de pain de caché. Massard est chargé de s'informer du lieu où ces pains ont été conduits.
Viande et autres comestibles. «— Suivant les rapports de Roblastre, Dumortier et autres^ les rassemblements ont été moins nombreux, en général, aux portes des bouchers que ces jours derniers. La Motte observe que plusieurs personnes n'ont point eu de viande, attendu le nombre considérable des certificats des malades indigents, ce qui occasionne quelques murmures; le plus grand ordre cependant a régné dans les distributions. On doit écrire à cet égard aux quarantehuit sections
Bois et charbons. — Kerchoves, Oury, Guérin et Brunel annoncent que le public a forcé la garde plusieurs fois au port au charbon de la Tournellc ; malgré cela, la vente n'a pas discontinué jusqu'à quatre heures, fin du bateau ; ils observent que le trouble n'est occasionné que par ceux qui viennent tous les jours à ce port pour avoir du charbon ; un caporal a été blessé à la jambe.
Surveillance, — Doucet rapporte qu'au café des Canonniers les habitués ont été mécontents d'une chanson intitulée la Nouvelle Régence, qu'ils ont regardée comme incendiaire et l'ont envoyée, par une députation, au Comité de sûreté générale.
D'après un rapport de Bétrémieux, un rassemblement des membres d'anciens Comités révolutionnaires, dont le lieu est désigné, a été mis à la surveillance
Giard rapporte que l'on se plaint toujours de l'excessive rareté des marchandises et de la rapacité des marchands, qui, seuls, sont les auteurs de cette hausse.
Chàtillon observe qu'au Palais-Ëgalité l'on murmure sur la conduite des jeunes gens, et l'on dit qu'il faut qu'ils soient payés pour se comporter ainsi
DUGHAUFFOUR, AlLETZ.
[9 MARS 1795] RÉACTION THEWMIDORIENNE n4^
Journaux.
Gazette française du 49 ventôse : « Paris, 18 ventôse. C'est aujourd'hui dimanche ; nous avons vu les boutiques fermées dans plusieurs quartiers de Paris ; dans quelques églises on a dit la messe ; les dévots et les curieux s'y sont portés en foule. Cet empressement du peuple à assister aux cérémonies religieuses prouve qu'il est encore loin de cette philosophie tricolore à laquelle on a voulu le conduire par le nouveau calendrier. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'on ne parait pas plus étonné des queues qui sont à la porte des églises que des queues qui sont à la porte des boulangers ; cela fait croire que la messe est devenue pour les Parisiens eux-mêmes un objet de première nécessité. » — « Il semble que la discorde se soit retirée au café Payen; un astrologue jacobin prévient le public que le bonnet rouge d'Armonvillo va être changé en astre, comme la perruque de Chapelain; il y aura en même temps une éclipse visible dans toute TEurope, qui nous dérobera Tastre de la Montagne. On dit qu'en même temps la liberté fera changer la couleur de son bonnet. On sait que le bonnet de Guillaume Tell est brun depuis plus de deux siècles, et qu'il n'a jamais été de la couleur de sang humain. » — Courrier républicain du 19 ventôse : « Paris, i8 ventôse. C'est aujourd'hui dimanche, suivant Tère catholique. Dans plusieurs quartiers de Paris, les boutiques des marchands sont fermées, et l'on voit de longues queues autour des maisons où l'on célèbre la messe. Ainsi, il parait que le peuple français, même à Paris, est encore loin de l'esprit philosophique auquel on a voulu le former. » — Messager du soir du 20 ventôse : Paris, 19 ventôse. ...Hier au soir, dans tous les théâtres et dans la plupart des cafés, le bonnet tricolore a été substitué au bonnet des égorgeurs, aux acclamations universelles de Vive la République! Vive la Convention! Périssent les anthropophages et les buveurs de sang ! »
Rapport du 20 ventôse.
Espnt public. Groupes et cafés. — On s'entretenait hier de la rentrée dans le sein de la Convention nationale des députés proscrits par le terrorisme et du décret qui réduit les retenues sur les rentes au 10* pour les perpétuelles et au 20* pour les viagères*. Ces deux circonstances paraissent répandre beaucoup de satisfaction parmi le peuple. On parait également satisfait du rétablissement des messes, dans Tespoir qu'il en résultera du calme et de la tranquillité.
1. Il s*agit du décret du 19 ventôse an III, qui Oxait le taux et le mode d'imposition de la contribution foncière pour l'an III.
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543 RÉACTION THERMIDORIENNE [9 mars 1795]
Mailiy et Legrand rapportent qu'hier au café de Chartres il a été lu une feuille de VOrateur du peuple^ contenant des conseils à la jeunesse parisienne et des invitations à ne plus exciter de trouble. Tous les jeunes gens sont convenus de se rendre à celte invitation, de ne plus se porter en masse dans les lieux publics, et de n'y causer aucuns troubles.
Suivant plusieurs rapports, le public est fort inquiet sur la destination des troupes que Ton dit être aux environs de Paris, notamment à Versailles, et Ton fait du rapprochement sur cette circonstance à celle semblable en 1789.
Les murmures sur les subsistances se font entendre plus que jamais; Mailiy rapporte que des ouvriers de différents ateliers, tels que charrons, menuisiers, serruriers, se plaignent de n'avoir plus d'ouvrage.
Il y a toujours des rassemblements aux portes de quelques boulangers. Leroy aîné rapporte qu'hier il y avait à l'île Louviers plusieurs bateaux de bois à la distribution desquels le public s'attendait, mais que la Commission des subsistances avait fait défendre d'en donner à d'autres qu'aux boulangers; que le public, mécontent, racontait qu'un agent avait mis un bateau de bois en réquisition au prix de 32 livres, et qu'il a revendu ce môme bois 150 livres la voie, d'où il concluait que ceux qui mettaient des objets en réquisition les revendaient à leur profit et à un prix exorbitant ; le public accusait de cet agiotage la Commission des subsistances.
Spectacles. -* La tranquillité a régné hier dans tous les spectacles.
Illuminations. — Les allumeurs de réverbères menacent de quitter le service demain, s'ils n'ont pas une réponse satisfaisante à la demande qu'ils ont faite que l'augmentation qui porte leur salaire à 4 s. par réverbère remonte au 1'^ nivôse dernier. La Commission doit s'entendre aujourd'hui sur cet objet avec l'entrepreneur de l'illumination ; elle en avait écrit ces jours derniers aux Comités des finances et de sûreté générale.
Commerce. Pain. — Giraud, officier de paix, dit qu'il y avait beaucoup de monde aux portes des boulangers de la section des Droits de l'Homme, où Ton disait que ces derniers avaient reçu un sac de farine de moins que de coutume ; il observe que le boulanger de la rue de la Verrerie lui a dit en avoir reçu un de moins.
Boyer dit qu'à la barrière de Bercy et à celle de Charenton Ton a enlevé les planches qui empêchaient la sortie du pain et autres comestibles.
Comestibles. — Pilfer dit que le garde-magasin de la rue de Seine a reçu un ordre de l'Agence des subsistances d'augmenter le prix du
son de plus de moitié^ chose qui a occasionné du mouvement ; malgré cela la distribution 8*est faite sans accident.
Loctave rapporte que les halles et marchés étaient bien approvisionnés; la halle à la viande, môme situation; environ cinquante cochons ; à cette halle toutes les denrées se vendent très cher, malgré cela, rien de contraire à la tranquillité et au bon ordre.
Petildidicr et Martin rapportent qu'il est arrivé, du 18 au 49, 385 voitures de différentes denrées, ainsi que 4 voitures de marée.
Bois et charbons, — Semé, Martin, Launay et Moyron rapportent que Ton a distribué du bois aux boulangers à Tlle Louviers avec beaucoup de tranquillité, mais que les charretiers sont toujours porteurs de bons pour les boulangers ; ils observent que Tun de ces bons a été reconnu faux et déposé à la commission.
Brunel rapporte que la distribution de bourrée s'est faite avec ordre au chantier de la Juiverie ; mais, sur les quatre heures de l'après-midi, le public A forcé la garde et Ton a été obligé de faire fermer ledit chantier.
Pierre rapporte que Ton se plaint toujours du retard que Ton éprouve à recevoir le bois que Ton a payé dans les sections.
Massard, officier de paix, rapporte que le public est très mécontent des lenteurs que Ton met en ce qui concerne la distribution du charbon.
Surveillance. — Vannier rapporte que, sur les huit heures du soir, un jeune citoyen ayant dit au café Payen avoir en sa possession une lettre tendante à dévoiler une conspiration, il a été arrêté et conduit par plusieurs autres jeunes citoyens au Comité de sûreté générale.
Un jeune homme qui tenait dans ce même café des propos infâmes contre le Comité de sûreté générale était surveiUé par un de nos agents, qui comptait s'en rendre maître à la sortie du café et le conduire de suite au Comité de sûreté générale; mais il a échappé d'autant plus facilement qu'il y avait beaucoup de monde à la porte, quand il est sorti ; il est mis à la surveillance, et le soin de le faire conduire au Comité est confié au préposé auquel il a échappé. Copie de ce rapport, qui rend compte de ces faits, est envoyé au Comité de sûreté générale.
Mailly rapporte qu'hier, à onze heures et demie du matin, les détenus des Madelonnettes, suivant le rapport de cet inspecteur, n'avaient pas reçu de pain; il a été donné avis de cette négligence k la Commission des administrations civile, police et tribunaux
Gentil rapporte que, dans une visite de surveillance sur la section Bon-Conseil, un citoyen ayant été trouvé sans carte, il a été arrêté
i^P^M^V'll l"k*UJ
545 RÉACTION THERMIDORIENNE (9 maas 1795]
ainsi que la femme avec laquelle il était ; Tun et Tautre ont été conduits pour prendre des informations. Il a été écrit au commissaire de police de cette section pour rendre compte du résultat de ses informations.
Dubout et Lafiiotte rapportent qu'un orfèvre, dont le domicile est à peu près indiqué, a refusé de vendre des couverts, parce que Tacheteur ne pouvait pas lui donner le contre-poids, observant Forfèvre qu'il était libre de ne pas recevoir d'assignats en payement. Un agent de la Commission a ordre de vériQer ce fait, en se présentant pour acheter des couverts, et, si son rapport est conforme à celui de ce jourd'hui, il sera pris contre Torfèvre les mesures que les circonstances commandent.
Museux annonce qu'il a été fait cette nuit, d'ordre du Comité de sûreté générale, par un membre du Comité révolutionnaire et le commissaire de police de la section du Finistère, des visites domiciliaires, par suite desquelles ils ont arrêté chez un logeur deux citoyens trouvés sans cartes.
Camus dit qu'il parait que les jeunes gens se proposent d'attendre le représentant du peuple Armonville sur le pont National, où il passe d'habitude, de lui ôterson bonnet rouge, s'il Ta sur la tête, de le jeter de suite dans la rivière, et de le remplacer en même temps par un chapeau que l'un d'eux lui remettrait. Il est recommandé aux inspecteurs de se promener de ce côté, d'avertir ce représentant de ce dont il est menacé, et de l'engager à ôter son bonnet rouge, au moins tandis qu'il sera sur ce pont.
Suivant Cornet et Benetz, les rentiers paraissent satisfaits du décret rendu relativement aux retenues*. On dit qu'il serait bien urgent que la Convention adoptât la tontine, au moyen de laquelle on diminuerait les assignats en circulation, d'où la diminution des marchandises résulterait.
Marais rapporte que plusieurs particuliers qui jouaient dans un billard sur le boulevard, près de la rue d'Angoulôme, s'entretenaient des temps passés où tout était à bon marché, qu'avec un louis de dépense on faisait plus qu'avec cent livres ; un autre particulier a répondu que c'était l'ancien régime, qu'il n'était pas si mauvais. Les mêmes propos se tiennent dans les guinguettes.
Buffe et Dorléans annoncent qu'on dit dans les groupes du Palais- Égalité que le Perche, Le Mans et la Vendée étaient en partie composés de brigands ; que la jeunesse de Paris dite « Armée de Fré-