Tome I
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ron B étaient (sic) des royalistes ; que, quand on ne disait pas cumme eux, on était des terroristes, des buveurs de Rani;, des Jacobins ; qu'ils ont insulté [ilusieurs personnes et même des députés, mais qu'on espère que cela finira bientôt; qu'à ce propos plusieurs citoyens ont répété : Oui, oui i
Suivant le rapport de Noël, olTicier de paix, le public disait hautement : 1 Nous allons avoir un roi : nous serons plus heureux ; nous ne souffrirons plus tant les scélérats de marchands, qui croient remplacer les ci-devant nobles; ils auront le nez cassé, et ne seront plus si insolents ; la Convention y mettra ordre. »
D'après le rapport de Calmet, plusieurs citoyens disent qu'il y a prés de trois mille hommes de cavalerie à Versailles de tous les régiments, et qu'il y en a aussi beaucoup dans les environs de Paris. Ils manifestent des inquiétudes sur ces troupes
Les agioteurs sont toujours en grand nombre au Palais-Égalité. Les louis valent 166 livres, et l'argent 200 livres le marc.
HORNIH, DeLAHATE.
(Aroh. mut., F" III, Seine, IS.J
Journaux.
Journal de Perlel du 20 veotôse an III : « DanH plusieurs quartiers de Paris on use de la libertin des cultes proclamée par un des derniers décrets de la Convention. Des églises y ont 6ié ouvertes ; l'office catholique s'y célèbre ; il s'y rend beaucoup de inonde »
Rapport du 21 ventôse.
Esprit public. — Les rapports de la journée d'hier n'offrent point de faits particuliers contre l'ordre et k tranquillité publique.
Au café des Canonniers, il a été proposé de se rendre à ses sections respectives à l'effet d'inviter les citoyens àse rendre à ta Convention pour la féliciter sur la justice qu'elle vient d'exercer' en ivppelant
1. Il s'B^t du décret du IS ventAse an Ul, relatif aux ■ Girondins >, et portant que lei représentants du peuple compris dam l'article 1" du décret du 33 juillet 1193, et dans le décret d'accusation du 3 octobre suivant, rentreront dam le sein de la Convention nationale.
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dans son sein les députés hors de la loi, et lui demander le désarmement de tous les Jacobins. L'opinion publique se prononce de plus en plus contre le système de terrorisme et de tyrannie ; le public désire la prompte punition de ces oppresseurs. Les assemblées générales de sections partagent le désir de cette justice méritée ; la plus grande partie s'occupe des moyens de découvrir tous les partisans de cette faction tyrannique, et, pour faciliter leurs recherches, elles ont nommé des commissions dans leur sein, chargées de recueillir tous les renseignements contre les sectateurs de ces principes.
L'inquiétude sur les subsistances ramène encore des attroupements à la porte des boulangers ; murmures , d'autre part, contre l'impossibilité de se procurer du bois ; malgré le payement fait par beaucoup de citoyens depuis plus de quarante jours, ils ne peuvent faire acquitter leurs bons et sont réduits à la dure extrémité, n'ayant ni bois ni charbon, de l'acheter au prix qu'il plaît aux marchands fréquentant les places de leur vendre. Le prix des. autres marchandises va toujours croissant et contribue à augmenter le mécontentement»
Le bon ordre et la tranquillité ont régné dans tous les spectacles ; au théâtre Favart, plusieurs couplets ont été chantés, entre autres un satirique contre le représentant du peuple Gambon, ayant pour titre : Le Financier £Ètat ou Camhon en vaudeville.
Commerce. Pain. — . . .Plantin annonce qu'aux portes des boulangers de la section du Muséum, il y a eu des rassemblements depuis cinq heures du matin jusqu'à une heure après-midi, attendu que la farine n'est parvenue auxdits boulangers qu'à minuit, ce qui a retardé leur cuisson; on a été obligé d'établir la force armée chez plusieurs de ces derniers pour le maintien du bon ordre.
Viande et autres comestibles. — Suivant les rapports de Dumortier, Roblastre et autres, comme jour de décade, les ouvriers étaient en grand nombre aux portes des bouchers. Le bon ordre y a été maintenu avec beaucoup de peine, attendu que plusieurs personnes n'ont point eu de viande ; La Motte et autres observent que ce manque vient en général de ce que les certificats des malades enlèvent une grande partie de la viande, ayant la préférence sur les cartes. La Ck>mmission a écrit une lettre circulaire aux quarante-huit Comités civils des sections pour les inviter à faire que de pareils certificats ne soient point admis, puisque les arrêtés ne prescrivent point de distinction de malades ou de non malades.
Il résulte du rapport de Massard, officier de paix, Loctave et Plantin, que les halles étaient assez bien approvisionnées en toutes sortes
de denrées, qu*il y est arrivé deux voitures de marée. Celle k la viande était bien fournie. Différents marchés n*étaient pas très bien approvisionnés. La tranquillité a régné partout.
Petîtdidier et Martin disent qu'il est arrivé, les 20 et 21, 343 voitures de différentes denrées et deux de marée. Au carreau de la halle, il est arrivé, du 15 au 19, 21,079 livres de beurre, 255,650 œufs, 1,330 douzaines de fromages de Brie.
Bois et charbons, — . . .Gascel, Didier et autres rapportent qu*au port au charbon de la vieille Place aux Veaux, il y a eu beaucoup de désordre occasionné par les commissionnaires qui se présentent sans bons, ce qui est contraire à l'ordre établi ; ces derniers se sont répandus en invectives contre les autorités constituées et la République, parce que Ton ne délivrait point de charbon sans bons. Dans ce désordre, deux solives sont tombées et ont cassé les deux jambes à un enfant. Cependant le calme s'est rétabli, et la vente continue toujours avec des bons
Surveillance. — Sur la motion de plusieurs membres de la section du Muséum, que les assemblées générales du soir étaient souvent troublées par des agitateurs, il a été pris un arrêté portant que la séance de rassemblée générale se tiendrait depuis dix heures jusqu^à deux.
Les vieillards se plaignent de ne pouvoir subsister avec leur modique pension, et font observer qu'ils ne peuvent travailler.
Dubois (Georges) annonce que le citoyen Wolf, greffier du ci-devant Tribunal révolutionnaire, a, dans la séance de rassemblée générale de la section de TUnité, refusé de montrer sa carte, ce qui a occasionné beaucoup de tumulte et des débats très longs; la Commission écrira à ce citoyen.
Delaporte et Tissot rapportent que trois citoyennes se plaignaient de la cherté des denrées. Un citoyen a dit que c'était Robespierre qui avait causé cela. Sur quoi, une citoyenne a dit : « Oui, mais il est impossible qu'un seul homme puisse en opprimer sept cents, s Elle a dit aussi : « C est comme vos masses de sections qui vont solliciter la Convention et qui voudraient la fouler aux pieds. » Cette citoyenne a été arrêtée et conduite au Comité de sûreté générale
Suivant Henry, un gendarme, que Ton croit maréchal des logis, qui est de service au Luxembourg, a dit dans un cabaret que la poire était bientôt mûre et qu'il fallait qu'elle tombât; la Commission a donné un mandat d'amener contre ce gendarme, qui sera entendu et renvoyé devant les tribunaux.
Bichet a entendu dire, dans un café, quai Bernard, qu'il devait ar-
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river dans peu à Paris 25,000 hommes de troupes étrangères pour garder la Convention et faire le service militaire.
Vivier dit que le public continue à marquer ses inquiétudes "Sur les troupes qui, dit-on, sont rassemblées aux environs de Paris . . .
Masset a entendu plusieurs ouvriers dire qu'il fallait prendre patience, qu'on ne serait pas longtemps malheureux , et que les marchands ne feraient pas toujours la loi.
Therouenne, Barbarin.
(Arch. nat., F « « III, Seine, 15.)
Rapport du 22 ventôse.
Esprit public. Groupes et cafés, — Legrand rapporte que Ton se plaignait beaucoup de la mauvaise qualité du pain depuis deux jours dans les groupes près la Convention. La foule recommence à la porte des boulangers et la plupart de celles qui composent ces foules (sic) se permettent les propos les plus ironiques contre le gouvernement.
La hausse continuelle des marchandises de toute espèce ne favorise que la cupidité des marchands ; leurs projets, calculés dans le calme du cabinet, portent le dernier discrédit aux assignats ; maîtres de leurs opérations financières, ils fixent la balance du commerce sur les bases de la valeur métallique, dont ils déterminent à leur gré le cours : le louis d*or, hier matin, s'est vendu 205 livres, et le soir 195 à 190 livres.
La classe seule du consommateur est la victime de leur agiotage.
Selon les rapports des officiers de paix, ils annoncent que Camus avait entendu dire à plusieurs ouvriers, qui craignent de manquer d'ouvrage, que les marchands sont la cause du mal qu'ils souffrent, et que, si jamais il arrivait une insurrection contre eux, ce qu'ils désirent; ils leur payeraient cher ce qu'ils ont souffert.
Suivant Bouillon, on se plaint de ce que les jeunes gens vont beaucoup trop loin, dans les excès qu'ils se permettent, se portant dans les différents endroits publics où ils troublent l'ordre et la tranquillité.
Mailly rapporte que, le 20, un jeune homme, étant chez Vellony, Maison-Égalité, s'approcha d*un citoyen qu'il ne connaissait pas, et lui demanda combien deux fois 8 1/2 faisaient ; le citoyen répondit : 17, et souffletant ensuite le jeune homme : « Et celui-là, 18. » Le jeune homme se retira, un peu honteux de la réplique
Commerce. Pain, — Suivant les rapports de Desbourdelles et autres, les rassemblements recommencent aux portes des boulangers, vu que plusieurs de ces derniers ont reçu un sac de farine de moins que de coutume; par conséquent ils n'ont pu satisfaire toutes leurs pratiques. Malgré cela, rien de contraire au bon ordre.
Dans les lieux qu'ont surveillé Lassiot et Berger, il n'y avait aucun rassemblement aux portes des boulangers, excepté à celle de Louis Barbet, rue Louis-au-Marais, vu qu'il ouvre sa boutique trop tard^ chose qui occasionne des murmures. La Commission a écrit au Comité civil de la section pour que ledit Barbet ouvre de meilleure heure. lis observent que tous ces boulangers leur ont dit qu'ils avaient reçu moins de farine que de coutume, mais qu'heureusement le public n'en savait rien.
Viande et autres comestibles. — La Motte, Dumortier et autres disent qu'il y a toujours des rassemblements aux portes des bouchers ; plusieurs personnes n'ont point eu de viande, ce qui a occasionné des murmures de la part de ceux qui n'ont pas été servis. Malgré ces petites rumeurs, rien de contraire à la tranquillité publique. Thion et autres rapportent qu'il y avait peu de légumes aux halles et marchés mais beaucoup de fromages, beurre et œufs. Celle à la viande était bien approvisionnée. Le peuple se plaint beaucoup de la cherté des denrées.
Bois et charbon. — Bergeret, Baron, etc., disent qu'au chantier de Déségouttes, rue Amelot, il y avait une affluence de monde considérable, et que, de concert avec la force armée et le commissaire de police, ils n'ont jamais pu venir à bout de rétablir le bon ordre; un volontaire a été blessé avec une pique et plusieurs ont été cassées ; malgré ce désordre, on a distribué 1,700 falourdes
Fabre dit qu'à la place des Piques, il n'y avait que du petit bois de branchage, dont le public n'a jamais voulu. Sur ce, il a nommé une députation pour qu'elle se transporte au Comité de salut public, à l'effet d'obtenir du gros bois. Le Comité a invité les citoyens à se retirer chez eux, et que, dans les vingt-quatre heures ils seraient satisfaits.
Il résulte du rapport de Chevalier et autres que la distribution du charbon de la vieille Place aux Veaux s'est faite avec ordre, mais que,
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Faprès-midi, il est venu un ordre de n'en distribuer que par demi-voie, ce qui a occasionné beaucoup de murmures de la part du peuple, qui a foncé. On a été obligé de faire fermer le port à quatre heures et demie, vu Fimpossibilité de rétablir le bon ordre.
Surveillance. — Jouenne, chargé d'une surveillance importante chez un marchand de vin dont le nom et la demeure sont connus, annonce qu'hier un des buveurs a annoncé publiquement les nouvelles les plus alarmantes sur la Vendée, disant que la Vendée était pire que jamais. Il est recommandé à cet inspecteur de découvrir le nom et la demeure de cet alarmiste. Des mesures précises lui ont été indiquées à cet effet, et, quand il sera connu, copie du rapport et ses nom et demeure seront envoyés au Comité de sûreté générale, pour par lui prendre le parti qu'il estimera convenable.
Suivant les rapports de Guillard et Guillemier, inspecteurs, une femme a dit confidentiellement à ce dernier que si Bourdon (de l'Oise) et Tallien n'allaient pas à la guillotine, cela tromperait fort. Cette femme, dont la demeure est connue, est mandée à la Commission pour savoir où elle a pris cette opinion.
Delaporte et Tissot rapportent que le commandant temporaire de la force armée de service à la Convention nationale a divisé les groupes du Jardin national d'une manière brusque, en disant que, s'il le voulait, il ferait venir des baïonnettes, qu'il occupait la place de La Fayette. Il a répété ces propos dans différents groupes. Il parait que ce commandant n'était pas de sang-froid.
Bouillon dit qu'un citoyen, traité mal à propos d'ami de Robespierre par un autre, a saisi au collet et conduit au Comité de sûreté générale celui qui l'avait ainsi grièvement insulté, et qui l'avait exposé à des outrages de la part du public qui aurait cherché à abuser sur son compte.
11 résulte du rapport de Lenfant et Parent que des groupesise sont formés après la levée de la séance de la Convention, qu'une dispute d'opinions s'est élevée entre plusieurs citoyens, par suite de laquelle l'un d'eux a été conduit au Comité de sûreté générale.
Dupuy et Hodet annoncent que, par suite d'une surveillance établie chez un marchand de vin où on avait annoncé des rassemblements
qui pouvaient donner des inquiétudes, comme composés
d'anciens membres de Comités révolutionnaires. Il a été fait une fouille et perquisition, qui n'a rien produit, et qui détruit toute idée du rassemblement qui avait été indiqué à la Commission comme très constant. Copie du rapport sur cette perquisition est envoyée au Comité de sûreté générale et au département.
Selon Pasquis, il y a eu au café de Foy deux disputes, qui ont amassé beaucoup de monde, et qui n'ont pas eu de suite. La première a eu lieu entre un citoyen qui s'est dit beau-frère du président du Comité de salut public et un général qui s'était fâché de ce que ce citoyen l'avait tutoyé. La seconde, entre un militaire n'ayant qu'un bras, et des jeunes gens auxquels ce militaire avait indiscrètement reproché de ne point se rendre aux frontières. Il était, à ce qu'il parait, au moment d'être frappé, lorsque les assaillants se sont aperçus qu'il portait des marques honorables de services rendus par lui à la patrie, mais il n'en a pas moins été obligé de sortir du café.
Barbarin, Fauconnier.
(Arch. nat., F > « III, Seine, 15.)
Rapport du 23 ventôse.
Esprit public. — La difficulté de se procurer des denrées de première nécessité, leur excessive cherté, enfin les craintes sur les subsistances excitent les murmures de tous les citoyens. Leroy idné rapporte que, dans les groupes, l'on paraissait douter de la vérité du rapport fait à la Convention nationale par un membre du Comité de salut public, en voyant continuellement les rassemblements aux portes des boulangers qui annoncent au public que l'on leur retranche une partie des farines que l'on était en usage de leur fournir, ou qu'ils n'ont pas de bois pour cuire.
Ancelle et Charpentier rapportent qu'au café de Chartres on a fait sortir de force un citoyen qui s'y était introduit sans cocarde.
Au même café on a dit que des ci-devant Jacobins cherchaient à s'insinuer parmi les jeunes gens, et, sous le prétexte d'aller à une séance du soir à la Convention, d'assassiner Bourdon (de l'Oise), et que cela passerait sur le compte des jeunes gens.
Nombre d'inspecteurs, Remy, Girardin, Bouchefontaine, Masson, Langlade et Dessarrière, rapportent avoir ouï dans nombre d'endroits beaucoup de mécontentement contre les représentants du peuple et avoir entendu dire qu'il fallait s'élever contre eux, et demander la Constitution de 1793, et ne pas attendre que le mal devienne plus grand ; que les campagnes attendaient que Paris s'élevât, que cela ne
RÉACTION THERMIDORIENNE [12 habs 1795]
sera pas longtemps sans arriver, qu'il fallait absolument un gouvernement plus stable que celui actuel.
Dans d'autres groupes, annoncent les mêmes inspecteurs, deux jeunes gens, arrivés récemment du département de la Manche pour travailler à Paris, logés chez Gallet^ rue de la Mortellerie, n^ 66, ont dit que, passante Gaen, plusieurs femmes s'étaient jetées sur eux, et, après avoir arraché la cocarde qu'ils avaient à leurs chapeaux, elles la foulèrent aux pieds, en criant : Vive le roi! et voulant les malr traiter.
Une affiche placardée avec profusion dans toutes les rues et places, ayant pour titre : Peuple, réveille-toi, il est temps, colportée hier dans différents lieux publics, a causé des rassemblements dans le fau-^ bourg Marceau.
La Commission a écrit une circulaire aux Comités révolutionnaires des arrondissements pour faire disparaître cet imprimé incendiaire et prendre tous les renseignements qu'ils pourront se procurer pour connaître l'auteur. La Commission s'occupe par tous les moyens possibles à le découvrir.
L*agiotage le plus criminel continue toujours Maison-Ëgalité.
Tous les spectacles ont été tranquilles ; l'on a remarqué seulement qu'au théâtre des Arts plus de deux cents personnes en sabots, et très mal vêtues, occupaient des places de cent sols et six livres. • Commerce. Pain. — Chevalier , officier de paix , Hannicque et nombre d'inspecteurs rapportent que, dans les lieux qu'ils ont surveillés, il y avait des rassemblements considérables aux portes des boulangers, occasionnés , en général, parce que chacun craint de n'avoir point de pain ; ces craintes sont mal fondées, puisque tous les citoyens ont été servis. La tranquillité a régné dans tous ces lieux, malgré quelques violents murmures.
Losset annonce que les garçons boulangers ne veulent travailler qu'à la journée, et quand un boulanger fait six à huit fournées par jour, ils lui demandent dix livres et bien nourris. Il observe que le directeur desdits garçons, demeurant rue Git-le-Cœur, est indigné de la conduite de ces derniers envers les maîtres boulangers. Ce directeur est en outre étonné de ce qu'il n'y a aucun règlement à cet égard. La Commission a proposé des mesures au Comité de salut public, section des subsistances.
Viande et autres comestibles. — Labaubé et autres disent qu'il y a toujours des rassemblements aux portes des bouchers, que très souvent les derniers arrivés n'ont point de viande, ce qui fait que chacun s^empresse de s'y rendre de Ir^s bonne heure. La Motte observe que,
dans les lieux qu'il surveille, il y a pour le moins trente personnes tous les jours qui n'ont point de viande, ce qui fait murmurer; malgré cela, Tordre n'a point été troublé.
D'après le rapport de Piquenard et autres, les marchés des halles étaient bien approvisionnés; celle de la viande était très bien fournie. Les mêmes inspecteurs observent que les denrées se vendent un prix exorbitant, ce qui excite de violents murmures. Cependant l'esprit public est bon partout.
Roblastre et Dumortier disent que, sans eux, un commissaire chargé de la distribution de la viande chez un boucher, près les Petites- Maisons, aurait été traîné dans la boue par des femmes ; on est parvenu avec bien de la peine à rétablir le bon ordre.
Durand et Richelet rapportent que les gens de la campagne vendent les œufs et le beurre un tiers meilleur marché en argent qu'en assignats. Ils donnent pour raison qu'ils ont assez de papier.
Suivant Murât, on se plaint que les marchands volent les citoyens et qu'ils ne donnent jamais le poids ni la mesure ; Ton dit que cela n'est pas étonnant puisque les marchands ne craignent aucune punition. Des ordres sont donnés pour rechercher et faire dénoncer les vendeurs à faux poids.
Les 22 et 23, annoncent Petitdidier et Martin , il est arrivé 448 voitures de différentes denrées et 6 de marée.
Bois et charbons, — Baron, Bocquoin et Bergeret rendent compte qu'au chantier Déségouttes, rue Amelot, il y avait un monde considérable et point de bois à distribuer. ; ils observent qu'il serait urgent d'envoyer une force armée imposante, afin de renvoyer les citoyens, pour qu'aucun accident n'arrive. La Commission a écrit sur le champ au commandant temporaire, afin qu'il fasse porter une force suffisante pour faire évacuer les citoyens.
Martin, Launay et Murât rapportent qu'à l'île Louviers, la distribution des fagots s'est faite avec beaucoup d'ordre ; il est arrivé à cette île cinq bateaux chargés de bois.
Il résulte du rapport de Mougeat qu'à la place des Piques la répartition s'est faite avec beaucoup de tranquillité, mais tous les citoyens ont été obligés de laisser leur bois faute de voilures
Chevalier, Vassor, Vontschritz et OUivier rendent compte qu'aujourd'hui, 23 du courant, au port au charbon de la vieille Place aux Veaux, le citoyen Risbi, préposé aux subsistances, a renvoyé un citoyen de la section des Tuileries, attendu que, sur le bon dont il était porteur, son nom n'était pas. Un des membres du Comité civil de ladite section a renvoyé ce citoyen, en écrivant derrière son bon
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ces roots : « Nous espérons que la Commission du gouvernement se purgera bientôt d'un tas de coquins qu'elle emploie, et qui ne cher* chent qu à mettre des entraves à la chose publique. Signé : Pizard, commissaire.» Le commissaire Viel, inspecteur en chef du Comité de sûreté générale, s*est emparé dudit bon, a été, sur le champ, le porter aux Comités du gouvernement. Le porteur dudit bon a été consigné au corps de garde jusqu'au retour dudit Viel. Rs observent que ce particulier s'est présenté audit port sans carte de sûreté ni passe-* port, et aujourd'hui il est porteur de l'un et de l'autre.
Surveillance. — Bouillon jeune rapporte qu'au café des Canonniers, au Palais-Égalité, il a été dénoncé qu'il y avait dans le faubourg des affiches contre-révolutionnaires, qu'il a été fait la motion d'aller au Comité de sûreté générale pour les dénoncer et avoir la permission de les arracher, qu'un citoyen qui n'avait point de cocarde a été signalé dans ce café. On a vérifié ce qu'il était par sa carte de sûreté; on Ta fait monter sur une table, pour que tout le monde pût le reconnaître; après quoi on l'a mis dehors du café.
Suivant le rapport de Lenfant et Parent, le commerce de l'argent se continue au Palais-Ëgalité. Le louis a été porté à 200 livres ; on propose les échantillons de différentes marchandises, comme poudre à tirer, etc. Les inspecteurs, qui ont rendu compte du fait, sont mandés pour recevoir les instructions convenables pour s'assurer d'où provient cette poudre, et leur prescrire les mesures qu'il s'agit de prendre à cet égard.
Le même rapport annonce qu'on s'entretient partout des subsistances, qu'on demande à grands cris du pain dans toute la République. On dit que le Français saura toujours se contenir, s'il a du pain, qu'il ne connaîtra plus personne, s'il en manque; le peuple voit avec peine tous les écrits incendiaires, qui tendent, sinon à, égarer, du moins à troubler l'opinion publique.
Lecoq annonce qu'un citoyen a arraché, rue Denis, au coin de la rue Sauveur, une affiche ayant pour titre : Peuple^ réveille-toi^ il est tempsy signée, Dutren : que ce citoyen Ta ensuite portée chez le commissaire de police, qui a dressé procès-verbal pour transmettre le tout au Comité de sûreté générale.
Gueriat dit que l'on se plaint des jeunes gens qui à la Convention font placer des citoyens et les font payer. La Commission a pris des mesures, afin que ces protecteurs des filoux soient arrêtés et con* dttits aux inspecteurs de la salle.
Bocquet rapporte avoir remarqué dans un groupe aux Tuileries une femme faisant des motions scandaleuses. La pluie ayant dissipé
[13 MARS i795] RÉACTION THERMIDORIENNE 556
le groupe, il s'est alors approché de cette femme et lui a fait des représentations sur ses propos; mais elle a insisté encore plus et a attaqué sans ména{;ement, non seulement le représentant Tallien, mais encore la Convention entière. Des ordres sont donnés pour amener devant la Commission cette femme, dont la demeure parait connue.
Doucet annonce que le représentant du peuple Albitte, s'étant trouvé hier au café des Canonniers, a été traité de Jacobin, qu*il était imprudent à lui d*étre là. On a fini par le huer.
Suivant le rapport de Pierre, il a été répandu un bruit par des ouvriers employés au magasin de Troissel, faubourg Antoine, rue de Charonne, que le petit Capet était mort. D'autres bruits annoncent qu'il a été enlevé du Temple et qu'on ne savait comment, que Ton allait 6ter tous les drapeaux tricolores et en mettre des blancs.
L'affiche ayant pour titre : Peuple, réveille-toi^ est mise dans la grande rue du faubourg Antoine ; les commissaires de police des sections des Quinze-Vingts et de Montreuil ont arraché ces affiches. Le peuple s'est formé en groupes et s'est entretenu de la pénurie des subsistances et de cette affiche.
Dangouville déclare qu*une citoyenne a dit dans un bal, rue de Bellefonds, au Trône d'or, qu'on lui avait dit qu'il avait été trouvé une affiche près la Convention, où il était dit qu'elle était grosse et qu*elie accoucherait d*un roi dans trois mois. Cette citoyenne a été interpellée de déclarer si elle connaissait la personne qui lui avait parlé de cette affiche ; elle a dit que non
Hannocque-Guérin, Barbàrin.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 15.)
Rapport du 24 ventôse.
Esprit public. — La diminution dans l'approvisionnement des boulangers cause des rassemblements nombreux à leurs portes. Dans ces rassemblements quelques femmes expriment leur mécontentement et leurs inquiétudes dans des termes peu mesurés; mais la masse du peuple supporte les maux réels qu'il éprouve avec une patience et un courage vraiment admirables; il ne les attribue qu'à
557 RÉACTION THERMIDORIENNE [13 mars 1795]
Tempire des circonstances et à la malveillance, qui, en les faisant naître, les grossit encore plus par les bruits qu'elle se platt k semer et par les craintes qu'elle ne cesse d'inspirer au peuple sur ses propres subsistances. Le placard séditieux, affiché hier avec profusion était une étincelle jetée avec une perfidie criminelle pour allumer un grand incendie ; mais le complot contre -révolutionnaire a encore échoué contre le bon esprit et le véritable patriotisme des habitants de Paris. Cependant, il est de la plus grande importance et de la plus grande justice de venir au secours de la classe la plus indigente, qui ne peut subvenir à se procurer les choses de la plus indispensable nécessité par Ténormité de la rapidité des renchérissements. Il est de la plus grande importance surtout de tranquilliser cette laborieuse et utile [classe] sur Tapprovisionnement du pain, qui est, pour ainsi dire, son seul aliment, et dont la consommation doit être en conséquence plus forte. Il est à craindre que, si les inquiétudes se prolongeaient sur cette partie essentielle, les malveillants n'abusent du mécontentement général pour causer quelques commotions violentes, qui compromettraient la chose publique. •
La Commission a rendu compte au Comité de sûreté générale de la célérité avec laquelle on avait fait disparaître Taffiche incendiaire ayant pour titre : Peuple^ réveille-toù Le zèle des citoyens en a fait une prompte justice, et cette épreuve doit bien convaincre les royalistes, les terroristes et tous les ennemis du bien public que leurs efi*orts seront toujours vains, et que la République une et indivisible repose sur la base immuable de l'opinion universelle.
L'agiotage s'exerce toujours avec une activité scandaleuse; Maison- Égalité ; c'est là que l'on trafique sur les calamités publiques et qu'on discrédite notre papier-monnaie; on a cependant remarqué que le cours du louis était diminué de 40 livres.
Le 22 de ce mois, des femmes s'étant rassemblées dans unie partie du local des ci-devant Capucins du Marais pour chanter les vêpres, six jeunes gens les ont interrompues en chantant l'hymne de la liberté; ils se sont cependant rendus aux observations qui leur ont été faites, pour rappeler la liberté des cultes.
Il ne s'est rien passé aux spectacles, qui ait troublé la tranquillité publique.
Commerce. Pain. — Massard, officier de paix, Loctave et nombre d'inspecteurs disent que les rassemblements augmentent tous les jours aux portes des boulangers ; on a donné à ces derniers moins de farine que de coutume; aussi n'ont-ils pu satisfaire toutes leurs pratiques. Chacun craint de manquer de painii ce qui occasionne les
queues et de violents murmures de la part de ceux qui ne sont point servis, ainsi que de ceux à qui on retranche une partie de la quantité qui leur revient. Les esprits en général sont très échauffés, vu la disette de cette denrée. Il ne s'est rien passé d'ailleurs de contraire à la tranquillité publique.
Viande et autres comestibles, — La Motte et autres annoncent que les rassemblements étaient nombreux aux portes des bouchers qu'ils ont surveillés. Toijgours quelques personnes qui n'ont point de viande, ce qui excite des murmures et occasionne des queues. La distribution s'est faite légalement et avec ordre.
Massard, officier de paix, Loctave et autres rapportent que les halles et marchés étaient bien approvisionnés ; celle à la viande était bien fournie ; environ cinquante cochons à cette halle. Les denrées augmentent tous les jours de prix. La tranquillité a régné dans tous ces lieux.
La Motte et autres rendent compte que dans tous les lieux le peuple se récrie sur la disette et la cherté des denrées, et qu'il fait entendre de violents murmures.
Le vin est en abondance sur les ports.
Bois et charbons. — Martin et autres observent que le citoyen Pitra a fait cesser la vente à Die Louviers pour le public. Alors des murmures se sont fait entendre; le peuple s'est transporté à l'Agence des subsistances, afîn d'obtenir d'elle qu'il lui soit distribué du bois. L'Agence des subsistances a envoyé à la Commission de police un rapport dans lequel il est dit que le public vient de se porter chez le citoyen Talboutier, en face du Jardin des Plantes, pour enlever les trains de bois destinés pour les boulangers, malgré la force armée et le commissaire. Sur le champ la Commission a envoyé un officier de paix et plusieurs inspecteurs sur ce port, et a même écrit au commandant de la force temporaire pour obtenir de la force armée.
Desbourdeiles dit que, sur les places publiques, le bois se vend à un prix exorbitant. Au raccueillage, il y a deux bateaux de bois pour les boulangers Le même inspecteur observe que les citoyens se plaignent de ce qu'on met tout le bois en réquisition.
Bouchefontaine annonce que le public murmure, vu le manque de bois. D'après le rapport de Masson, l'on crie beaucoup sur la manière de distribuer le charbon ; il observe que le public désire que la distribution soit faite dans plusieurs ports, afin de contenter tous les citoyens et éviter les accidents occasionnés par la grande affiiuence du monde.
Surveillance. — Venieux rend compte d'un rassemblement où on
Kl
lisait le placard intitulé : Peuple, réveille toi. Deux particuliers ont déchiré ce placard; deux autres ont voulu s'y opposer. Le public a conduit ces deux derniers chez le commissaire de police ; on a écrit au commissaire pour savoir ce qu'étaient devenus ces deux particuliers,
Trémet et Leroux rapportent que plusieurs citoyens présents à la Convention, entendant plusieurs sections la féliciter, ont dit : « G*est fort bien, mais dans toutes les pétitions, il n'y en a pas une qui parle de pain dont nous manquons aujourd'hui; les boulangers reçoivent leur farine à deux ou trois heures du matin, et le pain n'est pas cuit.». . . • •
Il résulte des rapports de Parent et Lenfant que, dans les groupes qui se sont formés à la suite de la séance de la Convention, on a entendu des plaintes sur les subsistances et sur les assignats, vu le peu de confiance que les citoyens y attachent
Beurlier, Pasté.
(Arch. nat., ?•• III, Seine, 15.)
Journaux.
Abréviateur imiversel du 24 ventôse : « Paris, 23 ventôse. Le rétablissement du culte fait déjà remarquer les dimanches autant et peut-être plus que les décadis, qui ne se lient à aucune ancienne habitude^ à aucune institution ni civile, ni morale, ni religieuse, et dont la distance parait aujourd'hui n'avoir pas été calculée sur les besoins de Fhomme laborieux et de ses animaux avec cette précision qu'atteste un usage presque universel et qui compte des siècles. Nos églises ne sont pas assez vastes pour contenir tous ceux qui s'empressent d'aller entendre la messe, devenue, comme Tobserve un journaliste avec plus de justesse que de sérieux, un objet de première nécessité pour lequel on se met à La queue^ ainsi que pour le pain, la viande, etc. Un anonyme reproche au Journal de Paii^ d'avoir donné d'insignifiantes plaisanteries sur les messes pour l'expression de l'esprit public, et lui rappelle cette comparaison de Théodore de Bèze, admirée de Bossuet : « Là religion est une enclume qui endure les coups sans s'émouvoir, et sur laquelle se sont brisés et se briseront à jamais les marteaux. » Les rédacteurs lui répondent : f< Nous avouerons, si vous le voulez, qu'on en dit encore trop (de messes) pour nous, et bien assez pour vous, qui, nous le soupçonnons, n'avez jamais eu en ce genre que des besoins très bornés et des désirs très modérés »; et finissent par lui souhaiter la vie éternelle. L'anonyme leur réplique en assurant qu'il va souvent à la messe. Il s'offre une question que nous laisserons à résoudre aux personnes en qui la vertu n'est pas seulement un vain système d'idées, mais un sentiment délicat et profond. Railler les actes de religion, est-ce là faire jouir fraternellement de toute la liberté décrétée et de droit humain quiconque, en voulant les pratiquer, peut gémir ou rougir de les savoir raillés ? »
ti4 MARS 1795] RÉACTION THERMIDORIENNE 560
Rapport du 35 ventosb.
Esprit public, — L'agitation augmente ; Talarme sur les subsistances en devient le prétexte ; les groupes se multiplient et se grossissent aux portes des boulangers ; on ne s'y arrête pas un instant sans entendre des propos contre-révolutionnaires, que la malveillance propage, et dont elle cherche à profiter pour faire un soulèvement.
Legrand rapporte que nombre de jeunes gens du café de Chartres firent la proposition de se répandre dans tous les groupes, à Teffet d'y arrêter les Jacobins et de chasser les alarmistes sur les subsistances, ce qu'ils exécutèrent; et ils arrêtèrent un particulier qu'ils conduisirent au Comité de sûreté générale, et chassèrent plusieurs femmes, qui tenaient de mauvais propos dans les groupes.
Les officiers de paix rapportent qu'hier ils ont trouvé, à dix heures du soir, affichées sûr un des piliers de Maison-Ëgalité, les deux pièces de vers suivantes :
De par un certain Comité
Défense à la nation
D'oser dire la vérité En parlant du coquin Cambon.
Cambon, le tripotier, successeur de Galonné, Portait, la larme à Toeil, sa plainte au Comité ; Disant que tout Paris, dont il est la colonne. Le traite de brigand, de voleur, d'éhonté.
— Quoi donc? répond Mathieu, vit-on jadis Cartouche, Qui fut en son vivant pareillement traité,
A ceux qu'il détroussait vouloir fermer la bouche ?
— Collègues, dit Cambon, était-il député?
Ces affiches écrites à la main ont été déchirées par les officiers de paix.
La Commission ayant été prévenue que, ce matin, Taffiche ayant pour titre : Peuple ^ réveille-toi, il est temps/ se placardait de nouveau, a pris toutes les mesures pour la faire disparaître; n^ayant pu
56J RÉACTION THERMIDORIENNE [14 mars 4795J
découvrir, dans les recherches qu'elle a faites, Fauteur de cette affiche et de la brochure portant le même titre, elle a de nouveau pris des mesures qui pourront le lui faire découvrir. Le Comité de sûreté générale a été instruit du nouveau moyen mis en usage.
Les spectacles n'ont point donné lieu à aucun fait particulier ; tout annonce qu'ils ont été tranquilles.
Commerce. Pain. ^ Baud, officier de paix, et nombre d'inspecteurs annoncent que les rassemblements sont plus considérables que jamais aux portes des boulangers. La force armée était chez plusieurs de ces derniers, où Ton s'arrachait le pain; on se plaint de ce que les commissaires chargés de veiller à la distribution du pain arrivent trop tard; ce qui occasionne en partie les queues. Plusieurs citoyens n'ont point eu de pain, malgré la diminution faite sur ce qui revient à chacun. Les esprits en général sont très échaufifés, vu la disette et la mauvaise qualité de cette denrée. Dans tous les rassemblements, il se tient des propos bien capables de donner beaucoup d'inquiétudes aux bons citoyens. On injurie et menace les commissaires des sections et les préposés, sans qu'on puisse, vu la quantité des citoyens, en signaler aucun; on s'attend, dit-on, & un coup ; les citoyens indigents paraissent le désirer; on assure que telle est la vérité. Il ne s'est passé, d'ailleurs, rien de contraire à la tranquillité publique.
Dubouloy rapporte que le nommé Dubail, boulanger à la Haute- Courlille, répondit à des citoyens qui se plaignaient à lui de la disette du pain : « Quoi ! vous vous plaignez ! dans un mois vous n'en aurez peut-être plus du tout. » La Commission a mandé ce boulanger.
Viande et autres comestibles. — Thion et autres rendent compte que, dans les lieux qu'ils ont surveillés, il y avait des rassemblements considérables aux portes des bouchers et charcutiers; on se plaignait d'être souvent privé de viande; plusieurs personnes ont été blessées par la grande affluence de monde.
Il résulte du rapport de Loctave et autres que les halles étaient peu fournies, dans les premiers arrivages; les marchés assez bien approvisionnés ; la halle à la viande bien garnie ; environ cent cochons. A cette halle, les œufs se vendent 6 livres 10 sols le quarteron, et le beurre 5 livres 15 sols à 6 livres la livre. La tranquillité a régné dans tous ces lieux.
Les 24 et 25, suivant le rapport de Petitdidier et Martin, il est arrivé
355 voitures de différentes denrées, ainsi que cinq de marée. Pernet
dit que les marchands de vin se plaignent de ce que plusieurs citoyens
qui ne sont point marchands achètent sur le port Bernard le vin à