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Rapport du 3 germinal.
Esprit public. — De nombreux rassemblements ont eu lieu hier aux environs de la Convention et au Jardin-Égalité, où les esprits paraissaient très exaltés ; de nombreuses patrouilles y maintinrent le bon ordre. Du centre de ces groupes, des cris se sont fait entendre ; plusieurs citoyens furent désignés, furent arrêtés et conduits au Gomité de sûreté générale.
Neuilly rapporte qu'à une [heure] trois quarts, près la Convention, un officier, à la tète de sa patrouille, se permit, en voulant diviser les groupes, de traiter quelques citoyens de muscadins et d*improuver les applaudissements qu'on donnait à la Convention. Il fut arrêté par un général de nos armées, résidant actuellement à Paris, et fut conduit au Comité de sûreté générale ; on le désarma et on lui arracha son hausse-col ; tous les citoyens blâmèrent sa conduite. Quelqu^un, dit-on, Tavait entendu crier : Vivent les Jacobins! mais le fait n*est pas attesté. Dans la soirée, une députation du faubourg se présenta au café de Chartres, pour fraterniser avec les habitués de ce café ; il fut décidé qu'il y aurait le matin un repas entre les citoyens des faubourgs et les jeunes gens pour fraterniser entre eux, et qu'attendu que le local du Café de Chartres n'était point assez spacieux, il serait dressé des tables dans le Jardin. Ce rassemblement a été mis à la surveillance.
593 RÉACTION THERMIDORIENNE [22 mars 1795]
On a paru étonné ce matin de la disparition des deux canons placés au parc du Pont-Neuf.
Les spectacles ont été parfaitement tranquilles.
Commerce. Pain. — Ollivier, Le Hodey et plusieurs autres rapportent que les rassemblements étaient moins nombreux que ces jours derniers aux portes des boulangers. Cascel observe que, dans les sections des Gravilliers et de THomme-Armé, beaucoup de personnes n'ont point eu de pain. La Commission fera surveiller ces boulangers qui manquent de pain, tandis que plusieurs autres en ont de reste, pour savoir si, comme on le croit, ils ne vendent pas la nuit le pain et la farine ; mais les commissaires leur ont donné des bons pour s'en procurer ailleurs. On se plaint de la diminution, mais ces plaintes ne sont point générales. La livraison s'est faite avec tranquillité.
Viande et autres comestibles. — Dans les endroits qu'ont surveillés Losset, Plantin et autres, il y a toujours des rassemblements aux portes des bouchers et charcutiers. La distribution de la viande s'est faite légalement, et aucune plainte n'est parvenue à leur connaissance .
Les halles et marchés étaient assez bien approvisionnés, mais peu en légumes ; la halle à la viande était aussi bien fournie et en belle qualité. Des marchands, que la Commission fait surveiller, y ont vendu des veaux nés depuis quatre jours.
Le 2 et le 3, il est arrivé sur le carreau 361 voitures de différentes denrées, et quelques-unes de beurre et œufs, venant de Mortagne.
Bois. — Du rapport de Bocquoin, Bergeret et autres, il résulte qu'au chantier de la Juiverie, la garde a été forcée plusieurs fois; plusieurs piques ont été cassées, et une petite fille a été pressée dans la foule. Ce désordre a obligé de fermer le chantier. On est parvenu à rétablir la tranquillité, mais la vente a fini à midi, faute de bois. Ils observent que le public désirerait que les préposés des subsistances fussent rendus de meilleure heure à ce chantier.
Surveillance. — La surveillance d'hier annonce que, dans les faubourgs Denis, Martin et le Temple, tout y était calme et tranquille ; pas le moindre bruit ni rassemblement; Ton est en garde contre la malveillance, qui tend à exciter le peuple, afin de le mettre dans un état pire que celui où il est.
Suivant différents rapports, la conduite que les jeunes gens ont tenue hier dans le Jardin national inquiète les citoyens, qui craignent que leur attroupement ne nuise à la tranquillité publique par la licence qu'ils se permettent.
Hier, dans le Jardin national, sur les cinq heures du soir, un jeune