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[29 MARS i795] RÉACTION THERMIDORIENNE 61 ((
que de Targent ou des bijoux ; que, dans les marchés, on vendait un billet de vingt-cinq sols quatre sols en numéraire; qu'on murmurait beaucoup sur Tabus de Tagiotage^ dont le moindre effet est de discréditer les assignats ; que ceux de cinq livres à face sont préférés aux autres, ce qui annonce une nouvelle branche d'agiotage ; qu'on acci^sait hautement la Convention nationale et les Comités de gouvernement de faire acheter For et l'argent, toutes les marchandises, toutes les denrées de première nécessité, et de faire 'revendre le tout à leur profit ; qu'on se plaignait amèrement du prix excessif de tout, en observant que le gouvernement devait protection à tous, et qu'il ne devait pas, par un consentement tacite, souffrir qu'une portion d'hommes assassine l'autre portion par son avarice et son égoïsme.
Mercereau, Fargues et Legrand rapportent qu'en général on blâmait la proposition faite de convoquer les assemblées primaires pour l'élection d'une nouvelle législature ; que les uns disaient qu'il était étodnant que les députés voulussent quitter dans un moment aussi orageux, et où la Constitution n'est pas encore en vigueur; que les autres ajoutaient que les représentants du peuple, après s'être bien engraissés, voulaient s'en aller et nous laisser dans l'embarras; enfin que partout on témoignait les plus vives inquiétudes.
Cafés. — Que, dans les cafés, on s'y entretenait des mêmes objets; mais que des concitoyens avaient exhorté à la patience, en observant que nous avions bien du monde à nourrir dans la Belgique et la Hollande, que c'était un temps à passer, et que cela ne pouvait être long. Simon a remarqué au café des Canonniers, Maison-Égalité, que les jeunes gens avaient encore rappelé l'arrestation de quelquesuns d'entre eux par les patrouilles, et qu'ils ont traité de lâches ceux qui les avaient laissé emmener le jour de la scène du Jardin national.
Spectacles, — Les spectacles ont été assez tranquilles; seulement, au théâtre du Vaudeville, des personnes qui occupaient une loge louée, ayant sorti après la première pièce et ayant voulu y rentrer un moment après, la trouvèrent occupée par des citoyens qui, invités d'en sortir, s'y refusèrent. Les officiers de police, étant intervenus, renouvelèrent sans succès l'invitation ; puis les ayant requis, au nom de la loi, de céder la loge, l'un d^eux, armé d'un sabre, répondit qu'il ne connaissait pas la loi, mais bien celle de la raison. Ce citoyen fut conduit chez le commissaire de police de la section des Tuileries, où il déclara être de garde à la Convention, et peu de temps après il fut réclamé par le commandant du poste.