TOME I
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coup de murmures, plaintes de ce que les farines viennent trop tard chez les boulangers. L'arrêté du Comité de salut public concernant la distribution du pain q\ii doit avoir lieu le 13 a procuré le calme dans les esprits.
4« arrondissement. — Mêmes murmures sur le défaut du pain. Grande affluence à la porte d*un boulanger, devenue si tumultueuse que la force armée est devenue nécessaire pour la dissiper. La distribution de Tavoine à la Halle a excité du trouble, qui a été promptement apaisé. Beaucoup de discours sur la cherté des subsistances en général. Allégation des motifs qui y ont donné lieu, comme la loi sur le maximum et la quantité des assignats. Il n*a point été question de pfopos tenus contre la Convention.
5* arrondissement. — Beaucoup de personnes n*ont pas eu de pain sur la section du Nord; de là. murmures et demandes que Ton délivre le riz aux riches, parce qu'ils ont du bois et du charbon. Quelques groupes dans lesquels on s'est entretenu sur le pain.
6« arrondissement. — L'arrêté du Comité de salut public sur la distribution du pain a causé du contentement à Paris, fait renaître la patience des citoyens qui attendaient la livraison du pain. Rassemblement au haut du faubourg du Temple, qui a été dissipé en faisant entendre la voix de la raison à ceux qui le composaient. Beaucoup de monde dans les cabarets de la Courtille
9« arrondissement. — Murmures et inquiétudes sur les subsistances. Plusieurs groupes où Ton s'occupe de différents propos tenus. Projet de se rendre à la Convention. Arrestation de plusieurs militaires, qui ont été conduits chez le commissaire militaire.
10* arrondissement. — Pareils murmures et inquiétudes sur fes
subsistances Des jeunes gens se sont accostés des citoyens du
faubourg Antoine, qui ont été hier à la Convention ; ces jeunes gens ont voulu tenir leur langage ordinaire, mais les ouvriers leur ont répondu qu'ils feraient beaucoup mieux d'aller à la frontière que de faire leur train à Paris, qu'ils étaient las de tous leurs propos de buveurs de sang, de Jacobins et d'égorgeurs, qu'il était bientôt temps que cela finisse, ou bien qu'ils y mettraient ordre.
2« arrondissement. — Pareils murmures et inquiétude. Suivant le rapport de Charpentier et Ancelle, il a été dit au café de Chartres qu'il fallait que le peuple demande les assemblées primaires.
Suivant Trémet et Leroux, les guinguettes de la Nouvelle-France et des Porcherons étaient garnies de monde, qui était tranquille et s'amusait.
Suivant les rapports de Pernet, Pigache et autres surveillants au-
tour de la Convention, Jardin national et Jardin-Égalité, on se plaignait des arrestations qui sont faites journellement de ceux qui n'ont
d*autre tort que de demander du pain
. • . Au pont Notre-Dame, rassemblement dans lequel on disait qu'il fallait battre la générale, et qu'il fallait assommer ceux qui ne suivraient pas
GossETy Pasté, Barbarin, Fauconnier.
(Arch. nat., F*c IH, Seine, 16.)
12 GERMINAL AN III (i« AVRIL 1795).
Rapport du 13 germinal.
Esprit public. -* Les événements d'hier* ayant donné lieu à des rapports continuels* que les circonstances successives ont amenés et dont les faits sont si publics, nous n'avons pas cru nécessaire de les rapporter de nouveau ; nous nous bornerons à citer quelques faits particuliers qui nous sont parvenus, et qui semblent avoir quelques traits aux prétextes de l'insurrection. L'on rapporte que le mécontentement des ouvriers semblait dériver de Texécution de l'article 12 de l'arrêté du Comité de salut public du 11 germinal ', par lequel tous les citoyens tenant maisons garnies et logeant des non-domiciliés n'auront point de part aux distributions des subsistances et seraient obligés de se fournir par la voie du commerce libre. L'on a remarqué dans le rassemblement d'ouvriers, rue Montmartre, une quantité de tailleurs de pierres, maçons et autres du bâtiment, qui ont l'habitude de venir à Paris au renouvellement des travaux, et qui s*en retournent rhiver dans leurs familles et ne sont pendant leur séjour ici logés qu'en garnis.
Dubout, inspecteur, rapporte que dans le Jardin national il a signalé un homme, se disant cavalier, faisant les motions les plus incendiaires, disant que la Convention n'était composée que de voleurs, de scélérats, qu'il fallait les entourer et s'emparer du magasin d'armes, montrant la salle du manège^ et nommer une commis-
1. Sur cette célèbre journée du 12 germinal an III, voir les divers comptes rendus de la séance de la Convention et les récits de Bûchez et de Louis Blanc.