Sur les suspects
111 RÉACTION THERMIDORIENNE [18 septembre 1794J
([ue les sentiments se développent, les opinions s'exposent avec chaleur, les orateurs se traitent mutuellement [de] Maurytistes et Robespîerristes.
L'air retentit de bravos ; Tun jure, Tautre tempête et menace ; quelques-uns applaudissent de tout leur corps ; d'autres se disputent ; quelques injures se mêlent à la partie ; bientôt les coups de poing succèdent aux gros mots ; les adversaires se qualifient mutuellement des titres d'aristocrates, de contre-révolutionnaires, de buveurs de sang; les espions qui, dit-on, se glissent partout, écoutent, ne perdent rien et messieurs les dénonciateurs de profession accaparent, DiT-05, des liasses de preuves qu'ils espèrent faire valoir en temps et lieu, lorsque, disent-ils, le parti des Jacobins sera victorieux.
Pour nous, qui ne connaissons point d'autre parti que celui du peuple, de la Convention et de la République, qui n'avons d'autre opinion que celle des vrais amis de la liberté et de la paix intérieure de notre patrie, nous demeurons spectateurs de cette lutte terrible et affligeante pour tous. les bons républicains qui gémissent de voir perdre en disputes un temps précieux pour le bonheur public.
Cependant, pour mettre nos lecteurs à portée de juger l'esprit de ces différents partis qui se déchirent avec animosité, nous donnerons quelques extraits des différents écrits, pamphlets, brochures, etc., et de toutes les pièces offensives et défensives qui paraîtront en faveur ou contre les combattants.
Le parti des Jacobins, assailli chaque jour par les écrits les plus foudroyants, tels que les Jacobins démasqués, la Queue de Robespierre^ l'Orateur du Peuple, etc., ne répondent [sic] pas aux assaillants et ne paraissent exister qu'au moment de leurs séances. On dit cependant qu'on s'aperçoit dans les groupes qu'ils sont très remuants ; on va
même jusqu'à dire qu'ils combinent une insurrection On en
donne pour preuve un écrit qui peut-être a été affiché par leurs adversaires, portant : Aux armes, citoyens, la Convention veut la contre* révolution, le peuple veut la liberté !
On dit que cet écrit, qui a été trouvé affiché rue Tiquetonne, entraînera Tarrestation de quelques contre-révolutionnaires qui, pour parvenir à leurs vues criminelles, cherchent à jeter une pomme de discorde parmi les bons citoyens qu'ils veulent perdre. On dit, mais n'avançons rien : on sait que les on dit colorent bien des calomnies qui assassinent bien du monde/\|Contentons-nous de citer le paragraphe suivant que nous trouvons dans le Messager du soir, qui luimême parait l'avoir écrit sous la dictée de quelques groupes du Palais ci-devant Royal. Au moins, y disait-on hier, à peu près les mêmes
[19 SEPTEMBRE 1794] RÉACTION THERMIDORIENNE il2
vérités, ou si Ton veut les mêmes mensonges, car Adhuc sub judice
lis est * ,
Spectacles de la 2« sans-culottide.
Théâtre des Arts. — La réunion du 40 août ou Vlnauguratwn de la République française, sans-culotlide en cinq acles.
Opéra-Comique. — La Fausse magie, com. en un acte, par le cil. Marmonlel, musique du cit. Grétry ; Alexis et Justine, com. en deux actes, en prose, mêlée d'ariettes ; la Fête américaine, ballet patriotique.
Feydeau. — Les Montagnards ou l'Ecole de la bienfaisance, com. en un acte; Les Vrais Sans-Culottes, tableau patriotique en un acte..
Théâtre de la République. — Le Menteur, com. en cinq actes; le Conteur ou les deux postes, en trois actes.
Théâtre de l^Eoalité. — Le Conciliateur, com. en cinq actes; Crispin médecin, com. en trois actes.
Lyrique. — Michel Cervantes, op. en trois actes : Le Bon père, op. en un acte.
Gaité. — La Caverne ; le Véritable ami du peuple, drame ; le Voltigeur ; le Quiproquo de l'hôtellerie; VHymne à la liberté, fôte civique.
Ambigu-Comique. — La Bascule; ïp.s Déguisements; le Manque de fer.
Vaudeville. — Arlequin tailleur; le Sourd guéri, le Poste évacué.
Cité- Variétés. — Guerre ouverte, com. ; les Royalistes de la Vendée, pantomime.