‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 23 sur 138 · SANS-CULOTTIDE AN II (19 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SANS-CULOTTIDE AN II (19 SEPTEMBRE

Rapport de la 4« sans-culottide.

L'esprit public ne change point et marche toujours avec les principes. Les groupes ont été moins nombreux, si ce n'est au Jardin National, où les discussions continuaient sur les Jacobins. Il parait que le résultat de ces disputes est le ralliement à la Convention des Sociétés populaires. Du reste, la masse du peuple est d'accord sur la conservation des principes qui consacrent sa souveraineté, et hier, à la représentation de Timoléon, une allusion à cette grande vérité de la souveraineté du peuple a été longtemps couverte d'applaudissements par tous les citoyens indistinctement.

Dans certains groupes l'on s'entretenait du petit Capet et de sa

d. Suit l'article du Messager que nous avons donné plus haut, p. 10 i.

N THERMIDORIENNE [19 septembre 1794]

lait ft sa manière, mais tous étaient emer un sort avenir.

Elite dans Paris sur ]es étrangers*, a proau cri de Vioe la République! Vive ta ipendant a été arrêté dans la section de I Comité de sûreté générale pour avoir 'ioe la Convention! Au f..... les Jacobins. r, deux officiers de t'Etat-Major vinrent demandèrent les commiss^aires pour les dus, auteurs d'une affiche portant que nt invités de fondre sur la Convention, scélérats, etc. Un infipecteur s'est joint à rir, ce qu'ils n'ont pu faire.

désordre étaient si grands hier au port im, que l'on a été oi>Hgé de cesser la lires. L'on se plaint de voir toujours les butions.

ouveau mode pour empêcher les rassemi>rment au port au charbon. L'on parait ans les sections même, par un commisrgé des bons.

;hantier3; beaucoup de marchands manias plutôt sorti de l'eau qu'il est enlevé, es de savons de Marseille au nombre de

peu approvisionnés; cependant beaucoup

GÉRÔUE, 0U.1VIER.

Journaux.

sans-cuIoLlidc ;

est naturel de croire que la guerre des ne guerre plus sérieuse. On a vu hier les Palais de lÊgalité. Quelques personnes,

ns-cutottidc an II, ordunnaut i|iio les citoyens it le 1" messidor prûci^dent en sortiraient dans

[i9 SEPTEMBRE 1794] RÉACTION THERMIDORIENNE 114

ayant voulu imposer un peu trop brusquement silence à des colporteurs qui criaient : Voilà les Jacobins démasqués I Voilà les Jacobins convaincus d'imposture! etc., les passants ont pris parti pour les crieurs, la foule est devenue nombreuse et bruyante, et peu s'en fallut qu'on n'en soit venu à des excès. Cependant, tout s'est terminé par le cri unanime de Vive la Convention I et par quelques propos tels que : A bas les Jacobins! et autres de cette nature. On a conduit au corps de garde ceux qui avaient maltraité ou voulu maltraiter les colporteurs.

Les pamphlets du jour sont : La grande détresse des Jacobins qui n*ont plus le sol ou Avis aux valets des émigrés pour aller échanger leurs douze francs contre une carte de Jacobin *. Ce pamphlet est une assez mauvaise plaisanterie dans laquelle on représente Yad... * à la porte des comités de la Trésorerie nationale et enfin à toutes les portes pour emprunter de l'argent, voire même aux banquiers de Pitl, qui ne reçoivent plus rien, parce que les frontières sont trop bien gardées.

Un autre écrit est intitulé : Premier dialogue entre deux Jacobins^ par Dubois-Crancé*. Le premier parle dans le sens des anciens Jacobins, et le second dans celui des Jacobins actuels.

Après s'être réciproquement accusés, l'un de modérantisme, l'autre d'enragé, ils se quittent.

« Eh bien ! dit celui-ci, que son collègue appelle enragé, puisque ce sont là tes sentiments, je vais te dénoncer comme aristocrate à la Société. »

« Et moi, reprend Tautre, je te dénoncerai comme un brigand à tout le peuple français. »

Un troisième pamphlet porte pour titre : Les Jacobins traités comme ils le méritent *.

Cet écrit est une réponse pour la Société à toutes les attaques dirigées contre elle.

L'auteur y persifle amèrement tous les suppôts de l'aristocratie qui se proposent de rattraper leurs pigeons, leurs clapiers, leurs levreaux, leurs corvées. Et il prédit au peuple que, si on parvient à détruire les Sociétés populaires, tout cela ne manquera pas de revenir.

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