SANS-CULOTTIDE AN II (21 SEPTEMBRE
Rapport du !<=' vendémiaire an IIL
Hier la fête publique * a occupé tous les citoyens. On y avait remarqué qu'il y avait moins de monde, moins de gaité, moins d'enthou* siasme qu*à l'ordinaire. On attribue cela à la crainte qu'on prétend avoir été répandue les jours précédents, aux bruits qu'on avait fait courir, qu'il devait y avoir quelque accident fâcheux, et, se rappelant la fête qui devait avoir lieu le 10 thermidor et Tévénement malheur reux qui devait la troubler, ce souvenir a paru faire noitre des craintes. On a remarqué très peu de monde partout. F]t sur Tescalicr du temple Roch, où il y a d'ordinaire beaucoup de femmes, on n'y a vu presque tous hommes [sic).
Le peuple s'est plaint hier de ce qu'on lui a jeté par les croisées du Palais national des papiers, ce qui est indigne des républicains, qui n'ont pu s'empêcher de faire des Comparaisons avec ce qui se passait sous le règne des tyrans. Il est résulté de cet abus qu'on a été foulé. Les uns ont perdu leurs chapeaux, leurs cannes; les autres ont été volés, etc.
Sur le soir, à la sortie des spectacles, un particulier a crié au coin de la rue de la Loi et Honoré : Les opinions sont libres^ et je dis que les Jacobins ou la Convention sont des coquins qui perdent la France I et s'est sauvé si vivement qu'on n'a pu le rattraper, et, malgré toutes les informations, on n'a su ce qu'il était devenu.
Le nommé Detchegarray, qui avait voulu se détruire le 26 thermidor, trancha, hier sur les dix heures et demie du soir, dans la maison d'arrêt dite la Force, où il était détenu, le fil de ses jours en séparant, avec un rasoir, la télé de son corps. Il y avait longtemps que cet homme méditait ce suicide. Il devait être traduit au tribunal criminel du département le % vendémiaire.
Des citoyens regardaient hier avec beaucoup de peine les élèves de Mars en ce que, parmi eux, il y avait des gardes du tyran Capet. Us disaient que ce corps demandait la plus grande attention en ce qu'il a été établi du règne de Robespierre.