BUiL nal., Lb 41/1457, ln
léances de ces messieurs à la nouvelle du décret qui les fait rentrer dans ]a classe des citoyens dont ils cherchaient à se séparer pour Jes tyranniser et s'emparer de tous les pouvoirs, afin d'être libres de faire noyer, fusiller, mitrailler et guillotiner autant que bon leur eût semble, c'est-à-dire toujours.
Spectacles du 28 vendémiaire.
Théâtre des Arts. — MilUcule à Marathon, on deux actes ; le Chant du Départ. (Les Petites Affiches ajoutent le Devin du village,)
Opéra-Comique. — Biaise et Babet, com. en deux actes ; Lodoiska ou les Tartares, com. en trois actes, en prose.
Feydeau. — Les Visitandifies, opéra en trois actes ; la Famille indigente,, fait historique.
Théâtre de la République. — Le Sourd ou V Auberge pleine, com. en trois actes; le Distrait, com. en cinq actes.
Théâtre de l'Égalité. — Le Lendemain de la bataille de Fleurus, impromptu-caricature en un acte ; la Colonie, opéra en trois actes.
Lyrique. — Floraj op. en trois actes ; le Mariage civique, vaudeville.
Gaîté. — V Habit ne fait pas V homme y com. ; la Noce interrompue par les brigands de la Vendée ; V Aristocrate démasqué par la Corne de la Vérité,
Ambigu-Comique. — Les Sœurs du Pot ; les Deux chasseurs et la Laitière; les Houlans.
Vaudeville. — La Bonne Aubaine ; V Alarmiste ; les Vieux élégants.
Cité- Variétés. — L'Oiyhelin, com.; Cadet Boussel, com.
29 VENDÉMLVIRE AN lïl (20 OCTOBRE 1794).
Rapport du 30 vendémuire.
Tous les rapports s^accordent à dire que la plus grande tranquillité règne dans Paris, que l'esprit public conserve toujours sa force et son énergie républicaine. Les groupes sont moins nombreux et moins tumultueux que de coutume; on y parle particulièrement du procès des membres du Comité révolutionnaire de Nantes; on désire prompte justice ; le public dit hautement qu'il est étonné de ne pas voir Carrier en jugement^ et de là mille conjectures différentes sur ce qui peut en être la cause.
Dans un groupe du Jardin national, Ton disait qu*un grand nombre de jeunes gens de la réquisition occupaient des places dans toutes
187 RÉACTION THERMIDORIENNE [20 octobre 1794]
les administrations, que même, à la Commission des armes portatives^ cinq femmes occupent des places de commis expédition*
naires
Les garçons boulangers voudraient encore ne pas travailler, mais la police que Ton exerce envers eux les engagera sans doute à, rester tranquilles et faire leur devoir. La voie de la douceur et du raisonnement est le seul moyen pour les maintenir et leur faire respecter les
lois
Bocquet-Destournelles, L.-J. Babille.
(Arch. nat., F*» III, Seine, 14.)
Journaux.
Journal de Perlei du 30 vendémiaire :
Pendant quelque temps on a été surchargé de petite monnaie de sols et de deux sols. Aujourd'hui ils ont disparu presque entièrement. Quelle est la cause de ce changement? Accapare-t-on les gros sols? Non, ce serait folie de le croire. Mais le cuivre est devenu si rare, et se vend à un prix si excessif, quVm trouve du proQt à fondre ces gros sols pour en extraire le cuivre. Voilà le motif de cette rareté. C*est à la Convention à juger s'il ne serait pas nécessaire de modifier les nouveaux sols que Ton fabrique, de manière que les spéculateurs ne trouvassent pas avantage à les fondre.
Spectacles du 29 vendémiaire.
Opéra-Comique. — Le Tableau parlant, com. parade en un acte ; Barbe Bleue ou le Tyran puni.
Feydeau. — Roméo et Juliette; le Club des Sans-Soucis.
Théâtre de la République. — Timoléon ; V Ecole des maris.
Théâtre de l'Éc.alité. — Pas d'annonce.
Lyrique. — Geneviève, op. on trois actes ; Au plus Brave la plus BellCj op. en un acte.
Gaîté. — Zes Fausses infidélités; le Voltigeur; Biaise le hargneux; le Sabottier; le Triomphe de l'Amour conjugal.
Ambigu-Comique. — Ijes Déguisements ; le 12 Thermidor ; le Sorcier.
Vaudevuj-e. — Les Chouans de Vitré ; Christophe Dubois; la Fête de PÉgalité.
Cité-Variétés. — Guerre ouverte, com.; Ricco com.
[21 OCTOBRE 1794] RÉACTION THERMmORIENNE 188
Rapport du 1^' brumaire.
La fête qui a eu lieu hier au champ de la Réunion a fait le^plus grand plaisir; la joie, le contentement et la satisfaction ont paru régner partout. On a remarqué que Tamour de la patrie, de la liberté et de Tégalité est la passion dominante des Français. Le peuple a donné de justes applaudissements aux élèves de l'Ecole de Mars, qui ont manœuvré avec une précision et une activité soutenues. Tout s*est passé sans accident, à Texception de quelques voleurs de porte* feuilles qu'on a arrêtés et conduits chez le commissaire de police.
Le soir, au Jardin national, la danse était très animée et s'est prolongée fort avant dans la nuit. Une gaieté tranquille. L'esprit public excellent et bien soutenu
Le peuple, satisfait, a fait une remarque bien judicieuse, c'est que presque toutes nos grandes fêtes ont eu cette année des jours sereins qui ont beaucoup contribué à la satisfaction générale. Il observe que la révolution plait à l'Etre suprême.
Rouillé, inspecteur, rend compte qu'au faubourg Antoine il a entendu des murmures sur le pain et dire qu'on ne pouvait manger que la croûte et que la mie était pour les lapins, que cela n'encourageait [pas] à danser ; que la Vendée n'était pas finie. . . .
Sur les indices donnés qu'il devait exister ce matin un rassemblement d'ouvriers à la Nouvelle-France, à l'enseigne du Lion d'Or, plusieurs ofûciers de paix s'y sont transportés avec des inspecteurs et ont trouvé que tout était dans la plus grande tranquillité et qu'il n'y avait point de rassemblement.
Le spectacle de la République a manqué d'être forcé. [Une] grande affluence s'est portée à l'Opéra, dans la seule imagination qu'on représentait gratis. Tout cependant s'est assez bien passé, et le plus grand calme a régné sur le boulevard, où sont plusieurs spectacles.
RoucnAs jeune, Le Roux.
(Arch. nat., F ^'^ III, Seine, 14.)
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189 RÉACTION THERMIDORIENNE [21 octobre 1794]
Journaux.
Vedetle ou Gazette du jour du 2 brumaire :
Paris, !•' brumaire. — Hier a é lé célébrée la fête des victoires remportées par les armées. Dès la pointe du jour, un rappel général a annoncé à la force armée de se réunir sous ses drapeaux, et chacun s*est empressé d'aller offrir son tribut de reconnaissance aux braves guerriers qui, par tant de triomphes, ont immortalisé les armes françaises et cimenté de leur sang TédiOce de la liberté.
Un concours immense de citoyens a bientôt couvert le glacis du champ de la Fédération ; et Tair de satisfaction répandu sur tous les visages exprime les sentiments que chacun apporte à cette fête nationale. L*attaque simulée de la forteresse s'est faite dans toutes les règles de l'art, et au milieu des feux redoublés des assiégés et des assiégeants. Les diverses évolutions des élèves du camp de Mars, leurs marches, la précision de leurs mouvements ont fixé particulièrement Fattention des spectateurs et donnent l'idée de ce que la patrie peut en attendre, lorsqu'elle leur donnera le signal des combats.
Ces jeunes guerriers, entourant ensuite les blessés des armées, et suivis du char de la Victoire, ont formé une marche triomphale jusqu'au temple de Flmmortalité. Les trophées y ont été déposés au sein de la représentation nationale, et le président, au irom du peuple français, a gravé sur la pyramide élevée au milieu du temple les noms des armées de la République et l'énumération de leurs victoires.
Une urne ; consacrée aux mânes des guerriers morts en défendant la patrie, a été placée le soir sur le monument élevé dans le Jardin national ; et une députation de la Convention Ta décorée, au nom de la nation entière, d'une couronne de chêne. Des danses sur les places de la Bastille, du Panthéon et dans le Jardin national ont terminé eelte fête au milieu des accents et témoignages de Tallégresse publique.
Nouvelles politiques, nationales et étrangères du 4«' brumaire :
De Paris, le i" brumaire. — Le matin de ce jour, à neuf heures précises, la force armée des sections de Paris s'est rassemblée au champ de la Fédération avec drapeaux et flammes.
Les blessés des diverses armées et les militaires invalides se sont rangés autour du rocher élevé au milieu du champ.
]2f ocTOBBfi i79i] IIÉACTION THEKMIDORIESNE 190
La Convention nationale s'est rtunie dans la maison de l'Ecole militaire.
Aussitôt que la force armée de Paria, )«s blessés et les militaires invalides ont été assemblés, la Convention nationale s'est rendue sur le rocher élevé au milieu du champ, qui oBHiU l'aspect d'une redoule.
L'Institut national de musique a précédé la Convention et s'est placé sur le rocher à l'endroit indiqué.
Le président, placé avec la Convention nationale sur le sommet du rocher, a prononcé un discours, après lequel on a exécuté le Chant du Dépai'l, paroles du représentant Chénier, musique du citoyen Méhul,
Les élèves du camp de Mars ont fait ensuite l'attaque simulée d'une forteresse, qu'ils ont emportée d'assaut.
Cette forteresse soumise, la Convention nationale est descendue du rocher pour se rendre au temple de l'Immortalité, élevé au milieu du champ, entre le rocher et l'Ecole militaire.
Les élèves du'camp de Mars, entourunt les blessés des armées et suivis du char de la Victoire, ont formé une marche triomphale qui s'est rendue au temple de l'Immortalité, après avoir fait le tour du champ de la Fédération.
Les trophées ont été déposés au sein de la représentation nationale, et le président, au nom du peuple français, a gravé sur la pyramide élevée au milieu du temple de l'Immortalité les noms des armées de la République et l'énuméralion de leurs victoires.
L'Institut national de musique a exécuté un hymne, paroles du citoyen La Harpe, musique du citoyen Lesueur.
Le soir du même jour, on a illuminé le petit monument élevé sur le bassin du Jardin national, en face du pavillon de l'Unité, et au milieu duquel était élevée une urne funéraire, consacrée aux mânes des guerriers morts en défendant la patrie.
Une députation de la Convention nationale est venue, au nom de la nation entière, déposer sur cette urne une couronne de chêne.
Des orchestres étaient élevés sur les places du Panthéon, de la Bas tille et du Jardin national; et lu fête s'est terminée par des danses, témoignage de l'allégresse publique.
Courrier républicain du 2 brumaire :
Du i" brumaire. — La fêle qui a eu lieu hier a été bien exécutée ; les Jeunes élèves de l'Ecole de Mars ont montré autant d'intelligence dans leurs évolutions, dans leurs attaque^i simulées, que nos braves
191 ' REACTION THERMIDORIENNE [21 octobre 1794]
défenseurs montrent de courage et d^intrépidité dans les combats qu'ils livrent à tous les soldats de l'Europe. En général, la fôte a été joyeuse ; le peuple a dansé gaiement, au bruit de plusieurs orchestres quon avait distribués dans le Palais national. Ce n'était plus* ces fêles monstrueuses auxquelles on forçait les citoyens de prendre part, tandis quon égorgeait le père et qu'on embastillait le fils.
Journal de Perlet du i®' brumaire :
La fête décrétée en réjouissance des triomphes de la République et de Tévacuation de notre territoire a été célébrée hier avec la plus grande allégresse et le plus vif enthousiasme.
Ce n'était pas, comme plusieurs de celles qui Tont précédée, une de ces processions qui fatiguent le peuple, sans l'amuser. Elle avait un caractère mâle et sévère. Des jeux militaires exécutés dans le champ de la Fédération par les jeunes élèves de l'Ecole de Mars, au milieu des trophées de nos quatorze armées triomphantes, au milieu de nos frères blessés en combattant pour la liberté; une musique fiére et belliqueuse, animant des danses civiques ; des hymnes qui rappelaient nos victoires passées et nous en annonçaient des nouvelles; le temple de l'Immortalité s'ouvrant devant le peuple, devant ses représentants, devant ses défenseurs ; le président de la Convention gravant sur la pyramide du temple de l'Immortalité les noms des armées de la République et le nombre de leurs victoires, voilà les idées neuves et grandes qui ont donné à cette auguste cérémonie une physionomie particulière.
En voici les détails :
Le matin la force armée des sections s'est assemblée au champ de la Fédération avec ses drapeaux et ses flammes.
Les blessés des diverses armées et les militaires invalides entouraient un rocher élevé au milieu du champ.
La Convention nationale s'est rendue de l'Ecole militaire sur ce rocher, qui offrait l'aspect d'une redoute. Du sommet de ce rocher le président a prononcé un discours dans lequel il a rappelé la gloire dont se couvrent chaque jour nos braves défenseurs, et a offert à ceux qui meurent pour nous, le tribut de la reconnaissance nationale.
Ce discours a été suivi d'un hymne composé par Chénier.
Les élèves du camp de Mars ont exécuté, avec beaucoup d'art et d'ensemble, l'attaque simulée d'une forteresse qu'ils ont emportée d assaut.
Cette forteresse soumise, la Convention est descendue du rocher
pour 86 rendre au temple de Tlmmortalité, placé entre le rocher et l'Ecole militaire.
Tandis que le président gravait sur la colonne de llmmortalîté les noms de nos armées, Tlnstitat national de musique exécutait une très belle ode du citoyen La Harpe, à qui ses longs malheurs et les persécutions qu'il a éprouvées de la part du tyran n'ont rien fait perdre de son talent, ni de son enthousiasme pour la liberté.
Le reste de la journée a été consacré à la joie et au plaisir. Le soir il y a eu concert, bal et illumination au Jardin national.
On remarquait le petit monument élevé sur le bassin; là était placée une urne funéraire, consacrée aux mânes des guerriers morts en défendant la patrie. Une députation de la Convention est venue, au nom de la nation entière, déposer sur cette urne une couronne de chêne.
Des orchestres étaient élevés sur les places du Panthéon, de la Bastille et dans tout le Jardin national.
La fêle s'est prolongée assez avant dans la nuit. Elle a été signalée par cette joie, cette ivresse qui éclatent toutes les fois qu'on rappelle au peuple le souvenir de tant de victoires qui ont mis l'Europe à ses pieds.
Gazette historique et politique de la France et de V Europe du l®' brumaire :
Carrier est absolument à l'ordre du jour dans toute la République ; il n'est pas une brochure, un pamphlet où il ne soit question de lui. Tous les jours les colporteurs vocifèrent son nom dans les rues.
Spectacles wj 30 vendémiaire.
Théâtre des Arts — Le Chant du Dt^part ; Toute la Grèce; Hymne à la Victoire, sur révacualion du territoire français ; ballet de Télémaque.
Opérv-Comioue. — L'Intérieur d'un Ménage républicain; Cécile et Julien ou le Siège de Lille,
Feydeau. — Le Siège de Toulon ; les Montagnards ou V Ecole de la Bien- (aisance. (Au lieu de ce spectacle, les Petites Affiches indiquent le Club des Sans-Soucis et Bornéo et Juliette,)
Théâtre de la République. — Le Sourd ou V Auberge pleine, corn. ; Charles et Caroline, corn, en cinq actes.
Théâtre de l'Écalité. — Pas d'annonce.
Lyrique. — Michel Cervantes ; Au plus Brave la plus Belle.
Gaité. — Il était temps ; l'Amour conjugal; la Valise perdue.
Ambigu-Comique. — Le Xid d\nseaux ; V Etape; V Héroïne américaine.
Vaudeville. — L' Héroïne de Mit hier; Colombine Mannequin ; les Vieux élégants.
Cité-Variétks. — Les Dragons et les Bénédictines ; les Dragons en cantonnement ; les Mœurs ou le Divorce ; le ballet des Montagnards.
493 RÉACTION THEHMIDOHÎENNE [22 octobuf. 1794]
i«' BRUMAIRE AN II (22 OCTOBRE 1794).
JOIRNALX.
Courrier républicain du 3 brumaire :
Du 2 brumaire, — Sî l'on désire savoir l'effet qu'ont produit dans le public les débats violents qui ont eu lieu hier à la Convention % qu'on interroge au hasard tous Jes citoyens : on trouvera dans tous les cœurs, on verra sur tous les visages un sentiment général d'affliction. Quelques hommes trop connus seulement, qui ne peuvent vivre qu'au milieu du désordre, paraissent s'en réjouir et agitent déjà les serpents de la discorde, assoupis dans leurs mains ensanglantées. Mais qu'ils ne s'abusent pas : le peuple a cessé d*étre leur dupe; il ne veut plus de massacres ; il ne veut plus de justice révolu^ tionnaire; il veut que Tinnocent soit vengé, et que le coupable seul périsse.
Malgré les épaisses ténèbres dont on voudrait nous environner, le flambeau de la vérité répand autour ses rayons bienfaisants. Les intrigants et les fripons pâlissent et se trahissent eux-mêmes.
Les peuples en société peuvent être un instant égarés, mais ils sont essentiellement justes, parce qu'il est de leur intérêt de Tétre. C'est à ce point constitutif de leur agrégation politique qu'il faut toujours se réunir, et il ne peut rester à ceux qui s'en écartent que l'opprobre ou l'échafaud.
Les révélations des forfaits commis à Nantes et ailleurs continuent à soulever l'indignation universelle, qui demande hautement vengeance.
Spectacles du l*"* brumaire.
Théâtre des Arts. — Relâche.
Opéra-Comique. — Les Rigueurs du Clolire, coin, en deux actes, en prose-, Arasbelle et Vascos, drame lyrique en trois actes.
1. En effet, dans la séance de la Convention du 1®' brumaire an III, à propos du projet de mettre en liberté des députés détenus pour avoir signé des protestations girondines, un violent débat rétrospectif avait eu lieu sur les journées des 31 mai et !•' juin 1793.