‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 5 sur 138 · Cf. Moniteur, réimpression, t. XXI, p · texte numérisé non relu

Cf. Moniteur, réimpression, t. XXI, p

[3 AOiT 1794J

Rapport- DU 17 thermidor ^

Les conversations des différents groupes roulent toujours sur Robespierre et ses complices. D'après les rapports de plusieurs inspecteurs, il parait qu*on désire que la Convention applique aux Comités révolutionnaire^ le mode qu'elle a décrété pour ses Comités, c'est-àdire le renouvellement tous les mois du quart des membres pour éviter les abus de Tarbitraire.

On lit haut les journaux dans les places publiques. Beaucoup de citoyens se rassemblent autour du lecteur et ensuite s'entretiennent de ce qu'ils ont entendu. On se rallie plus que jamais à la Convention.

On se plaint des ventes à Tencan, où toutes les marchandises sont portées à un prix exorbitant. Les marchands domiciliés profitent même de cette occasion pour contrevenir à la loi du maximum.

A la maison d'arrêt des Petits-Pères, les prisonniers avaient pratiqué un trou dessous le parquet, par lequel ils auraient entré dans une cave, d*oii ils auraient pu se sauver à Taise. On a trouvé dans ce trou des cordes qui devaient servir à leur évasion.

Les détenus de Lazare ont sommé le concierge de leur procurer du vin, de Teau-de-vie, des liqueurs, de leur donner des commissionnaires dans l'intérieur de la maison, et ils menacent de l'égorger, s'il ne fait pas droit à leur demande.

Les signaux recommencent de nouveau au pourtour des maisons d'arrêt des Carmes, et caserne rue de Vaugirard, et caserne rue de Sèvres. Les détenus sont quelquefois montés sur les croisées et font des signaux.

Les marchés des différentes sections de Paris ont été très peu approvisionnés, à l'exception des halles, où il est arrivé beaucoup de légumes, de beurre en livre et à demi-sel, et œufs.

La livraison du charbon se fait avec tranquillité.

H s'est délivré chez plusieurs épiciers des fromages de Hollande.

Les administrateurs au déparlement de la police régénérée^

Ballay, Barisson *.

(Arch. nat., F»*^ III, Seine, 13.)

1. Nous croyons inutile de continuer à donner les intitulés des rapports, tant que CCS intitulés sont les mômes.

2. A ce rapport est joint le brouillon d'une lettre de la Commission nationale des

1 ihcrmidor :

cessé de dominer la Société des Jacobins et de UUes, comme il opprimait la Convetilion natioibérations aux Jacobins, ainsi qu'à la Convea- Ljestueuses. La terreur n'enchatne plus les le combattent sans se choquer tumuttuaire-

de confiance l'avis de celui qui se présente à mutuellement. La lumière jaillit de la discusajorité est substitué à la volonté du tyran ou valets. Aussi les séances ont-elles repris leur

opinions n'est plus un vain mot.

rrACLES DU 16 rnEBUiDOR.

Tableau parlant, com, parade en un aclc, tnilie

Il ménage républicain, com. en un acte, iin^lêe du

. te héros de treize ans- (Au lieu de Viala, les Pe-

émire et Azor.)

ndines, o\>. on Irois actes avec des changements

orlwie, op. en doux acte s.

ji*E. — Le Faux navanf, coin, en trois aoles, iiré-

sar, trag. (Au lieu du Faux savant, les Petites

■tli.)

- Guillaume Tell, Irag. en cinq actes; te Retour

; rnlrc les deux |iièccs on ciianlera les Chœurs de

■canti}s, op. en trois actes; le Bon père, Oji. en

les Deux Léonards; le divertissement dos lutteurs ;

ce et tribunaux, où on dciuaude aux admJDistrntcurs invenables pour la sflrcté des maisons d'airft dont ils

r ..... ^,.^ „„. ..... ^.. de ces faits au Gomilé de sûreté générale. lia y ré-

pwiJirenl, le 18 ttiemiidor par la lellre suivante : • Citoyens, nous vous inronnons qnf.d'apri'i les mesures que nous avons prises, l'ordre et le calme ont été rétablis dui les différentes maisons d'arri^t indiquées dans notre rapport d'hier, dont uv >.Tons adressé copie au Comité de stireté fiénOrole et au Comité de salut poblic. que nous Taisons surveiller les maisons d'arr<H avec le plus ^'rand soin, •inderopêcher toute intelligence de la part des détenus avec les personnes qui ("'QmioDt riWer au dehors pour leur faire des signaux. Iji partie des maisons •fairSt est l'un des objets qui fixera toujours notre sollicitude, et nous ne négli- Kn<D» aucun des moyens qui sont en notre pouvoir pour y maintenir la tranqniUité. Snlut et fraternité. Gébôse, Tkiboist. » (Arch. nal., K'c 111, Seine, 13;. ■ Ton I. 'i

jrt du jeune liara, |>itce patrioiiquc ; l'Eiirôlemeiil du bûcheron, bal-

intotnimc.

ïiGi-Couioi'B. — L'Epreuve raixonnablf ; les Oies dw frire Pkilippf;

U d'oiseaux ; le Gâteau de» tyrans.

jDEviLLE. — Gilles Georges et Arlequin Pitt; la IVourrice républi-

■ ; le Dédit mal gardé.

Es- Variétés. — Arlequin imprimeur ; Les Petits Montagnards.

n THERMIDOR AN II (4 AOUT 1794).

Rapport du 18 thermidor.

acun parait salisfaît de la réorganisation du Tribunal révolution- ;. On elle par lieu lié rement la nomination du président et de Lisateiir public.

H été trouvé dans une démolition, rue Poissonnière, n" 13, par re maçons, trois cents pièces d'or de 34 livres chacune i l'elUgie -ran. Trois de ces maçons, après le partage fait, ont été déclarer

somme au Comité révolutionnaire de la section ; mais le quale, nommé Baptiste, a disparu avec sa part. Cet or appartenait à unol ', membre du comité civil de la section de Mont-Maral, leest mort sous le glaive de la loi.

1 se plaint de ce que l'on voit beaucoup de soldats, d'ofllciers de rents corps et des jeunes gens de la première réquisition se proiT dans Paris. On ajoute que ces hommes n'étaient venus que

favoriser le projet de Robespierre.

bruit s'élant répandu que le citoyen JuUien [de la Drômc) père, ^sentant du peuple, s'était donné quatre coups de canif, dont un était avant dans la chair, un inspecteur s'est transporté sur le

et, parlant à l'épouse de ce citoyen, dont le cœur était gros et eux baignés, il apprit qu'un événement arrivé à son fils, Agé de leuf ans [sans autre éclaircîssemenl), avait occasionné une fièvre nte au citoyen Jullien, dont il était encore agité '. Elle a abanlé l'inspecteur sans achever la conversation, lui assurant cepen-

qu'il n'y avait pas eu de coups de canif de donnés.

s'est fait différentes distributions d'huile dans la majeure partie

;iiiiï n'avons pu idcnlillcr ce nom propre, qui doit •''Ire Jfllfruré.

iitiicn fils Tul incarc£rû par onire du <kimité de salut public le 23 thermidor

. et mis en liberté le %\ Tructidor nuivanl.

«ÉACTIOS THERMIDORIENNE [4 aolt 1794]

grand ordre y a régné. Pareille distribution 1 ; même tranquillité.

Lernité, ft la porte des bouchers, il y a depuis imeur parmi les citoyennes qui y vont s'approparaît vouloir prendre part à ce désordre. Le ! et les commissaires civils de cette section vont > pour en imposer aux malveillants, la section du Bonnet-Rouge rapporte qu'il se iDves et dans les autres environs de Paris, des tare les subsistances pour les revendre au delà :caparement9 arrêtent les approvisionnements

Les adminislraleurs,

Barisso.n, 0. Martêneai].

( (lu 21 llirnnidor ;

ERS, séant rue de TkionviUe, séance du 17 ther- ;ture des Droits de l'homme, et sur la motion été arrête que le président est chargé d'écrire utes pour les inviter à insérer dans leurs jour- . repris ses séances, et qu'elle les continuera es 2, 4 et 7 de chaque décade, t adoptée à runanimilé.

•ËCTACLGS DU 17 THERMIDOR.

Mélomanie, eom. lin un aclp, miîlcc d'ariellcs, mule* Epreuve» du rëpublicain, coin, on trois actes en

fttiol ou la Jambe de bois, op. en un acte ; les ileau |nitrioliqiic en un acte ; Clmidim: ou le petit 1 un actr.

.iQUK. — Kpicharis et Néron ou conspiration pour ^'i Pygiitalion, mélodrame de J.-J. Rousseau. — Les Fraisais dam l'Inde ou l'InquUilion à Goa, ers ; Zucinde et Raymond, 0|i. en trois actes. . en [rois actes.

leur; le Diable boiteux, avec divcrt.; le Départ des ce un ballet nouveau et diffOrcnis ilivc ri isse monts.

Ambigu-Comique. — V Artisan philosophe; les Mariages assortis; l'Héroïne aniéHcaine.

Vaudeville. — Les Prisonniers français à Liège; le Canonnier convalescent ; le Noble roturier.

Cité-Variétiîs. — Combat des Thermopyles, fait historique, et le Projet de fortune^ op.

Rapport du 19 TnERMiDOR.

Hier tous les citoyens avaient couru pour voir le traître Goffinhal *, il a essuyé de la part de chacun les plus sanglants reproches depuis la prison jusqu'au lieu du supplice. Tu n'as pas la parole! lui criait l'un. A bas le tyy^an ! lui criait Tautre. Tous ces cris se terminaient par ceux mille fois répétés: Vive la République! Le peuple attend avec impatience Tactivité du nouveau Tribunal révolutionnaire. Partout Ton voit les citoyens se réjouir de la liberté rendue à leurs frères, leurs amis, et cette joie semble être le dernier degré du triomphe du patriotisme sur la tyrannie.

La tranquillité règne partout, même dans les prisons. Une grande joie s'est manifestée dans la maison d'arrêt de Lazare en apprenant la mise en liberté de dix déserteurs. L'espoir renaît présentement dansTâme de ces détenus, accablés par les jugements précipités du Tribunal révolutionnaire.

Les femmes publiques reparaissent avec leur audace ordinaire ; elles se fient sur ce qu'il n'existe plus de commune.

La force armée requise pour maintenir l'ordre à la distribution du charbon, port de la Tournelle, Ta au contraire troublé en voulant avoir des préférences pour eux-mêmes [sic) ; les citoyens qui étaient en rang ont été obligés de ramener le calme.

Les garçons de pelle demandent que le port au charbon n'ouvre qu'à sept heures et ferme à six heures du soir, attendu qu'ils ne peuvent résister à l'ouvrage ; ils annoncent que, si Ton ne fait pas droit à leur demande, ils quitteront tous.

Les marchés des différents quartiers de Paris se sont trouvés très

1. C'est en effet le 18 thermidor que Coliinhal fut guillotiné. Cf. Wallon, ///>• toire du Tribunal révolutionnaire^ t. V, p. 268, 260, 425.

iï

vides, elle peu de marchandises qui y est venue était d'un si haut prix qu'on ne pouvait en approcher.

Il s'est fait quelques distributions de beurre chez différents épiciers arec ordre et tranquillité

Dans les faubourgs Jacques et Marceau^ les épiciers vendent le beurre au-dessus du maximum. Beaucoup d'ordre, beaucoup de tranquillité dans ces livraisons.

Gérôme, Hivert.

Journaux.

Abréviaieur universel du 20 thermidor :

Paris, 18 thermidor. — Les artistes du Théâtre de la Nation, qui étaient encore détenus, viennent d'être rendus à la liberté. Il n'appartenait qu'à la tyrannie de priver le public d'une si belle réunion de talents. Les arts, ainsi que la justice et l'humanité, ont recouvré leurs droits.

Fourcade, adjoint de Payan % a été mis en état d'arrestation. On croit que c'est Garât qui sera nommé à la place de commissaire de Imstruction publique.

L'ex-académicien Laharpe, et le citoyen Bitaubé, écrivain très estimé» sont aussi du nombre de ceux qui ont été mis en liberté.

Le total des détenus, non compris ceux de la Conciergerie, est de 7,771.

Spectacles du 18 thermidor.

Opéba. — Même annonce.

ÛpÉiL\-CoxrQUE. — Le Tableau parlant, com. parade en un acte, en prose, mêlée d*ariettes ; la Soirée orageuse, com. en un acte, mêlée d'ariettes ; Agricole Viala.

Feydeau. — Lodoïska, op. en trois actes, débuts de la citoyenne Lesage.

Théâtre de la République. — Les Étourdis, com.; le Jaloux désabusé, com.

Théâtre de l Egalité. — Le Bienfait anonyme, com. en trois actes; Alisbelle ou les crimes de la Féodalité, op. en trois actes.

Lyrique. — Relâche.

i. La commission executive de rinstniction publique, une des douze commis- «ions qui avaient remplacé le Conseil exécutif provisoire, en vertu du décret du "IS jçemiinal an II, était composée de Payan, commissaire, et de Fourcade, adjoint.

Oaitk. -— Les Amants invisibles, pan lo mime; le Préfendu sans le savoir^ corn.; le Fils afUrpiif, pièce pair., avec ballet; le Pari imprudenij com. Ambigu-Comique. — La Bascule: V Etape; l'Héroïne américaine. Vaudeville. — Xicaise peintre; les Chouans de Vitré; V Alarmiste. CiTÉ-VARiéTi^.s. — Guerre ouverte, com.; Arlequin imprimeur, op.

Rapport du 20 thermidor.

L'esprit public tend toujours à la perfection. La joie qui éclate sur bien des visages semble resserrer les liens de la fraternité et annonce que la liberté a été rendue à beaucoup de citoyens. Les groupes sont moins nombreux, et les conversations qui s'y tiennent n'offrent rien que de satisfaisant.

Beaucoup de personnes s'assemblent aux portes des prisons pour féliciter les citoyens mis en liberté; le plus grand calme^ le plus grand ordre et la plus grande satisfaction régnent dans ces différents groupes.

Hier, dans la cour de la Maison-Égalité, on a entendu deux citoyens se faire des reproches d'incivisme; l'un est le nommé Demanie, liégeois; l'autre Paul Chexque (sic), ci-devant consul d'Espagne à Ostende, qu'on croit à présent employé à la Commission d'Instruction publique.

Il y a eu ce matin du tumulte dans la rue Jean-Jacques-Rousseau, section du Contrat social, à la porte d'un boucher, lors de la distribution de la viande. La force armée, requise à l'instant, a ramené l'ordre

L'on a arrêté plusieurs pains que l'on voulait sortir de Paris.

Il y a eu sur les différents ports au charbon une grande quantité de monde, Tordre y a régné, il n'est arrivé aucun accident.

Les halles et marchés ont été peu approvisionnés.

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