Martineau, Barisson
(Arch. nat., F » •= ïll, Seine, 13.)
Spectacles du 19 thermidor.
Op^ra. — M(\me annonce.
OpéRA-CoMiQUE. — Le Tableau parlant, com. parade en un acte, môlée
Rapport du 21 thermidor.
L'esprit public est toujours à la hauteur des vrais principes révo- Itttionnaires. Les citoyens s'occupent beaucoup du succès de nos armées, du dernier triomphe de la liberté sur la tyrannie, et paraissent, en général, désirer Fépuration des différents Comités de section. On n'a rien remarqué de contraire au bon ordre.
Les groupes autour de la Convention s'entretiennent toujours des traîtres et ne cessent de manifester leur joie sur les mesures des Comités de salut public et de sûreté générale.
Le commissaire de police de la section des Quinze-Vingts rapporte que, faisant sa ronde dans les maisons d'arrêt de son arrondissement, ii a remarqué que la joie était générale parmi les détenus, que la çalté brille ' dans leur cœur, qu'ils bénissent la Convention et les aulorités régénérées, qu'ils jurent de mourir pour leur défense.
Paris jouît de la plus grande tranquillité; ses environs, malgré la pluie, ont été très fréquentés. Les spectacles étaient très pleins. Point de querelles particulières. Des cochers de voitures de place ont voulu fciire les mutins en ne voulant pas marcher, soit en exigeant un prix au-dessus de la taxe; on a su les mettre à Tordre.
Les assemblées des différentes sections ont été très bruyantes. Les
i^ RÉACTION THERMIDORIENNE [7 août 1794J
d'arieUes; Epreuves du républicain^ com. en trois actes, en prose, mêlée ^
d'arietles. 3
Feydeau. — Roniéo et Juliette, op. en trois actes; les Vrais sans-culottes y »i5
tahleaa patriotique en un acte.
Théâtre de l.v République. — La Bizarrerie de la fort une y coin, en rinq actes.
Théatrk de l Egauté. — La Métromanie, com. en cinq actes ; Tu ou toi ttu la parfaite égalité, com. en trois actes, en prose.
Lyrique. — Mariage civique, vaud. en un acte; Agricole Viala; le Bon père, op. en un acte.
Gaité. — Le quiproquo; Contentement passe richesse; les Deux font la paire; Xostradamus ; différents divertissements.
AjiBiGU-CoMiQUE. — Point d'annonce.
Vaudeville. — Arlequin afficheur; V Auberge isolée; la Chercheuse tCf^sprit.
Cité-Variétés. — Georges ou le bon fils, com.; V Heureux quiproquo, fom.; l'Adoption villageoise, op.
causes (sic) des détenus étaient le principal motif des discussions vives. Dans la section de Montreuil, le président s'est couvert jusqu'à trois fois.
Claude-Jean-François Despréaux, ancien musicien de TOpéra, pensionnaire de la République, membre du Comité civil de la section deBrutus et Tun des jurés du Tribunal révolutionnaire, s'est tué d'un coup de fusil dans une des pièces de son appartement, rue du Sentier, n«>20
TniBOUST, Barïsson.
(Arch. nat., F » « m^ Seine, 13.)
Journaux.
Journal de Perlet du 20 thermidor :
Le voile dont le tyran avait eu soin de couvrir sa vie privée se déchire insensiblement, et Ton découvre que cette austérité de mœurs, ce désintéressement dont il parlait sans cesse, lui étaient aussi étrangers que la vertu dont il profanait à chaque instant le nom. On assure qu'il s'était emparé à Issy de la charmante maison de la ci-devant princesse de Chimay. C'est là que se tramaient les complots qui devaient anéantir la liberté ; c'est là qu'avec Hanriot, Saint-Just et plusieurs autres complices, se préparait la ruine du peuple, au milieu des orgies les plus bruyantes. C'était là le Trianon du continuateur des Capets; c'est là, qu'après des repas pour lesquels tout ce qu'il y avait dans le voisinage était en réquisition, le tyran se roulait sur l'herbe, feignait d'être agité de mouvements convulsifs, et, en présence de la cour qui l'entourait, il faisait l'illuminé à la manière de Mahomet, pour en imposer aux imbéciles et s'accréditer davantage aux yeux des fripons.
Couthon s'était aussi, dit-on, mis en possession d'une maison de campagne à Monceaux. Il s'y faisait transporter souvent le soir. Il y avait des chevaux. Pour se promener dans le jardin, il s'était fait une espèce toute particulière de selle, à cause de sa paralysie. Saint-Just avait de beaux chevaux en réquisition pour ses promenades du matin au bois de Boulogne; il y en fit encore. une le jour où il fut arrêté.
C'était tantôt à Issy, tantôt à Monceaux, que siégeait le triumvirat; c'est là que se concertaient le massacre des patriotes et le triomphe de la tyrannie.
Le bruit s'est répandu que, pour se donner plus de lustre aux yeux de ses futurs confrères couronnés^ le tyran devait forcer la main à la
SÉACTION THERMIDORIENNE [7 aolt 1794]
jer. Pourquoi, en effet, ces efTorls tentés dans la i^i
midor pour s'emparer du Temple? Ce mariage ;J
lUX un moyen de se faire reconnaître par les î
si ses satellites l'avaient fait proclamer ici. .^
itonnera pas ceux qui connaissent les ambitieux '5
sont peu difTiciles en alliés, pourvu qu'elles y ~i
Les rois de l'Europe refusèrent de reconnaître
ise pendant sa courte durée. Mais tous, et .;
npressèrent de reconnaître Cromwell pour
ide-Brelagne. Les tyrans d'aujourd'hui auraient '5
lôme conduite. Pourvu que la France eût un
rtait que ce fût Robespierre ou Capet? En ont- 1 atherine, aujourd'hui impératrice de Russie, le auberge pour aller s'asseoir à côté du Irûne,
en assassinant le czar son époux ? ,
naliotiales et étrangères du 20 lliermidor : »
. — C'est un spectacle vraiment touchant que ;'
du bon peuple parisien pour les derniers bienjustice des représentants de la nation. A peine 3nné l'examen des causes de tant de détenus es portes des prisons ont été entourées de bons t avec conHance la sortie de leurs parents, de détenu rendu au vœu de sa famille est accueilli s de tous les assistants, qui célèbrent ainsi les remportés sur la tyrannie renversée. Nul tu- :e, nul mouvement ne troublent ces expressions m attend, on espère tout de la justice éclairée :elte espérance ne sera point déçue.
PECTACLES no 20 TnERHIDOR.
- De par et j>our te peuple : la Réunion du iO Aoât
IS thermidor an II, ainsi conçu : «1* Le Comité de i de faire mettre en liberté tous les citoyens détenus motirs qui ne sont pas désignés par la loi du 11 sep- I Comités de surveillance ou révolutionnaires de laBépuiner aux détenus, ou à leurs parents ou amis, copie des . — 3' Les motifs des mandats d'arri't décernés par les t par les Comités de salut public et de sûreté générale niques aux détenus, ou ù leurs parents ou amis. * <ta de l'Opéra, transporté dans une nouvelle salle, rue do
ou V Inaugurai ion de la République française , sans-culollidc en cinq actes, parolos dos ciloycns Bouquior et Molino, musique du cit. Porta, procédé d'un Prologue pour servir à l'inauguration du spectacle, paroles du cit. Moline.
Opéra-Comique.— Epicharis et Xéron ou Conspiration pour la Liberté. (Au lieu de ce spectacle les Pclites Affiches indiquent : Paul et Virginie ; Joseph Bara.)
Théâtre de l E<;alité. — Guillaume Tell, trag. en cinq actes ; les Chœurs (le Marathon; V Hymne à la Liberté; le Bourru bietifaisant, com. en trois actes.
Feydeau. — La Papesse Jeanne; la Famille indigente; V Apothéose du jeune Bara.
Théâtre de la République. — Guillaume Tell ; V Avocat Patelin,
Lyrique. — Zélia, op. en trois actes; Mariage civique, vaud. en un acte.
(iAiTÉ. — Le Prétendu sans le savoir; V Amour conjugal; le Véritable ami du peuple; les Lutteurs; V Enrôlement du bûcheron; un ballet.
Ambigu-Comique. — Le Maire de village ; Ut Sorcier ; V Héroïne américaine.
Vaudeville. —La Fête de VEgalité; V Alarmiste; la Chercheuse d*esprit.
Cité-Variétks. — La Mfh'e rivale et le Combat des Thermopyles, comédies.
Rapport du 22 tuermidor.
L'esprit public conserve toujours la même énergie. Les cœurs, dilatés aujourd'hui, laissent un libre essor aux sentiments dont ils sont pénétrés. Ils expriment d'une manière non équivoque la satisfaction de voir la Convention aller sincèrement au but du bonheur de la République par la sévérité, la justice et Thumanité. Chacun raisonne sur les brillantes victoires sur {sic) tous les points de l'Empire français qui prouvent la marche uniforme du gouvernement. On ne voit briller partout que la sérénité et la joie, Tordre et la tranquillité.
Dans quelques cafés cependant, notamment dans ceux de la République et de Foy, des citoyens discutaient sur la réorganisation des autorités révolutionnaires.
Des citoyens se plaignent de ce que les marchands forains et am-
la Loi. On trouvera une description di^taillée de cette salle dans les Petites Affi" ches du 24 thermidor an II, p. 88*2.
27 RÉACTION THERMIDORIENNE [8 août 1894]
bulants gênent la voie publique et surtout les trottoirs des différents ponts.
On se plaint aussi que, chez les charcutiers, on ne distribue que de basse viande, et qu'on ignore où passe celle de la première qualité.
BaRISSON, HlVERT.
(Arch. nat., F > ' III, Seine, !3.)
Journaux.
Sans-Culotte du 22 thermidor :
Parîs^ 21 thermidor, — Depuis que les prisons commencent à rendre les nombreuses victimes que Robespierre et ses complices y avaient entassées, le peuple de cette commune offre un spectacle vraiment attendrissant. Depuis les portes des prisons, jusqu'à leur domicile, les plus tendres félicitations accompagnent les citoyens dont on brise les fers, et, rendus au sein de leurs familles, parents, amis, inconnus même, tous s'empressent de leur faire oublier dans leurs embrassements les maux qu'ils ont soufferls, et le souvenir des dangers dont ils étaient menacés.
Parmi ceux qui ont recouvré la liberté depuis le dernier triomphe remporté sur la tyrannie, on compte les peintres les plus distingués parleurs talents, La Harpe, les ex-ministres Paré et Deforgues, les artistes de l'ancien Théâtre-Français, etc., etc.
Les autres victimes que la justice du gouvernement n'a pu, dans un si court espace, affranchir encore, applaudissent à la mise en liberté de leurs compagnons d'esclavage et ouvrent leurs cœurs aux doux sentiments de l'espérance; tandis que le remords, la honte et Tinfamic sont devenus le partage de leurs dénonciateurs et de ces agents subalternes de la tyrannie dont quelques-uns se sont déjà rendus justice à eux-mêmes de diverses manières violentes pour ensevelir l'opprobre de leur existence.
Spectacles du 21 THERiimoR.
Théâtre des arts. — Relâche.
Opéra-Comique. — La soirée orageuse, com. qx\ un acte, en prose, mêlée (l'arieUes; Epreuves d'un républicain, com. en trois actes, en prose, môléc (Tariettes.
Feydeau. — Rose et Aurèle, op. en un acte ; l'Officier de fortune, op. en dcQx actes.
Théâtre de la Rï^publique. — les Étourdis, com. en trois actes; le Philo* fffphe mariéj en cinq actes.
iLT 17St4| RÉACTION THERMIDORIENNE 28
BATRF, DE L'EfiALiTÉ. — Wenzcl OU Ir magistrat du peuple, op. en irais
; l'Ecole des maris, com. on irois actfs.
HiuiE. — Michel CervaiMs, o\i. en trois actes; Mariage civique, vaud. (1 ar.k'.
iTÉ. — Le umiveatt calendrier, pièirp palriolique ; le Nécromancien, imimu ; la Mort du jeune Bara, pièce |ia(riotiquc ; les Lutteurs, Ut
; l'Entrée du sabotier.
DicL-CouioiE. — Au Retour; le Contretemps et l'Héroïne américaine.
iTDEviLLE, — Au RelouT ; l'Auberge isolée et le Poste évacué.
■i.-\ \Bit.Tf.s. — La Noce, eom.; les Pirates, panloinime.
Rapport nu 23 thermidor'.
s groupes sont peu nombreux; les entretiens roulent toujours es succès de nos armées, sur les sages mesures He la Conven-
sur les nominations des membres qui doivent composer le mal révolutionnaire. La. liberté rendue aux détenus parait res- T les liens de la fraternité.
s citoyens se disposent à fêter l'époque mémorable du 10 août onnant dans différentes sections des repas civiques aux volon- > blessés pour la défense de la patrie.
5 ports ont été ouverts à volonté. Aucun ouvrier ny est venu ilier. Ils se livrent avec joie à la consécration du 10 août, La ure partie des boutiques est fermée. Des citoyennes murmurent
que les charcutiers delà rue de la Iluchette ne délivrent qu'un ,eron de porc par personne, tandis que chacun en a une demie dans !a section des Piques. L'on désire une répartition égale, rticle 6 [de l'arrêté] du Comité de salut public du 9 de ce mois, nt que les bouchers qui ont quitté leur domicile depuis le Tminal pour exercer leur profession dans les communes voide Paris seront tenus de rentrer dans le lieu de leur domicile, duit la plus vive sensation parmi les citoyens qui en désirent lution.
I citoyens des faubourgs Germain et Marceau, se plaignent de ce es marchés ne sont pas approvisionnés. 11 n'est arrivé le 21
ns rorigino), ce rapport est daté, sans doute par erreur, du 22.
RÉACTION THERMlDORIENiNE [9 août l7'J4j
irre el 70 douzaines d'œufs au marché Oermain. Scicvola, des pommes de terre ont été saisies ï la campagne, qui les vendaient 3 fr. le boisseau ; te a été porté au Comité de bienfaisance pour
;ampa(;nes ne cessent d'apporter dans les maii œufs et du beurre qu'elles revendent au-dessun
Barisson, Gérôue.
I du 23 llicrmidor :
— Qu'il est différent, le spectacle que présente le, comparé avec celui qui a précédé la chute Partout régnait un silence morne, précurseur [néflait de son ami, le père de ses enfants; mais se et la Joie sont peints sur la figure de tous tes rÎ9 ses droits. Tout a changé de face ; les vicglaive du tyran sont rendues à la liberté. On cite de tous cAtés, on bénit mille fois la Conla joie est enfin universelle.
PECTACLES DU ^ THEBHIDOlt.
La Réunion du. 10 Août ou l'inawjuyalwn <k ta — Prix des places : Parterre assis, ;10 s.; !«' gacrirs el relies du rci-dc-cliausaée, ~> livres; 3-" ^- Eiluric!>, 30 soi:*. — yola. Les femmes n'entreront pas
! Pttiisir ni la i/hire ; Biaise et Bnbcl on la suUe
m. m deux afles, mcMée d'arieites, du cit. Monvcl,
liiçph Bara, fait historique, miHé d'aricttos.
LioiE. — La femme jalouse ; i^ï Hlowflix.
1, op. en trois ailles.
, — la Mêlriimaiiie, r.om. en cinci actifs; le DiJpU
e, op. en trois actes ; lu Marine républicaine, vaud. '^éonaril; le Vérilabie ami du peuple ou la Viclime
révolutionnaire en trois actes; Arlequin tnat/icie»,
e Maréchal des loijix: l-t Fêle civique; i'EInpe;
[10 AOUT 1794] HÊACTiON THEmiIDORIENNE 30
Vaudeville. — Le Dédit mai gardé; V Alm^miste ; le Faucon. Citk-Variétks. — Les Dragons et les Bénédictins, com. ; les Dragons en cantonnement, coin. ; VHypocHte en Révolution.
Rapport du 24 thermidob.
L'esprit public hier a développé toute son énergie. On a remarqué une joie universelle. L'ordre et la tranquillité régnaient partout. Tout semblait concourir à rappeler aux citoyens la mémorable journée du iO août, et ce souvenir n'a servi qu'à resserrer davantage les liens de la fraternité. La fête nationale s'est prolongée fort avant dans la nuit, sans trouble ; il n'est arrivé aucun accident. Plusieurs personnes curieuses de voir le feu [d'artifice] s'étaient avancées dans les carrés où sont les pommes de terre; mais, malgré la grande affluence, une très petite patrouille les en a fait sortir en employant les voies de douceur. Sur les une heure et demie, une branche de l'arbre où était attaché le cordage supportant l'étoile qui éclairait la grande allée a cassé ; la chute n'a blessé personne.
Dans plusieurs sections, et notamment dans celle de Chalier, on a donné -des repas civiques à nos frères blessés aux armées, on y a chanté le triomphe de la liberté et la chute des tyrans.
Les marchés en général sont très peu fournis; quoi qu'il en soit, le plus grand ordre et la plus grande tranquillité régnent dans Paris.
Barisson, 0. Martineau, Hivert.
(Arch. nat., F ' ^ jn^ Seine, 13.)
Journaux.
Journal de Perlet du 26 thermidor :
La manière dont les élèves [de l'école] du Ghamps-de-Mars ont célébré l'immortelle journée du 10 août mérite d'être connue; elle a été digne en tout des jeunes héros, qui, sous les yeux de la patrie et au milieu de leurs exercices journaliers, font l'apprentissage de la victoire et s'affermissent dans la haine des tyrans et de la tyrannie.
31 REACTION THERMIDORIENNE [10 août 1794
A une des extrémités du camp était figurée l'armée des tyrans coalisés contre la France ; une redoute formidable, de nombreux retranchements la couvraient de toutes parts. L'armée républicaine s'avance, et on se canonne vivement de part et d'autre ; les avant* postes sont bientôt aux prises ; nos colonnes prennent le pas de charge; rien ne résiste à ce torrent; l'ennemi ne pouvant fuir selon son usage, à cause des palissades, la mêlée devient générale; la résistance est opiniâtre ; on combat corps à corps ; mais bientôt la cavalerie en* nemie est abattue par nos piquiers, et la victoire, toujours fidèle aux Français, se déclare en leur faveur.
Gazette historique et politique de la France et de VEurope du 23 thermidor :
Qu'il est différent le spectacle que présente aujourd'hui la ville de Paris, comparé avec celui qui a précédé la chute du nouveau Tibère. Partout régnait un silence morne précurseur de la mort ; Tami se méfiait de son ami, le père de ses enfants; mais aujourd'hui Talléfçresse et la joie sont peints sur la figure de tous les citoyens. L'ami a repris ses droits. Tout a changé de face ; les victimes échappées au glaive du tyran sont rendues à la liberté. On s'embrasse, on se félicite de tout côté, on bénit mille fois la Convention nationale, et la joie est enfin universelle *. Puisse cette allégresse se communiquer promptement chez nos frères des départements ! Puisse-t-elle ramener aux vrais principes de la liberté, à ceux de la représentation nationale, nos frères égarés I Qu'ils se dépouillent de leurs préjugés, qu ils coopèrent à faire marcher le vaisseau de l'Etat, et qu'ils se persuadent enfin que leur bonheur et leur tranquillité en dépendent.
Vive la Convention/ vivent nos dignes représentants! Tel était le cri dont la rue de Toumon retentissait hier, lorsque Tallien fut au Luxembourg rendre la liberté à nombre de patriotes qui y étaient détenus injustement. Le peuple y était accouru en foule, le comblait de bénédictions, l'embrassait, embrassait ceux qui venaient d'être rendus à la liberté. « Soyez tranquilles, mes amis, disait Tallien, à ceux qu'il ne pouvait encore faire sortir de cette maison d'arrêt, TOUS ne soupirerez pas longtemps après votre liberté : il n'y aura que les coupables qui ne jouiront pas de ce bienfait. Je reviendrai aujourd'hui, je reviendrai demain, etc. . ., et nous travaillerons jour et nuit jusqu'à ce que les patriotes injustement détenus soient rendus à leur
t. Ou remarquera que ce début est textuellement emprunté au Courrier répu- Uicain du 23 thermidor. Voir plus haut, p. 29.
;t 1794] RÉACTION THERMIDOR lEXXE 32
!. . . » Et des larmes de joie et de sensibilité coulaient de tous ux, et l'on comblait la Convention de mille et mille bénédic- On frémissait d'horreur et d'indignation en apprenant que, grand nombre de détenus que renfermait le Luxembourg, sept lent devaient échapper 6 la mort ; tous les autres étaient portés fatale liste que l'atroce Robespierre avait envoyée au Trirévolutionnaire. Ce monstre aurait voulu, comme Néron, que re humain n'eût qu'une léte pour pouvoir l'abattre d'un seul et coup.
tial de Perlel du 2'-y thermidor :
niversaire de l'immortelle journée du 10 août s'est célébré hier au Jardin national avec la plus grande pompe. . . La joie ive, l'affluence prodigieuse. Le souvenir des deux tyrans vain- ;itait dans toutes les âmes une égale horreur pour toute espèce ■ité despotique; tous les vœax, tous les cris étaient pour la et la Convention nationale.
ques feuilles ont imprimé que le représentant du peuple Tallien rendu au Luxembourg et qu'il y avait été couvert de bénédic- L'un et l'autre fait est absolument faux et ne peut avoir pour e d'exciter l'envie et la défiance contre ce citoyen, en faisant qu'il cherche à s'attirer des hommages qui ne sont dus qu'à la ition nationale. C'est à elle, et non à un représentant du , quel qu'il soit, qu'est Hue la gloire de l'heureuse révolution :nt de s'opérer. Celui qui, dans celle grande circonstance, a érité de son pays, trouve le prix de son courage dans sa conaetnon dans ces applaudissements bruyants, dons ces éloges s que la malveillance et l'ariRlocratie savent aussi prodiguer efois à ceux qu'elles veulent perdre '.
rier /■'■pubUcaiit du 2j tliermîdor :
i4 thermidor. — La réunion des citoyens en masse étant le ;1 ornement des fêles nationales, il n'y a eu dans celle-ci au- ;pèce (le marche : le peuple libre s'est rassemblé pour ses plains le lieu même où il se battit pour son indépendance.
les citoyens et citoyennes se sont réunis l'après-midi dans lections respectives, pour rassembler les guerriers dont les blés blessures attestent le courage et le dévouement.
lÉiueiiti analogue avait paru datis le Heicantr du soir du 34 Ihermidur.
33 RÉACTION THERMIDORIENNE [iO août 1794]
Avantv la nuit, les sections ont conduit au Jardin national les guerriers, qui ont été reçus par des commissaires chargés do les placer aux lieux qui leur étaient destinés^
L*Inslitut national de musique, placé sur la tribune, a exécuté un grand concert et des chants républicains.
Après le concert, on a incendié un bâcher sur lequel étaient réunies les dépouilles du fédéralisme et de la tyrannie.
Autour du bûcher étaient placées des inscriptions qui vouaient à Texécration publique la mémoire des tyrans, des traîtres et des barbares qui ont tous desservi la patrie.
Les citovens et les cilovennes se sont ensuite réunis autour des orchestres placés dans le Jardin national, et ont terminé cette fête par des danses et des chants civiques.
Gazelle frcaiçaise du 2y thermidor :
Paris^ 24 thermidor. — Dans la fêle d'hier, tout rappelait au peuple les triomphes de la liberté et les nombreuses victoires des soldais républicains: le ciel était serein, la lune briilonte comme au 14 juillet; rilluminatiôn offrait, vers la façade du pa aïs et dans le jardin des Tuileries, ta plus belle perspective ; dans la grande allée on avait formé une étoile, au milieu de laquelle étaient gravés ces mots:
La victoire est le prix de Tintrépidité. Trois cents Français prennent Fonlarabîe.
Dans le bassin du milieu du jardin s'élevait une tour couverte des débris de la royauté et des symboles de la tyrannie ; autour de ce monument de l'esclavage, qui n'était point éclairé, et qui était seul plongé dans les ténèbres, au milieu de cette scène de lumière, paraissaient des arcs de triomphe élevés au courage, à la liberté et à la vertu.
A neuf heures et demie une nombreuse symphonie, exécutant les airs connus de la Révolution, s'est fait entendre sur lamphithéâtre qui s'élevait comme une montagne de feu devant le Palais national. Au moment où Ton chantait l'hymne des Marseillais, le tocsin a sonné ao-dessus de Tamphithéâtre ; bientôt on a joué le pas de charge ; cette musique guerrière, accompagnée du bruit répété du canon, des battements de mains, des acclamations du peuple, retraçait à Tàme des spectateurs cette journée mémorable du 10 août, où le peuple sous les armes triompha de la royauté. Des chœurs ont chanté une hymne dont les paroles sont de Chénier et la musique de Méhul ;
Tojre I. 3
fiO AOUT 1794J RÉACTIOxN THERMIDORIENNE 34
voici une des strophes de cette hymne dans laquelle on peut reprocher à Fauteur de n*avoîr pas assez parlé du 10 août et d'àvoir imité en ce point les chantres des jeux olympiques, qui, dans leurs chants, ne célébraient jamais Tobjet qu'ils se proposaient de chanter :
Dans nos cités, dans nos campagnes,
Du peuple on entend les concerts :
L'écho des fleuves et des mers
Répond à Técho des montagnes ;
Tout répète ces noms touchants :
Victoire f liberté^ patrie!
L'Europe se mole à nos chants,
Le genre humain se lève et crie :
Gloire au peuple français, il sait venger ses droits; Vive la République et périssent les rois !
A onze heures, quelques fusées jetées en Tair ont donné le signa du combat qui allait être livré à la royauté dans ses derniers retranchements. Du haut de l'amphithéâtre une étincelle échappée a suivi la direction d*une corde qui était attachée au monument couvert des attributs roy8-\; dans un seul instant, ce simulacre du pouvoir monarchique a été dévoré par les flammes aux. cris de Vivent la République et la Convention/
Cette fête a été plus brillante que celle du 14 juillet; nous y avons remarqué beaucoup plus de spectateurs ; on y était surtout plus joyeux ; les danses y étaient plus animées ; c'était la fête de la fraternité. Dans la dernière fête on aimait à se reporter à Tépoque mémorable de la prise de la Bastille, mais on voyait encore, sur les débris du despotisme, s'élever une tyrannie nouvelle; dans cette dernière fête, on goûtait tous les charmes de la liberté et de la victoire. Ce grand spectacle était embelli par un ornement plus beau que les illuminations, plus agréable que la plus belle des symphonies : c'était la présence de plusieurs victimes de l'oppression, dont la Convention venait de briser les fers, et qui semblaient rappeler à tout le peuple que la France avait renversé les tyrans.
Annales de la République française du 25 thermidor :
On a célébré hier l'anniversaire de la chute du dernier tyran ; tous les citoyens de Paris ont assisté à cette fête intéressante, qui s'est prolongée bien avant dans la nuit. Pressés de dédommager nos lecteurs du numéro qu'ils auraient dû recevoir aujourd'hui, et qui n'a pas pu paraître à cause de cette circonstance, nous n'entreprendrons
TIOS THERMIDORIENNE [10 .touT i',U\
m; nous nous bornerons à dire qu'elle a été
ntes.
18 les prisons est de 7,295.
;rs a repris ses séances, et, par un arrêté,
t d'écrire aux journalistes pour les inviter
iCLBS DU S3 TDGHHIDOR.
lewrtf'un ménage républicain, eom. en un acU^, Almona ou le philosophe français à Bansora, rieltps.
— Epickaris et Néron ou Conspiralivii puur
om. en un acte.
elâciic.
M de ta Bvrance ou Agricole Viala, tabloau