‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 70 sur 138 · Cela se passait dans les tribunes de la Convention · texte numérisé non relu

Cela se passait dans les tribunes de la Convention

2. Ce libelle d'Aigoïn est intitulé : A bas les brigands et les buv€U7*s de sang ! Vive la Convention nationale! Ou coup d^osil sur les dangers présents de la patrie, S. 1., 26 brumaire an III, in-8. Bibl. nat., Lb 41/1465.

311 RÉACTION THERMIDOKIENNE [13 dkgembre 1794]

est temps de s'occuper sérieusement de celte partie, si on ne veut point exposer la République à périr, ou du moins à être bouleversée.

Il est temps de songer à trouver un moyen quelconque de diminuer cette masse énorme d'assignats, qui va toujours croissant, et qui augmente dans la même progression le prix des denrées et des marchandises.

Cest à la Convention et à ses Comités à sonder enfin cette plaie si dangereuse, si profonde, pour appliquer le remède avec courage. Les délais et les incertitudes ne font qu'aggraver le mal.

Spectacles du 22 frimaire.

TftéATRE DES Arts. — Le Chant du Départ; Iphigénie en Tauride.

OpéRA-CoMiQUE. — Albert ou le Service récompensé, com. ; le Convalescent de qualité y com.

Feydeau. — Relâche.

Théâtre de la République. — Le Menteur, com. ; le Sourd ou l* Auberge pleine^ com.

Théâtre de l'Égalité. — Le Misanthrope ; le Commissionnaire,

Lyrique. — Sapho, Irag. lyrique en trois actes, prem. représentation.

Gaité. — Le Fou par amour; le Quiproquo; Congé; V Amant au tombeau.

Ambigu-Comique. — La Bascule; le Fils naturel; les Prisonniers patriotes.

Vaudeville. -^Les Volontaires en route; le Divorce; Christophe Dubois.

Cité-Variétés. — L'Orphelin, com. ; le Petit Oi^phée, opéra.

Rapport du 24 frimaire.

Esprit public. — La surveillance s'exerce toujours sur les femmes sans cocarde; hier quelques-unes ont été arrêtées et conduites chez le commissaire de police.

Spectacles. ^^ L'agio des billets se fait toujours à la porte des spectacles, et des particuliers les vendent à des prix exorbitants ; il n'existe aucune loi contre cet abus, qui, indépendamment de son vice intrinsèque, donne occasion à des filous de voler ceux qui s'arrêtent autour du vendeur pour marchander les billets. Plusieurs de ces vendeurs ont déjà été arrêtés par la surveillance et conduits chez le commis-

saire de police, qui les a renvoyés, faute de loi portée contre ce genre

d'agio.

La location des loges fait toujours murmurer ceux qui arrivent avec

des billets pris au bureau et, ne trouvant de place, voient des loges

vides où on les empêche d'entrer.

Le bon esprit domine toujours. Hier, au théâtre de FEgalité, on donnait Spariacus ; ces mots : 5e nous aspirons à une gloire nouvelle^ vengeons-nous en soldat et non pas en bourreauy ont reçu les applaudissements réitérés de tous les coins de la salle. Une femme qui s'est refusée à prendre une cocarde a été conduite chez le commissaire de police, qui Ta relâchée sans caution.

A TAmbigu-Comique, le Fils naturel^ sujet villageois, dont le but est de faire aimer la vertu, a été fort applaudi, notamment tout ce qui est relatif à la loi qui fixe Télat des enfants naturels.

Groupes. — On s'y entretient toujours de la cherté des denrées, *[ qui excite des murmures, et on se plaint beaucoup des réquisitions dont est frappée la majeure partie des denrées, ce qui sert de prétexte aux marchands pour n'en délivrer qu'à des prix excessifs. Les affaires qui occupent le Tribunal révolutionnaire sont aussi les sujets des entretiens ; on en attend la décision avec une grande impatience, surtout relativement à Carrier.

On se plaignait dans quelques groupes de la dureté de plusieurs commissaires civils envers les femmes, notamment à la section de Bondy.

La proclamation sur les ouvriers a été lue par beaucoup d'entre eux qui y applaudissaient ; quelques-uns traitaient cette affiche de graine de niais *.

Sur le boulevard Poissonnière, trois citoyennes sans cocarde ont été averties par un inspecteur de s'en pourvoir sur le champ; elles ont dit qu'elles ne sont pas Jacobines, et que c'étaient des ordres émanés de Jacobins ; sur leur résistance, l'inspecteur a requis la force armée de la section de la Bonne-Nouvelle pour les arrêter ; mais elle a refusé de marcher.

On sait qu'à Arpajon le commerce d'argent se fait si publiquement que l'on y a vu vendre cent écus en argent pour mille livres en assiffnciiiS • • • • •

Bocquet-Destournelles, Jacot.

(Arch. nat., F « « III, Seine, 14.)

1. Il s'agit (1 une proclamation des Comités de salut public, de sûreté générale, de législation et de la guerre, en date du 23 frimaire an III, à propos de l'attitude séditieuse des ouvriers de l'atelier des Sans-Culottes. On en trouvera le te.^te dans le Journal de Perlet du 24 frimaire an 111, p. 109.

313 RÉACTION THERMmORIENNE [13 décembre 4794]

Journaux.

youvelles politiques, nationales et étrangères du 23 frimaire :

De Paris, le ^3 frimaire. — Billaud-Varenne a fait afficher dans Paris une apologie de ses principes et de ses mœurs * ; il y apprend au public qu'il aime et qu'il cultive les lettres, ce qui est un motif de croire à la douceur de son caractère ; enfin il annonce qu'il a consacré une partie de son temps à Part dramatique, et en effet les amateurs savent que ce représentant a composé une tragédie de Polycrate^ tyran de Samos, enrichie de chant. On sait moins généralement que Fabre jd'Ëglantine avait composé, pendant la détention qui précéda sa mort, une comédie en cinq actes, intitulée : YOrange de Malle^ et qu'il l'envoya au Comité de salut public, dont Billaud-Varenne était membre alors. Fabre sut, quelques instants avant d aller à Téchafaud, que Billaud-Varenne avait cette pièce. « Ah! s'écria-t-il, il va me voler mon Orange. » Celte accusation est d'autant plus incroyable, que Fabre d'Eglantine avait communiqué la pièce aux artistes des deux premiers théâtres de Paris.

Journal de Perlet du 25 frimaire :

Le calme règne dans Paris. En vain quelques agitateurs cherchent à échauffer les ouvriers contre la Convention. Le patriotisme de ces bons citoyens leur fait apercevoir le piège qui leur est tendu par la malveillance. Ils savent que les représentants du peuple ne peuvent avoir en vue que le plus grand bien de tous, et que c'est sur le concert et l'union de tous les patriotes que reposent la force et i'indestructibilité de la République.

Des patrouilles nombreuses parcourent les rues, et en imposent à ceux qui seraient tentés de développer de sinistres projets. Aussi ne se manifeste-t-il nulle part aucun symptôme de troubles.

Nous croyons devoir rapporter ici en entier l'arrêté du Comité de salut public, qui a donné lieu aux réclamations. C'est celui qui a été confirmé avant-hier par la Convention nationale. Il est du 16 frimaire :

c< Le Comité de salut public, considérant que les intérêts de la République exigent que la fabrication des fusils à Paris soit à Tentreprise, qu'il n'est pas moins essentiel d'assurer aux arquebusiers de

1. Nous n'avons pas retrouvé cette affiche. Mais il est probable que c'est la même chose que la brochure intitulée : J.-.Y. Billaud^ représentant du peuple^ à 8es concitoyens, S. I. n. d., in-4». Bibl. nat., Lb. 4i/ii4:i.

Paris les facilités nécessaires pour employer leurs talents, sur le rapport de la Commission des armes et poudres, arrête ce qui suit :

a Article 1". — A compter du i«' pluviôse prochain, la fabrication et la réparation des fusils à Paris seront entièrement à Tentreprise.

» Art. 2. — A la môme époque, il n'y aura plus d'ouvriers à la journée au compte de la République dans ses ateliers ; néanmoins les soumissionnaires, entrepreneurs et ouvriers à la pièce pourront prendre pour leur compte ceux des élèves qui leur paraîtront avoir des dispositions, et qui ont été par réquisition retirés du service militaire. Ceux qui ne seront pas réclamés par des soumissionnaires d'armes, ou d'autres artistes, seront tenus de rejoindre leurs bataillons ^ »

Les patriotes ne seront plus privés longtemps du plaisir de voir Virginie du citoyen La Harpe. Le directeur du théâtre de la République a fait afiicher qu'elle n'avait été retardée jusqu'ici que par l'indisposition du citoyen Yanhove, qui y joue un des principaux rôles.

Nous aimons à penser que cette cause a été la seule qui ait occasionné ce délai. Ce n'est qu'avec regret que nous avons été obligés d'adresser un reproche à un théâtre qui s'est acquis des droits à la reconnaissance des bons citoyens par l'empressement avec lequel il représente depuis longtemps les pièces patriotiques.

Spectacles du 23 FRiMAmE.

Théâtre des Arts. — Relâche.

OpÉRA-CoMiQrK. — L'Intérieur d'un ménage républicain; la Soubrette; Biaise et Babet ou la suite des Deux fermiers.

Feydeau. — Le Club des Sans-Soucis, pièce en un acte; Elisa ou le Voyage au Mont-Bernard, opéra en deux actes, prem. représ.

Théâtre de la République. — Cincinnatus ; V Ecole des Maris.

Théâtre de l'Egalité. — Spartacus, Irag. ; la Journée de l'Amour, divert.

Lyrique. — Michel Cei^antès ; Cange.

Gaité. — Les Fourberies de Scapin; V Aristocrate démasqué par la Corne de la Vérité; le Serpent magicien, pant.

Ambicu-Comique. — Les Sœurs du Pot; le Fils naturel; V Héroïne amé^ ricaine.

Vaudeville. — Le Savetier et le Financier; la Fille du soldat, première représ. ; la Gageure inutile.

Cité-Variétés. — Tji Danger des liaisons ; V Apologie des penniques, prem. représ. ; Cange.

1. Nous ne donnons pas le reste de cet arrêté, qui est fort long et technique.

315 RÉACTION THERMIDORIENNE [44 décembre 1794]

Rapport du 25 frimaire.

Esprit public. Clubs. — La Société des Cordeliers, rue des Boucheries, n'était pas plus nombreuse hier que dans les autres séances. Yingt individus, tant hommes que femmes, la composaient; on y a dit, par forme de conversation, que Carrier allait être guillotiné, parce qu'il était bon patriote. On s'y est traité ironiquement de buveurs de sang. La sœur et la femme de Marat sont désignées comme prenant part à ces conversations et en faisant les frais. Les personnes qui, à l'assemblée précédente, avaient tenu des propos répréhensibles n'ont pas reparu.

Groupes. — L'affaire de Carrier et du Comité révolutionnaire de Nantes fixe d'autant plus l'attention qu'elle touche à sa fin.

Dans les différents groupes on parle beaucoup des représentants Barère, Collot et Billaud, et plusieurs particuliers semblent assurer qu'ils seront traduits au Tribunal révolutionnaire

Spectacles, — Le bon esprit y règne toujours. La tranquillité et le bon ordre y ont régné hier.

Commerce. — . . .Vontschritz, Thion, Mougeat, Lefèvre, Berger et Kerchoves disent que la tranquillité avait régné jusqu'à dix heures du matin au port au charbon de la vieille place aux Yeaux. Lorsque le bateau de charbon mouillé a fini (sîc), la distribution a été suspendue l'espace d'une heure. Cette suspension a occasionné la plainte du

public de ce qu'on ne mettait pas un bateau au port avant que l'autre fût fini. Le port a été ensuite agité toute la journée.

Surveillance. — Hier soir, dans les salles du Tribunal révolutionnaire, l'affluence des spectateurs était grande et écoutait en silence plaider la cause de Carrier. Un perturbateur qu'on avait invité de se taire s'est jeté sur celui qui lui faisait cette invitation et l'a frappé à différentes fois. La force armée, survenue à l'instant, a conduit ce citoyen chez le commissaire de police de la section du Pont-Neuf, qui a reçu plusieurs dépositions contre lui.

Barbarin, L.-J. Babille.

(Arch. nat., F « « llï, Seine, 14.)

Journaux.

Xouvelles poliliques nationales et étrangères du 26 frimaire :

De Paris^ le 26 frimaire. — Parmi les tableaux épouvantables des horreurs de la derniôre tyrannie, on a distingué avec raison celui qui a élé présenté par Grégoire à la Convention nationale. Ce représentant vient de faire un second rapport non moins terrible sur le vandalisme des oppresseurs de la patrie ^. C'est là qu*on voit cornbien Ténergie et la pensée les faisaient frémir. Ils avaient défendu & nos théâtres de jouer Brutits, à cause de ces deux vers :

Arrêter un Romain sur de simples soupçons, C'est agir en tyrans, nous qui les punissons.

Et Mahomet^ à cause de ceux-ci :

Grands dieux ! exterminez de la terre où nous sommes Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes.

Si on poussait plus avant les recherches sur cette manière de tuer la pensée libre et forte, peut-être trouverait-on que souvent un hémistiche a suffi pour proscrire un bel ouvrage de théâtre; on se rappelle quel scandaleux tapage causa de la part d*un vandale ce beau trait de Caïus Grâce kus :

Des lois, et non du sang*.

Croirait-on que de telles proscriptions avaient lieu jusque dans le tribunal de Robespierre? Le célèbre Lavoisier témoignait â Dumas ^ le désir de monter quinze jours plus lard à Téchafaud afin de compléter quelques expériences de chimie, utiles à la République : a Elle n'a plus besoin de chimistes », répondit le barbare, et Lavoisier périt.

Il paraît que le rassemblement des ouvriers avait été excité par une

i. Grégoire fit trois rapports sur le vandalisme, le li fructidor an II, le 8 brumaire an III et le 24 frimaire an IIÏ (Bibl. nat., Le 38/922, 1026, 1097).

2. Cette tragédie de Marie-Joseph Chénier avait été jouée pour la première fois le 9 février 1792 {Moniteur, réimpression, t. XI, p. 330], au Théâtre français de la rue Richelieu. On en trouvera un compte rendu dans [Histoire du ThéiUye français^ par Etienne et MartainvHle, t. Il, p. 189 et sulv. ^Ces auteurs donnent la date du 7 février 1792 pour la première représentation). On prétendait qu'à une reprise de cette pièce, le conventionnel Albiltc s'était écrié de sa place : Du sang et non des lois! Cf. Th. Muret, //Histoire par le Théâtre, t. I, p. 89.

3. Ce n'est pas Dumas, mais CotTinhal, qui présidait Taudience où furent jugés les fermiers généraux. Cf. E. Grimaux, Lavoisier, p. 377. Voir aussi Pouchet, les Sciences pendant la Terreur, 2« éd., p. 43, sur l'authenticité de la réponse faite à Lavoisier.

317 RÉACTION THERMIDORIENNE [14 décembre 1794]

horde de malveillants qui cherchaient à ramener le trouble dans cette commune. La fermeté de la Convention, le patriotisme des bons citoyens qui ont vu le piège qu'on leur tendait, ont déjoué ce complot; et on est revenu aux vrais principes, en écartant de cette commune des ateliers qui n'auraient jamais dû y être établis, si ceux qui les avaient imaginés n'avaient pas pensé qu'ils se faisaient ainsi un -i

appui contre la raison qui commençait à éclairer leurs projets ruineux et tyranniques. Quoi qu^il en soit, la tranquillité générale n'a point été troublée par ce nouvel essai de la malveillance, et tous les citoyens ont veillé de concert pour le faire avorter.

Les mêmes malveillants se plaisent à répandre qu'il surgit de nouveaux troubles dans les départements. Qu'on ne s'en inquiète point. Le passage subit de la tyrannie à la justice ne peut se faire sans que les missionnaires de Robespierre, qui avaient accaparé presque toutes les administrations de la République, n'aient quelque chose à souffrir. Ce sont ces missionnaires qui envoient ici leurs cris exagérés, et que la malveillance exagère encore. Mais le retour à l'ordre les étouffera bientôt partout, et les bénédictions générales du peuple se feront alors entendre sans mélange de ces sifflements que la tyrannie pousse jusqu^au moment de sa mort.

Journal de Perlet du 26 frimaire :

La tranquillité est entièrement rétablie dans Paris. Les rassemblements dont on paraissait redouter les suites ont cessé. Ils étaient composés de citoyens qui n'avaient que de bonnes intentions et qui ne pouvaient refuser de rentrer dans leurs ateliers et dans le devoir, dès que la Convention leur apprendrait que des malveillants avaient cherché à les égarer.

Spectacles du 24 frimaire.

Théâtre des Arts. — Miltiade à Marathon; V Offrande à la Liberté ; le Devin du village,

Opéra-Comique. — Lodoïska ou les Tartares; les Détenus ou Cange.

Feydeau. — Elisa ou le Voyage au Mont Saint-Bernard.

Théâtre de la République. — La Coquette corrigée ; les Originaux,

Théâtre de l'Égalité. — Spartacus; la Journée de V Amour.

Lyrique. — Uélàia; les Deux frères.

G vite. — Le Duel d'Arlequin; le Fils adoptif ; les Deux font la paire ; !

le Prétendu, com. (Les Petites Affiches indiquent le mOme spectacle que la veille). '

Aubicu-Comïque. — Mazei ; le Malentendu ; la Forêt noire. i

[15 DÉCEMBRE i794] RÉACTION THERMIDORIENNE 318

Vaudeville. — Le Pot-pourri; V Auberge isolée; les Vieux Hégants, Cité- Variétés. — Les Royalistes de la Vendée ; Guerre ouverte, conu (Les Petites Affiches indiquent : les Royalistes de la Vendée; le Hâbleur.)

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Rapport du 26 frimaire.

Esprit public. — Hier, dans les groupes et les spectacles, il ne s'est rien passé de contraire à la tranquillité, au bon ordre, ni à Tesprit républicain, que l'on voit toujours se soutenir à la hauteur que Ton peut désirer, et les propos antirépublicains de quelques malveil* lants ne sont que des ombres légères, au travers desquelles perce toujours le vrai patriotisme qui sert de base aujourd'hui à Topinion publique.

Commerce. — . . .Guérin, Launay, Cascel rendent compte qu'à l'île Louviers la garde a été forcée trois fois et la vente suspendue plusieurs fois; un gendarme a eu son fusil cassé. On a distribué toute la journée des cotrets.

Bocquet-Destournelles, Hornin le jeune.

(Arch. nat., F > « III, Seine, 14.)

Spectacles du 25 frimaire.

Théâtre des Arts. — Relâche.

OpÉRA-GoMiguE. — Les Dettes, eom.; Camille ou le Souterrain.

FEYDKAr. — Elisa ouïe Voyage au Mont -Bernard, op.; le Club des Sans-Soucis.

Théâtre de la République. — Cincinnalus ; le Sage étourdi.

Théâtre de l'É(;alité. — Phèdre et Hippolyte, trag. ; l Entrevue, eom.

Lyrique. — Sapho, trag.

Gaité. — L'Hospitalier ou If* Repas interrompu, proverbe, prem. représ., la Caverne enchantée ; // était temps ou V Heureuse découverte ; V Enrôlement du bûcheron.

AjiBKiu-CoMiQUE. — Le Commissionnaire de Saint-Lazare ; le Fils naturel ; les Oies du frère Philippe.

Vaudeville. — Us Vieux époux; Jm. Fille du soldat; la Xourrice républicaine.

Cité-Variétés. — La Xuit aux aventures ; le Divorce, corn. ; le Plan d^Opéra, opéra.

310 RÉACTION THERMlDOlUEXiN'E [16 dkcembre 1794]

Rapport du 27 frimaire.

Esprit public. Groupes, — En applaudissant au jugement rendu contre Carrier et ses deux complices, on parait mécontent de la mise en liberté des autres Nantais. Ces derniers ont été dîner hier chez Méot, au Palais-Égalité, et le soir au café de Foy, du Caveau et autres. Les plaintes étaient générales contre les juges qui les ont acquittés. La nouvelle s*est répandue à dix heures du soir, au café du Caveau, que le Comité de sûreté générale voulait faire arrêter ces Nantais, mais on n*a pu remonter à la source de cette nouvelle.

Les citoyens Dubois et Gambet, inspecteui^s, rapportent qu'un citoyen, qu'ils nommeront, s'ils en sont requis, leur a dit qu'au Luxembourg, dans la chambre de Bacchus, qui est peuplée de cidevant évéques et chanoines, la messe se dit journellement.

Spectacles, — L*esprit y est toujours bon. Hier, au théâtre des Arts, le public a voulu qu'on lui ouvrit les loges louées, en offrant l'excédent des places, et on ne s'est porté à cette démarche que faute d'autres places ; les directeurs ont dit aux officiers de paix que, par un arrêté des trois Comités d'instruction publique, de fmances S ils étaient autorisés à louer des loges. Les directeurs ont été invités par ces officiers à faire afficher cet arrêté dans l'intérieur de la salle, afin que le public en pcenne connaissance.

Commerce, — La Motte et Baron disent que la journée a été très orageuse au port au charbon de la Tournelle ; on s'est porté à des excès et des violences. Cependant, à l'aide de la force armée à pied et à cheval, on est parvenu à rétablir le calme sans aucun accident

Petit, Genêt et autres se sont transportés à dix heures du soir au port au charbon pour inviter les citoyens à ne point former de rassemblement. Sur les trois heures du matin, quatre cents femmes se sont poussées avec violence pour prendre leur place sans qu'on pût les arrêter; dans cette bagarre, il s'est trouvé sur le parapet une femme qui a été jetée à terre, a eu la cuisse et la jambe fracassées, cl deux trous à la tête. On lui a porté sur le champ les premiers

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