‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 72 sur 138 · CXLVII I · texte numérisé non relu

CXLVII I

i~ NIVOSE AN m (21 DÉCEMBRE 1794).

Rapport du 2 nivôse.

Esprit public. Groupes et cafés. — La motion de Grégoire, sur le rétablissement des cultes S a- f&it la matière des conversations, et on applaudissait en général au parti pris par la Convention d'écarter cette motion par Tordre du jour.

La cherté des denrées de première nécessité et la difficulté de s'en procurer occupent tous les esprits ; on désire ardemment le rapport promis sur la loi du maximum.

Les femmes se plaignent de manquer d'ouvrage dans les ateliers de section et de l'embarras où cette inaction les met pour soutenir leurs familles* '^

Les cafés fourmillent de courtiers qui achètent bagues, boucles d'oreilles, montres et autres bijoux.

Spectacles. — Aucun événement n'a troublé l'ordre public dans les spectacles.

Commerce. . . — Suivant le rapport de Launay et autres, à l'île Louviers, vers les deux heures après-midi, le public a forcé la garde, et le désordre a été au plus haut degré. Les charretiers causent beaucoup de disputes : ils exigent des prix exorbitants, et, lorsqu'ils ont fait prix avec un citoyen, ils le quittent pour un autre qui leur offre quelque chose de plus. Il serait urgent de mettre un frein à leur cupidité. Quoique la journée ait été très tumultueuse, il s'est délivré à cette lie 680 voies de bois

Bienvenu et autres se sont transportés sur la berge de la Râpée et du Port au plâtre ; une partie des ouvriers débardeurs voulait empêcher d'autres de travailler pour obtenir une augmentation. Les inspecteurs se sont opposés à cette violation de la justice. Sur les trois heures, tous les débardeurs du Port au plâtre voulaient quitter leurs travaux ; cette défection excitait les plaintes du public ; les inspecteurs ont requis le commissaire de police de la section des Quinze- Vingts, qui a obligé ces ouvriers de finir la journée.

La Halle aux légumes était bien fournie ; il est arrivé dix à onze

1. Voir les Etudes et leçons sur la Révolution, par F.-A. Aulard, seconde série, p. 117, 118.

[21 DKCEMBRE 1794] RÉACTION THERMIDORIENNE 328

voitures de marée, qui a été vendue fort cher; point de beurre ni œufs. La Halle à la viande était moins approvisionnée que de coutume . • • • .

Le Roux, Champenois.

(Arch. nat., F « ^ III, Seine, 15.)

Journaux.

Journal de Perlei du 2 dîvôsc :

On parle beaucoup de la réorganisation de la Bibliothèque nationale. Personne ne parait avoir autant de droit d'être placé à la tète de cet établissement que le citoyen La Harpe. Dans toutes les époques de la Révolution, il a montré un patriotisme trop pur et trop éclairé pour avoir pu échapper aux persécutions de Robespierre. Il a payé sa célébrité par plusieurs mois de prison. Comment se fait-îl que, depuis que les talents ont cessé d'être des crimes, on n*ait pas encore songé à rendre les siens plus immédiatement utiles à la République ? La place de chef de la Bibliothèque nationale conviendrait, sous tous les rapports, au premier de nos littérateurs.

Spectacles du 1®' nivose.

Thi^atre des Arts. — Relâche.

Opéra-Comique. — Les Détenus ou Cange; Biaise et Babet; la Fête américaine, divert.

Feydeau. — Elisay op. en deux actes.

Théâtre de la République. — CincinnatuSy Irag. ; les Etourdis, com.

Théâtre de l'Égalité. — La Parfaite Egalité, com. ; les Jeux d*amour et de hasard ou Arlequin maître et valet, com.

Lyrique. — Sapho, trag.

Gaité. — Le Fou par amour; Il était temps ou V Heureuse découverte ; le Triomphe de Vamour conjugal, pant.

Ambigu-Comique. — Le Sorcier ; la Pomme de Ramhour; la Forêt twire.

Vaudeville. — Arlequin Huila; le Canonnier convalescent; la Fille^ Soldat,

Cité- Variétés. — I^es Empiriques, première représ. ; VHeureux quipro^ quo, com.; V Amour et la Raison, com.

RÉACTIOiN THERMIDORIENNE [22 décembre 1794J

Rapport du 3 nivôse.

Esprit public. Spectacles. — L'esprit public y est toujours bon ; quelques scènes particulières y sont arrivées ; mais elles tiennent au maintien du bon ordre et au respect dû aux autorités constituées et à leurs agents ou préposés.

Au théâtre de la Cité, le public a manifesté son mécontentement d'une manière très tumultueuse sur la longueur des entr'actes, qui provient de ce que le directeur fait jouer ses artistes le même jour au théâtre de la Cité et à celui de la Montagne, Maison-Ëgalité. On a écrit au directeur de ces deux théâtres pour faire cesser les justes réclamations du public.

Hier, à TAmbigu-Comique un citoyen, nommé Godet, commissaire civil de la section du Temple, a méconnu les agents et préposés de la Commission de police dans leurs personnes et leurs pouvoirs. Il a donné lieu (à l'occasion d'une citoyenne qu'un des agents invitait à mettre sa cocarde d'une manière apparente} à une scène publique, qui tendait à avilir les pouvoirs donnés par la Commission, et à rendre illusoire la surveillance, d'une part en en faisant connaître publiquement les agents, et de l'autre en souffrant et, dès lors, en autorisant les malveillants et autres individus chargés de l'exercer. Le citoyen Godet est mandé à la Commission pour donner des explications sur cette affaire * .

Groupes, — Il s'y manifeste un mécontentement général sur la difficulté de se procurer des denrées et sur leur cherté exorbitante. Chacun s'entretient de la grande quantité d'assignats en circulation ; on dit que la grande cherté des denrées vient du discrédit jeté par les malveillants sur les assignats ; cependant^ en général, on témoigne la plus grande confiance dans les mesures que prend la Convention.

Commerce. — Descoings, officier de paix, rapporte qu'un ouvrier, employé aux magasin des farines du ci-devant couvent Elisabeth, lui disait, hier matin, que l'on venait de fermer le magasin, parce qu'il

1. En marge : « Inviter la Commission de police à instruire celle des Adminis* trations civiles des suites qui seront données à cette afTaire. 4 nivôse. »

n'y avait rien à faire, et qu'on avait dit hier aux ouvrière : « Revenez demain ; s'il arrive des farines, vous travaillerez. » « C'est ainsi, disait cet ouvrier, que nous allons au jour le jour, tandis qu'on répand le bruit que Paris regorge de subsistances, après avoir épuisé les départements par des réquisitions. » Il ajoutait qu'il ne concevait pas que l'administration n'eût pas pris plus de précautions pour assurer les arrivages avant les gelées, que l'on avait envoyé des millions de sacs vides, et qu'aucuns ne revenaient

Châtillon et Caillouet ont entendu dire par des ouvriers, dans un cabaret de la Nouvelle-France, que, si le renchérissement des denrées continuait, on serait obligé de dérouiller les piques dans le ventre des marchands, et que la guerre civile serait inévitable; que l'ouvrier manquant d'ouvrage, il lui était impossible d'exister.

Launay et autres annoncent qu'à Tile Louviers le désordre a été épouvantable toute la journée : la garde a été forcée deux fois. Ces inspecteurs déclarent qu'il leur est impossible de mettre le bon ordre dans cette île, si les malveillants ne sont contenus par une force imposante

Dans Taprôs-midi, environ quarante boulangers s^étaient emparés de toutes les membrures d'un marchand. Le public s'est irrité et a voulu être servi. Pour mettre tout le monde d'accord, les inspecteurs ont fait partager les membrures.

Nota. — Un membre de la Commission s'est transporté à l'État- Major. Le représentant du peuple Le Tourneur a donné des ordres pour qu'il y eût six gendarmes à cheval à poste fixe à l'île Louviers. Les commandants temporaires ont dû donner des ordres pour que différentes sections fissent faire des patrouilles de ce côté

DUCHAUFFOUR, Le HoUX.

(Arch. nat., F » « III, Seine, 15.)

Journaux.

Journal de Perlel du 3 nivôse :

Condorcet est décidément mort * . Il y a quelques mois qu'il se vit saisi dans les campagnes voisines de Paris ; il s'empoisonna pour

1. Condorcet était mort le 9 germinal an II (29 mars 1794). On trouvera des pièces relatives à son décès dans un article de M. Marins fiarroux, publié dans la Révolution française, t. XVII, p. 173 et suivantes. On voit que ce décès ne fut connu du public qu'en nivôse an 111. Les journaux furent alors remplis de récits sur les derniers instants de Condorcet, mais nous ne pouvons que signaler ces récits.

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33i RÉACTION THERMIDORIENNE [23 décembre i794]

échapper à Téchafaud, qui lui était alors assuré. Il laisse un nom illustre dans les sciences. La postérité honorera en lui un grand géomètre et un écrivain distingué. Nous doutons beaucoup qu'elle estime sa conduite politique. Ses ainis, qui n'estimaient pas pendant sa vie celui qui avait été tour à tour le courtisan de tous les partis, paraissent donner de vifs regrets à sa mémoire.

Parmi les nombreuses épitaphes qui ont été faites pour Robespierre, nous avons remarqué la suivante :

Passant, ne pleure point mon sort ; Si je vivais, tu serais mort.

Spectacles du 2 nivôse.

Théâtre des Arts. — Castor et Pollux.

Opéra-Comique.— La Soirée orageuse, com. ; la Belle Arsèney corn.

Feydeau. — Pas d'annonce.

Théâtre de la République. — Le Misanthrope ; la Perruque blonde.

Théâtre de l*Égalité. — Pas d'annonce.

Lyrique. — Relâche.

Gaité. — Cange; Nostradamus; la Prise de Toulon; le Prétendu; VEnrôlemeuL

Ambigu -Comique* — Les Contretemps ; le Menuisier de Vierzon; les Houlans,

Vaudeville. — Arlequin tailleur; le Mensonge généreux; les Marchandes de la Halle.

Cité-Variétés. — Les Dragons et les Bénédictines; les Dragons en cantonnement; les Royalistes de la Vendée.

Rapport du 4 nivose.

Esp*it public. Spectacles. — L'afifaire dont il a été rendu compte hier relativement aux préposés de la Commission qui semblaient avoir été méconnus au spectacle de TAmbigu-Comique par le citoyen Godet, commissaire civil de la section du Temple, a été suivie. Godet a été entendu, et il en est résulté une explication fraternelle entre lui et les préposés, d'après laquelle la Commission a fait sentir aux uns et aux autres combien il importe au bien public que les différentes autorités fraternisent ensemble et se concertent dans toutes les

mesures relatives au bon ordre et à la tranquillité publique. Tout a été parfaitement tranquille dans les spectacles.

Groupes et cafés. — On parle diversement du décret qui abolit les lois sur le maximum ^ Le plus grand nombre y applaudit, mais on craint que Tavidité des marchands ne fasse monter encore le prix des denrées, déjà excessif. D'autres désirent que la Convention complète cette loi bienfaisante en levant les réquisitions contre lesquelles le peuple manifeste ouvertement son mécontentement.

Commerce. — Brabant et autres annoncent qu'à dix heures du soir, au port au charbon de la Vieille place au Veaux, il y avait environ deux cents personnes dans les rues voisines ; que, dans la nuit, les patrouilles n'ont pu les empêcher de se réunir au nombre de cinq k six cents. Il y a eu beaucoup de tumulte. Le commandant de la réserve a refusé de leur envoyer du monde pour maintenir le calme, qu'ils sont cependant parvenues à rétablir.

Launay et autres se sont rendus, à huit heures du malin, à Tile Louviers ; ils y ont trouvé la force armée et six hommes de cavalerie. Deux commandants temporaires sont arrivés au moment où le public forçait la garde. La vente a été suspendue jusqu'à l'arrivée du commissaire de police, qui, pour rétablir Tordre, a été forcé de* distribuer à chacun un numéro. Deux représentants du peuple sont arrivés en ce moment ; ils se sont assurés que le commissaire de police, Tofficier de paix et les inspecteurs étaient à leur poste.

La Motte et autres rendent compte qu'au port de la Tournelle il n'a été distribué que vingt voies de charbon. Les chantiers ne sont point fournis; le public se plaint de cette disette de bois et de charbon, et accuse l'agence des subsistances d'avoir entravé les arrivages. ^Sémé et autres ont trouvé une foule considérable au port de la Grenouillère et du Gros-Caillou ; ils ont été forcés de distribuer plus de 600 numéros pour le bois neuf, quoiqu'il n'y en eût à délivrer que deux cents voies effectives. Ils craignent que le public ne se porte à des excès ; ils sont accablés de sottises ; les charretiers et le public se répandent en injures contre les administrateurs et les administrations ; ils annoncent enfm qu'ils ont beaucoup de peine à maintenir la tranquillité.

Les Halles étaient faiblement approvisionnées dans les premières ventes, surtout dans celle des jardiniers ; peu de fruits ; il est arrivé deux petites voitures de beurre et d'œufs, et sept voitures de marée.

i. C'est le décret du 4 nivôse an III, qui supprime tous ceux portant fixation d'un maximum sur le prix des denrées et marchandises.

GossET, Champenois.

Journal de Perlet du 4 nivôse :

Ce moment parait être celui des résurrections. On assure maintenant que Buzot et Petion ne sont point morts *. On a même parlé de l'arrivée de Petion à Paris.

Ce qui peut faire beaucoup douter de leur existence, c'est le silence qu'ils gardent depuis le rapport du décret qui les avait mis hors la loi. Tous leurs autres collègues ont écrit à la Convention. Pourquoi eux seuls ne Tauraient-ils pas fait ? On a cherché aussi à faire regarder comme une fable la mort de Roland*. Mais il n'eût pas résisté jusqu'ici à l'envie de faire reparler de lui.

Nous apprenons avec plaisir que Rœderer a échappé à la proscription des hommes à talents et à caractère. U a même déjà écrit quelques morceaux estimés, entre autres une brochure en faveur des soixante-onze députés que la Convention a rappelés dans son sein *.

Spectacles du 3 nivose.

Théâtre des arts. — Relâche.

Opéra-Comique. — L Amoureux de quinze ans ou le Double anniversaire, com. en trois actes ; les Détenus ou Camje. Feydeau. — Le Voyage au Mont-Bernard.

Théâtre de la République. — Timoléon ; la Jeune hôtesse. Théâtre de l'Égalité. — Guillaume 7e II; le Retour du mari. Lyrique. — Les Petits conwiissionnaires ; les Deux frères,

1. Ces nouvelles étaient fausses. Les cadavres de Buzot et de Petion, tous deux morts par suicide, avaient été trouvés, le 8 messidor au H, dans un champ prés de la grande route de Libourne à Castillon. Cf. Charles Vatel, Charlotte de Corda y et les Girondins j p. 152, et des pièces publiées par M. Itobin-Massé dans la Bécolution française^ t. XXXIII, p. *J4.

2. Roland s'était donné la mort le 10 novembre 1793. Voir Cl. Pcrroud, Sole critique sur les dates de Vexécution de M'^* Roland et du suicide de Roland, dans la Révolution française^ t. XXIX, p. 15.

3. U s'agit peut-être de la brochure intitulée : Des fugitifs français et des émigrés, par Rœderer (24 thermidor^. Impr. du Journal de Parîs^ s. d., in-S". Bibl. nat., Lb 41/1963.

333 REACTION THERMIDORIENNE [23 décembre 1794]

La HaUe à la viande était peu fournie; il y avait environ trente :j

cochons ; les ponimes de terre étaient abondantes.

(Arch. nat., F « « III, Seine, 15.) j

[24 DKCEMBRE 17941 RÉACTION THERMIDORIENNE 334

Gaitk. — Le Pardon imprévu de la nièce malheureuse; V Hospitalier; le Pari imprudent; Arlequin et Colombine invisibles. (Les Petites Affiches* indiquent le même spectacle que la veille.)

AmbicwU-Comique. — Pauline et Justin; les Héros français ; Dorothée.

Vaudeville. — Le Poste évacué; U Auberge isolée; la Fête de V Égalité,

CiTÉ-VARiéTiîs. — Les Cent pièces d'or; le Pessimiste ; les Empiriques.

Rapport du 15 nivôse.

Esprit public, — La suppression du maximum occupe toujoui*s le peuple, dont Timpatience, excitée parla disette et la cherté des choses de première nécessité, par la dirfîculté de se les procurer, forme des conjectures diverses sur les effets de la liberté rendue au commerce.

La motion faite hier d*arréter les gens suspects a servi aussi d'aliment aux conversations des cafés ; et à celui de Chartres, dit des Canonniers, les esprits paraissaient très échauifés. Quelques-uns disaient que c'étaient les intrigants qui avaient fait jeter cette proposition en avant par un député patriote pour savoir comment le peuple le prendrait, mais qu'ils étaient résolus à ne pas le souffrir, qu'ils en avaient été trop dupes, que le règne de sang était passé ; ce café paraît avoir besoin d'une surveillance particulière, qui fasse connaître la moralité de ses habitués.

Au même café, on parlait du discrédit que la malveillance et l'avidité des agioteurs cherchaient à répandre sur les assignats. Un citoyen âgé d'environ soixante-six ans, et qui a dit avoir été détenu pendant quinze mois, a prétendu avoir trouvé un moyen de faire baisser le prix de ces denrées; ce moyen est l'émission d'une monnaie métallique qui remplacerait les assignats de 10, 15, 25 et 50 sols. Il a assuré avoir l'agrément du Comité de salut public et de sûreté générale, et qu'avant quinze jours il en serait question.

Spectacles, — La tranquillité a régné hier dans tous les spectacles ; la Commission administrative s'occupe des moyens de faire cesser les abus et les inconvénients résultant de la location des loges et de la vente des billets par les colporteurs.

Commerce, — OUivier et autres annoncent que, depuis trois jours, il n'y a plus de charbon au port de la Tournelle, et que, dans plusieurs chantiers, il n'y a plus de bois, même sur les berges. Le public mur-

ËÂCTIOX THERHIDOniENNB [24 di^.cembhe IÎ94]

des Bubsistances, qui n'a pas pourvu aux appro- DDce l'intention d'aller en masse à la Convention ite contre cette commission. On se plaint que , e tout; on dit que, si les subsistances n'arrivent re civile se déclarera. A la fermeture du port de ^eaux, il y avait plus de quatre-vingts périra ont requis la cavalerie pour les faire retirer, beaucoup de peine; on disait qu'il était alfreux

d'avoir le nécessaire, et que, si cela durait, on irendre.

itres, il n'y a eu qu'un seul marchand qui ait la Grenouillère. Les tètes sont très échaulTées

dans les chantiers; on sème des propos inju- . corps constitués. Ces inspecteurs annoncent i tranquillité avec beaucoup de peine, et que 1 moment très critique.

enr, rend compte d'une saisie de pain faite le nissaire de police de la section de la Ponlaioeait de chez un boulanger de la rue Bellechasse, ins 80 livres par jour sans carte; des mesures imer ces abus.

e sont transportés, & 10 heures du soir, au port le place aux Veaux; ils y ont trouvé une grande i. Ils ont invité une patrouille h dissiper ce ras- ;st refusée, àcause de sa faiblesse; ils ont requis rmerîe; malgré leurs errorts,il leur a été impos- >ublic de se mettre en rang, Ils ont maintenu

i paix, a éprouvé un refus de la part des ci- •rps de garde de la place de la Révolution, qu'il intenir l'ordre & la délivrance des numéros; au avait huit cents personnes, et ce grand nombre intien du bon ordre sans la présence d'une force aîx a requis le commandant de la réserve de la mer trente hommes; mais, k moitié chemin, les idonné, disant que ce service ne les regardait hommes de garde au raccueillage, continue le ix, j'aurais succombé parmi la foule qui m'enfugié au corps de garde, où j'ai requis la gene la Convention, qui est parvenue & mettre un j'ai distribué 400 numéros, nombre plus qu'é-

quivalent à celui des voies de bois neuf restant sur les bateaux. » Il est arrivé, le 4 et le 5, pour les approvisionnements des halles et

marchés, 398 voitures de différentes denrées; la Halle à la

viande était peu fournie; elle s'est vendue 35 et 36 sols.

Surveillance. — Une dispute s'est élevée hier au café des Canonniers, Maison-Égalité, entre un citoyen, membre d'un ci-devant Comité révolutionnaire [et un autre citoyen]. Le premier s'est retiré furtivement au moment où l'autre allait frapper

Barbarin, Dughauffour.

(Arch. nat., F »cin, Seine, 15.)

Journaux.

Nouvelles politiques nationales et étrangères du 6 nivôse :

De Paris, le 6 nivôse. — Avant-hier on a publié une proclamation qui enjoint à tous les propriétaires de chevaux de donner l'état et l'âge de ceux qu'ils ont. Celte mesure semble être d'une grande sagesse, surtout dans un moment où la saison rigoureuse menace d'intercepter par la gelée la navigation des rivières et canaux, si nécessaires au transport et à la circulation des denrées et marchandises.

Depuis quelques jours on avait observé que les sorties des spectacles étaient constamment obstruées par des colonnes de fripons qui voulaient entrer, tandis que les spectateurs voulaient sortir. Les suites de celte tactique étaient des vols nombreux de portefeuilles. La police ayant pris ces faits en considération, on a arrêté ces jours derniers, à la sortie de l'Opéra, dix-sept particuliers qui ont été forcés de donner un état de leurs coopérateurs dans ce genre de vol.

Parmi les députés qui ont échappé au fer de la tyrannie, on compte aujourd'hui Rœderer, qui vient de faire paraître quelques ouvrages relatifs à nos temps orageux, et entre autres un écrit en faveur des soixante-treize dépulés que la justice de la Convention nationale a rappelés dans son sein.

L'abolition du maximum sur le prix des denrées et marchandises fait aujourd'hui le sujet de toutes les conversations. Les uns prétendent que cette loi augmentera la cherté; les autres disent qu'elle la diminuera. Il semble que ces deux présages, si opposés, sont subordonnés l'un et l'autre aux mesures que l'on prendra en faveur de la circulation intérieure; c'est la circulation plus ou moins libre qui résoudra ce problème. Il est possible que, dans le premier moment, la cupidité mercantile abuse, comme elle l'a souvent fait, d'un

337 RÉACTION THERMIDORIENNE [24 décembre 1794]

changement quelconque de circonstances pour grossir ses bénéfices ; mais, si la circulation devient plus libre, bientôt la concurrence amènera les denrées à un prix plus modéré. On a pu remarquer que, dans cette commune, au moment où la police a laissé libre la vente de la viande, tous les coins de rues ont présenté des étaux où la viande se vendait 25 sous la livre, et certainement ceux qui se livraient à ce commerce n*y perdaient pas. Depuis que les débats sur le maximum ont été ouverts, ces mêmes bouchers forains ont porté le prix de la viande à 30 soi^ la livre. Aujourd'hui qu'ils auront beaucoup plus de concurrents, il est hors de doute qu'ils seront bientôt dans le cas de baisser ce prix.

Gazette française du 5 nivôse an III :

De Paris, le 4 nivôse. — La suppression de la loi du maximum fait Tobjet de toutes les conversations ; la portion du peuple, malheureusement trop nombreuse, qui n'est accoutumée qu'à calculer son existence d'un jour et les u^oyens de se la procurer, ne voit pas la suppression de cette loi absurde sous les rapports bienfaisants et absolument nécessaires qui Font déterminée. Les femmes surtout, dont la plupart ne se souviennent pas de la veille, et qui n'aperçoivent presque pas le lendemain, commencent à faire la mine, et ne tarderont pas à éclater en ihurmures, si le renchérissement des denrées est aussi subit qu'on parait le redouter.

Spectacles du 4 nivôse.

Théâtre des Art«. — Le Chant du Départ ; Iphigénie en Tauride.

Opéra-Comique. — La Soubrette; Lodoïska,

Feydeau. — V Amour filial; la Caverne.

Théâtre de la République. — Catherine ou la Bonne fermière ; V École des maris.

Théâtre dé l'Égalité. — Le Dépit amoureux; Félix, opéra.

Lyrique. — Michel Cervantes , op. ; V Héroïsme paternel, scène historique, première représentation.

Gaité. — Le Fils adoptif; Cange; l'Heureuse découverte; V Amant au tombeau.

Ambigu-Goxique. — Les Débuts; Amour et Valeur ; le Devin du village.

Vaudeville.— Arlequin afficheur; l* Écrivain public, première représentation ; la Revanche forcée.

Cité-Variétés. — Cange, com.; le Nez, opéra; les Petits Auvergnats, ballet.

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