Voir plus haut, p. 346, note
353 RÉACTION THERMIDORIENNE [30 dkcembre 1794]
proposant de le convoquer pour avoir son vœu à cet égard, comme si, depuis longtemps, ce vœu n'était pas authentiquement et énefgiquement prononcé.
Vous croiriez peut-être que ce royaliste forcené a commis là une inconséquence : point du tout ; il commence à composer son peuple à sa manière avant de le convoquer, dans l'espoir qu'alors les suffrages, du moins, pourraient se balancer, et c'est un outrage de plus, j*aime à le croire^ qu'il fait à la cletsse qu'il semble protéger.
En conséquence, il exclut du peuple, non seulement tous ceux qui ne savent pas lire et écrire, mais encore tous ceux qui ne savent pas écrire lisiblement.
Ainsi donc, il raie du nombre des citoyens, il prive de leur droit tant d'honnêtes ouvriers, laboureurs et habitants de campagne qui ne savent ni lire, ni écrire, ou qui savent l'un sans l'autre, ou qui ne savent que très imparfaitement l'un et Tautre.
Eh! malheureux! ils en savent plus que toi, car ils sentent, ils apprécient les bienfaits de la Révolution, ils aiment la liberté, ils la défendent, et toi, tu n'es qu'un esclave qu'un vil prédicant de l'asservissement du peuple ! Leur pensée est chaste et libre, et la tienne est prostituée, vendue à l'intrigue royale qui nous environne. Ils savent lire suffisamment, puisqu'ils lisent dans ton cœur ta bassesse, ta turpitude et ta cupidité.
L'auteur exclut ensuite tous ceux qui n'auront pas de domicile fixe depuis un an, et qui n'auront pas payé leur contribution.
Ainsi donc, il ne veut plus compter au nombre des citoyens, ces milliers d'artisans dont l'état exige ce qu'on appelle faire son tour, pour s'y perfectionner, et qui rarement restent un an dans le même lieu, ni ces milliers d'hommes, malheureusement plus nombreux en« core, qui, n'ayant aucune propriété, ne payent aucune contribution.
C'est donc le marc d'argent, l'activité et la non-activité des citoyens qu'il veut rétablir; c'est les sans-culottes qu'il veut éloigner des assemblées du peuple.
Ces diables de sans-culottes aussi ont la manie de ne vouloir point de roi ni d'esclavage quelconque ; ils sont assez bornés pour ne comprendre que les mots égalité, liberté ; leur sang, leur courage et leurs infatigables travaux sont la seule contribution qu'ils paient à la patrie; tout cela ne vaut pas, comme on pense bien, ce métal corrupteur que peuvent offrir tant de gens corrompus, et avec lequel ils voudraient acheter, encore aujourd'hui, le droit de dominer seuls sous un roi, ou même sans roi.
Non, messieurs, vous n'y parviendrez pas : les sans-culottes, pro-