Ci-devant église Saint-Philippe-du-Roule
309 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [!«'' ai; 10 janvier 17991
approuver la dépense, commandée impérieusement par les circonstances. En exécution de cet arrêté, mille cent trente-neuf travailleurs ont été occupés, sous la conduite de quatre-vinj^t-seize chefs, à casser les glaces et relever les neiges dans les rues et sur les places de cette commune. Neuf cent six voies de glaces et neiges ont été enlevées
par cent quarante-cinq voitures Le ministre de la police ayant
transmis une note annonçant qu'il était arrivé sur les ponts plusieurs accidents, par l'efïet de la gelée, le Bureau central lui a répondu qu'aucun rapport officiel de ces accidents ne lui élait parvenu et qu'il avait donné des ordres très précis pour que, chaque jour de gelée, les ponts fussent bien garnis.
Neltoiemenl du faubourg Antoine. — En conséquence d'un rapport du commissaire de police de la division des Quinze-Vingts, relatif à l'insuffisance de six tombereaux pour enlever les boues des trois divisions du faubourg Antoine, le Bureau central a chargé l'entrepreneur de remettre incessamment un rapport sur les moyens de faire exécuter régulièrement dans ce quartier, comme dans les autres, le service du nettoiement.
Etrennes demandées par les cha?Tetiers du nettoiement. — Informé que les charretiers retrousseurs, employés au service du nettuiement, s'étaient présentés ces jours derniers chez les habitants pour demander ce qu'on appelait ci-devant des etrennes, il a chargé l'entrepreneur de leur défendre expressément dé récidiver
Théâtre des Victoires. — Le commandant temporaire de la place ayant dénoncé l'entrepreneur du spectacle des Victoires comme manquant au public et exposant la vie des citoyens, le Bureau central a ordonné de nouveau la fermeture de ce théâtre. 11 ne sera rouvert que quand il aura été constaté par un procès-verbal que le public ne peut plus y courir aucun danger. ....
Dissection. — Il a prévenu le ministre de la police que son travail sur les dissections anatomiques est terminé.
Visite dans la boutique d'un herboriste . — En conséquence d'une lettre du commissaire du Directoire exécutif près le Bureau central, relative à l'impéritie du citoyen Vilain, herboriste, rue Honoré, qui, au lieu de gentiane qui lui avait été demandée, donne delajusquiame, espèce de poison, le Bureau central a invité le citoyen Cheradame, directeur de l'École de pharmacie, et Tousson, membre de cette Ecole, à se rendre chez le commissaire de la division des Tuileries pour visiter les plantes existantes chez le citoyen Vilain, saisir celles qu'ils reconnaîtraient d'un usage dangereux, dresser procès-verbal et en transmettre expédition.
[10 JANVIER 1799] DIHEGÏOIRE EXÉCUTIF :H0
Travaux publics. Bureau des travaux publics. — Le Bureau central a pris un arrêté contenant Torganisation définitive du Bureau des
travaux publics près son administration
Travail sur les ports le décadi. — lia été donné une permission générale de faire travailler, les 10 et 20 nivôse, au déchargement des denrées et marchandises sur les ports, attendu la rigueur de la
saison
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB » 89.)
MDLXXXV
Rapport du bureau central du 22 nivôse.
. . . Journaux du 21 nivôse. — A lire l'article Pétersbourg dans le Messager, à la date du 19 de ce mois, on ne peut s'empêcher de voir que le journaliste a voulu croire au caractère extrêmement généreux de Paul P'", surtout en ce qu'il témoigne un très grand intérêt aux émigrés du corps de Condé. — Dans le même journal on se plaît encore à faire ressortir la tenue et l'armement des troupes russes qui sont déjà en Moravie. — Parmi les bruits mensongers que l'on fait circuler à Londres, dit le Flambeau, on distingue les deux suivants : l'évacuation de Malte par les Français et la déclaration de guerre du dey d'Alger contre la République française. — Il a paru essentiel d'appeler l'attention de l'autorité sur la note suivante que la Gazette historique du 20 nivôse ajoute à l'adresse du citoyen Gaze jeune, chef de brigade, aide de camp du général en chef de Saint-Domingue : « Les raisons alléguées par le citoyen Gaze paraîtraient assez spécieuses, si tous les faits qui nous sont parvenus sur le sort de cette colonie n'étaient absolument en contradiction avec ce prétendu dévouement qu'il annonce pour la mère patrie. Quoi qu'il en soit nous doutons que les armateurs français se laissent surprendre par cette invitation, et si Hédouville a dû à la ruse et à la supériorité de la marche de ses frégates le bonheur de s'échapper et de revenir en France, ils sentiront quels risques auraient à courir des vaisseaux marchands ou môme des corsaires ordinaires. » — lia paru d'abord douteux que le Courrier des Spectacles, dans l'article suivant, n'ait pas parlé avec une extrême légèreté du calendrier républicain ; il est
311 DIRECTOIRE EXECUTIF [11 janvier 1799]
question des almanachs chantants de l'ancien régime : « On les voit éclore, est-il dit, au commencement de chaque année; le moment des étrennes était autrefois celui où cette sorte de marchandise avait un cours prodigieux; le calendrier républicain nuit un peu à la vente ; on oublie de faire ses visites de nouvel an dans le mois de vendémiaire; on n'ose pas les faire au i^'' janvier, et l'on achète moins d'almanachs chantants. C'est dommage sans doute ; les législateurs, en consacrant l'époque de la fondation de la République, auraient dà s'occuper un peu plus des étrennes; mais le moyen de songer à tout? » — L'expression de marchandise prouverait que l'auteur de l'article, le citoyen Vigé, n'a eu d'autre intention que celle de ridiculiser ces sortes de recueils et l'ancien usage de les répandre avec profusion à une certaine époque; mais la rédaction équivoque et légère de ce morceau n'en a pas moins paru répréhensible.
Lasalle, Sallior.
(Arch. nat., BB « 89.)
Journaux.
Clef (lu Cabinet du 22 nivôse : « Paris, le 21 nioôse Depuis le
18 fructidor an V jusqu'au 18 frimaire dernier, trente-trois individus ont été traduits devant la commission militaire du département de la Seine : quinze ont été condamnés à mort; les autres ou acquittés ou renvoyés par devant les administrations centrales »
MDLXXXVI
Rapport du bureau central du 23 nivôse.
. . .Journaux du 22 nivôse. —Il s'opère un changement sensible dans la disposition politique des journaux : la plupart tournent à la guerre. Le Publiciste parle, à la vérité, d'après un autre, de l'arrivée d'un courrier chargé d'annoncer que l'Empereur a ouvert les hostilités du côté de la Prusse. A l'appui de cette nouvelle, il annonce que l'activité redouble dans les colonnes autrichiennes, sur les frontières de Suisse et d'Italie. — Les nouvelles que donnent isolément les autres journaux rentrent dans le même cercle ; on doit dire au surplus qu'ils ne manifestent pas un mauvais esprit en prévoyant le cas oîi la guerre recommencerait, et que presque tous ne font qu'en augurer les plus
grands triomphes pour la République. — « On annonce, dit le Télé' graphe des armées, comme certain que l'Empereur vient d'envahir une partie du territoire de la République helvétique; un courrier, diton, en a apporté la nouvelle celte nuit au Directoire. Nous donnerons les détails, lorsqu'ils nous seront parvenus officiellement. » — Suivant le Courrier de Paris, des dépêches reçues de Lisbonne portent que Guillemardet a demandé une audience au roi d'Espagne pour lui annoncer que Buonaparte s'était embarqué à Suez. Le Courrier du Corps léfjislatif ai]oule : « incognito ». — L'esprit de ce dernier journal se décèle de lui-même par la rédaction singulière et très équivoque de la phrase suivante, qui ouvre l'article de politique ; « Tandis que les Russes s'avancent vers le Tyrol, on ne sait encore positivement à quel dessein les Français consolident leur établissement à Turin, s'arrangent à Gênes pour aller bientôt attaquer Livourne, fortifient Mantoue et s'avancent imperturbablement vers la capitale du roi de Naples. » Du reste point d'esprit prononcé, dans cette feuille prudente, sur les événements politiques qu'elle rappelle à ses lecteurs. — Dans le Messager des relations extérieures, ce qu'il y a d'équivoque dans certains articles se trouve racheté par un choix et une rédaction d'autres morceaux marqués au coin du patriotisme ; on ne peut dissimuler cependant que, dans ce dernier cas, le journaniste n'est que copiste. On croit essentiel de soumettre à l'attention de l'autorité l'article suivant du Puhliciste : « On parle du projet d'établir une banque, moitié nationale et moitié particulière, qui serait régie par des administrateurs tout à fait indépendants du gouvernement; le gouvernement y verserait, dit-on, 15 millions, et des actionnaires en fourniraient 30. Celte banque serait, dit-on, aussi chargée du recouvrement des contributions. Nous ignorons ce qu'il peut y avoir de réel ou de prochain à ce sujet. » — On fait note du Journal du Soir, de Sablier, donnant l'annonce d'un roman : Félix ou les aventures d'un jeune officier % qu'il avoue être un peu libre.
La SALLE, Sallior.
(Arch. nat., BB ^ 89.)
Journaux.
Publiciste du 26 nivôse: «De Paris, Ir 23 lùvôse La Bourse do
Paris vient d'rtrc lo théâtre d'une intrigue dont refTot a dû paraître étonnant.
1. Paris, Lcpetit, an VII, 2 vol. in-12. Cet ouvragée est anonyme et il n'est pas mentionné dans le Dictionnaire des anonymes de Barbier. Voir le Journal typographique et bibliographiqne, n" du 8 nivôse an VII, p. 109.
313 DIRECTOIIŒ EXÉCUTIF [12 janvier 1799]
l'n individu, nommé Larsonnière, acheta, il y a quatro jours, une énormo quantité de rentes; il la fil monter de 11 francs à 16. Le lendemain elles tombèrent à 14 IVancs, et toujours Larsonnière achetait : mais hier, quand il fallut ])ayer, il disparut. La police a donné ordre de l'arrêter, et l'on croit cet ordre
exécuté » — Clef du Cabinet du ■2'^ nivôse : « Paris, le 2.2. nivôse. . . .
Il ne sera bientôt plus j)0ssible aux ])ersonnes qui veulent rentrer chez elles avant onze heures du soir d'aller au spectacle, tant il iilail aux acteurs de se faire attendre, malgré les réclamations aussi justes que bruyantes des spectateurs ! Ceux de ces acteurs qui ont si peu de considération pour une assemblée à laquelle ils doivent tant de respect ignorent-ils (|u'il existe entre eux et le public un contrat, que ce contrat règle l'heure à laquelle la toile doit se lever; que s'obstiner à ne pas ouvrir la scène lors([ue celte heure est passée c'est ajouter l'irrévérence à l'infidélité, et que rien ne ressemble plus à ces «o6^''S, qui sous l'ancien régime faisaient faire antichambre aux roluricrs, qno des acteurs qui, pour s'habiller, se niO(|uenl de la longue ])atience du peuple? L'acteur qui a le i)lus de talent, l'actrice qui a le plus de grâce, doivent se bien dire que des négligences àcet égard ne peuvent pas leur être pardonnées et que l'habitude des retards est une impertinence. On devait jouer une tragédie : on ne commençait point; le public en fut si mécontent, que, lorsque ïalma parut, on ne put s'empêcher de murmurer. Ce précieux artiste s'avança modestement vers le parterre, et d'un ton pénétré lui dit : <• Citoyens! je vous j)rie de croire que je n'ai jamais fait attendre ! » Personne ne douta de la «sincérité d-e cet aveu, et celui qui l'avait fait fut couvert d'applaudissements unanimes, . . »
MDLXXXYII
Journaux.
Journal du soir des frères Chairpiieau du 2.'t nivôse : « Paris, le 23 nivôse. Le citoyen Picquenard, commissaire du Directoire exécutif près le Bureau central de Paris, est destitué » — Moniteur universel du 24 nivôse : « . . . Le citoyen B. . ., inventeur d'une machine nouvelle, qu'il nomme cylindre ou télélogue, annonce qu'il vient d'en construire le premier modèle. « Les dimensions, dit-il, ont été réglées sur la modicité de la somme accordée par le gouvernement. Elles comportent deux pieds quatre pouces de diamètre et quatorze pouces de hauteur. Les lettres qui s'y trouvent sont grandes de sept pouces, et, à cause de son petit diamètre, il n'en ]jrésente que d'un côté et seulement trois à la fois. Quatre jjieds à roulettes l'élèvent et le soutiennent à hauteur d'homme. La même personne le fait tourner avec les pieds, pendant qu'elle louche des deux mains le clavier. Construit dans ces petites proportions et ainsi monté, cet instrument, aujourd'hui lourd et compliqué, mais dont je pi'élends faire un meuble de ])elile maîtresse, prend le nom de téh'lor/ur domestique. Il servirait j)rincipalement aux habitants aisés de la campagne, à converser entre eux à de grandes distances; le jour, du
[13 JANVIER n09] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 314
haut d'un balcon ou d'un l)elvédère, et la nuit du fond de leur chambre, pardessus les lacs, les tleuves et les vallées qui les séparent. 11 ne faut qu'un télélogue domestique perfectionné, comme il le sera dans une seconde exécution, ])Our transmettre des idées à tout le parterre des Tuileries. » Si cette expérience, très peu coûteuse, est autorisée, l'auteur promet de faire participer par son moyen, dans les fêtes républicaines, les trois cent mille personnes qui bordent le Champ de Mars au discours prononcé par le président du Directoire. »
MDLXXXYIII
2i NIVOSE AN VII (13 JANVIlîlV 1799).
Rapport du bureau central du même jour.
... Journaux du 2i nivôse. — Le Puhliciste^ dans son numéro d'hier, s'élait plu à faire des troupes russes qui marchent sur les frontières de l'Autriche un éloge pompeux, et à les représenter comme extrêmement redoutables. Il se défend mal aujourd'hui sur Tesprit dans lequel il a donné ces détails, bons à faire sourire le royalisme. — Il est dans VAmi des Lois des observations judicieuses à ce sujet. — Il est à remarquer que plusieurs journaux, du nombre de ceux dont l'esprit n'est nullement républicain, se sont empressés de donner les mêmes détails que le Publicisle sur les Russes et les Cosaques et sur leur tenue si formidable. Tels sont le Bulletin de rFurope, le Courrier du Corps législatif et le Messager des relation extérieures . On est fâché de les trouver encore dans VObservateur, dont les opinions sont ordinairement à l'abri du reproche. — Il n'est point d'autre note intéressante à faire sur les feuilles périodiques de ce jour.
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB » 89.)
Journaux.
llrdacleur du 2.") nivôse: « Paris, le 2i iiirôse an VH. Sur le canon tiré de la Tour de Londres, à la nouvelle de la mort de Ronaparle. Il ne reste aujourd'hui plus de doute sur le faux bruit de la mort de Bonaparte. Il vit pour accomplir ses glorieuses destinées ; mais lorsque, dans l'Europe entière, toutes les âmes généreuses, sur la mensongère annonce de son trépas précoce, honoraient sa mémoire de regi'Cts, heureusement superflus, (jui croira qu'à Londres on ail poussé la lâcheté jusqu'à célébrcir, comme une victoire, la nouvelle de son assassinat? Les sauvages aussi allument un feu de joie au-
315 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [14 janvier 1799!
tour de leur victime et dansent sur sa tombe ; mais quel est le peuple civilisé qui ne respecte point un ennemi mort? Les honneurs rendus au général Marceau par l'archiduc Charles honorèrent à la fois l'un et l'autre. Ils prouvaient que les Français et les Autrichiens se combattaient en ennemis dignes de s'estimer mutuellement, et c'est là le caractère de la véritable valeur ; et ces larmes versées par les deux armées, au milieu même du champ de bataille, semblèrent en adoucir l'horreur et consoler l'humanité des maux affreux de la guerre. Mais elle était réservée à ce gouvernement odieux, artisan de tous les crimes, banquier de tous les meurtres, la honte à jamais ineffaçable de fêter publiquement un assassinat, d'en solenniser la nouvelle par le canon d'allégresse, de s'associer ainsi au meurtre qui aurait immolé Bonaparte, de se déclarer ainsi son complice, et de révéler que le poignard homicide, s'il avait en effet frappé, était de fabrique anglaise. » — Journal du soir des frères C/iai</iiieaii du 24 nivôse: <( Paris, Le 2i nivôse. C'est à tort que l'on a dit que le citoyen Picquenard était destitué de la place de commissaire du Directoire exécutif, près le Bureau central ' ; il va être remplacé pour être employé ailleurs »
MDLXXXIX
Rapport du buheau central du 26 nivôse.
.. .Journaux du 23 nivôse. — On est d'abord frappé du mauvais esprit du Courrier du Corps législatif. Plus d'un article est rédigé avec ces ménagements insidieux, nous dirons même perfides, qui n'appartiennent qu'au royalisme. Il est dit par exemple que l'Autriche n'est pas déconcertée par la disgrâce du prince Repnine, et, pour preuve, on en donne le bruit répandu à Rastadt, que l'Empereur avait signifié à la France qu'il envoyait à Naples trente-six mille hommes de troupes auxiliaires. Ailleurs, et toujours comme bruit répandu par les ennemis de la paix à Berlin, il est parlé d'une protestation du roi de Prusse à l'occasion de l'accession de la députation de l'Empire à l'ultimatum français. — En parlant des inscriptions qui seront mises dans le temple de la Victoire pour l'anniversaire du 21 janvier, le rédacteur dit qu'on lira par exemple ces vers :
Si dans la République, etc. *.