Philippe d'Orléans. (Note du Rédacteur
333 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [21 janvier 1799]
Ah ! pour être à jamais triomphante et paisible, Donne au mérite seul les rangs et les emplois, Mère d'enfants égaux, sois une, indivisible ; Mais que la liberté soit esclave des lois.
S'il en est, etc.
L'orgueil au désespoir, la rage fanatique Tenteront d'ébranler les nouveaux fondements. Pour vaincre de cent rois l'active politique, C'est peu de tes amis, il te faut des amants.
S'il en est, etc.
Il te faut de ces cœurs dont la brûlante ivresse Au-devant des périls s'empresse de courir; Et, fière de lancer ta foudre vengeresse, Sois fidèle au serment de vainere ou de mourir.
S'il en est, etc.
Oui! de leur sang impur qu'ils rougissent la terre ! Qu'ils meurent sous le glaive au bruit de nos succès, Les traîtres qui, votant la famine et la guerre, Brûlent d'anéantir jusqu'au nom des Français.
S'il en est, etc.
Oui ! consacrons nos mains dans le sang des perfides. Pour venger son pays, tout Français est soldat ; Mais laissons aux tyrans les poignards homicides Et d'un peuple égorgé le vaste assassinat '.
S'il en est, etc.
Un roi de ces horreurs peut seul être capable, Tel fut ce roi bourreau ' qu'on nomme en frémissant Mais un peuple ! Sa loi doit punir le coupable : Le frapper sans Thémis, c'est le rendre innocent.
S'il en est, etc.
La cérémonie est terminée par le Chant du départ. Le Directoire exécutif lève la séance au milieu des cris unanimes de Vive la République ! et descend de l'amphithéâtre; parvenu à l'autel de la patrie, le secrétaire général y prend l'acte du serment pour le déposer aux archives du Directoire. Le cortège continue ensuite sa marche; puis le Directoire, remontant dans ses voitures, retourne au Palais national dans le même ordre qu'il en était sorti, et rentre dans le lieu de ses séances. Les ministres signent, déposent sur le bureau du Directoire l'acte de prestation de leur serment républicain. Le secrétaire général est chargé d'en faire le dépôt. »