‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 105 sur 254 · Charles IX. (Note du Rédacteur · texte numérisé non relu

Charles IX. (Note du Rédacteur

MDXCVII

Rapport du bureau central du même jour.

. . . Journaux. — Les journaux continuent à se maintenir dans un bon esprit ; rien de ce qu'ils contiennent n'a paru depuis quelque temps devenir un objet de blâme ; cependant on ne peut dissimuler que le Messager des relations extérieures admet rarement des discernements dans le choix de ses conjectures ou nouvelles, qu'il puise toutes dans les gazettes allemandes. On y lit encore aujourd'hui un article, peu saillant à la vérité, mais de nature néanmoins à faire germer quelques inquiétudes sur la situation des affaires de la République en Egypte '. « La Porte, fait lire le Messager, a fait communiquer, ces jours derniers, aux ministres étrangers, les nouvelles officielles les plus récentes ; il se trouve que les Anglais, les Turcs et les Bédouins réunis n'ont pu encore enlever que le petit fort d'Aboukir, que l'armée française avait fortifié en arrivant, pour protéger les vaisseaux qui se trouvaient dans la rade de ce nom. » — Cette nouvelle, à laquelle le journaliste avoue ne point ajouter foi, ne peut dès lors produire un bon effet, ni justifier l'intention dans laquelle elle est produite. — A l'occasion de l'anniversaire de la mort du tyran et au milieu de morceaux de littérature dans lesquels la haine des rois est fortement prononcée, on est fâché de voir que le Bien Informé ramène les souvenirs sur les massacres de septembre. Le titre est celui d'une petite poésie, dans laquelle d'ailleurs l'auteur ne prêche que l'oubli de cette déplorable époque

Lasalle, Lessore.

(Arch. liai., BB ^ 89.)

Rapport du 4 pluviôse an VII se rapportant a la journée du. 3.

Mœurs et opinion publique. Esprit puhlic. — Les progrès de l'esprit public, pour n'être pas aussi rapides que le désirent les amis de la République, n'en sont pas moins continuels. La majorité des cafés et les cabinets littéraires sont remplis de citoyens qui prennent aux actes de l'autorité et à la gloire des armes françaises le plus grand intérêt. On n'a point vu avec indifférence les encouragements et les

335 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [22 janvier 1799]

éloges donnés par le gouvernement à des marins qui, sur des bâtiments de force inférieure, ont affronté l'abordage et vaincu l'Anglais sur son bord. Mais ce sont particulièrement les victoires remportées sur les troupes du roi de Naples, la fuite de ce monarque au fond de la Sicile, la délivrance de Rome et l'évacuation de Livourne qui ont partout causé une joie portée jusqu'à l'enthousiasme; l'heureuse influence de ces nouvelles a pénétré jusque dans les cercles dont le caractère le plus habituel est une trop coupable indifl'érence pour la chose publique. Le prétendu bon ton affecte encore une sorte d'éloignement pour les institutions républicaines ; mais on s'aperçoit que les plus opiniâtres se plient de jour en jour à la forme d'un gouvernement au maintien duquel ils sentent attachées la conservation de leurs propriétés, la sûreté même de leur existence. Il n'y a presque point d'esprit public dans cette classe d'hommes encore ulcérés de la perte de leurs anciennes prérogatives, mais l'amour de l'ordre du moins y est assez général, et l'intérêt personnel fait encore ce que le patriotisme raisonné ne peut manquer de faire un jour. — Une double tache déshonore la classe nouvelle et peu circonspecte que semblent former les modernes enrichis : l'incivisme et l'égoïsme. Les secours que cette partie de la société pouvait rétribuer à l'indigence pendant une saison aussi rigoureuse ont été nuls, et les habitudes dans la conversation se rapprochent de celles qui caractérisaient les cercles de l'ancien régime. — L'attention de l'observateur est soulagée, quand elle se fixe sur la classe des fonctionnaires publics, plus d'accord que jamais sur les véritables principes de la liberté ; ils règlent fidèlement leurs usages sur l'esprit même des institutions républicaines, et le public rend tous les jours justice au zèle avec lequel ils remplissent généralement leurs devoirs. — Il y aussi un nouveau degré de civisme parmi les employés et salariés des administrations. — Mais c'est surtout lorsque l'on dirige son étude sur la classe intéressante des ouvriers de cette commune, que l'on a la satisfaction de sentir toute l'amélioration de l'esprit public. L'amour de l'ordre et le respect des autorités n'ont aucunement souffert d'une cessation aussi longue que douloureuse de toute espèce de travaux. Au milieu de leurs privations, les citoyens les plus gênés souriaient encore au récit des faits glorieux de l'armée d'Italie, et les indigents ont paru reconnaissants des soins dont ils ont été l'objet ; en un mot, dans les moments les plus durs de cette saison, on a entendu moins de murmures et de plaintes que par les années précédentes.

Institutions républicaines. — Les cérémonies qui ont lieu les jours de décade, malgré les grands froids, ont attiré la curiosité et l'intérêt

d'un plus grand nombre de personnes. La tranquillité, la décence régnent dans les temples. — La solennité de l'anniversaire du 21 janvier a été plus sensible encore qu'elle ne l'avait été aux années antérieures ; le peuple qui s'est rendu au temple de la Victoire et sur le passage des autorités constituées était pénétré de l'esprit attaché au souvenir de cette grande époque de la justice nationale ; partout les boutiques étaient fermées, et le reste de la journée, à l'affluence qu'ont eue tous les lieux de réunion, a paru généralement donné au repos et au loisir.

Culte. — Tous les cultes ont été exercés au milieu d'un calme parfait, mais ils n'ont pas été suivis également dans toutes les divisions ; le fanatisme a paru avoir fait quelque progrès dans celle de la Fidélité, si l'on en juge par l'affluence plus grande des catholiques au temple de la Jeunesse.

Spectacles, — C'est aux auteurs surtout que l'on aurait à reprocher de faire peu pour l'amélioration de l'esprit public dans les théâtres, ou même de nuire quelquefois à l'essor que l'opinion paraît vouloir y prendre. Une nouvelle tragédie a paru sur la scène de l'Odéon. Son titre est Laurent de Médicis ', et c'est encore le rôle du duc régnant qui est traité avec le plus d'art et produit sous le jour le plus avantageux. Celui qui conspire contre cette scène souveraine (Pazzi) offre dans son caractère un mélange de perfidie et de grandeur d'âme, d'indépendance et de férocité qui le rendent le personnage le plus odieux de tous ceux de cette pièce. Ce n'est point la haine de la tyrannie, c'est la soif de la vengeance qui l'anime contre Laurent de Médicis, et il a échoué dans le projet de se défaire d'un ennemi aussi puissant. Cette pièce n'a aucun caractère national. On a justement improuvé cet horrible mouvement de Pazzi :

Le sang va donc couler ! J'ai besoin de carnage.

Mais avec autant de justice on a^ par de vifs applaudissements, accueilli ce beau vers :

Vous êtes magistrat et vous devez m'entendre.

Au même théâtre on a donné une petite nouveauté sous le titre du Portrait^, et il n'a pas échappé que l'auteur avait placé ses personnages sous un ciel étranger, pour les dispenser d'employer dans le

1. Tragédie en cinq actes, par Petitot, représentée pour la première fois le 1" pluviôse an VII (Bibl. nat., Yth, 10050, in-8). Voir le Courrier des Spectacles du 2 pluviôse.

2. Le Portrait, comédie (anonyme), fut joué pour la première fois le ^4 nivôse an VII, à l'Odéon. Voir le Courrier des Spectacles du :25 nivôse.

337 DIRECTOIKE EXÉCUTIF [23 janvier 1799]

dialogue le mot de citoyen. L'action de cet ouvrage cependant peut se reporter à tous les temps. — Dans une pièce de L'Auberge allemande^^ donnée au théâtre des Amis des Arts, ci-devant Molière, l'auteur a fait ses personnages nobles et a reporté l'action au temps de l'ancien régime. L'esprit de la scène souffre de cet abus, et les théâtres, dont l'influence est si grande, ne deviendront que difficilement des écoles de patriotisme, tant que les auteurs conserveront ou se donneront toute latitude dans le choix de leurs sujets. Peut-être l'autorité jugera-t-elle nécessaire de ne laisser l'usage des appellations féodales que dans les ouvrages qui auraient un caractère vraiment historique. — Quelques circonstances intéressantes dédommagent des précédentes réflexions. — Plusieurs fois les airs civiques ont été applaudis avec enthousiasme au théâtre de la République et des Arts; VOffi'ande à la liberté et le Chant du départ ont, notamment le 2 pluviôse, reçu ce bon accueil. — Au théâtre de la République ils ont été suivis, le même jour, d'acclamations que dictait le patriotisme le mieux prononcé; ils ont été redernamiés, recommencés trois fois et toujours également applaudis. Toutes les applications patriotiques qu'au même théâtre et à l'Odéon présentait la tragédie de Brulus ont été saisies avec avidité. — Il en a toujours été de même de celles auxquelles donne lieu la reprise de Charles IX. — Les théâtres inférieurs sont aussi favorablement disposés ; il ne s'y est rien passé de remarquable.

Mœurs. — Le scandale de la prostitution se réprime tous les jours avec une nouvelle sévérité ; la surveillance est continuelle et les résultats qu'elle donne sont très fréquents [sic).

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

Journal du Soir des frères Chaignieau du 4 pluviôse : <f Paris, le i pluviôse. Le ministre de la police générale vient d'ordonner au Bureau central de faire fermer un bal, rue de la Michodière, n° 11, parce qu'on y convoquait

1. L'Auberge allemande ou le Traître démasqué, comédie en cinq actes en vers, imitée de l'allemand, par les citoyens XXX (Dorvo) et Chazel père. Représentée sur le théâtre de Molière, le 1" pluviôse an VII. (Bibl. nat., Yth, 1394, in-8.) ToMB Y. 22

sous la qualification de Monsieur, et à un jour de la semaine, au mépris des lois qui proscrivent ces dénominations. » — « Le tribunal criminel du département de la Seine a condamné à 100 francs de dommages et intérêts au profit des pauvres, à l'affiche, etc., le commissaire de police Bresson, pour avoir fait la nuit, sans nécessité, sans mandement légal, une visite domiciliaire chez un citoyen, et s'être ainsi rendu coupable du délit de violation de l'asile d'un

citoyen français » — Le Journal de Paris du 4 pluviôse donne le projet

d'une nouvelle carte de Paris, du citoyen Zalkind Hourvitz, ancien interprète à la Bibliothèque nationale, qui porte principalement sur le changement des noms des rues de Paris en leur donnant les noms des pays de l'Europe, des villes, des fleuves, etc. L'initiale indiquerait aux ignorants ïespèce à laquelle appartient le nom de la rue : E.Êiat, F. fleuve et ainsi de suite. Les enseignes des boutiques devront se conformer aux prescriptions de la police sur un tableau dressé par des gens do lettres. Pour les hommes célèbres, « on flétrit d'une tache noire » les images des hommes vicieux. L'auteur pense que son système sera très profitable à l'instruction et que son exécution ne coûtera rien à l'État.

MDXCIX

Rapport du bureau centr.\l du 6 pluviôse.

,. .Journaux. — L'esprit qui caractérise le Publiciste a. paru mériter une attention plus particulière depuis quelque temps. On remarque que, fidèle à dépouiller les gazettes étrangères, il prend l'initiative de nouvelles dont l'impression ne peut être que très défavorable à l'esprit public. Lorsqu'il sent que ces nouvelles ne sont qu'un aliment fourni à la malveillance et une ruse de nos ennemis, il se borne à dire « qu'elles méritent confirmation » ; c'est là toute l'excuse apportée à l'insertion de la nouvelle de la reddition de Malte aux Anglais et de la prise faite par ceux-ci du vaisseau le Guillaume Tell et des frégates la Diane et la Justice. Le Publicisle ne devait-il pas s'abstenir de publier un fait dont la source était évidemment équivoque, puisqu'il le dit annoncé au cabinet de Saint-James par son ambassadeur à Lisbonne? Cet article inconvenant est dans la feuille du 5 de ce mois. — La feuille d'aujourd'hui donne lieu à de nouvelles remarques ; le journaliste y ballotte successivement la paix et la guerre. L'article Autriche donne à croire que la paix sera très difficile à établir avec la Cour impériale; l'article A/Zema^^e donne des espérances pour une prochaine conclusion de la paix, mais il est dit : « de la paix d'empire ». Mais il est plus essentiel de donner le littéral d'un

339 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [2d janvier 1799]

passage de la Gazelle de la Cour qui tend à persuader au public que Buonaparte a essuyé un revers. Le Publiciste rapporte cette nouvelle comme venant des frontières de Turquie, le 30 frimaire : « Des lettres de Constantinople, du 15 décembre, reçues par Belgrade, portent que le pacha de Syrie en est déjà venu aux mains avec Buonaparte, et que le combat a été sanglant. Cependant il n'en est résulté rien de décisif. Les Français se trouvent toutefois plus resserrés. La Porte s'attend à un succès plus décidé, lorsque les troupes qui doivent joindre le passage de Syrie seront arrivées à leur destination. » — La variante du Flambeau sur le même article, qu'il parait avoir copié, est très sensible, car elle enrichit encore sur ce fait, et ce ne peut avoir été sans intention que ce journaliste dit qu'un grand nombre de Français ont perdu la vie dans le combat, dont cependant il n'est résulté rien de décisif, attendu que, du côté des Turcs, il n'y eut que l'avant-garde qui se battit, que les Français se trouvent par là de plus en plus resserrés. Il est aisé de sentir jusqu'où le royalisme peut se complaire dans ces bruits parvenus par les canaux les plus perfides. — Les journaux suivants copient la même nouvelle : le Messager, le Courrier de Patois, le Journal du Soir par Sablier, le Parisien. Ou la retrouve encore dans VOhservaleur et la Gazelle de France, qui, du moins, y joignent une réflexion de nature à élever des doutes sur la véracité du journaliste étranger. — Il en est de même du Courrier du Corps legislallf. — On est forcé de revenir sur le Publicisle, à raison de l'annonce qu'il donne d'un ouvrage nouveau dont l'auteur est Sicard ; on sait que cet individu est condamné à la déportation : « Quel plus heureux emploi, dit le journaliste, pouvait faire de ses loisirs, dans la retraite où il vit enseveli, un écrivain que ses anciennes occupations avaient déjà rendu si précieux aux lettres et à l'humanité, et qu'un jour la patrie reconnaissante comptera au nombre de ses bienfaiteurs? » {Cette dernière expression dans l'exposé, que l'on abrège, se rapporte au mot humanité.) Ce n'est pas la première fois que le rédacteur de ce journal saisit une occasion d'appeler indirectement la considération publique et l'indulgence du gouvernement par cet individu, l'un de ceux que la loi du 19 fructidor [a frappés].

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

Journaux.

Journal du Soir des frères Chaignieau du 6 pluviôse : « Paris, le 6 plU' viôse... L'auteur du poème des Jardins, Delille, avait été nommé membre de l'Institut, dont le règlement exige que ses membres résident à Paris. De-

lille ne réside point à Paris; il n'a ni paru, ni écrit à l'Institut; en conséquence, cet établissement a décidé, à une grande majorité, dans la séance générale du 5 pluviôse, qu'il ne pouvait pas être malgré lui membre de l'Institut. Sa place a été déclarée vacante, et la classe de littérature et beaux-arts doit présenter un autre poète »

[Journaux.

Publiciste du 7 pluviôse : « Pcms, le 6 pluviôse.. . Un écrivain français travaille à la traduction du livre de Kant intitulé : Critique de la Raison pure. Cet ouvrage a beaucoup de réputation en Allemagne... » — Clef du Cabinet du 8 pluviôse : « Paris, le 7 pluviôse. . . L'arrêté du 28 nivôse, qui accorde vingt jours pour se rendre à l'île d'Oléron à ceux des déportés par les lois des 19 et 22 fructidor qui ont fait une déclaration conforme à la loi du 19 brumaire, n'ayant été publié qu'hier par le Directoire, il s'ensuit que ce n'est que d'hier que les vingt jours accordés seront comptés, , . *« — Moniteur universel du 7 pluviôse: « Paris, le 6 pluviôse. . . Le dégel a commencé ici le l""" pluviôse au soir, et depuis ce temps il n'a presque pas cessé de pleuvoir. La Seine n'est cependant pas encore dégelée. Le froid a été si rigoureux, le mois dernier, que les aigles des Alpes paraissent avoir trouvé aux environs de Paris la même température que dans leurs hautes montagnes. On a tué auprès- de Chaillot un de ces aigles, qui avait 7 à 8 pieds d'envergure... » — Moniteur universel du 10 pluviôse: « ... L'administration centrale de la Seine a arrêté, le 6 pluviôse, que, dans tous les édifices publics, spectacles, salles de bal, cafés et autres lieux de rassemblement, il sera placé, à la diligence de ceux qui en ont la garde, la direction ou la propriété, l'inscription suivante : Ici on s'honore du titre de citoyen. »

MDCI 7 jPLUVIOSE AN VII (26 JANVIER 1799).

Rapport du bureau central du 8 pluviôse.

.. .Journaux. — Un essai sur les finances, inséré dans le n° 495 du Bien Informé, a paru de nature à frapper l'attention du gouvernement. Il est signé Renaldi. Dans la vue dn bien, il offre cependant l'inconvénient très grave de faire retentir trop souvent aux oreilles

1. On trouvera cet arrêté dans le Moniteur, réimpression, t. XXIX, p, 604.

341 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [26 janvier 1799]

du public les mots de : confiance perdue, banqueroutes multipliées, etc. Mais on doit dire aussi que l'auteur de cet article est mû par l'indignation philanthropique, et très profonde, dont il est pénétré à la vue des annonces, plus nombreuses que jamais, de maisons de prêt sur nantissement. C'est pour parer à ce fléau usuraire qu'il met en avant l'idée d'une banque que le gouvernement fonderait de la manière suivante, a[)portée pour exemple. Un propriétaire déclarerait à un bureau, créé ad hoc, telle portion de propriété, valeur certaine et dégagée de toute charge. Celte déclaration serait rendue publique pendant un temps quelconque. Ce laps de temps écoulé, s'il ne se présente aucune preuve d'hypothèque, en un mot si le bien (ou partie du bien) est reconnu entièrement libre de toute charge, le gouvernement permettra au propriétaire d'engager le tout ou cette portion de propriété par hypothèque privilégiée jusqu'à concurrence d'un dixième à un cinquième, et lui donnera des billets de valeur portant hypothèque. L'emprunteur les endosserait sur-le-champ, en donnerait reçu au bureau, et les passerait dans ses transactions. Le propriétaire payerait à o 0/0 l'intérêt de cette valeur hypothécaire, et ces intérêts, le gouvernement les prendrait en payement de ses contributions. — La conduite, annoncée dans les journaux, du roi d'Espagne envers le savant Bethencourt, est intitulée dans le Courrier du Corps législatif a^ïnsi qu'il suit : Tirait de bonté du roi d'Espagne. — Le même journal, en satirisant le gouvernement anglais sur le mépris qu'il fait de la liberté civile, en parlant de plusieurs détenus visités par Burdett dans les prisons de Middlesex, les dit avec une sorte d'ironie enfermés comme suspects. On prévient l'autorité que ce mot est en italiques, ce qui peut annoncer quelques mauvaises intentions. — Dans le Messager des relations extérieures se trouve Fénuméralion, plus que complaisante, des vaisseaux que les Anglais ont pris pendant la guerre, et de cinq cent quatre-vingt-dix-sept corsaires. Quel effet le journaliste a-t-il osé se promettre d'un semblable détail, qui ne semble inventé par nos ennemis mortels que pour passer sous quelque plume malveillante dans l'intérieur de la République et y attaquer l'esprit public? — Le même journaliste, suivant ce système, dit qu'en Angleterre on porte le nombre des prisonniers français qui s'y trouvent à trente mille. — Suivant les nouvelles que le Parisien donne des Indes Orientales, les habitants de l'île Saint-Maurice ont recherché la protection de l'Angleterre et se sont rangés sous son obéissance, et tous les Français qui s'y trouvaient se sont embarqués sur trois frégates pour repasser en Europe. Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

Journaux.

Journal du Soir des frères Chaignieau du 7 pluviôse : « Pans, le 7 pluviôse... On distribue dans Paris une circulaire de Louis XVIII à ses fidèles sujets, dans laquelle il leur fait part du mariage de sa nièce, et leur promet le prochain rétablissement de la royauté en France et de la papauté à Rome »

MDCII

Rapport du bureau central du 9 pluviôse.

Rapport sur la débâcle. — La débâcle s'est opérée hier, à onze heures du soir, sans causer beaucoup de dégâts. Il résulte des rapports parvenus au Bureau central que seulement l'escalier de la pointe orientale de l'île de la Fraternité a été en partie détruit; que des pièces de bois, en tête de l'estacade, ont été brisées et détachées, et qu'un grand bateau vide a été brisé contre les arches du pont de la Tournelle par les glaces qui se sont détachées, vers onze heures et demie, en face du Jardin des Plantes. — Quelques autres dégâts ont précédé cette débâcle, A midi et demi, un mouvement s'est manifesté dans le bassin du Pont-Neuf, au pont de la Liberté ; il a emporté une lanterne, une guérite, le poteau de l'abreuvoir et une grue, et coulé à fond le bateau à bains chauds placé du côté des galeries du Palais des sciences et arts. — Des glaces se sont arrêtées à une heure après avoir coulé bas deux bateaux à Técluse au port de recueillage. A cinq heures et demie, elles ont fait un nouveau mouvement, qui a emporté un bateau marnois vide au port de rÉcole, un bateau à lessive au port de l'Infante, coulé et brisé un autre bateau en même temps ; au même port, arraché un ormeau du parapet du pont de la Liberté, auquel était attachée une galiote, dont le passage sous l'arche, s'il n'eût été empêché par les glaces, aurait entraîné et fait naufrager tous les bateaux de dessous. — Les bateaux à lessive appartenant au sieur Blanchot, et qui étaient garés au pont de l'École, ont été emportés ou coulés bas. — Tout ce qui se trouvait dans le bassin du Pont-au-Change au Pont-Neuf a peu souffert. Il n'est arrivé aucun accident depuis le dessous du pont de la Tournelle, sur les deux rives, jusqu'au petit pont du grand hospice et

343 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [27 janvier 1799]

à la culée de l'île de la Fraternité. Il n'est point parvenu à la connaissance du Bureau central qu'aucun citoyen ait péri. — Deux administrateurs du Bureau central se sont transportés, cette nuit, sur différents points de la Seine, pour observer par eux-mêmes et donner les ordres ; ils ont été secondés par des commissaires de police et les officiers de paix, ainsi que par la cavalerie. — L'inspecteur des ports a annoncé qu'à une heure après midi, aujourd'hui 9, la rivière de Marne se débâclait peu à peu : cette débâcle s'est effectuée sur les quatre heures et ne paraît point, jusqu'à présent, avoir causé de dommage. — Il a été repêché un petit bateau appelé Marrjotin. — La rivière était hier, à sept heures du soir, à 6 mètres 10 centimètres ; à dix heures, à 6 mètres, et dans le moment du passage des glaces, à 6 mètres 50 centimètres.

Sallior, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

Moniteur universel du 10 pluviôse : «.. .La débâcle, attendue impatiemment depuis sept jours, a enfin commencé hier entre midi et une heure ; plusieurs parties de la rivière entre le Pont-Neuf et celui des Tuileries ont abandonné la glace qui les couvrait. Les glaçons se sont arrêtés, partie avant le pont des Tuileries, et partie avant celui de la Révolution. La force des eaux a tout entraîné cotte nuit, et la Seine se trouve entièrement dégagée de rénorme croûte de glace dont la vue attristait les yeux depuis si longtemps. On craignait des malheurs plus grands que ceux qui sont arrivés, car on empêchait hier de passer sur le pont des Tuileries. On dit que celui de Charenton a été emporté; on parle aussi d'accidents très graves arrivés à Corbeil. Ici le poids des glaçons, poussés par la violence et la grosseur des eaux, a détruit ou emporté plusieurs des escaliers qui conduisaient des quais à la rivière; plusieurs bateaux, qu'on n'avait pu garer, ont été brisés; les bains de Poitevin, vis-à-vis le Carrousel, ont été submergés. Les eaux ont été tellement hautes que tous les égouts retluaient dans les rues ; on ne pouvait traverser les mares que ce reflux avait formées qu'en montant sur des voitures. Le passage du quai du Louvre n'est pas encore libre; la rivière s'est avancée jusque dans la rue Froidmanteau, où les batelets sont attachés aux portes des maisons. Néanmoins les eaux sont diminuées; elles étaient hier à 7 mètres (21 pieds quelques pouces) ; elles sont aujourd'hui moins de 6 mètres et demi »

MDCIII

Rapport du bureau central du 11 pluviôse.

Tableau général des effets produits par la débâcle dans le canton de Paris. — Le Bureau central s'est déjà empressé de donner l'énumération de ceux des dégâts causés par la débâcle [d'après les rapports] qui étaient parvenus sur cet événement, afin de présenter le tableau général des effets produits par cette force majeure. Ils n'ont pas été à beaucoup près aussi désastreux que le faisaient craindre l'épaisseur des glaces et l'accroissement prodigieux que prenait la rivière au moment où elles ont paru vouloir s'ébranler. 1° Au port de la Râpée. Un mur d'appui et un mur de terrasse ont été emportés, un bateau a été brisé et un autre endommagé. 2" Au port de l'île de la Fraternité, côté du pont Tournelle. Un bateau a été brisé ; quelques escaliers ont été dégradés, les parapets renversés. 3" Au port des coches d'eau. Le bois et trait du bac du Jardin-des-Plantes ont été endommagés. Cinq bateaux et deux toues ont été brisés. 4" Au port de l'Hôpital. Le bois et trait du bac du Jardin-des-Plantes ont été endommagés. Cinq bateaux et deux toues ont été endommagés. 5' Au port Nicolas (port aux coterêts). Un bateau de blanchisseuses, un de teinturier et un à bains ont été entraînés. Deux de blanchisseuses sont en fond. 6" Au port de l'Infante. Trois bateaux marnois ont été entraînés. 7» Sur la même rive. Un bateau à bains chauds, appartenant au citoyen , est en fond. Quatre bateaux de blanchisseuses, deux barquettes et deux travures, deux puisoires à porteurs d'eau ont été entrahiés ou sont en fond. La grue qui servait au déchargement des marchandises a été emportée. 8° Sur la rive, côté de la Monnaie, à partir du Pont-Neuf. Les parapets de deux escaliers ont été renversés. Un bateau à bains, un de blanchisseuses, une pompe à incendie et trois batelets à porteurs d'eau sont en partie brisés et en fond. Deux bateaux marnois et une puisoire sont au fond de l'eau. Deux bateaux de blanchisseuses ont été entraînés. 9» Au port du Gros-Caillou. La patache des préposés aux arrivages et un bateau ont été portés sur l'Esplanade des Invalides et ont été peu maltraités. Deux bateaux ont été mis en fond, ils étaient vides. 10° Dans le bassin du Pont-Michel au Pont-Neuf, un seul bateau a été mis

345 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [20 au 29 janvier n99]

eh fond. Tous les bateaux marnois ou toues, barquettes, etc., qui ont été naufragés ou maltraités, étaient vides. Les estacades ont soutenu l'effort des glaces sans accident. Le nombre des bateaux qui étaient garés sous les estacades s'élevait à quatre cent soixante-deux de toute espèce. Il n'est pas venu à la connaissance du Bureau central qu'aucun individu ait péri pendant la débâcle.

Sallior, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

Journaux.

Journal du Soir des frères Chaignieau du 10 pluviôse : « ... Le citoyen Lagrange n'ayant point accepté sa nomination à la place de commissaire du Directoire exécutif près le Bureau central du canton de Paris, le citoyen Guebert, président de la municipalité du V» arrondissement, a été appelé à la

remplir ». — Publiciste du H pluviôse: « Paris, le 10 pluviôse...

M. Cabarrus est parti d'ici hier matin, et va passer quelques décades en Hollande. Comme il voyage uniquement pour ses affaires, pendant le court séjour qu'il a fait à Paris il n'a vu aucun membre du gouvernement »

MDCIV Compte décadaire des opérations du bureau central du canton

EE PARIS du l»"" AU 10 PLUVIOSE AN VIL

. . .Correspondance relative à la sûreté. . . Le Gris, Godard signalés comme ennemis du gouvernement. — Le ministre [de la police] a annoncé que, dans l'état qui lui avait été envoyé des citoyens auxquels on avait donné l'ordre de quitter Paris, il avait remarqué le nommé Le Gris, ex-prêtre, ex-ci-devant précepteur des pages de la ci-devant Reine, signalé comme l'ennemi le plus dangereux du gouvernement. Il a demandé que, dans le plus bref délai, on lui fit connaître le lieu de sa résidence habituelle, ainsi que celle du nommé Godard, aussi ex-prêtre et également ennemi du gouvernement. Il a été répondu au ministre que le citoyen Le Gris était domicilié à Vermanton, et que le Bureau central s'était assuré qu'il avait obéi à l'ordre qui lui avait été donné en quittant Paris le 9 nivôse ; qu'à l'égard dudit Godard, il était sorti de cette commune le 12, qu'il logeait chez son frère et fréquentait le citoyen Bréon, ex -membre du Bureau central, son parent

Elèves des Ecoles vétérinaires . — Ceux des élèves des Ecoles vété-

rinaires qui sont sortis ou qui sortiront de ces écoles sont autorisés, par le ministre de l'intérieur, à porter, dans leurs départements, l'uniforme fixé pour le grade qu'ils avaient lors de leur sortie ; mais il leur est défendu de rien changer à cet uniforme et d'en prendre un de grade supérieur. Le ministre a recommandé de tenir la main à l'exécution de sa décision par une lettre dont copie a été transmise par le commissaire du Directoire près le Département, avec invitation au Bureau central de concourir à cette exécution. Le Bureau central a répondu qu'il veillerait à ce que les intentions du ministre fussent remplies

Salubrité et voie publique... Dissections. — Cinq autorisations d'extraction de cadavres, au nombre de vingt, de divers hospices et du cimetière Catherine, ont été délivrées à différents professeurs d'anatomie, avoués par le Bureau central.

Nouveau ■procédé physique. — Le citoyen Monnier, homme de loi, a donné les détails de divers procédés physiques de son invention, pour prévenir les effets de la gelée. Comme les procédés qu'il indique tiennent aux arts et aux inventions, le Bureau central a renvoyé cet objet au ministre de l'intérieur et en a prévenu le citoyen Monnier

Porcs divaguant sur la voie publique. — Conformément à la lettre du Département du 28 nivôse dernier, relative aux inconvénients et aux dangers de la circulation des porcs dans cette commune, le Bureau central a chargé les quarante-huit commissaires de police de faire exécuter les règlements de police à ce sujet et de constater les contraventions, ce dont le Département a été prévenu

Clôture du théât7'e de la Cité. — Les citoyens Moitte, Bralle et Le Doux ont visité de nouveau, d'après les ordres du Bureau central, le théâtre de la Cité à l'effet de s'assurer si les travaux dont la confection a été ordonnée pour prévenir les incendies, ou en arrêter les progrès, étaient exécutés ; ils ont constaté que les choses étaient restées dans le même état qu'au moment de leur procès-verbal du 24 brumaire dernier. Cette négligence, pour un objet qui intéresse si essentiellement la sûreté publique, a déterminé le Bureau central à prendre une mesure plus efTicace que ne l'avaient été ses invitations. II a chargé le commissaire de police de la Cité de notifier, le 7 pluviôse au matin, aux directeurs de ce théâtre Tordre de cesser toute représentation jusqu'à la confection entière des réparations et travaux indiqués au procès-verbal sus-énoncé

Correspondance relative aux mœurs et opinion publique. Anniversaire de la juste punition du dernier roi des Français. — Le Bureau

347 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [20 au 29 janvier 1799]

central a transmis, le l^'^ pluviôse, aux quarante-huit commissaires, l'avis portant que le lendemain, jour de l'anniversaire de la juste punition du dernier roi des Français, les boutiques devaient être fermées et tous les travaux suspendus.

Serment des employés au Bureau central. — Il a reçu, le 2 pluviôse, le serment individuel des employés de son administration; tous ont juré haine à la royauté et à l'anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l'an III.

Théâtre Sans-Prétention. — Les entrepreneurs du théâtre Sans- Prétention ont été invités à retrancher de la pièce intitulée Le Souper mystérieux * un couplet sur l'air : Vive Henri IV, comme rappelant des idées de royalisme et étant couvert d'applaudissements par les ennemis du gouvernement républicain.

Écrit royaliste. — Le Bureau central a dénoncé à l'accusateur public près le tribunal criminel du département de la Seine un écrit royaliste, daté de Mittau, le H novembre 1798, et signé Louis. Il lui a en même temps annoncé avoir ordonné la surveillance la plus rigoureuse sur les distributeurs de cet écrit. Il a aussi chargé ses agents de surveiller les colporteurs qui vendraient un imprimé, portant en premier titre : Lettre de Carnaval, et ensuite : Lettre d'un vieux religieux à une nouvelle convertie, de s'assurer du nom de l'imprimeur et d'accompagner au Bureau central ceux qu'ils trouveraient vendant cet imprimé.

Chansons obscènes et royalistes. — Il a été transmis au juge de paix de la division de la Fidélité un procès-verbal du commissaire de police de cette division, constatant que plusieurs personnes ont chanté, dans un cabaret, rue de la Mortellerie, des chansons obscènes et royalistes.

Bal de la rue Michodiêre. — En conséquence d'une lettre du ministre de la police, il a été donné ordre au commissaire de police de la division Le Peletier de faire fermer le bal, rue de la Michodiêre, n* 11, où l'on était convoqué sous la qualification de Monsieur et à un jour de la semaine.

Perjnissions de bal retirées. — Deux permissions de bal ont été retirées : l'une au citoyen Rué, de la division de la Butte-des-Moulins, d'après les rapports des adjudants qui constatent que ce bal est fréquenté par des femmes prostituées et des hommes perdus de réputation; l'autre au citoyen Lemaigre, division du Jardin-des- Plantes, attendu que son bal n'était fréquenté que par des personnes

1. Je n'ai rien trouvé sur cette pièce. Le Courrier des Spectacles ne rend pas compte de» représentations du théâtre Sans-Prétention.

qui y portaient le trouble et le désordre ; ce bal avait été surveillé précédemment, en conséquence d'une lettre du ministre de la police. — Il a aussi été donné ordre de surveiller un bal, rue des Droits-del'Homme, à l'effet de s'assurer s'il est vrai qu'il soit fréquenté par des femmes publiques et des militaires.

Commissionnaire du Mont-de-Piété. — Le commissaire de police de la division de l'Unité a dressé procès-verbal du refus fait par le citoyen Tesson, commissionnaire du Mont-de-Piété, rue de Thionville, de lui ouvrir son bureau les jours de dimanche de l'ancien calendrier; expédition a été remise au commissaire du Directoire près l'administration du Mont-de-Piété, de cette conduite anti-républicaine de son commissionnaire.

Maison des Quinze- Vingts. — Il a été donné des ordres de surveiller la maison des Quinze-Vingts, annoncée au ministre de la police comme devenant un lieu de débauche que ne peuvent réprimer des aveugles qui en font la police sous le titre de jurés.

Cernement d'un bal. — Le commissaire de police de la division de la Butte-des-Moulins ayant, sans y avoir été autorisé, fait cerner avec la force armée un bal tenu par le citoyen Billon, le Bureau central lui a observé qu'il ne pouvait approuver sa conduite dans cette circonstance, et qu'il ne doit employer la force armée qu'en conséquence d'un ordre spécial, ou quand la clameur publique lui indique que cette mesure est indispensable

Mesures de police à l'égard de quelques théâtres. — Le ministre de la police a annoncé être prévenu d'une mésintelligence qui s'est établie entre le citoyen Sageret et les artistes de ses théâtres, auxquels il a fait signifier une liste de représentations qu'il leur impose déjouer. Dans la crainte que cela n'entraînât des inconvénients pour la tranquillité publique par l'indisposition ou la mauvaise volonté des acteurs, le ministre de la police a chargé le Bureau central de placer dans ces théâtres un officier de paix pour empêcher l'ouverture des bureaux et des salles avant de s'être assuré si les pièces annoncées seraient jouées. Le 9 de ce mois, à la réception de la lettre du ministre, trois officiers de paix ont été chargés d'exécuter ses ordres et de s'entendre avec le commissaire de police pour avoir une force armée suffisante pour prévenir tout désordre et maintenir la tranquillité publique.

Théâtre d'Émulation. — L'agent comptable du revenu des pauvres a été invité à poursuivre le citoyen Ribié, ou ses cautions, pour l'acquittement d'une somme de 500 francs qu'il doit verser chaque jour dans la caisse des indigents. — Le Bureau central a reçu la

349 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [30 janvier 1799]

déclaration du citoyen Franconi, qu'il reprendra ses exercices d'é-

quitation et voltige, rue du Faubourg du Temple, 20 pluviôse

Ile Louviers. — Le Bureau central, ayant eu connaissance que le Directoire exécutif avait fait au Corps législatif un message dont Tobjet était de faire excepter l'île Louviers de la vente des biens nationaux, a écrit au ministre de l'intérieur pour lui demander une copie de ce message afin d'être à portée de procurer à la Commission du Conseil des Cinq-Cents des renseignements propres à la convaincre que l'île Louviers a toujours appartenu à la commune de Paris et ne fait point partie du domaine national. Le ministre a envoyé au Bureau central la copie demandée.

(Arch. nat., BB » 89.)

Sallior, Lessore.

MDCV il PLUVIOSE AN VIT (30 JANVIER 1799)..

Rapport du bureau central du même jour.

., .Journaux. — Quoique, depuis plusieurs décades, les feuilles périodiques ne présentent point un très grand intérêt public, cependant elles font de constants efforts pour alimenter la curiosité ; il est bien à regretter pour l'opinion qu'elles puisent à cet effet dans les gazettes étrangères, évidemment influencées par différentes cours du Nord. Hier, 10 pluviôse, et aujourd'hui, elles sont généralement plus sobres de ces dangereuses nouvelles, mais elles sont d'accord davantage pour entretenir les incertitudes sur les résultats pacifiques du congrès de Rasladt. — On lit dans le Publiciste, d'après le bulletin de Rastadt, à la date du 4 pluviôse, que la réponse de l'Empereur à la note sur les Russes n'a pas paru très conciliante, et que Roberjot est appelé à Paris par le Directoire. — Le Journal de Paris, à une date postérieure, dit qu'à Rastadt on s'attendait d'un instant à l'autre à la dissolution du congrès, que déjà tous les Français qui étaient dans cette ville avaient ordre de rentrer en France, et que cet ordre avait également été signifié au directeur du spectacle. — On a vu dans le Cow^ler des Spectacles du 10, une lettre des citoyens Léger et Chazet, auteurs de vaudevilles, dans laquelle on employait encore l'expression de « six semaines' ». — Des vers souscrits C. W., dans la Chrysalide^, présentent un jeu de mots sur ceux qui sont d'usage

1. Voir le Courrier des Spectacles du 10 ventôse an VII, p. 4, col. 1.

2. Ce journal n'est pas mentionné dans la Bibliographie de M. Tourneux.

dans certains jeux de cartes; ils finissent ainsi par ceux-ci que l'on a jugé nécessaire de noter particulièrement :

Quand je vous bats avec les trois couleurs,

Vous avez les rois et les cœurs ; Le hasarder encore serait pure folie :

Je laisse les enjeux et quitte la partie.

Le poète semble ainsi abandonner la chance au royalisme, et l'on rend ici cette observation indépendante de celle que suggérait l'apparition frappante des mots soulignés. — Le citoyen Mercier revient sur l'idée qu'il a déjà produite de laisser une sorte de discipline s'établir dans les écoles, de manière que les élèves soient sous la direction de plusieurs maîtres, eux-mêmes dirigés ou surveillés par un seul. Il ne veut pas que le gouvernement s'interpose entre l'élève et le maître, comme un espion soupçonneux ; il veut enfin que l'éducation et l'instruction soisnt fondues ensemble. — Le Messager des relations extérieures et le Courrier du Corps législatif pa.r[enl de deux autres colonnes russes, chacune de vingt-quatre mille hommes, s'avançant vers les frontières de l'Empire.

Sallior, Lessore.

(Arcli. nat., BB » 89.)

Journaux.

Pubiiciste du 12 pluviôse: « Paris, le // pluviôse. . . Le Département de Paris a délivré leurs passeports à ceux des ci-devant députés qui sont dans le cas de la déportation, et qui, ayant fait leur déclaration, doivent se rendre à Oléron ' ; on n'en connaît pas encore précisément le nombre. Ils se sont eux-mêmes présentés au Département pour prendre leurs passeports. Ils se montrent librement dans Paris depuis le dernier arrêté qui a fixé un délai pour leur départ et le lieu de leur destination. L'ex-ministre de la police générale, Cochon, est aussi de ceux qui se sont soumis à la loi. On le dit déjà en route pour Oléron »

MDCVI

Rapport du bureau central du 13 pluviôse.

...Journaux. — Les feuilles périodiques se maintiennent en général dans un assez bon esprit. Plusieurs contiennent les nouvelles

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