Voir plus haut, p
3bl DIRECTOIRE EXÉCUTIF [31 janvier 1799]
satisfaisantes de la reddition de Mack et de tout son État-Major, ainsi que la reddition d'Ehrenbreitslein ; mais, d'un autre côté, on lit dans la Feuille du Jour et dans le Couturier de Paris que déjà l'empereur du Maroc a envoyé plusieurs corps de troupes pour se joindre à celles de l'empire ottoman, destinées à agir contre les Français en Egypte. On observe que cette nouvelle ne se trouve pas encore dans les journaux que leur attachement à la République distingue de tous les autres. — On lit, dans la partie de nouvelles d'Angleterre que donne le Parisien, le paragraphe suivant, dont le gouvernement peut apprécier le degré de véracité : « Le bruit circulait dans Londres (le 30 nivôse) que le Directoire ligurien a nommé le citoyen Carbonara en qualité d'ambassadeur extraordinaire auprès du gouvernement anglais. — Il est deux choses à remarquer dans le Messager des relations extérieures, toujours assidu à intituler France l'article qui concerne la République française : d'une part, une anecdote de bravoure sur le compte de l'émigré Damas, lors de sa retraite devant les troupes de la République ; d'autre part, la nouvelle qu'à Londres on répand le bruit que la présence des flottes anglaises dans les eaux de la Corse avait excité dans cette île un mouvement en faveur du gouvernement britannique, qu'une rixe violente était survenue entre les autorités, les troupes et les mécontents, que cette insurrection, dont la religion semblait être le motif, y avait fait répandre bien du sang, et que bientôt cette île tomberait au pouvoir de Sa Majesté. Ensuite d'autres bruits répandus de la prise de Malte, d'une invasion décotes en Italie et de prochaine tentative sur Gènes et Ancône. Point de doute que ce relevé complaisant des gazettes ministérielles ne soit un sujet pompeux d'entretiens offert au royalisme. — La Clef du Cabinet, à la date du 12 pluviôse, renferme, sur la nécessité de changer la dénomination d'un grand nombre de rues de Paris, des vues qui paraissent dictées par l'amour du bien public; on y regarde également comme indispensable de changer l'ordre de numéros des maisons, et pour parer aux inconvénients qui résulteraient d'une opération trop subite, tant pour le service de la poste, que pour l'usage des étrangers, on croit qu'il ne faudrait d'abord admettre que partiellement ces changements, et qu'on pourrait, pendant un temps déterminé, laisser subsister les deux noms de la rue ou de la place, de manière à ce qu'on eût ainsi la facilité de se familiariser avec le nom qui serait à substituer à l'autre.
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB » 89.)
[!•' FÉVRIER 1799] DIHECTOIKE EXÉCL^TIF 352
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 22 pluviôse : « Paris. Un arrêté de l'administration centrale de la Seine du 12 pluviôse, et relatif aux spectacles, contient, entre autres dispositions, les suivantes: 1° Les régisseurs des différents théâtres enverront à l'administration centrale le répertoire actuel avec le manuscrit des pièces non imprimées. Ils ne pourront faire représenter aucune pièce qui n'y serait pas portée, sans en prévenir l'administration. Les pièces nouvelles, ballets et pantomimes sont examinées par elle avant la représentation. — 2° Les dccadis et jours des fêtes nationales, ils feront représenter ou des pièces nouvelles ou les pièces de leur répertoire qui retracent le plus énergiquement les vertus des défenseurs de la liberté, et qui sont les plus propres à former l'esprit public. — 3° Ils feront exécuter avec soin les airs consacrés à la patrie ; ils inviteront les musiciens compositeurs à les insérer dans les ouvertures, s'il est possible, afin de leur donner l'attrait de la nouveauté. — 4" Ils éviteront de faire jouer les pièces où les castes privilégiées, existantes avant la Révolution, seraient présentées comme des modèles, et leurs principes exprimés sans aucun correctif. — S° Ils ne pourront faire jouer aucune pièce nouvelle, ni continuer la représentation de celles dont les auteurs sont vivants ou morts depuis dix ans, qu'après avoir envoyé à l'administration un consentement formel et par écrit desdits auteurs ou de leurs héritiers. — 6° Seront tenus de produire un pareil consentement des auteurs et compositeurs d'opéras les entrepreneurs qui se permettraient de les jouer, ces pièces, en pantomimes ou en comédies ou de les dénaturer de toute autre manière. — 7" Toutes les pièces, de concession desquelles les entrepreneurs ne pourraient justifier, seront interdites. — 8° Les entrepreneurs auront un registre où ils inscriront et feront constater par l'officier de police le nombre de représentations de chacune. — 9° Les auteurs dramatiques, ou leurs ayants cause, sont invites à envoyer à l'administration centrale l'état des pièces qu'ils ont données aux différents théâtres, et à dénoncer les violations de la loi, pour qu'il soit sévi contre les entrepreneurs. » — Publiciste du 13 pluviôse : « Paris, le 12 pluviôse. ...L'Institut national, sur la demande du ministre de l'intérieur, a donné l'inscription suivante pour être placée sur la façade du Jeu de Paume de Versailles : « Dans ce Jeu de « Paume, le 20 juin 1789, les députés du peuple, repoussés du lieu ordinaire « de leurs séances, jurèrent de ne point se séparer qu'ils n'eussent donné une « Constitution à la France : ils ont tenu parole »
MDCVII
Journaux.
Publiciste du 16 pluviôse: a Paris, le 1 S pluviôse. La Seine s'est hier tout à coup entlée d'une manière fort extraordinaire. Les quais et les rues
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voisines sont inondés. Une partie des Champs-Elysées est sous les eaux; elles entourent la maison de la citoyenne Tallien, connue sous le nom de la Chaumière. Elle donnait un grand dincr, au moment où sa maison s'est trouvée ainsi submergée. Los convives ont été obligés de s'enfuir, ayant de l'eau à
mi-jambe. On attribue cette crue subite à Fentlure de la Marne » — Clef
(lu Cabinet du 14 pluviôse : « La veuve Lorquet languissait depuis quelque temps sur un lit de douleur, et touchait au moment de voir toutes ses ressources épuisées, lorsque le jeune Lorquet, son fils, âgé de huit ans, désespéré de voir sa tendre mère dans une situation aussi déplorable, court chez un perruquier, lui propose ses superbes cheveux <à acheter, les sacrifie pour la somme de 12 francs, et revient, tout haletant de satisfaction, mettre cette somme entre les mains de celle pour qui il est prêt à donner sa vie. (]et acte vraiment touchant de piété filiale sera célébré le 15 pluviôse dans le temple de la Reconnaissance (Cerraain-FAuxerrois;, à midi précis, et y attirera d'autant plus les âmes sensibles que la mère infortunée de ce précieux enfant ne tarda pas à succomber à ses maux, après la faible ressource qu'un attachement aussi généreux lui avait procurée. Mais on n'apprendra pas avec un moindre intérêt qu'un défenseur de la patrie, dans un grade supérieur, vient d'augmenter son estimable famille en adoptant ce jeune orphelin; aussi un des couplets qui seront chantés à cette occasion dans le temple de la Reconnaissance est ainsi conçu :
Et toi dont la main tutélairn
S'honore par un digne choix.
A la vertu qui te rend père
La nature a cédé ses droits.
Un rejeton séchait sur sa tige expirante : Tes soins font reverdir ses rameaux précieux,
Puisse un jour cette jeune plante
Porter des fruits déhcieux ! »
MDCVIII
15 PLUVIOSli: AN VII (3 FÉVRIER 1799).
Rapport du bureau central du 16 pluviôse.
. . .Journaux. — Il paraît un nouveau journal, sous le titre de Juif errant, rédigé par la citoyenne Hemery * ; il n'est rien, dans les deux premiers numéros, qui puisse prévenir contre l'esprit dans lequel il est conçu. Peut-être seulement un article Variétés, intitulé le Fleuve d'ou/jli, annonce-t-il une sorte de pente au genre demi-libre, et est-il à désirer pour les mœurs que le rédacteur, et surtout une femme,
1. Le Juif errant, journal politique et littéraire, rédigé par la citoyennf Clément Ilemery, du 15 pkiviôse an Vit au 15 ventôse suivant, trente et \i\\ numéros in-4. Ce journal manque k la 13ibliothèque nationale. Il y en a un exemplaire incomplet à l'Arsenal. Cf. Tourneux, n" 11,228 et 11,228».