Voir plus haut, p
çais, par l'entremise des ambassadeurs d'Espagne, de Suède et de Hollande, aurait demandé la paix (la nouvelle porte : faire des propositions, ce qui équivaut) à la Porte Ottomane, oflrant, pour recouvrer son amitié, de lui céder les îles de la mer Adriatique, les forteresses des côtes de la Dalmatie et des pays grecs qui ont appartenu ci-devant aux Vénitiens, offrant en outre de faire retirer toutes les troupes de l'Egypte ; mais que la Porte a déclaré que, comme le gouvernement français avait, même sans aucune raison, rompu Falliance d'amitié, etc., la Porte s'était vue dans la nécessité de contracter un traité d'alliance offensive et défensive avec l'Angleterre et la Russie. On pense qu'une pareille insertion ne peut tendre qu'à avilir la diplomatie française en prêtant au gouvernement un ton indigne de lui et lui supposant les propositions les plus désavantageuses; elle tend de plus à faire douter de la légitimité des motifs qui ont conduit nos troupes en Egypte ; enfin elle donnerait à penser que la République mendierait la paix d'un roi, tandis que les rois seuls doivent être réduits à l'implorer de la République. On observe que cette nouvelle se trouve aujourd'hui dans le Puhliciste. — On lit, dans le titre du Démocrite, cette annonce : Détail de ce qui s^est passé au théâtre Montansicr. — Assassinat d'un officier municipal. — Ces deux phrases sont séparées par un trait d'union dans le sommaire ; on observe que les colporteurs les crient de manière à faire voir que l'une est la conséquence de l'autre. Les ordres ont été réitérés pour empêcher les colporteurs de contrevenir à la loi.
Lasalle, Lessore.
(Aich. nat., BB ^ S9.)
MDCXL
Rapport du bureau central du 17 ventôse.
. . .Journaux. — L'esprit du journal le Courrier du Corps législatif brille sous le plus mauvais jour, particulièrement depuis le 13 de ce mois inclusivement ; cette nuance devient plus sensible à la veille, pour ainsi dire, des assemblées primaires. Peu de mots puisés dans la feuille même suffirontpour justifier cette remarque. Dans le numéro du 13 ventôse, le journaliste, en parlant des probabilités pour la guerre, ne devait-il pas se bornera dire que les Français y allaient
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comme à une fêle, sans ajouter que celle fête singulière était vraisemblablement ouverte dans ce moment? — Dans le numéro du 16, il dit bien que l'on saisit difficilement le sens des bruits de paix proposés par la République à la Tiu^quie, mais que l'on saisit peut-être plus difficilement encore celle d'une lettre écrite par le général Lanus à Milan, annonçant une victoire remportée par Buonaparte sur le pacha de Syrie. Après avoir parlé d'une conspiration déjouée à Malte, il ajoute ces mots très à remarquer : « Au reste, si le mécontentement mène partout à la trahison, la trahison déconcertée ne diminue nulle part le nombre des mécontents. » Plus loin on lit : « Révolution, famine, abondance et liberté, voilà le cercle que doivent parcourir tous les peuples qui auront le courage de secouer leur ancien joug. » Cette phrase respire un dépit coupable contre la prospérité de la République, ou, ce qui est une même chose, contre la Révolution à laquelle nous devons le règne de la liberté. — La phrase suivante respire le même esprit : « 11 faut avoir été froissé par les révolutions pour en sentir le danger, et quiconque n'a vu que de loin ces grands bouleversements politiques peut bien n'avoir vu qu'un spectacle curieux et assez intéressant pour lui inspirer l'envie d'y jouer un rôle. » — Dans le numéro du 17, de deux interlocuteurs, l'iui accorde à l'autre que les armées qui passent le Rhin doivent se réunir à Vienne; mais, dit-il, c'est aujourd'hui que l'attaque commence; des Ilots de sang coulent actuellement dans un espace de 150 lieues. « La gloire, la liberté ! Combien de gémissements vous coûterez encore à la triste humanité. » — On ne peut rien ajouter à ces citations pour éclairer l'autorité sur l'esprit dangereux du journal le Courrier du Corps législatif.
Journaux.
Rédacteur du 17 ventôse : « [Le 16 ventôse, après la cérémonie de la remise des drapeaux pris par les Français sur les Napolitains, par le général polonais Kniaziewier^, le Directoire et tout son cortège s'est rendu en cérémonie devant la principale porte de son palais, donnant sur la rue de Tournon, pour assister à la plantation d'un arbre de la Liberté. On y avait élevé une estrade sur laquelle le Directoire s'est placé avec ses ministres. Le Conservatoire de musique a exécuté l'Hymne à la Liberté, et la ronde suivante, paroles du citoyen Maliérault, nmsique du citoyen Grétry :
Unissez vos cœurs et vos bras, Enfants, citoyens, magistrats; Plantons l'arbre sacré, l'honneur de ce rivage,
16 M.\ns 1790] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 406
Que ton emblème, ô Liberté, Soit le signal de la gaieté ; La tristesse en ce jour n'est que pour Fesclavage : Les jeux, les chants sont un hommage
Pour les succès
Des Français.
Chœur: Les jeux, les chants, etc.
Ornés de civiques couleurs, Bel arl)re, tes rameaux vainqueurs Triompheront toujours des rois et de lorage; Sur ton écorce on lit nos droits ; Ta cime au loin défend nos toits; ^ Tes Heurs sont de la paix l'ornement et le gage
La victoire suit ton ombrage.
Grâce aux succès Des Français.
Chœur : La victoire suit, etc.
Par l'amour à ses pieds conduits.
C'est vous qui cueillerez ses fruits.
Enfants ! Sa tige heureuse est votre heureuse image. Croissez, comme elle, entre les fleurs.
Ne l'arrosez jamais de pleurs; Mais armez pour les arts votre bel héritage. I Que votre jeune ardeur présage
D'autres succès Aux Français.
Chœur: Que votre jeune, etc.
A son doux aspect renaissez.
Vous que la vieillesse a glacés; Son enceinte est l'asile et le temple du juge. De ses festons voyez vos fils Geindre en riant vos fronts blanchis, Des mœurs, à vos genoux, ils font l'apprentissage. Applaudissez à votre ouvrage.
Fiers des succès Des Français.
C/iœur : Applaudissez à votre, etc.
L'arbre planté, le Directoire s'est avancé auprès de l'arbre, cl le ciloyen ■Barras, son président, y a attaché un drapeau tricolore. On a placé sous les racines de l'arbre deux boîles en i)lomb contenant une médaille d'argent (à l'Agriculture); une grande médaille en bronze (aux vainqueurs de la tyrannie); une petite médaille en bronze (serment républicain) et jdusieurs pièces de monnaie au type républicain.» — Journal du Soir des frrres Chaignieau du t9 ventôse :« Par/5, 19 ventôse Le 10 ventôse, les instituteurs et administrateurs du Prylanée français, ci-devant collège de Louis-le- Grand, ont célébré au ci-devant château de Vanvrcs [sic) une fête civique avec tous les élèves, pour, la plantation d'un arbre de la Liberté et le
rétablissement de la magnilique allée ([ui conduisait au château » —
Clef du Cabinet du 19 ventôse: << Paris, le l<S ventôse Des insti-
407 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [6 mars 1790]
tuteurs républicains savent saisir toutes les occasions d'accélérer la révolution morale, qui |)eut seule consolider la révolution ])olitique. La direction du Prytanée français el l'administration temporelle de cet établissement, eu arrêtant une fête pour la jdantation de l'arbre de la Liberté au ci-devant château de Vanvres, dont l'acquisition a été faite en faveur des élèves, ont imaginé de l'aire replanter, par cette jeunesse elle-même, la superbe avenue que l'on voyait, il y a encore peu d'années, devant l'entrée principale de cette maison. Cette fête a eu lieu le 16 ventôse; les élèves, les maîtres cl les professeurs se sont réunis dès le matin au ci-devant château de Vanvres, où l'administration du Prytanée s'est également rendue. Plusieurs salves d'artillerie ont annoncé l'heure de la solennité; les élèves se sont rassemblés, et, à l'instant, le citoyen Champagne, membre de l'Institut national et directeur du Pi'ytanée, prenant la parole, a développé l'objet moral et politique qu'on s'était proposé dans celle double solennité. « Nous allons j)lantcr, a-t-il dit, quelques arbres... Pouniuoi ces fêtes et ces jeux...? Pourquoi célébronsnous une action si simple et si journalière. .. ? Les Anciens firent des Dieux des mortels bienfaisants qui leur apprirent l'art d'embellir les arbres par la culture. Ailleurs, la naissance d'un enfant, un heureux hymen, la perte d'un parent chéri étaient marqués j)ar la iilantation de jeunes arbres, afin de rappeler à la mémoire de longs et de tendres souvenirs... Et vous aussi, jeunes citoyens, vous aurez d'heureux souvenirs à garder de cette paisible solennité. .. L'n jour, si vous honorez vos maîtres, vos parents, la République j)ar vos talents et vos services, vous aimerez à revoir ces arbres qui auront cru avec vous; autrement vous fuirez loin d'eux; ils vous reprocheraient votre ingratitude... C'est par des travaux plus utiles, jeunesse du Prytanée, que vous remplacerez les enfants de ces princes superbes qui habitaient cette demeure. C'est dans ce château que, pendant son enfance, fut élevé ce Condé, despote dédaigneux qui a fui au seul nom d'égalité, et qui s'est déclaré le ])lus cruel ennemi de la France. Fils adoptifs de la patrie, vous purifierez ces lieux en les faisant retentir des noms chéris d'égalité et de liberté, en y proclamant votre reconnaissance et votre amour pour la République. C'est dans l'avenue que vous allez planter, c'est ici, sur cette terrasse, que ce même Condé, dans son enfance, se formait à la guerre, et commandait un bataillon de cinquante enfants nobles que la tlatterie et l'orgueil appelaient alors l'espoir de la monarchie. Il faut qu'ici, sur celte môme terrasse, dans cette même avenue, formés au travail et aux exercices des hommes libres, vous vous rendiez dignes d'être i)roclamés un jour l'espoir de la République. Qu'ici donc, dans ce même lieu où tout rappelle les souvenirs du despotisme, s'élève par vos mains l'arbre chéri des Français libres; il rappellera à vos descendants la gloire de vos pères et ce que vous aurez fait pour les imiter. Ces arbres que vous allez planter seront vos élèves; vous les soignerez, vous les défendrez contre toute espèce d'attaque, et vous vous persuaderez bien que quiconque conserve un arbre utile fait un acte de justice et presque d'humanité, et que quiconque lui ôte sa parure végétale et sa vie n'est qu'un être malfaisant et jiresque inhumain. » A ce discours, bien senti i)ar une jeunesse républicaine, et souvent interrompu par les applaudissements, a succédé celui du ciloycn Cambry, membre de l'administration du département de la Seine et président de celle du Prytanée. Après avoir témoigné aux élèves les sentiments du plus •vif intérêt, il leur a olï'erl, au nom de ses collègues présents, un amandier et un
mûrier pour être plantés à côté de l'arbre de la Liberté. « L'amandier, a-t-il observé, arbre trop confiant, qui livre ses fleurs délicates aux jjremiers rayons du soleil, et que les gelées du printemps frappent et punissent souvent de son imprudence, est l'emblème de la légèreté. Le mûrier résiste à la séduction des premiers beaux jours; il ne déploie son feuillage que quand il est certain du départ des frimas, de la constance des beaux jours; aussi est-il l'emblème de la prudence : qu'ils vous servent tous deux d'une douce leçon.» Ce discour« a excité les plus vifs applaudissements. Des couplets, des odes et des chants de la composition de plusieurs élèves et de leurs professeurs, ont ensuite embelli cette fête intéressante, et les cris de : Vioe la République ! se sont élevés dans les airs en même temps que l'arbre de la Liberté, qui était soutenu et décoré des couleurs nationales par des mères de familles présentes à cette cérémonie. Après la plantation de cet arbre, les élèves se sont empressés de participer à la plantation des arbres nombreux de la nouvelle avenue, et, quoique cette opération prêtât, avec une jeunesse ardente, au tumulte et à la confusion, cette circonstance de la fête s'est passée dans le plus grand ordre. Les chants de la Liberté, une musique guerrière se faisaient entendre et dirigeaient l'ardeur des élèves. Cette solennité s'est terminée par un repas civique, pendant lequel ont été portés des toasts à la République, à ses premiers magistrats, à la Reconnaissance, à l'Agriculture, à la propagation des sciences et des arts, au Prytanée français, etc. Les élèves du collège, placés dans le local ci-devant Sainte-Barbe, annexe précieuse du Prytanée, ont fait partie de la fête aimable que nous annonçons. Ce collège qui, dès sa naissance, justifie et surpasse tout ce que nous avons prédit dans nos feuilles est maintenant en pleine activité. Chaque jour de nouveaux sujets y arrivent, envoyés par des parents aussi sages qu'éclairés. Nous avons vu de nos yeux les salles, les dortoirs, les cours, les soins, l'ordre que des chefs habiles ont établi dans cette maison. Nous pouvons, avec la véracité qu'on nous connaît, certifier à toutes les familles que rien n'y manque à la santé, à l'instruction, aux mœurs, au bonheur même de la jeunesse; et que ce n'est que sur les renseignements les plus positifs, d'après la connaissance qu'il a des citoyens qui le dirigent, que le ministre de l'intérieur a accordé la protection la plus spéciale à cet établissement »
MDCXLI
Jour ml du Soir des frères Chaignieau du 18 ventôse : « Paris, iS ventôse On assure que la commission des inspecteurs de la salle du palais
des Anciens s'occupe de l'exécution prochaine d'un très beau projet : celui de faire, du côté des ci-devant Feuillants, une terrasse qui réponde à la grandeur de celle qui est du côté de l'eau; d'abattre à cet effet tout ce qui est sur la ligne depuis la rue de l'Échelle jusqu'à la rue Saint-Florentin, de la planter de plusieurs rangs d'arbres, et de construire tout le long, avec une belle grille, une grande serre pour les orangers »
409 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [12 mars 1799]
MDCXLII
Rapport du bureau central du même jour.
. . .Journaux. — Les seules observations que nécessitent les journaux des 20 et 21 ventôse ne concernent que le Courrier du Corps législatif. On distingue toujours un mauvais esprit dans cette feuille, qui tend de plus en plus à affaiblir l'attachement à la Révolution. Un journaliste patriote dirait-il jamais que, d'après telle ou telle observation, il pourrait déduire la raison pour laquelle le temps court si vite en révolution malgré les maux qu'elle entraîne après elle ? — Pourquoi en outre, d'après les gazetiers à la solde des cours étrangères, parler de conférences des ministres anglais avec ceux de la Porte chargés de hàler les armements de toute espèce et principalement ceux destinés à agir contre Buonaparte? — Pourquoi réveiller, d'après les mêmes gazetiers sans doute, les bruits, tant de fois reconnus faux, de ravages horribles faits par la peste en Egypte? N'est-ce pas appeler tous les traits de la malveillance sur le gouvernement, en voulant à toute force persuader que l'armée d'Egypte est continuellement dans les situations les plus critiques? Tout dans ce journal semble écrit avec intention ; il est facile d'en juger de nouveau par le mot guerre, inséré avec assez d'adresse dans la phrase suivante : « Au milieu des dépenses, des prodigalités et des vexations qu'entraînent de toutes parts le luxe, l'ambition et surtout la guerre, l'électeur de Saxe vient de donner un rare exemple de sagesse et d'économie. »
MDCXLIII
Rapport du bureau central du 23 ventôse.
, , .Journaux. — On assure, dit VAmi des Lois, que les brochures des représentants Demoor et Frison, contenant leur opinion sur la
situation des départements réunis', répandues avec profusion dans les campagnes, y font une vive impression, exaltent les têtes des ennemis de la France et ajoutent à leur haine pour ses agents et pour les lois répressives que les dernières circonstances ont provoquées pour étouffer la révolte. — Ou ne sait pourquoi les journalistes, en annonçant que la cour d'Espagne fait une pension aux ci-devant duchesses d'Orléans et de Bourbon et à l'ex-prince de Conti, font payer cette pension en guinées. La guinée est une monnaie d'Angleterre. — On trouve dans la Feuille du jour, et on ne trouve que dans ce journal, l'ordre du général Championnet relatif à la commission civile établie près l'armée de Naples ; cet ordre, conçu en treize articles et produit sous des considérations très étendues, paraît avoir été inséré en entier; et il est peut-être essentiel d'informer l'autorité de cette publicité.
Lasalle, Lessore, Sallior.
(Arch. nat., BB » 89.)
Journaux.
Moniteur universel du 3 germinal : « L'administration centrale du
département de la Seine a pris, le 22 ventôse, un arrêté en vertu duquel l'inscription : « Guerre au gouvernement anglais » sera placée d'une manière ostensible, et immédiatement au-dessous de celle ordonnée ])ar l'arrêté du Département du G ])luviôse dernier, dans les salles des autorités constituées du département de la Seine, et dans tous les bureaux cpii dépendent d'elles; elle sera également placée dans l'intérieur des temples décadaires, maisons d'instruction, théâtres et autres édifices publics et lieux de réunion. Par ce même arrêté, les administrations municipales sont invitées, conformément aux intentions du ministre de l'intérieur, à faire de Tinscriplion dont il s'agit le texte principal des discours qu'elles doivent prononcer dans les fêtes décadaires et dans les autres fêtes nationales. «
MDCXLIV
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 2o ventôse : « L'administration centrale de la Seine vient de faire afficher une adresse aux citoyens qui cultivent les lettres. Elle se plaint de ce que, dans les pièces de théâtre, on