Voir plus haut, p. 441 et
pour les filous une occasion de voler beaucoup de monde, et que, d'après les visites les plus scrupuleuses des pompiers, il ne s'est trouvé aucun indice de feu.
Sallior, Lessore.
(Arch. nat., BB » 90, et F^ 3842.)
Journaux.
Eédadeur du H germinal : « Paris, le 40 germinal. Aujourd'hui les drapeaux autrichiens conquis par l'armée française en Helvétie ont été présentés au Directoire, en audience publique et avec la solennité accoutumée, par le citoyen Ducos, chef de bataillon, chargé par le général Masséna de venir oITrir au Directoire ces trophées. . . « — Journal du Soir des frères Chaignieau du 12 germinal : « Paris, le 12 germinal. Le 10, au théâtre des Marais, entre le troisième et le quatrième acte de la pièce intitulée Le Petit Poucet, des malveillants, excités par l'espoir du pillage, ont crié au feu. Ce cri a porté l'alarme parmi les spectateurs. Il en est résulté un grand désordre et plusieurs vols : quelques personnes même ont été blessées. » — « Beaudrais et Pilleux ont été arrêtés pour affiches contre-révolutionnaires; Tirot, ancien huissier au Directoire, comme prévenu d'émigration, et Tasclicreau ])0ur un imprimé où il fait l'apothéose de Robespierre... » — Moniteur universel du H germinal : « ... Le département de la Seine vient de faire afficher la vente du Palais-Égalité. Cette vente aura lieu en dix lots, le 9 floréal prochain. L'estimation totale s'élève à 9,442,000 francs... » — Moniteur universel du 12 germinal: «... Un grand nombre d'artistes, parmi lesquels on remarque les sculpteurs Moitié, Pajou, Chaudet, Houdon, Lemot; les peintres Regnault, Gérard, Pajou fils, Valenciennes, Vernet, etc., les architectes Fontaine, Percier, etc., ont présenté au ministre de l'intérieur une pétition pour l'engager à obtenir que tous les travaux publics de sculpture, de peinture et d'architecture du palais directorial fussent donnés, non par faveur, mais au concours. . . » — Publicisle du 12 germinal : « Paris, le H germinal. La municipalité du le' arrondissement a remplacé hier, dans la célébration de la fête de la Jeunesse, les jeux antiques par l'exercice des talents de quelques jeunes gens de son arrondissement; la distribution des prix s'est faite au milieu des chants et d'un concert à grand orchestre ; on a surtout remarqué ce chœur, heureusement choisi pour la circonstance :
France, nos faibles bras auront de la vigueur
Pour concourir à ta juste défense; D'un feu prématuré nous sentons la chaleur Nous élever au-dessus de l'enfance.
Nous prouverons aux tyrans inhumains Que le courage N'attend pas l'âge Chez les républicains... »
— Clef du Cabinet du 12 germinal : « Paris, le 11 germinal. . . On connaît le mode de scrutin adopté i)ar l'Institut. Chacun des votants ayant à prononcer sur trois concurrents donne le chiffre 3 à celui qu'il préfère, 2 à celui qu'il regarde comme placé au second rang, et 1 à celui qu'il est censé priser
445 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [31 mars 1709]
le moins. On additionne pour chaque candidat le nombre des sufTrages, et la pluralité l'emporte. Ce mode n'a aucun inconvénient dans le scrutin définitif à trois; mais il en a de très graves pour le scrutin préparatoire, sur des listes que l'on peut étendre à volonté. Il est probable que ITnstitut, qui en a été averti par plusieurs expériences, changera cette forme d'élection.. . »
iMDGLXII
Rapport du bureau central du 12 germinal.
. . .Journaux. — Un ami des mœurs ne pourra qu'être scandalisé en lisant l'anecdote dramatique citée aujourd'hui par le Journal des théâtres. Elle consiste dans une erreur trop facile à saisir dans laquelle une actrice au théâtre forain est tombée en substituant un autre mot à celui qui termine ces trois vers :
Un petit moment plus tard Si ma mère lut venue, J'étais, j'étais... perdue.
— On lit dans le Postillon de Calais que cinq républicains, entre autres le citoyen Herbert Dutertre, qui venait d'être nommé électeur, et dont le crime était d'avoir acheté des domaines nationaux, viennent de tomber sous le fer des Chouans qui désolent les environs de Rennes. — Les feuilles de ce jour en général ne parlent point des assemblées primaires, à l'exception de la Feuille du jour et du Courrier de Paris, qui annoncent qu'à Rennes, à Beauvais et à Nancy les assemblées ont été calmes ; qu'à Rennes les électeurs sont presque tous fonctionnaires publics ; qu'à Auch (Gers) les assemblées ont été agitées par les anarchistes ; qu'il y a eu scission dans la section du Midi, et que La Bordre, ex-commissaire de la Commune, a lui-même provoqué cette scission et s'est constitué le meneur des anarchistes. — Une réflexion de la Clef du Cabinet a pour objet la liste des électeurs de Paris, dont il trouve la majorité excellente et en augure de bons choix, et forme le même présage sur le résultat des assemblées électorales des départements qu'elle trouve en général sur le point d'être bien composées. — Le mot de château est encore échappé au rédacteur des annonces clans le Journal de Paris. Cet abus vient de
motiver une lettre.
Sallior, Lessore.
,Arch. nat., BB' 90, et F^ 3842.)
Autre rapport du même jour.
, ..Mœurs et opinion publique. Heure de fermeture des théâtres. — Il a été recommandé aux entrepreneurs de fermer exactement leurs théâtres, savoir : les grands spectacles à dix heures précises du soir et tous ceux du boulevard à neuf heures et demie.
Culte catholique. — Des sectaires du culte catholique s'étaient permis, le l^"" de ce mois, au temple ci-devant Étienne-du-Mont, de voiler la statue de la Liberté. Prévenu, le commissaire de police de la division du Panthéon en a sur-le-champ réprimandé le chef du culte, nommé Le Blant, qui a, en outre, été mandé au Bureau central.
Revenu des pauvres. — Le Bureau central a transmis au Département, au ministre de l'intérieur, à l'agent comptable du revenu des pauvres et au commissaire du Directoire près le Bureau central l'état de la recette au profit des indigents sur les spectacles et fêtes publiques pendant la 3® décade de ventôse, montant à la somme de 11,232 francs 7 centimes.
Arbre de la Liberté mutilé. — L'arbre de la Liberté, planté près la porte de la placedes Droits-de-l'Homme, a été mutilé ; le commissaire de police a constaté ce délit et en recherche les auteurs. . . .
Salltor, Lessore.
(Arch. nat., F ' 3842.)
Autre rapport du même jour*.
Esprit public. — Toujours même incertitude dans les esprits sur les succès de l'armée de Jourdan. On interprète même très défavorablement le silence du Directoire à cet égard. On répète, mais tout bas, que nous avons été très battus à la première affaire, et cela donne lieu de revenir sur l'insuffisance de talents dont beaucoup de gens ont taxé le général Jourdan, lorsque le commandement de cette importante armée lui fut confié. En général, on a une plus haute opinion des talents militaires de Joubert, et l'on ajoute que Jourdan n'est point heureux. Contre l'ordinaire, l'esprit était très mauvais hier soir au Caveau, et l'on y a reconnu, dans différents entretiens, cet ancien système alarmiste, dont le but est de jeter le découragement dans les âmes et d'achever de tuer l'esprit public. D'autre part, de vieux patriotes, des hommes qu'on voyait naguère dans les endroits publics vanter le courage invincible de nos soldats, ou se taisent, ou affectent