Tome V
Cet autre passage n'a pas été accueilli avec moins d'affectation par les déprédateurs de la Révolution :
Pour aller à la dérobée L'adresse de certain caissier, Et pour aller à la pipée La patience d'un rentier.
Le même jour enfin, à la représentation de U Auberge pleine, qui a eu lieu au théâtre de l'Ambigu, quelques individus épars dans la salle se sont permis de murmurer sourdement, parce qu'un artiste dans la scène se servait de l'expression de citoyenne. — Le rapprochement de ces divers incidents rend affligeant le tableau de l'état actuel de l'esprit public dans les théâtres généralement et plus sensible la nécessité de le raviver, et c'est pour concourir à ce but que l'administration du Bureau central redouble la surveillance dans tous ces lieux de réunion ; on observe qu'aujourd'hui les airs civiques sont à peine écoutés, rarement applaudis, le seul théâtre de la République et des Arts excepté. — Les signes de catholicisme qui formaient le fond et les accessoires de la décoration du second acte de Montano et Stéphanie ont entièrement disparu ; on n'aperçoit plus également la croix pectorale au col du ministre ecclésiastique, et le costume de ce personnage est tellement modifié qu'il n'excite plus d'idées fanatiques.
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB » 90, et F^ 3843.)
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 2 tloréal : « Paris, le 2 floréal. ll,e ministre de l'intérieur, voulant faire planter avec appareil deux arbres de là Liberté devant la colonnade du Louvre, principale entrée du Palais des sciences et arts, avait chargé les citoyens Thouin et Desfontaines, professeurs d'histoire naturelle, de lui désigner deux arbres qui pourraient par la suite servir d'emblèmes aux sciences et arts. Ces naturalistes ont indiqué le cèdre
du Liban pour les sciences et le platane d'Orient pour les arts » —
Journal du Soir des frères Chaignieau du 3 tloréal : « Paris, le 3 floréal Le théâtre du Vaudeville a été fermé hier par ordre de la police.
Il paraît, dit une feuille ])ublique, que les allusions qu'offraient plusieurs passages de la nouvelle pièce intitulée : AVj pas croire ce q^ie l'on voit ', ont donné lieu à. cette mesure. Au reste cette affaire a été arrangée dans la journée, puisque ce théâtre est rouvert aujourd'hui..... » — Journal des Débats du 3 floréal: « Paris Le département de la Seine a reçu, le
1. Comédie-vaudeville en un acte, par Gcrsin cl Année, représentée i)our la première fois le 29 germinal, an VII.
483 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [22 avril 1799J
{•^r llorcal, la loi du 28 germinal, relalive au complémont de la levée de deux cent mille lioiniiics, et le lendemain l'administration centrale avait entièrement exécuté cette loi, pour ce qui la concerne. » — Clef du Cabincl du G iloréal :
<( Paris, h: 5 /loréal I,e théâtre du Vaudeville a été rouvert, ainsi que
nous l'avions espéré. Une mesure rigoureuse contre lui ne pouvait être que momentanée, car la police n'a pas oublié les jjièces républicaines que les vrais auteurs de cet établissement aimable ont données plus d'une fois. Mais, par l'attachement que nous leur avons voué, nous permettent-ils de leur re- ])rcsenter qu'ils ont trop d'esprit, do goût et de délicatesse ])Our souiïrir que désormais des étourdis insultent, par des couplets plus ou moins faciles, qui que ce soit; que les théâtres peuvent et doivent attaquer les abus, les ridicules, les vices, jamais les personnes; et que, même dans ce moment où des athées vont à la messe, un libertin n'a pas le droit d'accuser de cynisme un homme de bien. Eh! où en serions-nous, si l'on pouvait craindre qu'au spectacle des couplets seront dirigés contre tel ou tel individu? Un républicain zélé, une épouse vertueuse, une beauté sage, seraient-ils à l'abri do la haine, du dépit, de la jalousie? Et le citoyen le plus honnête pourrait-il se tlattor d'échapper à ini ennemi? Nous composons une grande famille : soyons donc frères; et que les convenances sociales, ainsi que les mœurs publiques, soient respectées jusque dans les productions de la plus folle gaité »
MDGLXXXV
Rapport du bureau ckntral du 4 floréal,
.. .Journaux, — Les feuilles périodiques ne renferment rien qui soit un objet essentiel d'observation. Cependant on remarque dans le Publiciste et dans la Feuille du jour une foule de notes, toutes relatives à des mouvements de troupes autrichiennes ou russes, qui sembleraient avoir pour but de faire croire à des ressources incroyables dans la nouvelle coalition ; l'esprit public ne peut tirer aucun avantage de ces détails qui, multipliés et souvent renouvelés, induisent en erreur sur le véritable état des forces de nos ennemis. — On remarque encore, dans la très grande majorité des journaux, une affligeante nullité d'efforts pour aviver le patriotisme et favoriser les élans de cet enthousiasme précieux auquel la patrie devra de nouveaux défenseurs; le Rédacteur, VAmi des Lois, la Clef du Cabinet et le Déinocrite sont les seuls qui aient publié des réflexions utiles sur la loi salutaire de la conscription.
Sallior, Lessore.
(Arch. nat., BB ^ 90, et F^ 3843.)
[22 AVRIL i799] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 484
Autre rapport du même jour.
Salubrité et voie publique. — . . .Le citoyen Samson père a annoncé avoir reconnu dans les cadavres des suicidés étranglés un spécifique contre le mal caduc, et a demandé une autorisation pour extraire ce spécifique desdits cadavres ; le Bureau central lui a observé que, pour obtenir cette autorisation, il doit préalablement faire constater l'efficacité de ce spécifique et en justifier par un certificat de l'École de
médecine.
Salltor, Lessore.
(Arch. nat., F^ 3843.)
Arrêté du Directoire exécutif du 3 floréal an YII.
Le Directoire exécutif, ouï le rapport du ministre de l'intérieur sur la pétition des citoyens Léger et autres locataires de la salle du théâtre de Louvois, arrête qu'il maintient son arrêté du 19 germinal dernier pour la clôture de ce théâtre. Les ministres de l'intérieur et de la police générale sont chargés de l'exécution du présent arrêté qui ne sera pas imprimé.
Treilhard, L.-M. Révellière-Lépeaux, Merlin '. (Arch. nat., AF m, S96.)
1. Cet arrêté est précédé du rapport suivant, présenté au Directoire exécutif par le ministre de l'intérieur : « Le Directoire exécutif a renvoyé au ministre de l'intérieur une pétition des citoyens Marque et Léger, par laquelle ils demandent un nouvel examen de la salle de Louvois et réclament contre la fermeture de ce Ihéàtre. A cette pétition est joint un procès-verbal fait par les citoyens Morisset, commandant des pompiers, Blève, architecte, et Bralle, ingénieur hydraulique, procès-verbal dans lequel ils attestent que, par la construction des établissements que les propriétaires font faire en ce moment, il n'y aura plus aucun danger pour les incendies. Les propriétaires se soumettent à toutes les précautions possibles contre le feu ; mais, quelles que soient les précautions, elles ne peuvent pas être proportionnées au danger. La salle de Louvois, d'après le rapport du 16 frimaire, est presque entièrement construite en bois. Quelles pompes, quels réservoirs peut-on opposer aux dangers d'une telle construction ? Le ministre a encore été instruit depuis que les issues de cette salle sont très étroites, et de manière qu'il faut un temps considérable pour faire écouler la foule. En cas d'accident et même en cas de fausse alarme, la vie des spectateurs serait également en danger. Toutes les précautions que l'on se propose de prendre remédieront-elles à ces deux inconvénients également graves : la construction en bois et l'insufTisance d'une seule isstie ? Doit-on se contenter de la simple probabihté de pouvoir éteindre l'incendie de cette salle, quand on a l'exemple récent de la perte d'un théâtre qui réunissait à un degré bien plus éminent les moyens de l'en garantir, et surtout quand on considère que ce danger peut menacer deux établissements nationaux aussi intéressants que le sont le théâtre des Arts et surtout la Bibliothèque nationale? La vcrllliulc seule peut tranquilliser le gouvernement qui est
485 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [23 avril 1790]
Journaux.
Rédacteur du 3 lloréal : « Le ministre de rintérieur aux artistes. Citoyens, après avoir rassemblé, pour votre instruction, les trésors de plusieurs siècles et de plusieurs contrées, et ouvert ainsi au génie, avec une magnificence inconnue jusqu'à ce jour, les sources les plus abondantes, il ne restait plus au gouvernement qu'à vous assurer des travaux, et à vous indiquer leur direction philosophique et morale. En effet, c'est par ce mérite de composition que l'École française va surpasser cette école fameuse à qui elle semble déjà s'égaler par le talent d'exécution pure et sévère qu'elle a montré depuis le moment où elle est revenue à l'étude de la nature et de l'antique. C'est par là aussi qu'elle s'assurera auprès du gouvernement et de la postérité une juste considération. Un nouveau mode de concours pour la distribution des travaux d'encouragement a été adopté et couronné par le succès. L'exposition Solennelle dans le salon du Muséum a tenu lieu de concours, et le jugement du jury a décerné les palmes et les prix. Ce mode sera adopté pour la distribution des travaux d'encouragement à accorder en l'an VIII. En conséquence, les artistes seront invités par l'administration du Musée à faire porter dans la salle consacrée à cette exposition celles de leurs productions qu'ils jugeront les plus dignes de concourir. Le salon sera ouvert depuis le l'^'" fructidor de la présente année jusqu'au i°'' brumaire. Un jury, qui se rassemblera vers le milieu du mois de fructidor, prononcera sur le mérite et le talent des ouvrages exposés. Les noms de ceux qui auront été distingués et honorés par des travaux d'encouragement seront proclamés au Chamj) de Mars. Que ces honneurs, qui n'ont lieu que dans les républiques, rappellent aux artistes le sentiment de leur propre dignité et tout ce qu'ils doivent à un gouvernement libre! Qu'au moment où ils saisissent le crayon, le pinceau ou le ciseau, ils assistent, par la pensée, à cette proclamation, solennelle ! Qu'ils croient alors entendre la voix de la patrie même leur dire : Artistes, honorez une nation qui vous honore ! Le ministre de l'intérieur, François (de Neufchàtcau). »
MDCLXXXVI
Rapport du bureau central du o floréal.
. . . .Événements. — Par suite d'une perquisition faite par le commissaire de police, division des Thermes, chez le citoyen Barba,
chargé d'un dépôt aussi précieux, et cette certitude ne peut s'acquérir que par la clôture de la salle de Louvois, et, si les circonstances le permettaient, le ministre ne se bornerait pas à cette précaution : il proposerait encore la translation de l'un des étabhssements nationaux qui l'avoisinent. Il se borne, quant à présent, à proposer au Directoire de passer à l'ordre du jour sur la pétition des citoyens Marque et Léger, et de maintenir son arrêté du 19 germinal.
« Fkaxçois (de Neufchàteau). »
libraire, il a été saisi une quantité considérable d'ouvrages contrefaits ; l'affaire est portée devant le juge de paix de ladite division.
Sallior, Lessore.
(Arch. nat., BB » 90, et F ' 3843.)
Journaux.
Pahlicisie du 5 floréal : « Paris, le i floréal. Sur la conscription. Pourquoi se bat-on? Pour s'assurer que la République existe autrement que de nom. Lors de la bataille de Crandprô, on se battait pour empêcher l'élablissement de la République; lors de la bataille de Fleurus, on se battait pour effectuer des déchirements dans la République; lors des campagnes d'Italie, on se battait pour empêcher l'agrandissement de la République. Telle est la gradation. Aujourd'hui les puissances étrangères, trompées par des rapports mensongers, veulent connaître par expérience si l'clTervcscence nationale, terrible dans ses elîctsles années précédentes, n'a pas été détruite sans retour par sa première explosion. Mais les rois espèrent que de nouveaux efforts seront impossibles à la France; ils comptent que des résistances partielles, multipliées par de nouvelles levées de conscrits, rallumeront les torches des discordes civiles. Si les levées s'exécutent avec célérité, si les Français se rappellent que l'Europe les regarde et que l'honneur les appelle à venger des revers passagers dus à l'infériorité du nombre, le rameau d"olivier tombe aux pieds du Directoire exécutif. Où seront-elles donc, les difficultés de la paix? L'Empire et l'Emj)creur n'ont-ils pas consenti que le Rhin nous servît de limites? Luxembourg, Maycnce, Elirenbreitstein, ne sont-ils {)as d'indestructibles garants de cette adhésion? Les puissances, même coalisées, souiïriraient-elles que la maison d'Autriche conquît sur l'énergie ré[)ublicaine 10 lieues de plus dans cette Italie, objet de son éternelle ambition? Non, les limites de ces gouvernements sont tirées par la politique, comme celles de la République le sont par la nature. Nous ne cesserons pas d'être grands pour être gigantesques ; mais nous sentirons tous que, si l'humiliation est le plus grand des maux pour des âmes libres, il nous faut, sous peine d'être le jouet de l'univers et de la postérité, montrer que les soldats de la Liberté sont comme ceux de Cadmus, et que les destinées de tous les trônes doivent être encore une fois pesées par
notre modération » — Clef du Cabinet du 7 floréal : ^ Paris, le
6 floréal Avant-hier, vers les trois lieures, quinze des chauflcurs dont
la condamnation à mort avait été confirmée la veille ont été exécutés sur la place de Grève. Ils ont pour la ])lupart porté à l'échafaud Taudace qu'ils avaient montrée au tribunal et dans le cours de leurs forfaits. L'indignation était générale contre eux, parce qu'on savait qu'ils avaient mille fois trempé leurs mains dans le sang. Il y avait parmi eux une jeune fille d'une jolie figure, et sa mère. L'un était mort dans les prisons, et un autre a été jugé par contumace. On assure que, parmi les brigands dont ceux-ci augmentaient le noml)re, il existe une organisation tellement vaste et combinée (ju'on aura })eine à l'extirper sans la plus active vigilance; car on sent bien ([uc les chefs sont trop adroits pour se mettre en avant. Leur police est des plus sévères; la moindre insubordination est punie de mort. La naissance chez eux ajoute à la
487 DllŒCTOlUE EXECUTIF • [24 avril 1799]
distinction des rangs. On n'emploie dans les hautes œuvres qu'un voleur de race; les nouveaux francs que dans les actions vulgaires; les anciennes flétrissures sont des recommandations importantes ; le bannissement, le carcan, la ileur de lys, le tabouret, marquent les différents grades; ils semblent se jouer de la mort, qu'ils appellent la boule. Depuis que deux cents de ces initiés sont dans les prisons de Chartres, il y en est déjà mort cinquante-deux : tout porte à croire qu'ils empoisonnent ceux dont l'indiscrétion pourrait compromettre la haute bande. Ils ont leur curé qui marie, baptise, et ils font un mets barbare du premier fruit de ces accouplements.
Exterminez, grand Dieu ! de la terre où nous sommes Quiconque avec plaisir verse le sang des hommes... »
INIDGLXXXyiI 5 FLORÉAL AN VII (24 AVRIL 1799).
Rapport du bureau central du 6 floréal.
Salubrité et voie publique. . . . Théâtre Montansler. — Le Buream central a prorogé de trois décades le délai qui avait été accordé aux directeurs du théâtre Montansler pour l'établissement du réservoir et de la pompe à incendie nécessaires dans ce théâtre, et il en a prévenu le commissaire de la division de la Butte-des-Moulins, d'après les observations duquel ce délai a été accordé.
La SALLE, Sallior.
(Arch. nat., F^ 3843.
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignicau du 6 tloréal: <( Paris, le 6 floréaL Le Bureau central, jaloux de faire tout concourir à l'éclat des institutions républicaines, vient d'adresser aux entrepreneurs de théâtres la lettre suivante : >■ Nous vous rappelons, citoyens, que décadi prochain, 10 floréal, se « célèbre la fête des Époux, et nous vous invitons à faire représenter, ce jour-là, « les pièces les plus morales et les plus patriotiques de votre répertoire. Les « jours des fêtes nationales surtout, les citoyens ne doivent voir sur la scène que « les vertus sociales et privées mises en action, que des pièces propres à faire « aimer la liberté, la patrie, et à donner à l'esprit public la direction qu'il doit
« avoir dans un gouvernement républicain » — Moniteur universel du
6 floréal : « Le Bureau central a fait afficher, dans toutes les salles de
spectacles, l'avis suivant : « Des filous jettent l'alarme dans les salles de spectacles, en criant au feu ! Leur but est de profiter du trouble et du désordre pour voler, et ils répandent à l'instant des odeurs analogues à celle de la
fumée ou de la toile brûlée. Le Bureau central prévient que ces fripons sont surveillés avec soin, et il invite les citoyens à rester tranquilles dans le cas où cette manœuvre criminelle se renouvellerait » « Les administrations municipales de Paris n'ont pas mis moins de zèle que l'administration centrale à exécuter la nouvelle loi sur la conscription. Depuis deux jours, elles ont fait afficher dans leurs arrondissements respectifs le tableau du nombre d'hommes qu'elles doivent fournir à la levée, en avertissant les citoyens que ce nombre peut être rempli par des enrôlements volontaires, qui seront reçus pendant trois jours. Si toutes les autorités des autres départements mettent autant de célérité à faire la levée, il n'y a pas de doute qu'avant peu nos ennemis auront en lètc de nouveaux combattants, qui ne le céderont en rien à leurs aines »
MDCLXXXVIII
Journaux.
Journal de Paris du 8 floréal : « Paris, le 7 floréal. Le Bureau central prévient les citoyens, et particulièrement les boisseliers, qu'ils doivent se prémunir contre les faux bruits que font courir les malveillants sur un prétendu changement dans les nouvelles mesures. Ces bruits n'ont pour but que d'en entraver l'émission. Loin qu'il y ait à craindre aucun changement, le gouvernement s'occupe des moyens de consolider un système utile au commerce et dont tout citoyen éclairé doit désirer la prompte exécution. »
MDGLXXXIX
Journaux.
Clef du Cabinet du 14 floréal: « Paris, le 13 floréal. On assure que le ministre de la guerre vient de donner un nouvel exemple de justice envers certains fournisseurs. Le 7 floréal, on a brûlé, par ses ordres, dans l'avenue dite des Patriotes, à Versailles, des fourrages de mauvaise qualité. Nous nous garderions bien de couvrir d'éloges la conduite de ce ministre, car il n'a fait que son devoir. Mais nous osons lui déclarer que, dans un moment où, avec tant de raisons, on se plaint de dilapidations de tout genre, il importe aux chefs du plus important des ministères d'en poursuivre sans relâche les auteurs; et que se contenter de brûler les fourrages ou les vivres, quand ils sont mauvais, sans faire arrêter et juger les fri|)ons qui les fournissent, serait ne pas remplir tout ce que la patrie a droit d'attendre de lui »
489 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [28 avril 1799]
MDCXC
Arrêté du Directoire exécutif du 9 floréal.
Le Directoire exécutif, sur le rapport du ministre de ia guerre, considérant que la publicité des faits mémorables de la guerre est un juste tribut payé par la nation aux talents et au courage des défenseurs de la patrie, arrête ce qui suit : 1° Le journal publié sous le nom de [Journal] des Défenseurs de la Patrie sera continué et imprimé à quatre mille exemplaires. — 2° Le ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté.