L. MiLLY, Le Tellier, Ghampein
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 24 messidor : « Paris, le 2i messidor ....Hier, sur les neuf heures du soir, la Société du Manège a été troublée : elle chantait, suivant son usage, les airs patriotes, lorsque les cris : A bas les Jacobins ! A bas les buveurs de sanij ! sont sortis des groupes qui étaient sur la terrasse des Feuillants. Des pierres, dit-on, ont été lancées contre la salle; on ajoute qu'on a entendu les cris de Vive le Roi! Le tumulte a duré au nKjjns un quart d'heure. La garde du Corps législatif a fait tout rentrer dans l'ordre, et plusieurs individus ont été arrêtés et conduits à la Commission des inspecteurs. « — Journal dti Soir des frères Chaujnieau du 26 messidor : « Paris, le 26 messidor. Dans les différents tumultes qui ont eu lieu depuis le 23 aux Tuileries, à l'occasion de la tenue de la Société politique au Manège, la garde du Corps législatif, chargée du maintien du bon ordre dans ce jardin, et plusieurs autres individus armés de bâtons, arrêtaient ceux qui criaient : A bas les Jacobins! ou qui se permettaient des propos contre les sociétaires; on les conduisait, au fur et à mesure, à la Commission des inspecteurs des Anciens, qui, après un premier examen, les renvoyait ou les faisait traduire au Bureau central, s'il y avait lieu '. — L'article suivant est extrait de la Chronique universelle : Le citoyen Brosselard (rédacteur de ce journal) a été arrêté le 23 au soir, lors du mouvement qui eut lieu. Voici la cause de son arrestation. Il vit se former un mouvement qui semblait dirigé contre un homme qu'on allait assommer et qu'on accusait d'avoir crié Vive le Roi! L'intérêt qu'un bon citoyen doit éprouver dans une telle circonstance fit que le citoyen Brosselard s'approcha du groupe, et, comme il n'avait rien entendu de ce qu'on reprochait à ce malheureux, il ne put s'empêcher de crier avec force : « Il n'a pas dit ça. » Dans le même instant, un homme lui met la main au collet et l'arrête : on le conduit au corps de garde de la Commission des Anciens. Le citoyen Brosselard croit avoir reconnu des Allemands et des Anglais dans ceux qui voulaient assommer le malheureux en question, car les uns disaient : Il a crié fife le Roi! et les autres : Il craie goddem vive le Roi! et l'un n'était pas plus vrai que l'autre. Il est à désirer que ces scènes affligeantes ne se renouvellent pas fréquemment dans le jardin des Tuileries;
l.-Voir aussi le Moniteur et le Journal des Hommes libres du 85 messidor an VII.
617 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [12 juillet 1799]
elles feraient bientôt déserter cette belle promenade. Le citoyen Brosselard est maintenant en liberté et n'a qu'à se louer des inspecteurs de la salle, qui ne l'ont tenu que vingt-deux heures en charte privée'. » — Journal des Hommes libres du 25 messidor : « Paris, 24 messidor . . . Victor Hugues a reçu, en duel, une balle dans la poitrine. Le combat a eu lieu à huit heures du matin. Rappeler qu'il était question, ces jours derniers, de Victor Hugues pour le ministère de la marine, c'est fixer l'attention publique sur le premier caractère de cette affaire. Les ennemis naturels de Victor Hugues sont d'abord l'horriblement puissante faction anglaise et ensuite les émigrés, les Rochambeau, les Bruix et autres..., car il n'a fait du mal qu'à ces espèces de gens-là >)
MDCCLXIY
Rapport du burkau ceintral du 24 messidor '.
Journaux du 24 courant. — La manière dont le Messager des relations ettérieures rend compte d'une séance de la Société politique séante au Manège est remarquable sur la partie d'un discours portant serment d'être fidèle à la Constitution de l'an 111 ; il ajoute en parenthèse : Silence général; après avoir dit que l'orateur appelait à l'échafaud Schérer, Reubell, Merlin, La Révellière, Treilhard, Rapinat, Lagarde, Faipoult, Trouvé, Talleyrand, etc., il ajoute : Applaudissements universels et longtemps prolongés. — Il fait précérler le texte delà loi sur la responsabilité des communes 2, d'improbations formelles; il traite les formes de ce projet de révolutionnaires, et dit que les conséquences en seraient funestes. « Autant vaudrait, dit-il, mettre pour premier article que la Constitution sera violée toutes les fois que les circonstances l'exigeront. Législateurs, vous nous deviez l'union et le bonheur, ne nous apportez-vous que la discorde et la mort? » — Il échappe au Publiciste l'expression de « classe du peuple », qui dans le sens de la phrase suppose une distinction de rang réprouvée par les principes d'égalité. — Les autres journaux ne donnent lieu à aucune analyse.