‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 155 sur 254 · L. MiLLY, Le Tellier · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Le Tellier

(Arch. nat., BB » 90, et F» 3843.)

641 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [19 juillet 1799]

Journaux.

Moniteur du 3 thermidor : « Paris, le 2 thermidor. ...Une adresse des citoyens du V^ arrondissement, affichée dans tout Paris, demande que les citoyens do cette commune soient réarmés, et que l'on fournisse des armes aux républicains trop indigents pour en acheter. » — Publiciste du 3 thermidor : « Paris, le 2 thermidor. ...Plusieurs des maisons de banque les plus accréditées renvoient leurs commis, faute d'occupation à leur donner. Il ne se fait plus presque aucune affaire à la Bourse L'argent se resserre chaque jour davantage. Les pièces de 24 francs se sont vendues, ces jours derniers, jusqu'à 16 et 18 sous. Les opérations commerciales sont sans activité. La moitié de ceux qui font des lettres de change les laissent protester... » — Clef du Cabinet dn 3 thermidor : n Paris, le 2 thermidor. Une personne de notre connaissance se trouvait dernièrement dans un de ces salons modernes où des laquais enrichis et des servantes parvenues singent, à faire mourir de rire, les maîtres qu'ils servaient autrefois. Tous ces êtres, crées et mis au monde par la Révolution, déclamaient, comme il est d'usage parmi eux, contre la République, et, tout en buvant des liqueurs fortes, protestaient, avec les grâces de Madame Angot, que la France ne pouvait être sauvée qu'en la jetant dans les bras « paternels » d'un roi. Le citoyen qu'on avait, malgré lui, présenté dans cette noble compagnie, voulut tirer parti de la circonstance et s'amuser de ceux qui le méprisaient assez pour croire qu'il pensait comme eux. — Mais, mesdames (car c'est toujours par elles qu'il faut commencer), souffrez que je vous demande quel est, parmi les prétendants, celui que vous choisiriez pour le placer sur le trône; car, j'ai déjà entendu parler de bien des concurrents. L'une nomme le ci-devant comte d'Artois, l'autre le ci-devant duc d'Angoulême, une troisième le ci-devant Monsieur ; plusieurs des messieurs désignaient le ci-devant duc de Chartres ; il y en eut qui allèrent jusqu'à choisir un prince de la maison d'Angleterre, un prince de la maison de Prusse, un prince même de la maison d'Espagne, ce qui est encore plus gai. Vingt personnes furent de quinze avis différents. Un nouveau venu les trancha tous, en protestant que nous n'aurions jamais pour roi un Autrichien ou un Russe, parce que c'était là le seul moyen d'en finir... — « Messieurs et « dames, répliqua celui qui avait fait la question, vous ne pouvez vous « accorder entre vous sur le choix d'un monarque, et vous prétendez qu'au (( milieu des flots de sang qu'il faudrait faire couler pour rtUablir la mo- « narchie, trente millions d'hommes n'auront qu'un sentiment pour le maître « qu'ils voudraient se donner"? Permettez que nous gardions un gouvernement « qui peut seul nous éviter des commotions effroyables, et cessez de désirer « un ordre de choses où, quoi que vous en puissiez dire, votre sort ne serait « pas bon ...»

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