Suit le discours de Siéyès, président du Directoire
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midor : « Paris, le 10 thermidor . . . Hier, à midi, le secrétaire de la Commission des inspecteurs du Conseil des Anciens, accompagné d'un officier de la garde du Corps législatif, a signifié à la Commission d'instruction publique de la Société du Manège l'arrêté du Conseil des Anciens qui défend à aucune Société particulière de se tenir dans son enceinte. Aussitôt la Commission d'instruction s'est présentée à l'administration municipale du X* arrondissement et a demandé que la Société pût s'assembler dans le Temple de la Paix rue du Bac (le ci-devant couvent des Jacobins) ; l'administration municipale a aussitôt accordé le local, sauf l'approbation de l'administration centrale. En conséquence, la Commission d'instruction a fait afficher aussitôt autour de la salle du Manège dont les portes étaient fermées et gardées par des grenadiers, que la Société se réunirait le jour même aux Jacobins, rue du Bac. On s'est bien gardé d'ajouter: au temple de la Paix; les frères n'auraient pu trouver l'adresse. Puisqu'ils le veulent absolument, nous ne les appellerons plus désormais que les Jacobins. » — Moniteur du 12 thermidor : « Paris, le H thermidor ... Le 9 thermidor, l'inauguration de la nouvelle salle des Jacobins a été faite, et il a été ensuite prononcé par Moreau (de l'Yonne), membre du Conseil des Anciens et régulateur de la Société, Vezu, Roussel, Marchand et Destrem, membres du Conseil des Cinq-Cents, des discours dans lesquels on a demandé la punition des voleurs et une loi sévère contre quiconque porterait atteinte aux réunions politiques. » — Journal des Hommes libres du 10 thermidor : « Paris, 9 thermidor. Aujourd'hui, 9 thermidor, à midi, le secrétaire de la Commission des inspecteurs de la salle du Conseil des Anciens s'est présenté à la Commission d'instruction publique de la Réunion, accompagné d'un officier de la garde du Corps législatif. Il a remis à l'un des membres de cette Commission l'arrêté dont la teneur suit : « Extrait du procès- « verbal des séances du Conseil des Anciens du 8 thermidor de l'an VII de la « République française une et indivisible. Le Conseil des Anciens, après avoir « entendu le rapport de la Commission des inspecteurs, arrête ce qui suit : « 1° Aucune Société particulière, s'occupant de questions politiques, ne peut « tenir ses séances dans l'enceinte extérieure du Conseil. — 2° La Commisce sion des inspecteurs de la salle est chargée de l'exécution du présent arrêté, (f Le 8 thermidor an VII de la République française, Du Bois du Bais, prési- « dent; Barailler, Baudin (des Arden.nes), Perrin, J. Riffaut, Cornet. » — La lecture achevée, le porteur d'ordre a reçu cette réponse : « Citoyen, l'auto- « rite légale a parlé ; nous nous relirons. » — La Commission s'est occupée surle-champ de la recherche d'un autre local; dès deux heures elle a obtenu une autorisation de la municipalité du X^ arrondissement, ainsi conçue : «Admi- « nistration municipale du X*' arrondissement. Extrait du registre des délibéra- « lions, séance du 9 thermidor. Des citoyens ont été admis à la séance; ils ont « demandé à l'administration qu'elle les autorisât à s'assembler provisoirement « dans le temple de la Paix, pour y former une Société s'occupant d'objets po- « litiques, exposant que leur intention était de faire cette demande à fadminis- « tration centrale du département; mais que, cette administration n'étant pas « assemblée, et ne le devant être que dans trois jours, ils ont pris le parti de « s'adresser à l'administration municipale pour l'inviter à leur donner celte « autorisation, attendu qu'ils sont forcés de sortir du local où ils tenaient au- « paravant leurs séances. L'administration, délibérant sur la demande de ces (( citoyens et considérant que rien ne s'oppose à ce qu'elle soit accordée, arrête
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« que les pétitionnaires sont autorisés à se réunir provisoirement en Société « dans le temple de la Paix, pour y former une Société s'occupant de discussions « politiques en se conformant aux lois, et sauf l'approbation de l'administra- « tion centrale. Extrait de la présente délibération lui sera, à cet efi'et, adressé. « Pour extrait conforme : Mage.ndie, président; Fabre, Quin, Clef, Plongenes.»
— La Commission d'instruction publique a fait annoncer de suite, et par une affiche, dans Paris, ce changement de local. » — Journal des Hommes libres du 11 thermidor : « Paris, 10 thermidor ... Un citoyen nous écrit : « Hier, vers neuf heures et demie du soir, je me trouvais au café Godeau, près d'un particulier vêtu de la manière la moins remarquable, mais qui paraissait diriger les groupes. Mon âge, ma mise lui firent sans doute croire que j'appartenais à la classe de ceux qui l'avaient envoyé; il me presse légèrement le pied et me dit à l'oreille : « N'oublions pas de crier bien haut, en sortant, ^i Vive la République! c'est ainsi qu'on met son monde dedans. » Je ne pus retenir mon indignation, et cette maladresse le fit s'esquiver. Cependant les groupes s'animaient. Les clameurs étaient dirigées contre la Société qui s'était réunie au Manège les jours précédents. On vomissait les imprécations et les menaces d'assassinat contre tous ceux qui en avaient été membres. Je reconnais un patriote, je l'aborde : «Mon ami, lui dis-je, nous touchons à une réac- « tion aussi sanglante que les précédentes. Souworow gagne sa cause, et les « républicains seront encore une fois victimes de leur générosité. » Cependant l'homme qui m'avait poussé le pied faisait avancer les groupes vers moi. On nous serre, on nous enveloppe, on nous insulte. « Les royalistes, dit le vieillard « qui m'accompagnait, sont des lâches qui ne savent qu'assassiner.» A ce propos, on s'élance sur mon compagnon. Je le couvre de mon corps; alors on s'attache à moi, et je suis accablé de coups par les provocateurs. Une table, qui se trouve placée devant moi, me sauve d'un coup qui m'était adressé par mon homme, que j'ai parfaitement reconnu, La garde des Invalides est survenue et nous a retirés des mains de ces braves. J'ai voulu sur-le-champ instruire la Commission des inspecteurs du Conseil des Anciens de cet événement et du
joli mot d'ordre qu'on m'avait donné par méprise » — Ami des Lois
du 10 thermidor : « ... Drouet est venu à la Commission des Anciens remettre les clefs du Manège, comme Legendre rapporta un jour les clefs des Jacobins. A propos de Jacobins, les tyrans ont pris l'église des Jacobins de la rue du Bac pour lieu de leurs séances; depuis leur départ du quartier Honoré, les boutiques restent ouvertes jusqu'à dix heures ; on les fermait avant dès
sept heures du soir » — Gazette de France du 10 thermidor : « Paris
...On dit les maisons de jeu rouvertes à Paris sans l'autorisation de la
l)olice » — Messager dn 11 thermidor : « Paris, 10 thermidor. De
nombreuses décharges d'artillerie ont annoncé hier et aujourd'hui à cette capitale que les Jacobins ne couvriraient plus la France de deuil et de sang. Le sentiment que la célébration de cette fête fait naître dans tous les Français y a porté une tout autre confiance depuis qu'on connaît la délibération du Conseil des Anciens d'avant-hier et du comité secret qui en a été la suite »
— Clef du Cabinet du 12 thermidor : « Paris, le 11 thermidor ... Les voitures et les charrettes ne traverseront ])lus la vaste cour du ci-devant Louvre, devenu palais national des sciences et des arts; celte vaste cour ellemême va devenir incessamment un beau jardin » — Clef du Cabinet du
13 thermidor : <^ Paris, le 12 thermidor ... On a remarqué que le 9 lliermi-