Voir plus haut, p
3. Comédie en trois actes et en prose, mêlée d'ariettes, paroles de Marsollier, musique de Dalayrac, représentée pour la première fois le 8 floréal an III. Cf. Tourneux, n° 18,625.
4. A partir de cette époque, les journaux eurent plus de liberté légale. En effet, le 14 thermidor an VII, une loi abrogea l'article 35 de la loi du 19 fructidor an VII, qui permettait à la police de prohiber les journaux.
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plus la faculté de retourner sur ses pas. Ils ont pour appuyer leur théorie l'exemple de Carnot qu'ils entraînèrent dans leurs rangs de cette manière. Si le Directoire résiste après le premier pas fait, ils n'en obtiendront pas moins de très bons résultats provisoires ; il est, par exemple, très vraisemblable qu'ils obtiendront la création d'un terme de proscription nouveau, pour remplacer les termes usés d''anarchistes et de terroristes. Merlin le cherchait, quand le 30 prairial vint le frapper; d'habiles gens en ont déjà proposé, entre autres le Journal de Paris. Ce terme trouvé, la réaction, dont aucun événement depuis cinq ans n'a interrompu l'horrible permanence, redouble d'audace et de fureur. Le sang ruisselle de tous côtés. Ne pérît-il que vingt-cinq mille républicains, Pitt ne les paie pas trop cher en les payant 25 millions. Le royalisme se vante encore, toujours au moyen de ces 25 millions, d'arrêter quand il le voudra (et il le veut dès à cette heure) ces destitutions, ces déplacements, qui ont éloigné un assez grand nombre de ses bons amis des fonctions où il les avait placés. Quoique le sacrifice paraisse d'abord assez grand, les bonnes tètes du parti (j'entends le parti royaliste uni à son auxiliaire, le parti fripon) ont facilement démontré à la tourbe que 25 millions n'étaient rien en proportion de ce qu'ils avaient volé. Or les maudits Jacobins i)rétendaient tout faire restituer, et en seraient peut-être venus à bout. Il y avait donc, indépendamment de toute autre considération, intérêt arithmétique, au moins de vingt à un, à effectuer la cotisation ~de 25 millions. Tous ces bruits sont-ils fondés ? Nous l'ignorons, nous ne croyons pas à ce trafic de notre liberté et de notre sang; mais il est vrai que ces bruits circulent, qu'ils sont publics, que les voleurs ont fondé sur ce plan l'espoir de l'impunité, et le royalisme l'accomplissement de ses plus chères espérances.» — Ami des Lois du 15 thermidor : « Variétés. .. .Les Jacobins sont divisés ; ils vont se séparer. Les orléanistes iront d'un côté, les royalistes purs d'un autre, les anarchistes feront aussi bande à part ; les constitutionnels formeront, dit-on, une Société particulière, à laquelle se réuniront les républicains attachés sincèrement au
régime actuel et qui feront tous leurs efforts pour le maintenir » —
Pubiiciste du 16 thermidor : « Paris, le 15 thermidor. ...Il parait une brochure d'une excellente discussion, et qu'eût recommandée bien davantage le nom de son auteur, s'il eût été à la tète (on l'attribue au citoyen Kœderer). Elle est intitulée: 5'wr les principes et les caractères de l'emprunt forcé. Critique de ce qu'on a proposé, démonstration des vices financiers et politiques du premier emprunt ; profonds développements sur cette matière, vues excellentes pour découvrir des ressources moins désastreuses, tout se trouve dans ce petit écrit. Saint-Aubin a publié aussi sur le même sujet une brochure où l'on retrouve le patriotisme et l'originalité de l'auteur. Elle est intitulée : Peut-on sauver la République en la faisant aimer? n'y a-t-il pas moyen d'emprunter 100 millions sans ruiner la France, et mécontenter tous les citoyens? ou Réflexions isolées sur l'emprunt de 100 millions*. » — Messager des relations extérieures du 15 thermidor : « Paris, 1i thermidor. ...Les meneurs de la Réunion politique devaient donner aujourd'hui, au ci-devant Hôtel de Choiseul, faubourg Honoré, un diner de deux cents couverts ; on a fait distribuer à cet effet des cartes à plusieurs membres des deux Conseils, et l'un de ceux chargés de l'ordonnance du banquet fra-
i. Bibl. nat., Lb 42/726, in-8.
ternel disait à l'un des garçons du restaurateur : « Ah ça, n'ayez pas peur du « bruit, entendez-vous? Nous voulons casser les vitres ce soir pour voir « la lumière »
Rapport du bureau central du 16 tuermidor.
Rapport sur les journaux. — On retrouve encore aujourd'hui dans les Affiches et Annonces l'annonce de la prochaine représentation de Ylntérieur des Comités révolutionnaires. Est-ce une tentative que l'entrepreneur du théâtre de la Cité a voulu faire pour savoir si son vœu serait appuyé des partisans de la réaction? L'entrepreneur de ce théâtre, appelé et entendu, nous a formellement déclaré qu'il n'avait point autorisé cette annonce. La Clef du Cabinet doute avec beaucoup de raison que l'on tolère ce brandon de discorde. — On lit dans le Messager des relations extérieures d'hier une adresse ou lettre écrite aux autorités constituées du département de la Gironde par des individus qui se qualifient « d'amis confédérés de l'ordre et de la paix ». Ces amis de l'ordre osent se constituer en rébellion ouverte contre la loi sur la responsabilité des communes, et ils menacent de la mort les magistrats qui l'exécuteront; ils disent qu'ils prendront des otages à mesure qu'on enlèvera aux termes de celte [loi] qu'ils appellent loi de sang et de rapines. « Votre vie, écrivent-ils, répond de la leur, vos biens de leurs biens, vos parents de leurs parents. » — On remarque surtout cette profession de foi mal déguisée de royalisme : « Que la République soit le meilleur des gouvernements, c'est une question métaphysique que nous ne discutons pas. Qu'elle vive, la République, mais sachez bien que nous n'avons pas plus envie que vous de mourir avec elle. » Ce style d'insolence et d'ironie ne laisse aucun doute, sur le but de cette étrange adresse ou pamphlet qui circule à Bordeaux, et on a tout lieu de suspecter l'intention dans laquelle le Messager répand officieusement le contenu. — Le même journaliste cite aujourd'hui une correspondance de Marseille, portant que dans cette ville les membres de la Réunion politique ont porté en triomphe le buste de Marat et traîné dans la boue le portrait de Barras. — Enfin le même Messager trace le portrait du royaliste qu'il dit n'exister que dans le passé, du .lacobin qui a soif de carnage, et du constitutionnel
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qui a le cœur Iransi. C'est encore le royalisme qui parait avoir décidément rédigé ce tableau, dans l'intention peut-être de créer des partis. — Les Jacobins, dit le Publiciste, commencent à désigner hautement le Directoire sous le nom de « royauté penlarchique ». — La marche de la flotte française depuis sa sortie de Brest est fortement improuvée par le Journal des Hommes libres ; il paraît surtout très inquiet de voir notre flotte en Espagne et douter de la loyauté de cette puissance. Il aimerait mieux aussi voir les vingt-cinq mille Espagnols, annoncés comme étant sur nos frontières, aller combattre les Austro-Russes en Allemagne et en Italie que de venir nous défendre en France. Enfin il parle d'une offre faite de 25,000,000 francs au Directoire par les royalistes réunis aux chefs de la faction des voleurs, s'il veut fermer la réunion de la rue du Bac. Il présume que ces fonds sont faits par l'Angleterre pour faciliter le développement de la réaction. — Les autres journaux ne donnent lieu à aucune observalion importante.