L. MiLLY, CUAMI'EIN
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du J6 thermidor : « Paris, le 16 thermidor. ...Les crieurs des rues se sont amusés ces jours derniers à réveiller l'attention des Parisiens par des bruits faux. En elTet, Treilhard est toujours à Issy ; La Révellière à sa campagne près de Paris; Merlin dans son pays, et Reubell assiste régulièrement au Conseil des Anciens. » — « Plusieurs pamphlets courent les rues de Paris. L'un est intitulé : L'ancien Directoire nous vendait, le nouveau nous fera pendre. Un autre, qui est probablement tout dans le titre, est intitulé : Les Jacobins au déijel, la Ilépublique à l'orage, le gouvernement au variable, les Cinq-Cents à la pluie, les Anciens au calme, les rentiers au sec, les voleurs au vent, nos armées à la tempête. » — Gazette de France du 20 thermidor : « . . .Dans la matinée du 15 thermidor, on a trouvé dans les rues de Paris, répandus çà et là, un grand nombre de paquets cachetés en forme de lettres, renfermant des proclamations du ci-devant prince de Condé aux Français. Plusieurs de ces proclamalions ont été lues publiquement: elles donnent aux Français l'assurance qu'ils ne tarderont pas à être délivrés de la tyrannie et de l'oppression d'une horde de brigands révoltés ; la promesse d'une amnistie générale, et invitation à tous de se rendre dignes de l'amour de leur bon roi, sous les drapeaux duquel tous les conscrits vont se ranger en foule, etc. »,
MDCCLXXXVI
Journaux.
Journal des Hommes libres du 17 thermidor : « Paris, 16 thermidor . . . .Ce matin, deux brigands couverts de crimes ont été exécutés en place de Grève. Ces scélérats n'ont pas cessé de crier depuis leur sortie de la Conciergerie jusqu'à la Grève : A bas la République ! A bas les scélérats de Jacobins! Yive le Roi! Vive Louis XVIII ! Ils interrompaient leurs cris par des couplets du Réveil du peuple, et puis recommençaient leurs vociférations avec une nouvelle rage. Ils sont montés à l'échafaud avec précipitation, et leur dernier cri a été : Vive le Roi! A bas les Jacobins! Réacteurs, voilà donc vos soutiens ! S'il pouvait rester une ombre de doute, dans l'âme d'un républicain de bonne foi, sur le royalisme des réacteurs, que cet exemple leur ouvre enfin les yeux. Pitt, Souworow, tous les rois coalisés, tous les émigrés, tous les royalistes sans masque s'accordent unanimement à proscrire les Jacobins. Les réacteurs s'accordent tous à proscrire les Jacobins. Il est évident qu'ils n'emploient les mêmes moyens que parce qu'ils arrivent au même but » — « Personne n'ignore qu'il n'est pas, d'administration où le royalisme ait autant de partisans que dans le ministère des finances. La plupart des chefs de bureau sont les mêmes qui l'étaient sous Galonné et Necker; les autres sont du choix d'Amelot ; lorsqu'il a organisé la caisse de l'extraordinaire, une bande de procureurs, d'avocats, de prêtres et de faiseurs d'affaires s'y sont introduits ; les émigrés, les parents d'émigrés, les intrigants, les voleurs, enfin tout ce qui est ennemi de la République y trouve, non seulement des protecteurs, mais encore de zélés serviteurs. Ces hommes ont bravé toutes les époques de la Révolution ; ils regardent leur place comme leur patrimoine, et il semble que la République ne les salarie que pour l'anéantir. C'est à Lindet à introduire l'esprit républicain dans cet antre où il n'a jamais pénétré et à mettre ces hommes d'accord avec leur conscience en les dispensant d'agir contre leurs principes. Qu'il ne s'effraie pas des cris que va pousser l'aristocratie, s'il frappe quelque serpent royal; il doit s'y attendre. C'est véritablement en désorganisant les plans des voleurs et des protecteurs
d'émigrés et d'aristocrates, qu'il composera un ministère républicain »
— Publiciste du 19 thermidor : « Paris, le 18 thermidor. .. .La Bourse a été, avant-hier, assez orageuse. Il y a eu plusieurs différends relativement à des offres faites ou à des conventions équivoques. On a eu recours à des arbitres pour juger les cas douteux. Le résultat des négociations a été assez défavorable |)0ur tous les cours. Les tiers consolidés ont éprouvé beaucoup de baisse. » — « La pénurie du numéraire est si grande que le Mont-de-Piété a été obligé de suspendre les prêts déjà très modiques qu'il faisait. On espère que le gouvernement viendra au secours de cette administration si utile aux malheureux .... »
669 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [6 août 1799]
MDCGLXXXVII
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 19 thermidor : « Paris, le 19 thermidor. . . .Le Directoire a écrit au ministre de la police la lettre suivante : « On vient de remettre au Directoire rexeni|)!aire d'une affiche pla- « cardée dans Paris, portant })Our titre : Guerre à mort aux Jacobins. Le " Directoire vous charge de faire, sans délai, les recherches et prendre les « mesures nécessaires pour découvrir et livrer aux tribunaux les auteurs, « imprimeurs et afficheurs de ce placard incendiaire '. » — « L'administration des monnaies vient de démentir un bruit calomnieux qui répand que les pièces de 5 francs, frappées en l'an VII, n'ont pas la môme valeur que les anciennes.» — «La pénurie du numéraire est si grande, que le Mont-de-Piété a été obligé de suspendre hier les prêts déjà très modiques qu'il faisait. On espère que le gouvernement viendra au secours de cette administration bienfaisante. » — Ami des I^ois du 18 thermidor : (( Variétés. . . .La garde a été doublée ces jours derniers au Directoire, les canons disposés et trois cents constitutionnels armés jusqu'aux dents pour repousser les frères et amis qui avaient le projet de faire une visite brutale à Siéyès et Barras. Les frères, ayant appris qu'on leur ferait résistance, sont restes en panne ; les frères sont très indisposés contre Gohicr, qui s'est réuni à ses collègues ; ils le traitent de feuillant. » — « La Société des Jacobins n'offre plus aucun intérêt; ses séances sont nulles : elle anommé Augereau régulateur; Prieur (de la Marne),
vice-régulateur; Frison et Stévenotte annotateurs » — Publiciste du
20 thermidor : « Paris, le 19 thermidor. ...Le bruit répandu par l'agiotage que les pièces de S francs frappées en l'an VII n'avaient pas la même valeur
des anciennes, est démenti par l'administration des monnaies » — Jour-
nalde Paris du 20 thermidor: « Nouvelles. . . .Le Palais-Égalité et plusieurs autres lieux ont été cernés, la nuit du 17 au 18. A la suite des visites dans des maisons garnies, il a été fait quelques arrestations. . . »
MDCCLXXXVIII
19 THERiMIDOR AN VII (6 AOUT 1799j.
Journaux,
Journal du Soir des frères Chaignieau du 20 thermidor : « Paris, le 20 thermidor. ...Plusieurs colporteurs, criant le premier numéro des Actes
1. Cette lettre, datée du 18, se trouve aux Arch. nat., AF ni, 619, signée : Gohier, MoiLiN, Roger Dlcos.
[6 AOiT 1799] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 670
des Apôtres* ont été saisis.. . » — Journal des Hommes libres du 20 thermidor : u Paris, 20 thermidor. ...Bailleul, dans son journal*, dit du mal de Briot. Il serait bien malheureux qu'il on eût dit du bien. Cette nuit, on a tapissé la porte de la maison où demeure Briot avec l'affiche royaliste! Guerre ù mort aux Jacobins. On demande s'il y en a eu d'affichées à la porte de Bailleul.... » — Ami des T^ois du 19 thermidor : « Variétés. ...Le Comité Vatar sollicite, menace, intrigue pour bouleverser les bureaux du ministère des finances, comme il a fait de ceux de l'intérieur, de la guerre et de la police ; mais Robert Lindet, qui ne voulait pas être ministre, ne fera aucune bassesse pour conserver cette place. Il sera maître chez lui, et ni Directeur, ni Jacobin ne lui fera faire ce qu'il ne jugera pas convenable à l'intérêt public. Sa conduite ferme, inflexible, juste, a inspiré la plus grande confiance aux négociants qui sont déterminés à faire des avances à la République : « Vous « pouvez me tromper, leur a-t-il dit, mais je ne vous tromperai jamais.» Ramel au contraire ne se couchait jamais plus content que lorsqu'il avait trompé quelqu'un. » — « Les paysans des environs de Paris sont d'une simplicité inconcevable ; ceux de la vallée de Montmorency ont beaucoup d'attachement pour La Révellière-Lépeaux. Pendant qu'il était Directeur, il vivait avec eux dans la plus grande familiarité; il les éclairait sur la culture, les aidait de sa bourse et les consolait dans leurs peines. Après sa chute, il retourna parmi eux; ils vinrent en foule le complimenter sur ce que, pour le récompenser de ses travaux, le Conseil des Cinq-Cents lui avait accordé la place de
triumvir » — Publiciste du 21 thermidor : « Paris, le 20 thermidor.
Les nombreux efforts que l'on aperçoit ici pour agiter et soulever la multitude sont jusqu'ici sans aucun succès. Elle continue à se plaindre, mais à chercher dans le travail le remède de ses maux, sans pnendre aucun intérêt aux discussions politiques. Trompée si souvent par tant de i)romesses illusoires, la défiance est aujourd'hui le sentiment qui la domine. Au reste, elle ne demande qu'à rester tranquille, à l'abri des lois. Aussi n'y aurait-il pas peut-être en ce moment de pays plus facile à gouverner que la France, si l'on n'avait rouvert la carrière à des hommes qui, depuis les Directeurs jusqu'aux généraux de nos armées, tracassent et dénoncent tout ce qui ne leur est pas servilement dévoué » — Messager des relations extérieures du 21 thermidor : « Paris, 20 thermidor. On assure que les plus fougueux émissaires du parti révolutionnaire se sont transportés dans les manufactures du faubourg Antoine; mais leurs discours et leurs promesses n'ont pu pousser les ouvri'ers au plus saint des devoirs. Ces paisibles artisans sentent qu'il est plus avantageux, plus honnête et i»Ius sûr de gagner 3 francs en travaillant à la prospérité du commerce que de gagner pour quelques jours 30 à 40 sous en travaillant la marchandise. Les ateliers n'ont rien perdu de leur activité, mais les frères ont perdu leur audace » — Journal de Paris du
20 thermidor : « Paris, 19 thermidor. La garde du Directoire est doublée depuis quelques jours »
1. Ce journal n'est pas mentionné par M. Tourneux. C'était sans cloute une suite ou une reprise de la feuille du même nom que Barrnel-Beauvert avait publiée du 23 brumaire an V au 10 fructidor suivant (Bibl. nat., Le 2/921-922, 4 vol. in-8).
2. Il s'agit sans doute du Journal du Commerce (Bibl. nat.. Le 2/833, in-4).
671 niHECTOIME EXKCCTIF [K aoit 1799]
MDCGLXXXIX
Rapport du bureau central du 22 thermidor.
Rapport sur les journaux. — VAmi des Lois oiïrait hier cela de particulier qu'il expliquait le mot de Jacobin, dont il avait toujours fait précédemment une injure sanglante; il voyait dans ceux qu'il accusait d'opinions exagérées les mêmes principes que ceux qui caractérisaient à son avis le club des Cordeliers; il prévient en conséquence qu'il appellera dorénavant Gordeliers ceux qu'il appelait Jacobins. Aujourd'hui le même journaliste, d'accord en cela avec le Journal du Commerce, attribue à l'existence des réunions politiques la misère publique, la chute du crédit et la dépréciation des propriétés nationales particulières. — Il s'élève également contre la loi de l'emprunt en disant qu'elle a fait fuir les riches de Paris, et que l'on redoute les jurys, qu'on les fuit comme on fuyait autrefois les Comités révolutionnaires. « Il serait plaisant, ajoute-t-il, que dans « six mois on décrétât d'accusation ceux qui ont proposé les der- « nières lois révolutionnaires, comme ayant violé la Constitution. » — Le Surveillant s'élève aussi aux plus fortes sorl'es contie les Jacobins, car il soupçonne sous ce nom un parti qui veut se charger seul du salut de la patrie, si les Conseils hésitaient de prendre des mesures convenables, et le passé, dit-il, a montré comment ils s'en tiraient. En observant que Paris est tranquille, il croit s'apercevoir que les Jacobins tiennent le l.mgage qu'ils affectent d'ordinaire à la suite des mouvements qu'ils préparent. — Le Publiciste annonce, trop officieusement peut-être pour l'ennemi, que l'on ra'^semble des troupes à. Toulon pour une expédition secrète. — On lit la phrase suivante dans le Journal des Hommes libres, au sujet des discours que le Directoire prononce ordinairement les jours des fêtes nationales: « Quoi qu'il en soit des intentions, que nous nous abstiendrons de ju- « ger trop sévèrement, si l'on ne change pas le style fie nos grands « discours directoriaux, il faudra se préparer à entendre un jour faire « l'éloge de la royauté en célébrant le 10 août, et qu'on annoncera « au Champ-de-Mars, le l*"" vendémiaire suivant, le rétablissement « de la royauté. » — Les autres feuilles ne donnent lieu à aucime analyse. L. Milly, Le Tellier,
(Arch. nat., BB^ 9Û).
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 22 thermidor : « ...L'administration centrale de la Seine, chargée par la loi du 10 messidor de l'organisation des bataillons auxiliaires dos conscrits depuis vingt-deux jusqu'à vingtcinq ans, vient de leur adresser une proclamation, où elle leur annonce que l'heure de leur départ est arrivée. A cette proclamation est joint un arrêté de la même administration, qui ordonne aux conscrits qui se trouvent encore dans leurs foyers à Paris, ou dans les cantons ruraux, de se réunir dans la
caserne de Courbevoic Les conscrits se rendront à leurs municipalités,
où il en sera fait un premier appel ; ils seront conduits par l'administration municipale à Courbevoie, où il sera fait un second appel pour constater les absents. » — « On prétend que les sociétaires de la rue du Bac sont allés rue Martin, vu la difficulté qu'ont les orateurs de se faire entendre dans l'église des Jacobins. » — Journal des Hommes libres du 23 thermidor : « Paris, 22 thermidor. ...La plupart des journaux ont annoncé la fermeture du Mont-de-Piété. Ils ont eu soin d'y joindre la nouvelle de la nomination de Pache, et d'insinuer que cette nomination était désagréable au Directoire ; qu'elle avait aussi indisposé les banquiers qui avaient des fonds au Mont-de- Piété, et qui avaient mieux aimé les retirer que d'avoir à rendre compte à un tel homme. Le refus de telles gens honore un tel homme .... » — Ami des Lois du 22 thermidor : « Variétés. . . .Tous les riches quittent Paris depuis la loi des 100 millions '; les équipages ont disparu; on failles jurys', comme on fuyait les comités révolutionnaires. Les ouvriers sont sans ouvrage : il faut qu'ils aillent en demander aux clubs qui trouvent des remèdes à tout. Il serait plaisant que dans six mois on décrétât d'accusation ceux qui ont proposé les dernières lois révolutionnaires, comme ayant violé la Constitution. On a
vu des choses plus étonnantes » — Messager des relations extérieures
du 23 thermidor : « Paris, 22 thermidor. On assure que l'on fait circuler dans différents endroits, par la voie de la poste, des paquets assez volumineux dont le port n'est pas affranchi, qui ne contiennent rien qui puisse indiquer d'où ils sont envoyés, et où l'on ne trouve autre chose que des feuillets sur lesquels sont écrites des phrases entrecoupées, des mots présentant des sens amphibologiques, des signes énigmaliques et des présages alarmants. Nous avons cru devoir consigner ici ce fait, pour tenir les citoyens honnêtes en garde contre les tentatives de la malveillance.. . »
1. Le 19 thermidor an VII, les Anciens avaient approuvé une nouvelle résolution des Cinq-Cents (du 15 thermidor) pour mettre à exécution la loi du 10 messidor précédent, qui établissait un emprunt de 100 millions sur les riches. Voir plus haut, p. 659.
2. II s'agit des jurys chargés de taxer les citoyens pour l'emprunt.
673 • DIRECTOIRE EXÉCUTIF [10 août 1799]
MDGCXC
Journaux.
Gazette de France du 27 thermidor : (( Paris. . ..Dans l'audience du 22, plusieurs grenadiers du Corps législatif ont été entendus. Ils ont déclaré avoir effectivement entendu crier : Vive le Roi! Vive iV Artois! Vive Condé! A bas la République ! A bas les Jacobins! Mais ils ont ajouté qu'ils ne reconnaissaient aucun des prévenus pour avoir jeté ces cris. » — Messager des relations extérieures du 24 messidor : « Paris, 23 messidor. . . .Les arrestations continuent toujours; il y a eu quatorze à quinze personnes arrêtées hier. Ce sont pour la plupart des étrangers sans passeports légaux, ou des réquisitionnaires et conscrits qu'on fait rejoindre sur-le-champ. Il n'y avait })as un seul émigré parmi les cent soixante-seize individus qu'on avait arrêtés, il y a peu de jours » — Journal de Paris du 22 thermidor : « L'Institut avait proposé pour sujet d'un prix qui devait être décerné cette année la question suivante : « Quelles ont été les causes de la perfection de la sculp- « ture antique? Quels seraient les moyens d'y atteindre?» La classe de littérature et beaux-arts a été satisfaite de la manière dont la première partie de la question a été traitée par quelques concurrents, mais elle désire que la seconde partie soit traitée avec la même étendue et la même sagacité ; c'est pourquoi elle a prolongé le concours. Je n'oserai pas dire que la première partie de la question est résolue pour ceux qui ont médité sur ce sujet, et qui ont lu attentivement plusieurs excellents ouvrages que je ne dois pas citer. Mais je dis, quant à la réponse à la seconde partie de la même question, qu'il me semble qu'elle se trouvera implicitement dans la première et que celui qui aura montré la route qu'ont tenue les anciens pour faire arriver la sculpture au point de perfection où ils l'ont portée pourra simplement répondre : « Suivez cette « route des anciens que je viens d'indiquer, employez les mêmes moyens. . .»
MDCCXCI
Rapport du bureau central du 24 thermidor.
. . .Journaux. — Ce n'est plus guère que dans les morceaux d'opposition de journaliste à journaliste que l'on peut découvrir les traces d'opinions dans les feuilles périodiques ; encore faut-il écarter de CCS articles ce que la rivalité y insère de passionné ou d'amei'. Tome V. 43
En ce moment, au surplus, et depuis le 30 prairial, aucun journaliste n'a élevé la voix contre les lois, ou pour en empêcher l'exécution. Cette observation, que l'on croit indispensable, peut servir de réponse à la malveillance déchaînée assez longtemps contre la liberté de la presse. — On a pu considérer néanmoins quelques opinions du Messager des relations extérieures et de VAmi des Lois comme des atteintes portées à la loi sur les annulations de congé et à celle sur la responsabilité des communes. Elles ont été successivement notées, et ces abus ne se. renouvellent pas. — Hier, le Moniteur a manifesté son opposition aux idées émises le jour précédent par le Journal des Hommes libres sur les discours prononcés à l'occasion des fêtes nationales. Il remarque principalement que les discours blâmés par le Journal des Hommes libres ont été prononcés par Siéyès et Garât qui, n'ayant rien à attendre que de la République, ne peuvent mettre en problème si elle existera en France. — Le Publiciste donne un résumé assez étendu des opinions émises au Comité général, par différents membres de la représentation nationale, contre l'acte d'accusation des ex-Directeurs. — On trouve dans plusieurs feuilles un extrait plus ou moins long de la défense imprimée de l'ex-Directeur La Révellière-Lépeaux. Le Surveillant, à cet égard, entre dans quelques réflexions; le journaliste est éloigné de croire La Révellière capable d'aucun fait de trahison ; il s'en faut également qu'il le disculpe de ceux de négligence, d'incapacité, d'inertie, d'orgueil et d'entêtement. — Hier 23, le Surveillant ainsi que VAmi des Lois prêtaient aux Jacobins quelques projets tendant à renouveler autant qu'à célébrer le 10 août. — Aujourd'hui VAmi des Lois dit que, si les ex-Directeurs ne sont pas mis en état d'accusation, « les Cordeliers fermeront leurs boutiques » et perdront tout l'espoir de succès, à moins d'un nouveau 31 mai, impossible, suivant ce qu'il ajoute, parce que les Cordeliers n'ont aucun point d'appui. — On trouve dans le Journal des Hommes libres un tableau affligeant de brigandages et d'assassinats commis dans le département de Maine-et-Loire sur des républicains depuis le 23 messidor dernier jusqu'au 15 thermidor; il paraîtrait que dans ces campagnes les patriotes sont obligés de se réfugier dans les villes, les [icrcepteurs de quitter leur poste et les directeurs des postes d'interrompre le service.