L. Mu.LY, Li: Tellier
(Arch. nat., Bli^ 90.)
675 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [11 août 1799]
Journaux.
Moniteur du 2u thermidor : « Paris, le 2i Ihermidor. ...La fête du 10 août a été célébrée hier avec beaucoup de pompe'. Le chant de Chénier, exécuté dans les deux Conseils, a produit un grand effet ; il a rappelé l'indignation, la crainte, la fureur, la joie et tous les sentiments qu'on éprouva dans cette journée mémorable. On a encore une fois senti combien il était regrettable que la musique n'eût pas plus de netteté et plus d'expression ; mais on applaudit généralement à l'idée de l'accompagnement du tocsin pendant tout le chant de la troisième strophe. Ce son d'alarme retraçait parfaitement les anxiétés, la colère, l'impatience qui agitaient tous les amis de la patrie dans la nuit qui précéda cette journée de gloire. Pour compléter l'illusion on aurait peut-être dû, après cette strophe et avant le chant de triomphe de la quatrième, faire sonner onze heures, l'heure qui vit accomplir la victoire. Cette idée fait regretter qu'on ait détruit un monument vraiment historique, qui pouvait devenir pour la postérité une leçon éloquente et terrible. Le canon du 10 août rompit la chaîne de l'horloge du palais, et pendant i)lu de trois années après l'aiguille ne marqua plus que l'heure à laquelle les républicains avaient arrêté les ans de la royauté. Pourquoi n'avoir pas fixé l'aiguille à cette heure, en inscrivant au-dessous stat uLlima rcrjiun ? Je doute qu'on eût pu trouver rien qui portât plus brièvement aux yeux, plus énergiquement à l'àme et qui peignit d'une manière plus digne d'elle la victoire du peuple français »
MDCGXCII 24 THERMIDOR AN VII (il AOUT 1799).