L. MiLLY, Le Tellier
(Arch. nat., BB » 90.)
Journaux.
Rédacteur du 2^ jour complémentaire : « Paris, le t°' jour complémentaire an VII. On répand dans les journaux qu'une partie de rÉtat-iMajor a couché la nuit dernière dans rapj)artement de chaque Directeur. C'est encore là une des fables qu'on se plaît à imaginer, et dont on inonde le public. Ce n'est pas cependant que le Directoire ne veille. Oui, il veille; il veille avec soin; il est en mesure pour repousser avec vigueur les attaques des factions, et faire punir ceux qui oseraient les tenter. 11 veille; mais ce n'est pas pour lui, c'est pour la sûreté des personnes, colle des propriétés et le maintien de la Constitution.il sait que sa sîireté personnelle se confond, ainsi que celle de tous les bons citoyens, dans la sûreté commune et en assurant celle-ci par toutes les mesures que sa prudence lui prescrit; il n'a pas besoin de pourvoir à la sienne par les précautions absurdes qu'on sui)pose. » — Journal du Soir des frères Chaignieau du 1"' jour complémentaire : « Paris, le /" Jour complémentaire. La fête en mémoire de Joubert a été célébrée hier au Champde-Mars, avec beaucoup de pompe ^ ; néanmoins le concours des spectateurs n'y était guère plus nombreux qu'au 18 fructidor. Garât, membre des Anciens, y a prononcé l'oraison funèbre, et Siéyès un discours; nous les ferons connaître. Le général Lefebvre, qu'on avait faussement remplacé par Macdonald, y commandait la force armée. » — Moniteur du l^f jour complémentaire. « La citoyenne Clotilde, artiste de l'Opéra, écrit du 22 de ce mois à l'administration de ce théâtre que, s'étant purgée le jour où les royalistes entrèrent à Bagnères, elle vit bientôt arriver dans sa chambre une bande de ces brigands lui de-
1. Il s'agit du message du Directoire à propos de la proclamation adressée par Louis XVI 11 aux Français. Ce message fut lu dans la séance du Conseil des Cinq- Cents du 29 fructidor an Vil. Ou le trouvera dans la réimpression du Moniteur, t. XXIX, p. 813.
2. On trouvera le programme de cette fête dans le Rédacteur du 28 fructidor an VII.
733 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [aouï-septembre 1799]
mandant, le pistolet sur la gorge, une robe ou des chemises pour faire un drapeau. La peur la détermina à faire donner une robe blanche qu'elle avait mise la veille à un bal ; mais il est faux qu'elle ait été au-devant des insurgés, ni qu'elle ait bâti elle-même le drapeau royaliste : tout son crime, si c'en était un, serait d'avoir livré sa robe à la vue des bandits qui la menaçaient. Partie de Bagnères et arrivée à Bordeaux, les journaux lui apprirent ce dont on l'accusait. Elle vit bien qu'elle allait être arrêtée; elle le fut. C'est de la maison des orphelins, où elle est renfermée, qu'elle demande justice. . . »
MDCCCXXVI
Compte des opérations du bureau central du canton de Paris
POUR LE MOIS de FRUCTIDOR AN VIP.
. . .Correspondance relative à la sûreté. . . .Cartes de sûreté des citoyens décédés. — Informé que la rentrée des cartes de sûreté des citoyens décédés n'était pas surveillée, ce qui pouvait donner à croire que ces cartes étaient souvent ou données ou vendues à des émigrés ou à des voleurs, le Bureau central a engagé les douze municipalités à faire connaître si la reddition des cartes de sûreté se faisait régulièrement à l'état civil, et leur a recommandé de veiller strictement à l'exécution de celte mesure, conformément à la loi du 19 pluviôse an III. Il a aussi invité la commission des hospices civils à lui faire connaître si les cartes de sûreté des citoyens décédés leur étaient exactement rendues, pour les renvoyer au bureau de l'État civil de la municipalité qui les avait délivrées, et à veiller strictement à l'exécution de la loi à cet égard
Correspondance relative aux mœurs et opinion publique. Culte. — L'administration municipale du Xl° arrondissement a informé le Bureau central que, le hasard ayant conduit un de ses membres dans la ci-devant église Notre-Dame, il avait vu un ministre du culte qui pérorait les fidèles et les invitait à résister courageusement à toute innovation, promettant les palmes du martyr à ceux qui pourraient être victimes de leur dévouement, etc. Elle a ajouté qu'on avait assuré à cet administrateur que l'orateur était l'évêque Royer. — Il a été envoyé au ministre de la police copie de la lettre de celte administration, et une surveillance a été établie en conséquence.
Fêtes décadaires et nationales. — L'administration municipale du VI^ arrondissement a invité plusieurs fois les administrateurs des