Ce compte est daté du 5 vendémiaire an VIII
théâtres de son arrondissement à envoyer une portion de leur musique pour donner aux fêtes décadaires et nationales toute la pompe dont elles sont susceptibles; mais ses invitations sont restées sans succès. Le Bureau central, qu'elle avait consulté sur les moyens à employer pour obtenir cette musique, lui a observé qu'il n'existait aucun moyen coercitif pour y parvenir, que les musiciens composant l'orchestre d'un théâtre ne sont sous la dépendance des entrepreneurs que pour le service du spectacle; qu'il n'est qu'une seule fête nationale, celle de la Souveraineté du Peuple, pour laquelle le Bureau central invite les orchestres à se partager; mais que la lettre n'est qu'une simple invitation, et que l'on attend tout du ravivement de l'esprit public, qui ne tardera à donner aux institutions républicaines l'éclat qu'elles doivent avoir.
Spectacles. — Les entrepreneurs des spectacles ont été invités à seconder les intentions du gouvernement, en donnant, les décadis et fêtes nationales spécialement, des pièces propres à vivifier l'esprit public. — L'administration du théâtre Feydeau a répondu qu'elle n'avait trouvé dans son répertoire qu'une seule pièce de ce genre, ayant pour titre L'Officier de fortune '. — Le ministre de l'intérieur a été invité à recommander aux administrateurs du théâtre des Arts de remettre â la scène l'opéra patriotique Toute la Grèce ou Ce que peut la liberté-^ pièce représentée il y a quelques années. Le Bureau central a prévenu de cette invitation du ministre le citoyen Befîroy de Reigny, auteur de la pièce. — Le Bureau central a pris un arrêté concernant la surveillance qu'il a le droit d'exercer sur le théâtre de la République et des Arts; cet arrêté a été envoyé à l'administration centrale pour être revêtu de son approbation. — En exécution d'un ordre du ministre de la police du H fructidor, le Bureau central a fait fermer le théâtre Molière le jour même, et en a informé le ministre.
Fêtes publiques ou concerts. — Le citoyen Garchy, entrepreneur de Frascati, rue de la Loi, a été invité, le 27, à faire couvrir d'une bande de papier la partie du programme où il annonçait, pour le concert du même jour, le pas russe et un air turc, lui observant qu'on ne présumait pas qu'il pût être dans son intention d'avertir les conlre-révolutionnaires que les ennemis de Ja République étaient célébrés dans
1. L'Officier de fortune ou les Deux milUalres, comédie en vers et en deux actes, mêlée d'ariettes, représentée pour la première fois le 24 septembre 1792, par l*atrat et Bruni. (Tourneux, n- 18,689.)
2. Tableau patriotique en un acte, représenté pour la première fois le 16 nivôse an II, (Tourneux, n» 18,396.)
73d directoire EXÉCUTIF [18 septembre 1799]
son établissement. — Sur l'avis donné qu'il se préparait des réjouissances pour le 8 fructidor, correspondant au 25 août, fête de la ci-devant Saint-Louis, et qu'un des principaux directeurs de ces fêtes, nommé Cornu, attaché à la musique des grenadiers du Corps législatif, s'était flatté qu'aucune autorité n'avait le droit de l'empêcher de faire de la musique où bon lui semblerait, des mesures furent prises pour déjouer leur projet et maintenir la tranquillité publique; il résulte de tous les rapports parvenus qu'elle n'a point été troublée.
Société politique. — Plusieurs personnes, à la Société politique séant à l'édifice Marguerite, voulurent maltraiter le citoyen Mothej^ régulateur de cette Société, sur ce qu'il obligeait les militaires qui y assistaient à déposer leurs sabres, tandis que lui-même était armé d'un pistolet; ce citoyen se sauva au corps de garde, et le commissaire de police de la division de Montreuil et celui des Quinze-Vingts, survenus, firent dissiper la foule
écrits contre-révolutionnaires. — Des ordres ont été donnés à l'effet : 1" de rechercher les imprimeurs et colporteurs de divers écrits contre-révolutionnaires: plusieurs ont été arrêtés; 2° d'arrêter les colporteurs qui annonceraient autrement que par leurs titres; plusieurs de ces colporteurs, trouvés contrevenants à la loi, ont été arrêtés.
Journaux prohibés. — Plusieurs journaux ont été prohibés par un arrêté du Directoire exécutif ' ; les scellés ont été apposés sur les presses servant à les imprimer et sur les effets et papiers des journalistes. Celle mesure cependant n'a pu être exécutée à l'égard de quelques-uns, pour lesquels il était donné de fausses adresses. Il en a été rendu compte au ministre de la police.