‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 215 sur 254 · L. MiLLv, Le Teuier, (Arch. nat., AF iv · texte numérisé non relu

L. MiLLv, Le Teuier, (Arch. nat., AF iv

Journaux.

Journal des Hounncs libres du "J lirumaire : « Paris, i hruinaire. Le Bureau central a dénoncé à la police un passage d"iin sermon prononcé par révéque de Paris, Rover, dans l'église de Notre-Dame. Suivant l'ex-convontionnel Royor, il n'y a plus ni foi ni religion; autel et ministre ont été détruits; le peuple est conduit ]iar le démon dans le grand chemin du précipice... Mais il viendra bientôt un temps où il faudra rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, . . Et c'est saint Paul qui a prédit cela à l'évoque Rover, comme il avait prédit à Christophe de Beaumont que Jean- Jacques écrirait ]'É>nile et que l'archevêque y répondrait par un mandement impertinent. . . » — Bien-Infonnr du .j brumaire : « Paris, 4 brumaire. Tous les bons citoyens ont appris aujourd'hui avec douleur que ce matin on avait apposé les scellés sur les presses de VAmi des Lois; mais cette douleur n'a pas été de longue durée, en le voyant reparaître ce soir sous le titre de Journal de PouUicr, dépulé du Pas-de-Calais. Il est certain que les amis de la patrie ont de graves reproches à faire à l'ancien rédacteur. 11 allumait des haines, semait les divisions et, en quelque sorte, le désespoir dans le désespoir; cette feuille n'était cependant pas plus la feuille de l'infamie que V Ennemi des oppresseurs (continuation du Journal des Hommes libres) n'est un oppresseur ou l'oppresseur! Il y avait dureté, cruauté, infamie ou plutôt inconséquence à dénoncer, comme déportables, à l'autorité executive les rédacteurs de l'Indispensable et du Courrier de l'Europe. Heureusement que celte autorité républicaine sait qu'elle ne doit jias tout voir ni tout entendre. A l'instant même oii nous avons appris. leur suppression, nous prenions la plume contre ces hommes incorrigibles qui, aux yeux des départements qu'ils trompaient, faisaient les braves, les courageux, les indomptables, et qui refusaient à Paris lecture, échange et même quittance d'abonnement à ceux qui voulaient et pouvaient leur répondre. S'ils reprennent la |.lume, nous leur demanderons le lieu du champ de bataille, et nous y serons, sinon... guerre éternelle, et de toutes les puissances de notre âme contre les ennemis de la vérité assez lâches pour assassiner dans les ténèbres. Faisons aimer la République. » — Ami des Lois du 8 brumaire : « Le Bureau central a fait

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mettre les scellés sur i)lusieurs journaux, notamment sur YEnnemi des oppresseurs, sur le Courrier de France, sur VAmi des Lois : ce doit être |)0ur dos raisons bien dillerentes, car les doux i)reniiers sont accusés d'être d'opinions diamétralement opposées; et VAmi des Lois tenait entre eux le milieu et un milieu justement républicain; mais on ne peut pas connaître les motifs du Bureau central, car ses agents n'en communiciuent aucun : telle était sa volonté, car il est bien clair que ce n'est pas celle de la loi, puisque l'article 3o de colle du 19 fructidor, qui a permis depuis près de doux ans de pareilles mesures, est abrogé. Le Bureau central a môme poussé la sévérité jusqu'à faire sceller, à cause d'un seul journal, généralement toutes les presses de l'imprimeur, quoiqu'il n'y en eût qu'une de consacrée à ce journal, et que toutes les autres servissent aux autres ouvrages de son état, de manière qu'il se trouve réduit à ne i)ouvoir plus travailler pour soutenir sa famille et payer ses contributions... » — Ami des Lois du 5 brumaire : « Le citoyen Rigault, commissaire près les tribunaux civils et criminels du département de la Seine, a adressé au ministre de la justice une lettre sur la conduite répréhensible des huissiers à Paris. Il l'a terminée de la manière suivante : « Je n'ai encore là, citoyen ministre, qu'esquissé le tableau des exactions qu'ils commettent; on sait que la plupart n'appartiennent à rien : ils ont survécu à des corporations éteintes, et ils méconnaissent les magistrats de la Constitution qu'ils voudraient faire haïr... » — Clef du Cabinet du 6 brumaire : « Paris, le 5 brumaire. ...Nous avons vu représenter hier au soir, sur le Théâtre-Français de la République, le Philinie de Molière, chef-d'œuvre du malheureux auteur des Précepteurs. Avec quelle perfection Mole rend le superbe rôle d'Alceste! Avec quelle vérité Damas joue celui de Philinie! Avec quel ensemble tous les autres artistes présentent celte comédie, que Molière se lut honoré d'avoir faite dans toute la force de son talent! Hélas! Nous ne connaissons personne, absolument personne en France, capable de nous donner des ouvrages pareils; et c'est ce qui rend plus sensibles les regrets qu'inspirent la vie et la mort de leur auteur. . . »

MDGGGLVIII

Journaux.

Journal des Hommes libres du 7 brumaire : « Paris, 6 brumaire. L'expression de gouvernement, appliquée au Directoire exécutif, est contre-révolutionnaire. Nous défions tous les publicistes du monde de nous contester ce théorème polititiue. Pourquoi donc cette expression se rotrouve-t-elle si fré- (juemment dans certaines feuilles publiques? Pourquoi le Rédacteur, auquel sa qualité d'officiel impose plus étroitement (pi'à un autre l'obligation de parler le langage de la Constitution, l'omploie-t-il presque toujours de préférence? Ce furent les tlatteurs, les intrigants et les valets qui, sous l'ancien Directoire, accréditèrent cette locution, que la vanité reçut en se gontlant et dont l'am-

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bilion a pu espérer de tirer parti. Des représentants s'en sont servis avec une indiscrétion qui n'a pas d'excuse. Hier encore F. Faulcon, juslitulien (.sic) désigné, la reproduisait à la Iriltune. D'où peut venir le concert obstiné de tant d'hommes à dénaturer un mut ? C'est qu'en elVet ils voudraient que le Directoire lut le gouvernement. Qu'importe par quel pan s'écroule rédifico de la liberté ! » — Ami des Lois du () brumaire : « ...Le retour de Ronaparle fut célébré aux Porchcrons, comme ailleurs, et peut-être avec plus d'enthousiasme et de sincérité que dans beaucoup d'autres lieux; mais la joie fut surtout extrême quand un de ces buveurs patriotes s'écria, tenant un demi-litre à la main : '< Ah! le brave homme ! Il nous rend nos pinles et nos chopines. « — Gazette de France du 9 brumaire : « ...Le 'j de ce mois, Ruonaparle s'est rendu, pour la seconde fois, h une séance particulière de l'Institut. Il y a pris la parole et donné des détails sur l'état oii se trouve maintenant l'Egypte et ses antiques monuments. Il a assuré que le canal de Suez, qui joignait les deux mers, a existé ; qu'il est même très possible de le rétablir sur les débris qui en restent, et qu'il a fait ))rendre les plans et les nivellements nécessaires à ce grand travail. Ces plans et devis seront apportés sous peu à Pai'is, par un ingénieur qu'il en a chargé. . . » — Messager du 7 brumaire : « Paris, 6 brumaire. Quelques nuages qu'on avait cru apercevoir entre Bonaparte et Siéyès, à l'occasion d'une simple question d'étiquette, sont entièrement dissipés. Us ont également senti le besoin de se rapprocher sincèrement et de marcher ensemble pour accélérer par leur concei't la paix intérieure et extérieures Bonaparte et Barras sont aussi parfaitement bien ensemble. On remar([ue également qu'une grande intimité s'établit entre Bonaparte et Moreau. . . » — Clef du Cabinet du 7 brumaire : « Paris, le 6' brumaire. ...Les régisseurs de l'octroi municipal et de bienfaisance nous prient d'insérer la note suivante : (( Dix-neuf mille citoyens ont présenté à la régie de l'octroi des pétitions (i tendant à obtenir des places dans cette administration où il n'y en a pas « une seule vacante, et où les rem])laçants sont rares; tous ces pétitionnaires, « cependant, dont la régie respecte le malheur et regrette de ne pouvoir « adoucir le sort, se plaignent de ce ([ue leurs mémoires demeurent sans " effet; la régie espère que le nombre des prétendants aux places, une fois « connu, mettra un ternie à toutes ces plaintes, dont l'injustice n'est que trop « sensible. . . »

MDCGCLIX G BRUxMAIRE AN YIII (28 OCTOBRE 1799).

Journaux.

Rédacteur du 8 brumaire: u Paris, Le 7 hraniaire. ...Charles-André Boissel, employé dans l'artillerie, avait été condamné à deux années de fers par le tribunal criminel du département de la Seine, pour avoir provoqué le meurtre des membres de la société du Manège. La déclaration du jury du jugement, composé ad hoc par l'ancienne administration départementale.

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présentait des nullités qui n'ont point échappé au tribunal de cassation. Le jugement du Irihunal criminel de la Seine, qui a été la suite de la déclaration du jury de jugement, a été annulé ainsi que la déclaration du jury. Boissel, traduit devant le tribunal criminel de Seine-et-Oise, pour être jugé à nouveau, a été acquitté à l'unanimité. Brugère, Lesonne et Daugy, également prévenus du même délit, ont été acquittés par le tribunal criminel de la Seine '. — Piihlicisle du 9 brumaire : « Paris, le S brumaire. Le Portique républicain a tenu avant-hier une séance publique dans la ci-devant église de l'Oratoire. Le citoyen Dubroca y a prononcé un discours destiné à prouver que, même sous le despotisme des rois, le peuple français avait les vertus d'un peuple libre. Le citoyen Simon a fait lire par le citoyen Piis deux scènes d'une nouvelle tragédie de Mutina. Le citoyen Pons (de Verdun), député, a terminé la séance par des épigrammes, des portraits et des contes tels que le Duel entre un anarchiste et un royaliste; la Caricature de Souworow, etc. Laroche a présenté à la Société le buste d'Helvétius, au nom de sa veuve et de sa famille. »

MDCCCLX 8 BRUiMAIRE AN VIII (30 OCTOBRE 1799).

Le Directoire exécutif au ministre de la police générale.

Le 8 brumaire an VllI.

Par un Message du 5 de ce mois, citoyen ministre, le Conseil des Cinq-Cents invite le Directoire exécutif à lui faire part des mesures qu'il aura prises pour la répression de l'acte arbitraire dont se plaint le citoyen Charles, imprimeur à Paris, dans une pétition qu'il a adressée audit Conseil. Le Directoire vous transmet ci-joint la pétition du citoyen Charles avec copie dudit Message. Il vous invite à lui faire sans délai un rapport de cette affaire et à lui présenter un projet de réponse au Conseil des Cinq-Cents. — Roger Ducos, Moulin, P. Barras.

E.rtrait du procès-verbal des séances du Conseil des Cinq-Cenls du o brumaire, l'an VIIT de la Rêpubliqtie française une et indivisible. — Le citoyen Charles, imprimeur à Paris, rue Nicaise, n° TH.S, expose que, le 28 vendémiaire dernier, le Bureau central du canton de Paris a l'ait apposer les scellés sur l'imprimerie du journal te Défenseur des droits du peuple, sur les registres d'abonnements et sur la copie manuscrite du numéro qui devait paraître le même jour; que le mandat en exécution duquel cette opération a été faite n'est point motivé ; ([u'on y remarque seulement qu'il est délivré

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