L. MiLLY, Cousin
(Arch. nat., BB » 89, et F ^ 3342.)
131 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [2 octobre 1798]
MCDLXXX
Rapport du bureau central du 12 vendémiaire.
. . .Journaux du 10 et du 11. — Des journaux du 10, deux seulement nécessitent de brèves remarques : l'un, la Correspondance des représentants, à raison de l'opiniâtreté avec laquelle plusieurs généraux récemment mis en activité par le Directoire y sont désignés et même comparés aux traîtres Dumouriez et Pichegru ; l'autre, le Phénix, parce que le rédacteur ne manque pas de mettre le de prénominatif en usage sous l'ancien régime en tête de plusieurs noms propres. -^ Dans les journaux du 11, on n'est pas peu surpris de voir le Fanal composer en quelque sorte avec les principes les plus sacrés en publiant une lettre que le nommé Sicard, compris comme journaliste dans la loi du 19 fructidor, lui adresse du fond de sa retraite ; il entreprend ensuite avec beaucoup de chaleur la défense de cet individu qui, comme on le sait, est dans le cas de la déportation, et même entreprend jusqu'à un certain point de le justifier. — Le Messager des relations extérieures accueille le bruit d'une déclaration de guerre à Buonaparte par la Porte-Ottomane, qui, suivant des lettres de Rastadt citées par le rédacteur de ce journal, l'aurait pour cet effet considéré comme une puissance à part. Ces bruits paraissent accrédités dans quelque dessein nuisible à l'état actuel des négociations. — La Correspondance, en parlant des tortures que l'on fait éprouver aux Polonais en Galicie, ajoute : « C'est le système un peu perfectionné de la liberté rétablie en Hollande le 24 prairial. » On observe encore, à cette occasion, que depuis quelque temps la République batave n'est souvent appelée dans ce journal que du nom de Hollande.
Journaux du 12. — Des journaux du 12 vendémiaire, un seul mérite une observation particulière : ce journal est le Courrier de Paris, remarquable aujourd'hui par les détails qu'il donne dans un article daté de Gonstantinople, le 8 fructidor. On ne pourrait douter, d'après ce qu'il publie, que la Porte n'eût des dispositions d'inimitié envers la République française et ne fût pas en quelque sorte d'intelligence avec la Russie et l'Angleterre pour arrêter le cours de nos prospérités en Egypte.