‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 63 sur 254 · DIRECTOIRE EXECUTIF [16 octobre J70S · texte numérisé non relu

DIRECTOIRE EXECUTIF [16 octobre J70S

appartenir au lieu de la réunion des habitants du faubourg Antoine; on sait le courage qu'ils ont déployé dans tous les temps et à toutes les époques pour renverser le despotisme et établir la République.) — 1X« arrondissement. L'église Saint-Gervais, à la Jeunesse. (La loi du 3 brumaire a institué une fête pour la Jeunesse ; l'édifice dont il s'agit est spacieux, et il est décoré d'un portail fait ))ar Debrosses : ce portail date de l'époque de la Renaissance, de la bonne architecture, et où l'on a enfin abandonné le gothique.) L'église Notre- Dame à l'Être suprême. (On a pensé que, pour imposer silence aux ennemis de la chose ])ublique qui affectent d'accuser d'athéisme et dirreligion les autorités constituées, on devait consacrer l'édifice le plus vaste, le plus majestueux et le plus central du canton de Paris à l'Être suprême.) — X« arrondissement. L'église Saint-Thomas d'Aquin, à la Paix. (Les Romains avaient un temple ainsi dédié : le temple de la paix ne peut être mieux placé qu'auprès de celui dont on va parler.) — XI^ arrondissement. L'église Saint-Sulpicc, à la Victoire. (Cet édifice est dans la division du Luxembourg, où est situé le palais directorial.) — Le XII" arrondissement contient trois édifices savoir : l'église Saint-Jacques du Haut-Pas, dédiée à la Bienfaisance. (Dans le quartier où est situé ce temple, il y a plusieurs hospices.) L'église Saint-Médard, au Travail. (La division du ministère renferme beaucoup de journaliers, de gens de main-d'œuvre, qui sont occupés à des travaux pénibles et utiles à la société.) Et l'église Saint-Étienne-du-Mont, à la Piété filiale. (Cet édifice est situé près le Panthéon que la République a dédié aux grands hommes. Il apprendra à chacun que la République honore à la fois les vertus éclatantes et les vertus domestiques, et qu'en couronnant les guerriers courageux et les législateurs éclairés, elle n'oublie pas le bon fils et le bon père.) »

MCDXCIV

. . .Journaux. — Il est à remarquer que l'avis publié, le 24 de ce mois, dans le Bien Informé, d'un armement à Toulon, du nombre de vaisseaux qui se trouvent dans la rade (et en outre les réticences que cet article olïrait), avait été publié le même jour par le journal la Correspondance. Le jour suivant, ce journal se récrie contre des placards où ses rédacteurs paraissent avoir été désignés : « Ces placards, est-il dit, l'emportent de beaucoup en audace, en scélératesse, en diffamations outrageantes et calomnieuses, sur ceux par qui Capet voulut avilir les députés patriotes et préparer son 10 août contre l'Assemblée législative ; c'est par ce nouveau crime qu'une faction dévoilée, mais opiniâtre et superbe, prélude ouvertement au plus grand des

crimes, consommation et véritable but de tous ses forfaits. . . Les républicains qui continueront à s'honorer de sa haine et de ses insultes redoublent de surveillance et d'activité pour déjouer ces complots ; ils périront tous, s'il le faut, ou plutôt ils ne périront jamais tous, et la Constitution de Tan III sera maintenue. » Dans la feuille de ce jour, les citoyens Marquezy et Guesdon se plaignent également du placard intitulé : « Convention entre les ministres de Sa Majesté Britannique », etc. Ils le disent répandu avec une royale profusion, et se proposent d'y répondre plus directement et à son but; ce dernier mot est en majuscules. — On croit indispensable de revenir sur le Puhlicisle d'hier, parce que tout semble y déceler l'intention de grossir les forces ou les ressources des ennemis de la République, et de ravaler en conséquence celles de cette dernière ; en effet, outre une nouvelle énumération censée donnée par Nelson à son gouvernement, et qui porte à cinq mille deux cent vingt-cinq le nombre des Français qui ont péri dans la dernière action navale, il est dit ailleurs que les troupes françaises qui se rendent sur les frontières de la République romaine ne paraissent pas assez nombreuses pour tenter une invasion ou pour prévenir le roi de Naples (est-ce pour engager celui-ci à proiiler de l'avis ?) ou bien il craint que les Français n'aient pas laissé assez de forces à Malte pour défendre celte île contre une attaque extérieure (est-ce encore un avis obligeant donné à l'Angleterre?) ou bien encore il fait un tableau très raccourci, mais néanmoins pompeux, des vastes Etats russes, ou bien enfin il annonce l'envoi que le cabinet de Berlin fait d'un ambassadeur extraordinaire à Pétersbourg et de l'ordre que la cour de Suède a donné d'équiper une escadre. — On croit, dit de son côté le Messager des relations extérieures, qu'il sera impossible à Buonaparte de tenir à la longue contre l'acharnement des Arabes et de toute l'Egypte qui se porte contre lui ; on fait même déjà courir le bruit d'un avantage remporté sur ses troupes. — 11 appartient à l'autorité de savoir sur quoi ce journal se croit fondé à répandre ces bruits qu'il dit exister.

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