Voici la première strophe de cet hymne
Salut, neuf thermidor, jour de délivrance ! Tu vins purifier un sol ensanglanté ; Pour la seconde fois tu fis luire ù la France Les rayons de la liberté.
française frappe tous les spectateurs et excite de vifs applaudissements. La fête est terminée par le Chant du Dépaii et aux cris unanimes de Vive la République .' Le Directoire, précédé de son cortège, descend de Fautel de la Patrie et se dirige vers la maison du Champ-de-Mars, par le côté occidental du Cirque. Le soleil à son couchant semble ne quitter qu'à regret la terre de la liberté. Le reflet de sa lumière répand un vif éclat sur l'innombrable réunion qui remplit le Champ-de-Mars. Ses derniers rayons enflamment le dôme orgueilleux du Panthéon et indiquent aux citoyens ce monument destiné à consacrer à la vénération des âges futurs, les hommes généreux qui auront bien mérité de la patrie et l'auront servie avec un zèle persévérant. Le Directoire, rentré dans la maison du Champ-de-Mars, est salué de nouveau par les membres du corps diplomatique ; puis il remonte dans ses voitures, et retourne au palais directorial dans le même ordre qu'il en était arrivé. »
MCDXXII
Compte décadaire des opérations du bureau central du canton DE Paris du 1^'' au iO thermidor an VI.
Mœurs et opinion publique. Espint public. — Le calme a régné sur tous les points de cette commune. L'opinion publique, toujours bonne, a néanmoins paru entrer légèrement en fermentation. D'un côté la fin des conférences de Seltz, la disposition des nouveaux cantonnements sur le bord du Rhin et l'important projet de conscription militaire présenté par le citoyen Jourdan (de la Haute-Vienne) au Conseil des Cinq-Cents, ont été pour les royalistes un grand sujet de conversations * . . . D'un autre côté, on agitait des questions infiniment délicates, que l'on ne traitait pas avec cette bonne foi qui annonce l'amour de l'ordre et l'attachement à la République. Un grand nombre pensait, au sujet des motions qu'avait fait naître dans le sein du Corps législatif la fête du 9 thermidor, que l'intention de quelques représentants était de supprimer du nombre des solennités -. . .
Correspondance et exécution relatives aux mœurs et opinion publique. Bals. — Le commissaire de police des Champs-Elysées ayant annoncé que les citoyens Vidot, Darmelle et Musard avaient donné à danser le 4 thermidor, correspondant à un dimanche, le
1. Suit la reproduction d'une partie du rapport du 5 thermidor. Voir plus haut, p. 2.
2. Suit la reproduction, presque textuelle, d'un passage du rapport quotidien du 12 tliermiJor, qu'on trouvera plus loin, p. 18. Dans l'original, ce compte décadaire est daté du 15 thermidor, et l'auteur a sans doute, par mégarde, confondu le rapport du 12 thermidor avec les rapports de la première décade.
17 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [18 au 28 juillet 1798]
Bureau central a donné ordre à ce commissaire de faire fermer ces trois bais, et a enjoint aux teneurs de ces bals de rendre sur-lechamp leurs permissions au commissaire de police. — Le même commissaire de police ayant demandé s'il pouvait permettre à un marchand devin de faire danser le dimanche à l'occasion.d'unenoce, le Bureau central lui a répondu négativement.
Entrepreneurs cCIdalie. — Les entrepreneurs d'idalie ayant demandé, qu'attendu les faibles recettes qu'ils ont faites d'après les mauvais temps, le trésorier des hospices fût invité à leur accorder du temps pour le payement de ce qu'ils doivent d'arriéré, le Bureau central leur a répondu qu'on ne pouvait accepter leurs propositions, et qu'ils ne pouvaient se dispenser de payer sur-le-champ.
Scellés sur la caisse et recette de Mousseaux \ — En conséquence des ordres du Bureau central , l'administration municipale du XVIP arrondissement a mis les scellés sur sa caisse qui renfermait la recelte de la fêle de Mousseaux, du o, laquelle s'est montée à 6,880 francs.
Loterie prohibée. — 11 a été fait, en conséquence des ordres du Bureau central, un procès-verbal de saisie de l'argent, des feuilles servant à enregistrer les mises, ainsi que quantité de petits papiers servant à faire les reconnaissances, chez le citoyen Lafayette, limonadier, quai des Ormes, tenant bureau de loterie particulière en contravention à la loi. Les objets ont été remis, avec la personne dudit Lafayette, au Bureau central:
Fille prostituée. — Le ministre de la police ayant demandé qu'on lui fit connaître les particularités de l'arrestation de Rosalie Grout, crue à tort une prostituée, et qui était réclamée par un cavalier du 20^ régiment, le Bureau central lui a répondu que cette tille était inscrite comme fille prostituée et connue comme telle.
Salubrité et voie publique. Dépôt de pierres de la Bastille. — Informé qu'il existait sur le boulevard Porte-Antoine des dépôts de pierres provenant de la démolition de la Bastille, le Bureau central a chargé le commissaire de police de la division de Popincourt de dresser procès-verbal contre le nommé Palloy, propriétaire de ces dépôts, à qui il avait déjà écrit à ce sujet, et de le traduire au tribunal de police du VIII» arrondissement.
Rassemblements de garçons boulangers. — En conséquence d'un nouveau rapport sur les attroupements des garçons boulangers, quai des Augustins, qui ont soustrait un de leurs camarades de la main du