Bibl. nat., Lb 42/2192, in
247 DIRECTOIRE EXECUTIF [10 décembre 1798J
MDLIII
Rapport du bureau central du 21 frimaire.
. . .Journaux du 20 frimaire. — Le Courrier de Paris a copié sur ur^ journal anglais ministériel {The Observer) une nouvelle de laquelle il résulterait que le général Toussaint Louverture, aidé par les noirs de Saint-Domingue, aurait secoué le joug de la France et aurait livré, par capitulation avec un colonel anglais, toutes les productions de l'île à l'Angleterre, sous la condition d'être protégé par cette puissance. — Tout en déclarant ne pas ajouter foi à cette nouvelle, le journaliste, à l'occasion de ces assertions positives faites par le rédacteur de la feuille anglaise, rappelle que le représentant du peuple Mentor a déjà éveillé quelques soupçons sur la conduite de Toussaint Louverture à Saint-Domingue. — Dans un rapport précédent, on a cité le Publiciste pour avoir annoncé la prise de Cerigo, de Zante, de Céphalonie et l'attaque de Gorfou par les flottes combinées russes et ottomanes. La même nouvelle est donnée aujourd'hui par VObservateur comme extraite de la Gazette de Francfort et datée de Trieste. Cette double source est tellement mauvaise que tous les journalistes devraient bien s'abstenir d'y puiser. — Il n'est question dans la Chronique universelle que d'une attaque des Français par le pacha de Janinaen Albanie, avec des forces considérables, qui auraient forcé les Français à se replier sur Sainte-Maure. — La nouvelle tirée de V Observer sur l'indépendance de Toussaint Louverture est aussi dans les Annales de la République., qui, en outre, croient à l'existence d'un traité de commerce entre l'Espagne et l'Angleterre. Cette nouvelle est crue tellement vraie par le journaliste, qu'il cherche déjà comment l'Espagne se garantira de notre vengeance du côté des Pyrénées, et qu'il indique d'avance à cette puissance de charger une flotte russe de cet objet et de l'employer encore à protéger le transport que les Espagnols feraient ou devraient faire dans leurs ports des richesses immenses qu'ils possèdent dans le midi de l'Amérique. — C'est en tournant en ridicule la feuille anglaise dans laquelle ils puisent que les journaux infectent aujourd'hui la société de mille bruits perfides» L'ironie que l'on exerce dans ce cas envers les gazetiers anglais, n'est qu'un maladroit correctif. On publie leurs messages,- voilà le
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but et voilà le mal. — Le Courrier du Corps législatif donne la même nouvelle. — Le Messager des relations extérieures se plaît à entrer dans le détail des corps de l'armée russe qui doit servir d'auxiliaire contre les Français, suivant ce qu'il prévoit. — Le Phénix hasarde aussi les bruits de la prise de plusieurs de nos îles du golfe Adriatique. — Beaucoup de journaux, d'après la Clef du Cabinet, ont annoncé que le port de Livourne était livré aux Anglais. — Le citoyen Mutard, capitaine de frégate, et qui, à bord de V Orient, avait été chargé d'observer toutes les évolutions de la flotte, en repoussant comme calomnieuses les imputations faites par le citoyen Achard au citoyen JBIanquet du Chayla, de s'être mal battu dans cette action et de s'y être comporté en lâche, rend au contraire authentiquement justice à la bravoure et à la belle défense de ce marin contre cinq vaisseaux anglais à la fois. — Que peut entendre le Point du jour par la nouvelle qu'il donne de la formation d'une commission militaire à La Haye pour procéder avec vigueur contre les révolutionnaires? Celte expression paraît avoir quelque chose d'impropre, en ce qu'elle peut être interprétée contre ceux qui ont eu le mérite de coopérer à l'établissement de la République batave.
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB » 89.)
MDLIV
Compte décadaire des opérations du bureau central du canton DE Paris du 10 au 20 frimaire an VII».
.. .Evénements. — Un soldat de la 4» compagnie du 2* bataillon de la 28« demi-brigade, nommé Viard, étant, le soir du 18, en faction près de la barrière du Combat, s'est porté à des violences envers des citoyens qui passaient sur cette route isolée, et particulièrement envers une femme qu'il poursuivit, la menaçant en faisant geste de vouloir la percer d'un coup de baïonnette, si elle ne lui abandonnait tout ce qu'elle possédait. Ce brigand a été arrêté et conduit devant le juge de paix de la division de Bondy. — Le 19, à six heures du malin, une diligence, partant pour Orléans, a été attaquée, rue d'Enfer, par une bande de brigands, qui, ne se trouvant pas en force, l'abandonnèrent et prirent la fuite. Des mesures ont été prises pour que cette route fût surveillée avec le plus grand soin,