‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 96 sur 254 · Ce compte est daté du 2S frimaire · texte numérisé non relu

Ce compte est daté du 2S frimaire

249 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [l»' au 10 décembre 1798|

Correspondance relative à la sûreté. . . Mendiants. — Les individus qui se livrent à la mendicité mènent quelquefois avec eux des enfants dont le langage et la mise diffèrent tellement de ceux des mendiants, qu'ils font naître la crainte que ces enfants n'aient été enlevés à leurs parents. Le Bureau central a invité les officiers de paix à recueillir, autant qu'il leur serait possible, des renseignements capables de détruire ou confirmer les soupçons conçus sur l'état de ces enfants, et leur a de nouveau recommandé de saisir et arrêter en flagrant délit les individus mendiants

Correspondance relative aux mœurs et opinion publique. Filles prostituées dans les cafés. — Le commissaire du Directoire près le Bureau central ayant dénoncé la conduite scandaleuse des filles prostituées dans les cafés du Port-au-Blé, qui sont des repaires de brigands, le Bureau central a chargé le commissaire de police de purger sans délai ces lieux de débauche.

Scandale occasionné par des prostituées. — Les habitants d'une maison sise rue de l'Archevêché, n° 33, s'étant plaints du scandale qu'occasionnaient des prostituées qui habitent cette même maison, le Bureau central a pris des mesures pour faire cesser ce scandale. — Les boutiques des galeries de pierre au Palais-Égalité, où se tenaient des femmes publiques, ont été fermées.

Cabaret sous l'arcade Saint-Jean. — Instruit par le Département que le commandant de la 17« division militaire se plaignait de ce que des soldats de service quittaient leur poste pendant des heures entières pour aller boire et danser dans un cabaret de l'arcade Saint- Jean, où se rassemblaient des prostituées, le Bureau central a fait fermer le cabaret désigné, conformément aux ordres du Département, et a chargé les commissaires de police des divisions voisines de surveiller les filles publiques que fréquentent les militaires.

Bal de la maison de la Chine. — Le ministre de la police ayant dénoncé de nouveau le bal de la maison de la Chine, près la prison, pour être le rendez-vous des voleurs qui affluent dans cette commune, parmi lesquels se trouvent beaucoup de juifs, le Bureau central a chargé le commissaire de police de la division de la Butte-des- Moulins de prendre toutes les mesures convenables pour s'assurer des hommes suspects qui fréquentent ce bal et le fermer, s'il y a lieu

Revenus des pauvres. — L'agent comptable du revenu des pauvres s'était plaint de ce que le citoyen Ribier, entrepreneur du théâtre de Louvois, versait difficilement dans la caisse des pauvres ce qu'il se trouvait tenu de verser à l'expiration de chaque décade, et ayant invité

à prendre les mesures les plus promptes pour conserver les intérêts sacrés des indigents, le Bureau central a mandé le citoyen Ribier et a pris des mesures nécessaires pour opérer le versement de cet arriéré. — Il a été pris les mêmes mesures à l'égard du citoyen Sagnet, dénommé comme étant reliquataire envers la caisse des pauvres d'une somme de 18,238 fr. 7 cent.

Théâtre du citoyen Matheux. — L'administration municipale du 7« arrondissement ayant annoncé que le citoyen Mareux donnait sur son théâtre des représentations sans l'en prévenir, ce qui l'empêchait de vérifier les recettes, le Bureau central a invité le citoyen Mareux à prévenir exactement la municipalité des jours où il donne des représentations

Temple ci-devant Notre-Dame. — Instruit que, le 13 frimaire, l'exercice du culte n'avait fini qu'à la nuit au temple ci-devant Notre- Dame, le Bureau central a invité le Département à fixer l'heure à laquelle cet édifice consacré au culte doit être fermé.

Théâtre de VOdéon. — La dénonciation faite par le commissaire, division du Luxembourg, de deux acteurs de l'Odéon qui ont paru sur scène, l'un avec ^es plumes blanches, l'autre avec un habit à grande livrée, a motivé une lettre du Bureau central aux entrepreneurs de ce théâtre.

Facteurs des messageries. — Les administrateurs de l'entreprise des Messageries, rue des Victoires, ont demandé qu'il fût permis à leurs facteurs de circuler librement les décadis, comme ils le faisaient autrefois les dimanches et fêtes religieuses, exposant que l'intérêt public le commandait; mais le motif de cette demande n'a point paru suffisant pour accorder la permission.

Instituteurs. — Il a été transmis au ministre de la police copie d'une lettre du commissaire de police de la division de Popincourt, annonçant que les instituteurs de son arrondissement se sont tous conformés à la loi, qu'ils n'enseignent à leurs élèves que les principes républicains et ne donnent congé que les décadis et quintidis.

Maîtresses de pension. — Le commissaire de police de la division du Panthéon a été chargé de surveiller avec le plus grand soin la nommée Marguerite-Florentine Prout, qui a été interrogée pour s'être permis d'afficher sur papier libre et sans timbre l'annonce d'une pension chrétienne, et qui a promis de cesser les fonctions d'institutrice.

Secrétaire de V ambassadeur de Prusse. — Le commissaire de police qui, lors du cerncmentdu théâtre du Vaudeville et de Louvois, avait fait arrêter et conduire au Bureau central le secrétaire de l'ambas-»

251 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [H décembre 1798]

sadeur de Prusse, quoique porteur d'une carte contresignée de l'ambassadeur de Prusse et du ministre des relations extérieures, a été mandé par le Bureau central, qui lui a ordonné, d'après la plainte à laquelle sa conduite en cette occasion a donné lieu de la part du ministre de la Prusse auprès du ministre de la police, de faire au conseiller de l'ambassade toutes les excuses convenables, ce dont le

ministre a été informé

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat, BB» 89.)

Rapport du bureau central du 21 frimaire «.

Journaux du 21 frimaire. — On lit dans la Chronique universelle que tous les Américains qui se trouvaient à la Guadeloupe ont été mis en prison par ordre de Victor Hugues. — Même nouvelle dans les Annales de la République. — h' Ami des Lois annonce que le roi de Sardaigne est attendu sous peu de jours à Paris. Un article de la même feuille, rédigé dans un esprit de patriotisme, par le citoyen Le Brun Tossa, tend à prouver que la paix en ce moment serait une calamité, qu'une campagne ou deux nous vaudront un siècle de repos et de prospérités, assertion qu'il dit déjà démontrée par le général Championnet en Italie. — Le journal l'Indicateur ne manque pas de copier les nouvelles relatives à la conquête censée faite de nos îles ex-vénitiennes par les flottes combinées russe et ottomane. — Le Messager des relations extérieures en agit de même. — C'est par erreur sans doute que le Journal de Paris, dans un article où respire un véritable patriotisme, a laissé subsister la dénomination de lieue. — La manière dont le Courrier du Corps législatif annonce la victoire du général Championnet est remarquable : « On répand le bruit, dit-il, que treize mille Français. . . « etc. — Il n'est rien de particulier à observer dans les autres journaux.

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » 89.)

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