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253 DIRECTOIIŒ EXÉCUTIF [12 décembre 1798]
cratie ont eu l'impudence de faire placarder les plus grossières injures contre la conscription et de se permettre d'y avancer que Buonaparte avait péri avec ses cinquante mille déportés. — Le citoyen Achard revient encore contre le contre-amiral Blanquet du Ghayla, dans VAmi des Lois, et il y met une passion telle qu'à l'en croire, les Français marins, dans une pareille occasion, ne se seraient pas comportés avec leur valeur accoutumée. — Le Publiciste, malgré les ménagements dont il enveloppe sa rédaction, n'en annonce pas moins la prise de Corfou par les flottes russe et turque ; suivant les gazettes qu'il cite, la garnison serait sortie avec les honneurs de la guerre pour se retirer à Ancône. Dans la même feuille, il est des regrets exprimés au sujet d'un arrêté du ministre de la police qui prohibe les circulations par Kehl des gazettes allemandes dans l'intérieur de la République; le rédacteur compte sur des remontrances de la part de l'administration départementale pour obtenir la circulation de celles qu'il dit ne montrer aucun esprit de parti. — Les bruits de la prise de Corfou, que l'on a notés dans les rapports précédents, sont formellement démentis par le Moniteur. — La Clef du Cabinet laisse percer des inquiétudes sur le sort de la ville de Rome. — Les autres journaux ne renferment rien de remarquable.
Lasalle, Lessork.
MDLYI 22 FRIMAIRE AN YII (12 DÉCEMBRE 1798).
Rapport du bureau central du 23 frimaire.
. . .Journaux. — Les opinions produites aujourd'hui par le Surveillant, sur le bruit de la prise de Rome, prouvent que le journaliste ne prétendait pas l'appuyer. Mais le Bulletin de l'Europe n'a pas manqué de copier l'article du Surveillant. Ce dernier journal, raisonnant aujourd'hui dans l'hypothèse de la prise du roi de Sardaigne, pense que, dans tous les cas, on ne le laissera pas en Piémont, mais que peut-être on le laissera s'en aller comme le pape. — Nous apprenons dans le Courrier de Paris, article Ancône, que le commandant de la forteresse de Zante a été obligé par une force supérieure de se rendre au général Ghostak, commandant les troupes russes, après avoir obtenu une capitulation honorable. — Rien n'est plus dangereux
que le choix fait par le Messager des relations extérieures des nouvelles qu'il publie sur l'armée d'Egypte, article Constantinople. Après le détail des dispositions faites par Buonaparte pour se mettre sur la défensive, après avoir eu soin d'annoncer que ce général renonçait à tout projet de conquête sur la Syrie et la Palestine, il rapporte qu'il se forme de ce côté une armée de Turcs, d'Arabes et de Mamelucks » forte de cent mille hommes, qui est déjà dans les environs de Suez, que le pacha du Caire et Murad-Bey se mettent en marche de la Haute-Egypte, que les barbaresques doivent s'avancer à l'Ouest du côté d'Alexandrie, et qu'en supposant la réalité de ces forces (correctif maladroit), Buonaparte serait à la fois attaqué sur tous les points, dans le temps qu'une partie de l'escadre ottomane, réunie aux vaisseaux anglais qui croisent à l'embouchure du Nil, tenterait un débarquement entre Rosette et Alexandrie. — Cette phrase n'est-elle pas un dernier coup de massue? Et peut-on concevoir un plan de campagne tracé plus à souhait pour nos ennemis? N'en résulterait-il pas pour le lecteur (s'il est du nombre des malveillants) que l'armée d'Egypte et son général sont perdus? Et le journaliste est-il excusable de publier des nouvelles aussi flatteuses pour le royalisme, en se bornant à dire que le Directoire les fait courir à l'instigation de l'Angleterre ? Enfin, pourquoi le journaliste fait-il ici l'office du Divan • ?
(Arch. nat., BB > 89, et F^ 3842.)
Séance du Directoire exécutif du 22 frimaire an VII.
Après avoir entendu le ministre de la police générale, et sur ses propositions, le Directoire autorise la levée des scellés apposés, en vertu de son arrêté du 14 messidor dernier', sur les presses servant ci-devant à imprimer le journal prohibé sous le titre de Censeur dra^ matique.
{Registre du Directoire exécutif, Arch. nat., AF * m, 13.)
Journaux.
Patriote français du 22 frimaire : « Paris, le 21 frimaire — Le libraire Marec, aussi incorrigible que Crapard et compagnie, dont on n'eût jamais troublé la tranquillité, s'ils se fussent condamnés à une honnête obscurité, est
1. A partir de maintenant, jusqu'au mois de germinal an VII, il n'y a plus de rapports dans la série F^.