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.599 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [1" janvier 1796]
menls méridionaux qu'au maintien de la police, pour laquelle on désignait avec éloge le citoyen Leblanc, qui, dans Topinion publique, parait réunir la majorité des suffrages ainsi que le représentant Mathieu. — L'emprunt forcé faisait encore la matière des conversations de plusieurs particuliers, qui prétendaient que Theureux effet que le public a drpit d'en attendre se trouve détruit par le brigandage des agioteurs. Ce trafic scandaleux et dévastateur faisait dire à différents citoyens que la fermeture de la Bourse n'a servi qu'à propager le vice, qui sans doute ne peut trouver d'appui qu'auprès du gouvernement, intéressé à le soutenir.
Spectacles. — ... Les officiers de paix, dans leur rapport particulier, annoncent qu'hier soir, au Palais-Ëgalité, au moment où la patrouille passait, plusieurs jeunes gens, non contents de chanter le Bé^ veit du peuple^ ont insulté les citoyens qui composaient ladite patrouille; ils ajoutent qu'il leur a été dit que ces jeunes écervelés ont été conduits de suite chez le commissaire des guerres, qui a reconnu que l'un d'eux n'était pas en règle.
Surveillance. — ... La troupe des agioteurs du Palais-Ëgalité, chassée hier du jardin par la pluie et le mauvais temps, s'était réunie sous le portique des galeries, du côté du café de Chartres; ils se sont trouvés tellement amoncelés et pressés, que beaucoup, dans leurs mouvements, ont cassé des carreaux de vitres des croisées de ce café et des boutiques voisines
Halle aux farines. — Elle n'était pas fort approvisionnée, parce que les gens des campagnes observent toujours en apparence les jours de fête.
Rapport du bureau de surveillance.
Mœurs et opinions, — L'on s'entretenait, dans différents cafés, des assignats de 1,000 livres; on se plaignait de ce que plusieurs citoyens refusaient ceux qui étaient ébarbés, lesquels ne l'avaient été que par ignorance, attendu que ce n'est que du papier blanc. Des malveillants profitent de cette discussion pour dire que le gouvernement en a fait fabriquer des milliards de cette espèce avec un signe blanc dans le papier, dans l'intention de refuser tous ceux qui seraient ébarbés. ••
HoUDEYER.
(Arch. nat, AFiv, 1472.)
Journaux.
Journal du bonhomme Richard du 12 nivôse : « Un élégant, toat empesé, beau comme un enfant qui va faire sa première communion, descendait dernièrement d'une assez belle voiture ii la porte de TOpéra, avec une grosse joufflue qui avait les bras tout rouges, des dentelles de quoi habiller toutes les mariées d'un département, des bijoux comme dans la t>oatique d*on joaillier, parlant français comme une vache espagnole, ayant perruque 'blonde, mon cher, et brillants aux oreilles. Le monsieur prend la dondon d*un air fort gauche, en marchant sur sa robe, et s'avance près le bureau pour demander des billets : « Donnez-moi, dit-il, tout ce qu'il y a de meilleur en fait « de billets d'Opéra. » On m'assura que c'était un ancien valet de banquier qui
avait gagné une immense fortune.
L'or change en demi-dieux des hommes inconnus.
Celui-là aura bien du chemin à faire pour être autre chose qu'un rustre revêtu. »