Tome II
Yemement de ne pas sévir contre ses détracteurSyet disent que c*est sa faiblesse qui enhardit ainsi les terroristes et les royalistes. -* On reproche au gouvernement d*avoir favorisé la rentrée des émigrés, que Ton accuse d*étre la principale cause des progrès excessifs de Tagiotage, et l'on attend, avec la plus grande impatience, la nomination du ministre de la police pour surveiller tous ces ennemis de la chose publique. — Le recouvrement de Temprunt forcé fait renaître la confiance dans les assignats ; le peuple commence à espérer que, dans deux mois, ils ne perdront pas moitié. Les agioteurs sont déconcertés ; on craint que beaucoup d*entre eux, surtout les plus riches, n'échappent à cet emprunt, leur fortune n'étant point à découvert. On cite un nommé Renard, rue Saint-Pierre-Montmiartre, qui n'est point logé en raison de sa fortune, et qui pourtant possède des millions, tant en or qu'en marchandises. C'est dans le Marais que la plupart des agioteurs se sont réfugiés pour être moins connus. — Dans une maison de File Saint-Louis, voisine de Thôtel BretonviUiers, il entre journellement une fprande quantité de vins, que Ton y travaille pour les remettre ensuite sur le port comme s'ils venaient d'arriver. — Il se donne un concert d'abonnés trois fois par semaine, au n^ 89, Palais-Ëgalité ; la société n'y est composée que de royalistes, et l'on y tient les propos les plus contre-révolutionnaires.
(Arch. nat., F > « III, Seine, 18.)
Journaux.
Historien du 15 nivôse : « Le Directoire exécutif a fait mettre en arrestation le rédacteur du Courrier universel ou Écho de Paris, des départements et de r étranger ; le rédactear propriétaire et directeur du Courrier universel extraordinaire, par le citoyen Husson ; les rédacteurs de la Gazelle française et du Courrier français ; le citoyen Robert, rédacteur du journal intitulé cidevant VObsei^vatoire de VEurope et maintenant VEclipse, et le citoyen Lcbois, rédacteur de VAmi du peuple. Ce dernier est assez c^nnu pour un anarchiste effréné ; les autres passent pour royalistes» et les auteurs propriétaires et directeurs du Courrier universel extraordinaire et du Courrier M«tversel, par le citoyen Husson, sont soupçonnés de conspiration, d* après la dépense qu'ils faisaient pour envoyer leurs journaux dans les départements par des courriers extraordinaires dont les frais devaient excéder le bénéfice de la souscription, et d'après la précaution qu'ils prenaient de ne pas recevoir d'abonnements pour Paris et de n'y pas débiter de numéros. »
611 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [4 janvier 1796]