Voir plus haut, p
employés destitués ont été réintégrés dans leurs places. Ils se proposent de présenter une adresse au Directoire à ce sujet. — On étale un luxe insolent dans les bals dits d'Aligre, de 89, des Princes, Travers, etc. ; ce sont des prostituées de toutes les classes qui se rendent dans ces assemblées de royalistes et d'agioteurs. — On a arrêté, hier au soir, quelques jeunes gens de la première réquisition au café de Chartres, ce qui a imprimé une terreur salutaire dans Tâme des agioteurs; ils sont convenus de ne pas s'y assembler de quinze jours. — Les marchandises qui ne sont pas de première nécessité ont tant soit peu baissé. — Les porteurs de sacs, employés à TAssomption, ayant demandé une augmentation prodigieuse, avaient été supprimés et remplacés par des grenadiers de la Convention ; mais les premiers ont formé le complot de tomber sur ceux qui les ont remplacés. Ils ont aussi résolu d'empêcher de travailler les porteurs de Saint-Lazare, parce qu'ils n*ont pas demandé d'augmentation comme eux. — Des individus, que l'on croit bouchers, sortant hier du Département, disaient : « Puisqu'on nous force de payer Temprunt, ce sera le peuple qui le payera. » — On parlait aujourd'hui du nombre infini d'étrangers, de royalistes et peut-être même d'émigrés qui remplissent les maisons garnies dans l'arrondissement des sections Le Peletier, Butte-des-Moulins, Brutus, le Mail et Place-Vendôme. On disait que la Commission de police devrait examiner scrupuleusement les papiers de tous ces hommes, dont l'existence à Paris est très dangereuse. — L'agiotage est en stagnation. On a remarqué à la Bourse plus d'étrangers et de gens de campagne que de coutume.
Jeux. — Richet, maître de la maison n® 44, n'a fait hier qu'une taille et il a gagné 600,000 livres, ce qui a indigné la galerie; mais ce qui ne doit pas surprendre, dit-on, puisque cette maison est un étouffoir. — L'on joue toujours beaucoup d'or et d'argent. Les Irenle et un tiennent, mais à huis clos. — Les louis étaient ce matin à 5,500.
(Arch. nat., F^ 3840.)
Journaux.
Gazette française du 21 nivôse : « Los agioteurs obstruent toujours les rues qui avoisinent le Palais-Égalité. Le louis se soutient à un prix fort élevé, ce qui étonne beaucoup dans un moment où toutes les marebandises éprouvent une lKiiss(» considérable. Il s'élève aussi une foule de réclamations au sujet de remju-unl forcé. Plusieurs rentiers et i)resque tous les petits marcbands ont ^té imposés à une taxe de 6,000 livres, valeur métallique. Celte imposition énorino les a réduits au désespoir; elle fournit aux vrais agioteurs des prétextes pour crier à riiijuslice et à l'arbitraire. »
649 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [H janvier 1796]