‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 119 sur 141 · DXLI · texte numérisé non relu

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Rapport du bureau central.

Esprit public. — Paris est toujours calme. L'opinion publique parait bien disposée. — Les observateurs nous répètent que le peuple ne se croira heureux qu'au moment où il recevra une quantité de pain plus considérable ; c*est un cri général auquel, dit-on de toutes parts, le gouvernement ne peut rester sourd plus ' longtemps sans causer du préjudice aux intérêts de la République. Une fois le peuple satisfait sur un objet au?si important, ajoute-l-on encore, plus de plaintes, plus de murmures. L'aisance rattachera ' tous les cœurs^ resserrera tous les liens; en un mot, les factieux et les malveillants exceptés, les citoyens réiinis ne feront plus qu'un peuple de frères. — Le commerce d'argent s'est fait hier au Palais-Egalité avec la plus grande activité. — L'avilissement des assignats et tous les fléaux qui pèsent sur les citoyens depuis quinze mois sont regardés comme l'ouvrage de ces sangsues qu'on appelle agioteurs. Cependant, d'après les mesures de prudence et de fermeté employées par le Directoire exécutif, on entrevoit avec satisfaction le terme prochain de leur entière destruction, et déjà même les bons patriotes s'empressent de payer au gouvernement le juste tribut d'éloges que lui mérite sa sollicitude paternelle envers les malheureux.

677 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [18 janvier I796J

Ordre public, — La stagnation du commerce et la suspension des travaux chagrinent beaucoup les ouvriers. Les dépenses excessives que Ton voit faire aux militaires provoquent des murmures. On dit qu'ils insultent à la misère publique. Cette observation a été recueillie dans quelques cafés du Palais-Égalité. — Au café de la République, on disait ^hier que les Jacobins commençaient à se montrer, que toutes les administrations en étaient remplies, et que le représentant Audouin avait enlin retrouvé la parole.

Politique. — Quelques observateurs rapportent que la nouvelle de la victoire remportée par les armées républicaines sur Charette et de la prise de trois drapeaux se confirme. — Dans plusieurs cafés du Palais-Égalité, on disait hier que les officiers de l'armée du Rhin avaient bu et mangé avec les .Autrichiens; on en tirait l'heureuse conjecture d'une paix prochaine. Mais à cela quelques citoyens observaient qu'il en était bien question, mais que nous ne l'aurions pas encore de sitùt, attendu que le gouvernement avait intérêt de la faire la plus glorieuse possible, parce qu'autrement les injures et les reproches dont il serait accablé donneraient lieu à une réaction dangereuse.

Finances, — Les conversations ne tarissent pas sur l'emprunt forcé. On paraît toujours en attendre les plus heureux effets. Cependant, d'après les opinions recueillies par les observateurs, soit dans les cafés, soit dans un petit rassemblement qui s'est formé hier vers midi au Jardin-Égalité, il parait que beaucoup de citoyens se plaignaient amèrement de l'inégalité de la répartition; d'autres disaient que, malgré leurs bonnes dispositions à concourir au bien général, il leur était physiquement impossible de payer les sommes exorbitantes auxquelles ils sont imposés.

Spectacles, — ... Au théâtre du Vaudeville, l'on a remarqué que les couplets des hymnes patriotiques, appliqués par les malveillants au gouvernement actuel, ont été couverts par de nombreux applaudissements. — A celui de TOpéra-Comique, rue Favart, les jeunes gens placés à l'orchestre se sontfpermis les mêmes satires par leurs applaudissements ironiques et affectés. Le Bureau central fixe singulièrement son attention sur tous les speclacles où l'indécence et l'immoralité semblent, depuis quelque temps, avoir établi leur empire

HOUDEYER.

(Arch. nat., AFiv, 1472.)

[tu nNMr.» ITOU] UIHECTOIRE EXECUTIF OTS

IIaPI'ORT du DUREAU de SUBVEILLANCB.

Ma-urs el o/Jinionî. — Quelques parliculiers se faisaient foris, hier matin, de demander le /lèveil du peuple au théâtre de la rue Feydfau, ce i]uin'a[)as eu lieu. La plus parfaite tranquillité a régné dam les spectacles; les hymnes et couplets patriotiques se sont chantas avec applaudissements. — On ne cesse de se plaindre du discrédil que les gens de campagne jettent sur notre papier-monnaie. — Oa trouve fort mauvais que le citoyen Tallien, représentant, taxé à la somme de 600 livres en numéraire dans l'emprunt forcé, se melle sur les rangs des réclamants; on trouve bien peu de républicanisme dim cette réclamation, faite par un homme qui doit sa fortune immensei la ftévolulion. — La Société du Panthéon a décidé, dans sa deraiire séance, d'accompagner les Conseils et le Directoire à la fête du 21 janvier

HODSBTBR.

(Arch. aat., AFiv, 147S.)

Rapport du bureau central sur lès journaux.

Courrier universel du citoyen Husson. — Une lettre écrite de Lyon, en dale du 1" janvier (v. s.), compare et assimile les mesures prise» par le citoyen Reverchon aux atrocités commises par le proconsul de Robespierre. Le Courrier unîiiersel dénonce le citoyen Flegce', représentant du peuple, comme n'ayant point contribué dans la proportion de ses facultés. Ce député n'a accusé que 4,500 livres de revenu, tandis qu'il pouvait se déclarer riche au moins de 400,000 livrer «o numéraire

Patriote de S9. — On lit dans ce journal une lettre assez plaisamment critique sur les jeunes gens de première réquisition qui trouvent le moyen de ne point aller aux frontières en s'eurûlant dans la marine. — Une lettre aux rédacteurs leur fait part d'un projet tendauli ramener l'abondance; il consiste à dilTérencier les vieux des nouveaux froments, à les distinguer de manière que le malveillant ne puise jamais les faire prendre les uns pour les autres et à en diviser le commerce en deux branches, dont l'une serait parfaitement libre, el l'autre soumise aux règlements d'une police analogue et sagement organisée.

Messager du Soir. — I! rend compte d'une pièce nouvelle intitulée ;

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