‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 120 sur 141 · Sans doulo l'ftieger · texte numérisé non relu

Sans doulo l'ftieger

679 DIRECTOIRE EXECUTIF [18 janvier 1796J

Le Mariage du Vaudeville et de la Morale; il paraît que cette bluette n'a aucun rapport aux circonstances et qu'elle a même un but moral très estimable. — Il contient, en outre, une réponse au citoyen Jeanbon Saint-André par le citoyen J.-P. Montmejea caclet. Il parait que ce dernier est grand ami du catholicisme apostolique et romain, car il réfute avec chaleur une accusation portée contre les fidèles de cette reh'gion.

Censeur des Journaux. — On y remarque un Hymne à la Fraternité. L'objet de ce morceau est de concilier les hommes de bonne foi et d'inspirer la haine contre les intrigants de tous les partis. Les derniers vers de la dernière strophe sont, en quelque sorte, le résumé de

toute la pièce :

D'une main frappant V assassin, De l'autre raristocralie ; Plus de roi, plus de Jacobin, Voilà le cri de la patrie.

L'auteur est le citoyen Camaille Aubin, employé près le ministère de la justice.

Jowmal des Lois. — Il est remarquable par une sortie assez vive contre le machiavélisme elles intrigants qui, dit-il, le mettent aujourd'hui en usage. Il rappelle que tous les illustres usurpateurs ont débuté par le jeu du patriotisme exalté, et il en cite plusieurs qui ont parmi nous beaucoup de copies. « Le peuple, dit le journaliste, doit savoir que les hommes ont deux manières de parler, Tune ostensible, l'autre secrète; que, pour mieux servir un parti, il en faut paraître l'ennemi; que les poltrons parlent toujours de courage, les fripons de probité, les femmes publiques de vertu, les royalistes de République, dont ils sont les plus mortels ennemis, etc., etc. Le mot de Liberté grimace dans leur bouche ; leurs yeux inquiets, leurs regards mal assurés les trahissent et disent, en dépit d'eux-mêmes, la vérité aux yeux des physionomistes qui les voient sans masque. »

Gazette française. — Une lettre de Toulouse annonce aux rédacteurs de cette feuille que les patriotes de 89 ont fait fermer les spectacles de cette commune et ont conspué et proscrit un acteur nommé Langellier, parce qu'il jouait certains rôles avec trop de chaleur. Celui qui rapporte ces faits paraît ne pas trop aimer les patriotes de 89.

Moniteur^ n® 118. — Il contient un article parfaitement raisonné sur l'état actuel de l'esprit public et sur les mesures du gouvernement. Après avoir passé en revue toutes les opinions sur le dernier objet, il rassure les citoyens paisibles qu'une certaine âprelé dans

Texercice du pouvoir exécutif avait intimidés. Il démontre que la rigueur employée par le Directoire n'est point ce qu'on appelle de la terreur, et qu'elle ne nous conduira jamais au système odieux détruit par la Révolution du 9 thermidor ; enfin il prouve que le relâchement du gouvernement était tel depuis quelque temps que la République touchait à sa Gn, et ne serait peut-être déjà plus, sans Ténergie dont on a fait subitement usage et que les royalistes seuls peuvent improuver, etc. — Cet article, nous le répétons, mérite l'attention et Testime, car il parait exprimer les véritables principes du Directoire.

HOUDEYER.

(Arch. nat., F^ 3840.)

Journaux.

Gazette française du 30 nivôse : « Paris, le 29 nivôse. — Hier sur les dix heures du soir, des individus en assez grand nombre parcouraient les mes en chantant le refrain de la Marseillaise : Aux amies, citoyens, etc. »

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